Vent de panique!

Quelques heures plus tard dans l’avion qui nous ramène en France, Guillaume reçoit un appel téléphonique de Xavier, la communication est mauvaise, il nous semble comprendre que le Colonel ne serait pas mort. Puis, plus rien pendant plus de quatre heures. C’est au moment de débarquer que nous apprenons cette fois-ci du chauffeur de Guillaume que le Colonel a été trouvé par sa femme avec son pistolet dans la main, une lettre à ses côtés, quand elle s’est penchée sur lui, elle l’a entendu lui dire :

  • achève-moi je souffre trop.

N’ayant pas pu ou voulu accéder à la volonté de son mari, elle a préféré appeler le Général qui a envoyé une ambulance pour l’emmener vers l’hôpital de Djibouti où le chirurgien des armées l’a pris en charge immédiatement, il était dans le coma à son arrivée. Xavier n’a pas réussis à vous joindre. Il a cependant réussis à subtiliser la lettre et vous demande s’il faut l’envoyer à la présidence, pensant et à juste titre qu’elle serait détruite avant d’être remise aux médias ou aux autorités sur place. Il a ajouté il y a des remous suite aux courriers envoyés. La presse s’affole et les manchettes de journaux titrent déjà : »Un vent de panique sème le trouble  dans les hautes sphères de l’Etat Djiboutien un Colonel rate son suicide, le Consul de France démissionne.

Lorsque Guillaume raccroche un pli soucieux barre son front et ce qu’il me dit me glace le sang :

  • Xavier n’a pas quitté le sol Djiboutien, cela sent mauvais, il nous faut le raisonner, il doit partir, il va être la proie qu’il faut abattre, quant au Colonel jusqu’à son suicide il l’aura raté.
  • Il l’aurait fait exprès il ne s’y serait pas pris autrement !
  • Il est dans le coma ;
  • Comme ça son procès aura lieu sans lui, facile de se rater en restant à moitié mort.
  • S’il devient un légume ; il ne répondra pas de ses actes.
  • Il ne faut pas culpabiliser, nous avons fait le seul geste qui nous semblait être le bon, nous savons pertinemment que si nous l’avions remis au Général il aurait minimisé les choses, maintenant le scandale va rejaillir sur de nombreuses personnes.
  • Si je suis appelé à la barre je leur dirais que dès que j’ai eu vent de ces horreurs j’ai préféré donner ma lettre de démission, ne voulant pas couvrir des actes aussi odieux d’un homme qui se disait mon ami. Mais je saurais prendre mes responsabilités, je ne veux pas être le bouc émissaire. S’il s’était tué je ne serais pas là à m’agacer, nous avions choisis la meilleure méthode maintenant il va falloir se justifier pour expliquer comment on l’a su et pourquoi on n’a rien vu venir.

Dernière partie

 

En atterrissant à Roissy Charles de Gaule nous voyons les manchettes des journaux, le Colonel de la Roche rate son suicide, sa femme a remis une lettre aux autorités françaises signée de la main de son mari. Un scandale se profile à l’horizon de l’armée. Entre temps nous avons eu Xavier il a enfin quitté Djibouti par le même chemin, il est dans le train qui va à Addis Abeba, il va retrouver celle qu’il aime, il sera en France d’ici une dizaine de jours, il lui faut régler certains détails. Il ne nous en dira pas plus. Nous passons sans encombre la douane. Au loin nous voyons Bastien et Déborah, ils nous attendent, l’ex Consul est passé inaperçu la nouvelle n’a pas fait le tour de Paris, personne ne nous a barré la route, nous pouvons rentrer chez nous.

Rapidement Bastien nous demande ce qu’il s’est réellement passé, il ne nous fait aucun reproche, il comprend que c’était réellement le mieux que celui de demander à un militaire de se donner la mort. A-t-il eu peur ? Ou a-t-il été dérangé ? A ce stade de l’enquête nous n’en savons rien. Nous saurons au retour de Xavier que le Colonel avait appelé sa femme alors qu’il agonisait sur le sol carrelé de leur cuisine, pour se donner du courage il s’était enfilé une bouteille de vodka.  Xavier était présent dans la maison mais il avait évité de croiser le Colonel pensant que ce dernier pouvait toujours retourner l’arme contre lui, il n’avait pas vu arriver sa femme et n’avait rien su avant que cette dernière affolée l’appelle au secours. Ce n’est que lorsque son mari eut été emmené qu’elle lui avait dit la raison de sa présence dans leur maison. 

Guillaume ne veut pas s’attarder sur Paris, il lui faut rejoindre sa femme la date de la naissance approche à grand pas. Bastien et Déborah regagnent leur travail et ce n’est qu’en fin de semaine qu’ils nous rejoindrons car malgré les événements nous décidons de maintenir l’escalade du Mont Pourris. Une voiture non officielle nous attend, nous avons de nombreux amis qui se dévouent pour nous. Nous décidons toutefois de nous arrêter chez un vieil ami que nous avons en commun, il est avocat et il nous aidera si le scandale venait à nous rejaillir dessus, mais comme il nous le dit, vous n’êtes pas accusé de quoi que ce soit, l’enquête n’a pas encore démarré. De plus si le Colonel ne survit pas à ses blessures il n’y aura pas de procès. Mais tant qu’à faire nous ne le redoutons pas ce procès au contraire cela peut nous satisfaire, même si le Colonel nous accuse de l’avoir poussé au suicide il verra rapidement que c’était mieux que de se trouver en accusé à la barre d’un tribunal militaire. Que fera la grande muette ? Ceci reste en suspens quand nous quittons notre ami.

Nous somnolons plus que nous dormons mais l’air vivifiant de nos montagnes ne tardent pas à nous réveiller. Nous voici enfin chez nous. Toute la famille doit nous attendre.

 

A suivre…

 

Commentaires

  1. La situation évolue sans cesse et nous tient en haleine !
    Bisous et bon après-midi malgré ces résultats provenant des US.
    Je crains que ce soit la même chose ici en France, l’an prochain !

  2. Ce n’est pas terminé mais c’est en bonne voie.
    Dis donc, cela fera combien de pages si tu publies ?
    Grand vent, pluie et pas chaud, bref, novembre et je ne m’en plains pas, c’est de saison.
    Bisous EvaJoe

  3. Quel rebondissement! Alors comme ça, il s’est raté l’horrible colonel de machin truc! Va-t-il s’en sortir? C’est bien! Tu nous maintiens le suspense!
    Je vais vite découvrir la suite
    Bizzzzzzzzzz

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