Un paquet bien encombrant

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 A peine arrivé à Peisey Nancroix chez la mère de Guillaume , notre voiture est entourée par nos proches. Assia se jette dans les bras de son mari, ses larmes sont la meilleure récompense pour le travail que nous avons fait, mais elle sait s’effacer pour laisser sa belle-mère prendre à son tour son fils dans ses bras, l’enfant terrible comme elle l’appelle encore ; c’est un joyeux brouhaha qui envahit le village, quelques heures plus tard il nous semble que tout le village était dans la rue, tant notre aventure avait fait grand bruit dans nos montagnes, pourvu me glisse Guillaume que cela ne remonte pas trop haut. Il faut dire que la mère de Guillaume avait raconté à qui voulait l’entendre les exploits de son fils tant aimé. Mais dans nos villages la discrétion est de mise, surtout qu’en ce mois de septembre la majorité des touristes sont repartis. La mère de Pierre est aussi là, elle trouve que son fils fait plus vieux avec sa barbe, mais Pierre lui dit

  • T’en fait pas je vais m’empresser de la couper.
  • Oui, je préfère car là tu fais homme des bois
  • Non, maman du désert.
  • Puis je ne pense pas que ta fiancée va t’apprécier avec cette barbe fournie.
  • Elle m’a vu sur Paris, elle m’a trouvé un peu loup des mers.

C’est sur un éclat de rire que Pierre s’est précipité chez lui, où il a retrouvé Clémentine qui attends que son chalet soit finis de construire. La petite Kathleen dort dans son berceau à poings fermés.

  • Bonjour Clémentine, comme ta fille est belle, je pense que c’est parce que Mademoiselle dort que tu n’es pas descendue chez ta mère.
  • Voilà tu en connais la raison, et puis aujourd’hui c’est moi qui vais chercher les enfants à l’école. Mais toi va vite prendre une douche tu sens le sauvage.
  • Je suppose que c’est la raison pour laquelle tu ne m’as pas dit bonjour.
  • Oh Pierre je manque à tous mes devoirs mais il faut dire que tu m’as surprise, tu avais oublié que je squattais chez toi.
  • Pour tout te dire, oui mais c’est la preuve que tout va devenir normal.
  • Je suis fatiguée et vous savoir dans ce pays m’a empêché de dormir, j’espère que Guillaume ne va jamais repartir. En plus j’aimerais que Bastien réalise son rêve, certes il aime son métier mais quand on a des rêves ce n’est pas à 50 ans qu’il faut les réaliser.
  • Ah l’ami Bastien ce doux rêveur ! Il n’a pas changé.

Quelle belle rencontre de famille et d’amis, les plus proches étaient là, Pierre, Déborah et Xavier accompagnés d’Abeba. Tous les quatre comme a dit Rosine, vous êtes comme les mousquetaires. Rosine et Mathéo ainsi que Noa nous ont demandé de quitter la table, et pour la première fois Guillaume les a emmenés dans le grenier qui nous avait vus jouer étant enfants. Nous les entendions rire aux éclats et le soir Mathéo a dit à son père quand je serais grand je serais commandant des montagnes.

Il ne fait pas très chaud en ce 10 septembre, il est 5 h du matin nous décollons du refuge du Mont Pourris altitude 2374 m, direction le Lac Marlou, enfin nous l’avons mérité cette randonnée. Xavier nous accompagne, ce sera une première pour lui, mais depuis les événements il est devenu l’ami de nous tous, et puis ne sera-t-il pas d’ici la  semaine prochaine le mari d’Abeba ; ce qui fera de lui le beau-frère  de Guillaume. Il n’y a que Pierre qui n’a pas de lien de parenté mais c’est l’ami fidèle celui sur qui, les trois autres peuvent compter. Il a repris ses fonctions au sein de sa brigade. Aujourd’hui c’est lui le premier de cordée, n’est-il pas guide de haute montagne, il fait partis du PGHM (peloton de gendarmerie en haute montagne)

Nous avons 1530 m de dénivelé avant d’atteindre le sommet, nous ignorons si la glace va tenir, l’été a été assez chaud. Mais nous avançons en silence et continuons notre montée jusqu’au Grand Col qui culmine à 2935 m. A l’arrêt c’est Guillaume qui a semé le trouble en nous. Nous faisions le tour des événements que nous venions de vivre, quand soudain il nous demande à brûle pourpoint :

  • A votre avis qui accompagnait Ben en France, qui est ce mystérieux homme, qui selon ma mère était blessé, elle l’a entendu crier, je ne remets nullement en doute sa parole mais je me demande bien qui il était. Car en y réfléchissant bien, je suis d’accord que le Commandant Ben m’ai pris en filature de Djibouti à Paris mais il ne m’a pas suivi sur Paris, je me suis rendu au ministère des Affaires Etrangères, il n’y a que de là-bas que l’on a pu savoir mon adresse. Et, encore c’est celle de ma mère. Et non la mienne, et je ne pense pas leur l’avoir donné puisque je n’étais pas revenu en France depuis plus de dix ans.

