Un secret bien gardé!

  • Tu sais je ne suis pas dupe je sais que tu fuyais non seulement ton père, car il avait découvert le pot au rose quand à tes fréquentations. La première fois que tu es parti tu avais 17 ans, puis tu es revenu à ta majorité, lorsque tu en parles tu dis que tu es parti 10 ans or, au total cela fait 20 ans. J’ai toujours su ce que tu avais fait, mais je pense que tu as payé très cher et que tu as endossé à la place d’un autre
  • Lorsque je suis revenu je n’avais pas 18 ans mais 20 ans, j’avais en poche un bagage d’ébéniste, mon père aimait les beaux meubles mais pour lui que je n’ai que ce diplôme en poche c’était la honte, il me destinait à un métier plus glorieux comme il disait. 
  • Il avait certains principes ton père, il était trop droit dans ses bottes et la moindre imperfection prenait des tournures terribles, j’ai travaillé sous ses ordres j’en sais quelques choses. Continue je t’écoute.
  • Pour voir ce que j’avais dans les tripes comme il disait il m’a emmené au cours de l’année qui a suivis sur plusieurs courses et la dernière ressemblait étrangement à celle que nous avons voulu faire ces derniers jours.

Il s’en suit un grand silence, Guillaume est perdu dans ses pensées, il songe à tout ce qui s’est passé depuis ce jour. Le drame et les répercussions que tout cela a eus sur sa vie. Il songe aujourd’hui que son père aurait dû assumer ses actes, mais il était en fin de carrière et il a préféré faire endosser à son propre fils ses erreurs, et voilà où tout cela les a conduit. Tous les deux avaient un caractère bien trempé, aucun n’a voulu céder, surtout pas lui songe Guillaume, il n’avait rien fait juste obéi aux ordres de son père. Il n’était pas premier de cordée. Il se souvient de ce jour maudit, le matin il faisait beau au départ du refuge, la montée avait été facile, leur client était un chevronné de la montagne, il avait fait la Meije, et maintenant il voulait faire le Mont Pourri avant de repartir sur Paris. Au sommet son père qui connaissait la montagne comme sa poche lui avait proposé de redescendre par les Arcs à ski. « La saison allait bientôt se terminer, lorsque nous quittons le sommet la neige commence à tomber, mon père me demande si l’on doit descendre par la voie normale ou prendre par le glacier, je n’avais aucune expérience, mais comme mon père me le demandait j’ai dit on descend par le glacier c’est plus rapide et Monsieur est chevronné. Mon père m’a félicité, disant que j’avais choisi la bonne descente, et nous sommes partis et les crevasses au départ étaient apparentes, mais petit à petit le glacier s’est recouvert d’une couche de neige et nous avons dû ralentir notre descente, mais mon père claironnait à qui voulait l’entendre qu’il connaissait chacune d’entre elles. J’avais une confiance aveugle en lui, il m’avait pardonné mes sottises et à la rentrée je partais pour une grande école car je venais d’en réussir le concours d’entrée ce qui avait fait dire à mon père que je n’étais pas un raté. Petit à petit nous avons chaussé nos crampons, mon père s’est mis à l’avant et nous l’avons suivis, le client entre nous deux. Puis brutalement ce fut le drame, mon père a marché sur une plaque, lui s’est récupéré tant bien que mal, mais le client et moi avons chuté, glissé et le touriste n’a pas réussis à s’accrocher, mon père n’avait pas donné d’ordres suffisamment précis, et l’homme a lâché son piolet et sa descente s’est terminée dans une crevasse. Quant à moi j’ai réussis à m’accrocher grâce à mon piolet que j’ai réussi à planter dans la neige  au bord de la crevasse, mais cela s’est fait en une fraction de secondes. J’étais suspendu au vide et sans la présence d’esprit de mon père je serais mort à l’heure qu’il est,  mon père avait une corde, il est descendu mais hélas à son arrivée, il était mort. Nous n’avons pas remonté le corps, mon père a seulement pris son sac à dos, sa montre et je l’ai aidé à remonter à la surface. En marchant sur cette plaque de glace instable il a tué cet homme et il m’a fait porter le chapeau. Au bureau des guides il a  continué à m’accuser, me disant que mes bêtises de jeunesse m’avaient suivis au fin fond d’une vallée, que j’étais nul et qu’il avait qu’une hâte c’est que je m’en aille car il avait honte de moi. Mon père m’a sacrifié pour que la fin de sa carrière soit honorable. J’aurais pu m’enfoncer dans la drogue, mais j’ai su rebondir, le jour même de l’accident, mon père m’a conduit sur Paris, je n’ai ni embrassé ma sœur, ni ma mère, il m’a interdit de revenir au Pays, du jour au lendemain j’ai tout quitté, il était certain que si je restais je me serais défendu, mais il m’a bien fait comprendre que ma parole face à la sienne ne valait rien. Il ne m’a pas abandonné pour autant, il m’a payé mes études, un appartement, mais chaque fois que j’essayais de revenir il me barrait la route, mes courriers que j’envoyais à ma mère, à ma sœur étaient détournés, il ne leur les remettait pas, j’étais mort pour eux.

