Un secret bien gardé ( suite )

  • Et, tu n’as jamais fait le rapprochement avec le Colonel ?
  • Mais je ne le savais pas, c’est la semaine dernière avant de monter sur le Mont Pourri que ma mère m’a dit, c’est la même course que tu as fait avec ton père lorsque Monsieur de la Roche est mort. J’ai cru que le sol se dérobait sous mes pieds quand elle m’a révélé son nom, jusqu’à ce jour je l’ignorais, mon père l’avait appelé Monsieur Max.
  • Quel âge avait ce Max ?
  • Une dizaine d’années de plus que moi !
  • Donc un frère au Colonel.
  • Oui, car la coïncidence est trop importante pour ne pas avoir une ramification avec les événements que nous venons de vivre.
  • C’est une des raisons qui te pousse à croire que Xavier est coupable, car ancien aide de camp du Colonel, mais n’oublie pas il a été limogé quand il a eu vent des faits horribles sur les femmes.
  • Sur les femmes j’en conviens, mais si le Colonel lui a révélé qu’il voulait ma peau, s’il en a reçu l’ordre avec à la clef la possibilité de rejoindre l’armée.
  • Tu fais beaucoup trop de suppositions, nous allons dormir  et demain nous établirons un plan de bataille, là malgré que ce que tu me racontes soit passionnant je tombe de sommeil.
  • Juste une chose Pierre, ma mère a ajouté , qu’elle n’a toujours pas retrouvé le testament de mon père, et avant de s’en aller pour toujours il lui a dit une drôle de chose : « si Guillaume revient dis-lui de suivre les cailloux comme le petit poucet il trouvera les pierres de Maxime ».
  • Guillaume je sens que je ne vais pas dormir de la nuit, tu m’as posé une énigme, c’est bien de toi…Ton père…Décidément… Bon je file me coucher à demain matin.
  • Huit heures tapante chez moi, je t’offre le petit déjeuner.
  • A demain ! Et surtout dort ne réfléchit pas à ce que ton père a dit, nous regarderons cela ensemble.

 

Lorsque les deux amis se quittent il tombe une neige fine, elle ne tient pas mais ce sont les prémices de l’hiver, tous les deux le savent. Une longue accolade et ils se séparent, Pierre remonte chez lui, en chemin il est perplexe que voulait dire le père de Guillaume ? Sûrement quelques choses qui le rattachent à son enfance, il va se coucher car il est fort tard, mais il orientera les recherches de Guillaume de ce côté-là. Auparavant il envoie un texto à son vieux frère d’armes son ami Bastien. Il est sur une affaire et il veille tard, du reste la réponse ne se fait pas attendre. Satisfait il va se coucher.

Si Pierre a bien dormi ce n’est pas le cas de Guillaume, il s’est retourné maintes et maintes fois et cela a réveillé Assia, qui comprend que son mari est soucieux, il veut la préserver et ne lui dit pas grands choses, elle respecte sa manière de fonctionner, surtout que depuis quelques jours elle a des contractions, mais la France ce n’est pas l’Afrique et elle pourra gagner l’hôpital le plus proche rapidement. Mais elle sait que ce n’est pas le moment, Guillaume lui dira plus tard ce qui l’empêche de dormir. Guillaume la prend dans ses bras en lui chuchotant « je t’aime «  et ils s’endorment enlacés. Quelques heures plus tard, Guillaume dort profondément, Assia se lève et 

va préparer le petit déjeuner de Mathéo, en regardant par la fenêtre elle voit arriver Pierre, il entre et lui dit qu’il avait rendez-vous avec Guillaume et qu’il doit lui offrir le petit déjeuner. Assia et Mathéo sont très content de pouvoir discuter avec Pierre. Mathéo lui raconte l’école, lorsque Guillaume arrive l’air endormi mais déjà habillé et rasé de près.

  • La douche ne t’a pas réveillé mon vieux ?
  • Je n’ai pas bien dormi, mais je pense que cela ira mieux. Alors il a neigé ?
  • A peine, Mathéo vient voir ?

Mathéo se précipite à la fenêtre et sa petite bouche s’arrondie pour former le plus beau « oh » que tout Savoyard admirerait, car autant d’admiration pour de la neige, il faut être à moitié Africain pour pouvoir en avoir.

  • Voici la première neige Mathéo, en avais-tu déjà vu ?
  • Oui !
  • Ah et où ?
  • Sur mon grand livre d’images.

Tous les adultes s’esclaffent devant la spontanéité de l’enfant. Assia qui en n’a jamais vu explique tout de même à Mathéo qu’il va être obligé ce matin de mettre les jolies bottes fourrées que Rosine lui a données, la parka que sa mamie lui a achetée et le bonnet et les gants. Ce qui fait dire à Pierre, tu ressembleras à un petit esquimau.

Mathéo est content et comme dit son papa » j’espère qu’il le restera lorsqu’il s’apercevra que la neige est froide lorsque le blizzard souffle et qu’il rentrera de l’école courbé en deux. Assia emmène Mathéo chez Clémentine, c’est elle qui emmène les enfants à l’école, puis elle papotera avec la sœur de son mari, et laissera les deux amis discutés, ils ont l’air de deux conspirateurs pensent Assia lorsqu’elle arrive au chalet où Rosine toute encapuchonnée attend son cousin, à leur arrivée Mathéo reçoit une volée de boules de neige. Il est surpris à la première boule, puis il gravit rapidement les marches déneigées du chalet, Rosine est décontenancée, elle pensait qu’il allait jouer avec elle, mais le petit garçon n’en n’a pas envie, il ne comprend pas pourquoi sa cousine la tape avec de la neige dure. Clémentine lui explique et les deux enfants s’embrassent. Puis il est temps d’aller à l’école, Clémentine les accompagne à pieds au petit bus qui passe et rejoint rapidement sa belle-sœur. Elle cause de tout et de rien, mais toutes deux se sont bien aperçues que Guillaume n’allait pas bien et elles se perdent en conjoncture de toutes sortes.

Pendant ce temps bien installé devant la cheminée les deux hommes continue leur conversation mais auparavant Pierre demande à Guillaume d’appeler Bastien. Mais ce dernier n’est pas à son poste il a dû se rendre à l’hôpital, ce qui n’inquiète nullement Pierre, mais il doit une explication à Guillaume.

  • Pierre explique moi ce que tu sais concernant Bastien ?
  • Cette nuit en rentrant j’ai informé Bastien en ce qui concerne le mort du Pourri, il m’a dit dès demain je me rendrais à l’hôpital des armées et je demanderais au Colonel ce qu’il veut exactement à mon beau-frère, en saurais je d’avantage, je l’espère.
  • Ah je vois mais j’espère qu’il ne veut pas me tuer ou me faire rayer de mon poste, quoique j’ai pris une décision j’ai écrit ma lettre de démission, je ne veux pas repartir comme Consul ni comme Ambassadeur, ce que l’on me proposait, j’arrête, je veux vivre chez moi, adieu la gloire et les emmerdes. J’ai travaillé un an sur Lyon chez un ébéniste, il a énormément de travail, il est d’accord pour me passer des commandes j’attaquerais dès janvier. Et je passerais le Brevet d’Etat de guide de Haute Montagne au cours de l’année suivante. En attendant j’espère que tu me feras participer à des courses ; et cet hiver j’emmènerais Mathéo skié. Je n’ai pas dû perdre le ski c’est comme le vélo quand tu sais, tu reprends là où tu t’en étais arrêté.
  • En effet, mais maintenant que tu sais ce que tu vas faire si on essayait de comprendre les mots de ton père. Ta sœur ne t’a rien dit à ce sujet.
  • Avec Clémentine j’ai seulement parlé du testament, elle ne voit pas où notre père a pu le cacher.
  • Je me demande si ta nièce ne pourrait pas l’avoir en sa possession.
  • Tu rêves Pierre, ce n’est pas un vulgaire papier, c’est tout de même le testament de mon père. Quoique à part ce que nous avions déjà, Clémentine et moi depuis le départ de notre grand-père paternel, les deux terrains le reste revient tout à notre mère. Donc son testament si c’est pour me dire qu’il ne veut pas que j’ai une part de son héritage à la mort de ma mère et bien je m’en fiche complètement.
  • Guillaume arrête de te mortifier, ton père t’as fait porter le chapeau pour éviter que son parcours professionnel soit endeuillé par son erreur, mais il n’a pas pu au moment où il a fait son testament ne pas te coucher sur celui-ci.
  • – Possible, alors il faut que je le trouve, mais tu as raison je demanderais pour en être certain si Rosine futée comme elle est, ne sait pas quelques choses. Pour l’instant il nous faut essayer de comprendre ce que veut dire les pierres de Max.
  • « Il te faut suivre les cailloux comme le petit poucet et tu trouveras les pierres de Max. » Ces mots ont-ils une résonance dans ta tête ?
  • Enfants notre père nous lisait souvent le petit poucet, mais à part ça je ne vois vraiment rien d’autres.
  • Clémentine peut nous apporter un autre éclairage ; tu devrais lui demander.
  • Si j’en parle à Clémentine je mets forcément Assia au courant et je ne veux pas la troubler avant que notre enfant arrive.
  • Mais tu peux en parler qu’avec ta sœur, pour ta femme tu verras selon ce que nous allons apprendre.
  • Réfléchissons, j’ai tout de même pensé aux cailloux qui se trouvent sur le terrain légué par notre grand-père et où Clémentine et moi nous allons mettre nos chalets. Sur le haut du terrain là où nous ne pourrons pas faire grands choses il y a 7 monticules de rochers, maintenant on nomme cela, des « cairns » Clémentine disait pendant que notre père nous racontait à sa façon les contes de notre enfance, que les sept monticules de pierres feraient une belle cachette pour que l’ogre ne mange pas le petit poucet.
  • Et bien c’est déjà une piste, tu vois il faut que tu en parles à ta sœur. Aujourd’hui ce sera difficile d’y accéder, mais cette première neige ne tiendra pas, dès demain nous nous y rendrons. Maintenant il ne nous reste plus qu’à attendre l’appel de Bastien et de discuter avec Rosine.

C’est à ce moment précis que le téléphone de Guillaume interrompt leur discussion, il répond et au fur et à mesure Pierre voit qu’il est soulagé, son visage s’éclaire, il entend merci Xavier et à bientôt.

  • Alors raconte-moi tout, tu as eu le vrai ou le faux Xavier ?
  • Xavier le seul et unique, j’ai paniqué pour rien, l’Ambassadeur d’Ethiopie a été plus loin que ce que je le  lui avais demandé, il a convoqué Xavier tout en mettant une surveillance rapprochée sur lui, il est venu et ils ont discutés, il ne m’en veut nullement il comprend que tous ces drames aient pu me laisser le soupçonner. Pour le ski il m’a dit je t’expliquerais mais d’ores et déjà sache que j’étais moniteur de ski en Slovénie, et lorsque je t’ai parlé des montagnes je ne suis pas rentré dans les détails, je voulais dire les Alpes françaises. Désolé mon vieux de t’avoir fait douté.
  • Bon, on avance petit à petit, maintenant il nous faut avoir Bastien en ce qui concerne ce Maxime, j’espère qu’il pourra parler au Colonel. Ensuite nous résoudrons tout le reste, et les méchants seront punis.
  • Quel beau raccourci tu fais !

Ce n’est qu’en fin de soirée que les deux amis ont pu avoir des nouvelles de Bastien ;  après leur avoir exposé la manière dont il est entré dans le vif du sujet avec le Colonel, il leur apprend que ce dernier veut avoir le Consul face à lui et qu’il ne parlera qu’à ce moment. Mais il a confirmé que le mort du Mont Pourri était son frère jumeau.

 

A suivre…

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