En continuant leur montée cette petite phrase trotte dans la tête des quatre amis. Qui serait cette mystérieuse personne, et où est-elle ? Mais cela ne gâche pas notre escalade. Nous sommes en cordée, Pierre a pris Xavier avec lui, Bastien sera avec Guillaume, mais si ce dernier nous en a parlé c’est qu’il doit avoir des éléments que nous ignorons, nous verrons cela au moment de la pause pense Pierre en mettant son baudrier. Chacun met son casque et en route par la voie normale du Glacier de Geay. Pierre voit que le glacier est très crevassé. Deux ou trois séracs sont menaçants dans la traversée du Grand Col.

  • Attention chute de pierres

Cette petite phrase a le don de nous amuser lorsque Xavier répète :

  • Attention chut il y a Pierre.
  • Farceur, mais fais gaffe où tu poses tes pieds, c’est glacé. Nous aurions pu partir plus tard mais je veux être au sommet avant midi. En temps ordinaire, nous mettons entre 5 h pour monter mais nous pensons mettre une heure de plus, mais ce n’est nullement toi qui est en cause, c’est nous qui avons voulu nous dépêcher de faire notre course, plus tard ce ne sera pas possible il y aura trop de neige. Mais on reviendra.
  • Tu m’as bien coacher, t’inquiètes je suis bien capable de mettre un pied devant l’autre.
  • Tu es très sportif, et je ne me fais aucun souci.
  • Allez continuons.
  • C’est de la haute montagne et du glacier, une autre fois nous t’emmènerons sur l’autre voie, là-bas il n’y a que du rocher et cela se déroule en haute altitude et dans une ambiance aérienne.

Il est plus de 9 h du matin et il ne nous reste que l’arête pour atteindre notre Mont, il fait très beau, c’est une belle journée de fin d’été, une comme nous aimons. Nous prenons le temps de prendre un petit encas avant d’attaquer la plus périlleuse, l’arête. C’est Bastien qui relance la discussion qui s’était interrompue pendant le passage du glacier :

  • Dis-moi Guillaume pour quelles raisons tu nous parles de cette personne, aurais-tu eu un appel ces temps derniers ?
  • Ce n’est pas un appel c’est Rosine !
  • Rosine, ma fille qu’a-t-elle vue s’exclame Bastien !
  • Ecoute, elle ne m’a rien dit de particulier, c’est Mathéo qui nous a dit à sa mère et moi que Rosine menait une enquête, cela m’a alerté, et j’ai posé des questions à Mathéo.
  • Que t’a-t-il dit ?
  • Rosine a dit à un de ses amis à l’école et ce devant Mathéo qu’elle avait vu un homme se dissimulé vers la fontaine de l’hôtel, et quand elle avait pris ses jumelles, elle l’avait reconnu le Monsieur qui accompagnait Ben.
  • Ah voilà ou se trouve mes jumelles, c’est ma fille qui les a ! Mais il faut que je lui parle, elle ne doit pas se mêler de ça. Mais quand as-tu su cela ?
  • Hier matin avant que nous partions pour le refuge.
  • Tu penses à une personne en particulier ?
  • Non, je ne vois pas qui cela peut-être et surtout qu’est-ce qu’il nous veut ?

C’est à ce moment que Pierre a pris la parole :

  • Je pense que nous allons bientôt le savoir, je ne vous ai rien dit mais nous sommes suivis.

A suivre…

Commentaires

  1. Suivis sur un glacier, ce n’est pas ordinaire, c’est le moins qu’on puisse dire ! il me tarde de savoir qui est cette personne.
    A très vite, bisous.

    1. Ah c’est bien tu t’en es rendue compte! Rire. Mais non ce n’est pas exprès c’est parce que j’avais déjà répété et je l’ai effacé ensuite j’avais mes dialogues qui n’étaient pas d’aplomb alors j’ai tout effacé et quand j’ai Villé j’ai repris l’ancienne version.
      Désolée, je vais l’ôter mais du coup cela va faire court.
      Le pire c’est que je voulais aller beaucoup plus loin dans le récit… Bon tant pis je laisse sans le début.
      Merci et bonne soirée et bisous.

  2. Après la répétition du début j’ai pris l’air frais de la haute montagne. On s’y croirait! Tu nous fais une très belle description de cette montée. Tout en gardant le fil de l’enquête.
    Suivis? là-haut? Et bien dis donc! Tu n’épargnes pas tes personnages. 🙂
    Qui est donc ce blessé? Un peu beaucoup traître, non?
    Gros bisous de bonne nuit

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