  • Mais je t’écoute Guillaume, il avait dit quoi à ta mère ?
  • Tu le sais très bien ;
  • Oui mais je veux entendre ta version si c’est la même que ta sœur a toujours dit ;
  • Que j’étais un fugueur et que je ne savais que faire souffrir les miens.
  • Je suis revenu une fois mes études terminées, mais mon père était seul à la maison, quand il m’a vu il m’a mis son poing dans la figure et il a ajouté « je ne suis pas à l’article de la mort, tu reviendras quand je serais mort et enterré, avant ce n’est pas la peine, ici tout le monde te nomme l’assassin. J’ai vu rouge et sans Bastien qui était venu voir Clémentine je pense que je l’aurais tué.»
  • Ah Bastien a su que tu étais revenu, mais c’était à quelle époque ?
  • Tu étais à Djibouti, tu t’étais engagé dans l’armée.
  • Bastien a su que c’était ton père qui était à l’origine de la mort de son client.
  • Non, à ce moment-là, je suis reparti sans rien lui dire, j’hésitais entre deux postes, l’un au Sri Lanka, l’autre à Djibouti, et puis j’ai eu vent par ta mère que j’ai croisé sur le quai de la gare à Grenoble que tu étais depuis cinq ans en poste à Djibouti et que tu allais rentrer prochainement. Aussi je n’ai pas hésité une seconde et j’ai accepté de partir là-bas ; la suite tu l’as connais.
  • Mais tu ne m’as jamais dit que ton père t’avais fait porté le chapeau. Moi dès que je suis rentré j’ai fait ce que tu m’avais demandé, je suis venu voir ta mère et je lui ai dit que tu avais un beau poste, en a-t-elle parlé à ton père, je ne le sais pas. Et, c’est comme ça que tout le monde sur Peisey a su que tu avais de haute fonction.
  • Voilà la raison pour laquelle les amis de mes parents me félicitaient pour mon poste.
  • Donc ton père a dû faire part à sa famille que ce Monsieur était mort, de plus il avait pris son sac à dos il connaissait bien son nom, il a dû faire des recherches et avertir sa famille.
  • Ce qu’il a fait je n’en sais rien, mais je suppose qu’il y a eu une enquête, mais depuis que je suis revenu les anciens guides me disent : «  petit il y a prescription et puis s’il y avait un secret ton père l’a emporté dans sa tombe. »
  • Guillaume pour que tu me racontes tout cela c’est que tu es certain maintenant que c’est lié avec les événements que tu as vécu ces derniers jours. Au fait tu ne m’as pas dit il s’appelait comment ce client ?
  • Maxime De la Roche !

A suivre …

4 réponses à Un secret bien gardé!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

 

eauteur

cooltext167891793251221

La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe