Un paquet bien encombrant ( suite )

 

  •  Je ne vois personne,
  • Il n’a pas mis ses pas dans les nôtres mais je le sais que l’on nous suit !
  • Mais c’est peut-être un randonneur comme nous.
  • Non, il ne connait pas grands choses à la montagne, mais il s’est pas mal entraîné, en fait avant-hier on nous a téléphoné du bureau des guides de Bourg St Maurice, qu’un type voulait un guide pour escalader le Mont Pourri.
  • Mais pourquoi t’appelait-il ?
  • Pour que je l’accompagne, mais quand ils lui ont dit avoir trouvé un guide de disponible et qu’il était gendarme, il a décliné la course. Je pense qu’il nous suit.
  • Seul !
  • Ah je ne sais pas mais je ne vois pas qui a pu le prendre pour la course ;
  • Et bien nous allons le savoir, nous n’irons pas au sommet avec une menace dans le dos. Qu’en penses-tu Pierre ?
  • C’est exactement ce que je vous propose.

Mais à cet instant nous entendons un cri d’horreur, suivis d’un appel au secours. Pierre n’hésite pas, il assure Xavier, nous demande de ne pas bouger et refait en sens inverse notre dernière montée. Il aperçoit suspendu au-dessus du vide un individu qui n’en mène pas large. Pierre ne se pose aucune question qui que ce soit il se doit de le sauver, il appelle Bastien qui de nous trois est le plus chevronné, Guillaume restera avec Xavier. Bastien rejoint Pierre et découvre le drame qui se joue à deux pas d’eux. L’homme a l’air épuisé, mais il ne faudrait pas qu’il leur joue la comédie, car c’est certainement lui que Rosine a observé à la jumelle. Aussi il s’en tiendra à ce que Pierre voudra, mais ce serai que de lui il le laisserait moisir ici. Ce genre d’individus qui ne va pas direct au but mais passe par la montagne pour leur parler, cela devient glauque et ça ne sent pas bon.

  • Monsieur ? Vous m’entendez, ne bougez pas répondez-moi.

Mais il ne dit rien, il a dû s’évanouir, il va falloir le remonter, nous devons le faire bien qu’il en coûte à Pierre. Mais en montagne, un blessé reste un blessé même si c’est un prisonnier évadé ou un grand criminel. Après tout ils ignorent si c’est l’homme qui a refusé son aide.

  • Bastien dit à Guillaume d’emmener Xavier au refuge, et ensuite qu’il nous rejoigne. Mais que Xavier ne cherche pas à redescendre, qu’il en profite pour appeler la vallée et demander à l’hélicoptère de venir chercher notre blessé. Aidés de Guillaume et Bastien ils mirent plus de trente minutes à remonter le blessé, celui-ci était blanc comme un linge et évanoui, il avait sa jambe de fracturer et une plaie au front, sans doute l’arcade sourcilière quand il avait fait le pendule. Mais ce qui inquiétait beaucoup plus Pierre c’est que le temps avait changé, l’hélicoptère aurait du mal à décoller si le brouillard était dans la vallée. Ici le Mont Pourri avait pris un capuchon de nuages et le brouillard faisait le yoyo. Avec un blessé et sans matériel il n’était pas question de redescendre, il fallait aller dans le refuge. Ils mirent plus d’une heure pour remonter alors qu’ils l’avaient fait si facilement il y avait plus de deux heures. Arrivés au chalet il a fallu qu’ils se rendent à l’évidence l’hélicoptère ne décollerait pas, de plus il y avait du vent. Ils allongèrent le blessé sur un des lits et Pierre commence à lui faire une attelle de fortune pour lui soulager la jambe. Le blessé gémi mais n’ouvre pas les yeux. Il lui ôte délicatement son blouson et Guillaume qui fume sa pipe observe et brutalement il sursaute et il s’exclame :
  • Bon sang mais c’est le frère du Colonel, il me semblait bien que je connaissais cet individu ; décidément ils vont tous se liguer contre nous « les de la Roche. »
  • Avec le nom qu’il porte ce n’est pas étonnant qu’il se soit fracassé le crâne contre de la roche.

Et les quatre amis s’esclaffent !

  • Sacré Xavier tu n’en rates pas une.

Mais le blessé entrouvre les yeux, il a l’air mal en point, ils ont bien envie de lui poser quelques questions mais celui-ci épuisé sombre dans un profond sommeil. Il profite de ce moment pour s’installer pour la nuit, à moins que l’hélicoptère puisse monter, Pierre va essayer de joindre son peloton, en montant par les Arcs ils pourraient venir récupérer l’individu et le mettre sous bonne garde à l’hôpital de Bourg Saint Maurice. Ils sortent un instant car la communication est mauvaise, et, Pierre pense qu’il joue au mort pour pouvoir capter ce qu’ils se disent.

  • Quand il aura repris ses esprits nous l’interrogerons, enfin toi Guillaume puisque tu le connais, mais c’est son petit frère au Colonel car il me parait bien jeune ?
  • En fait le Colonel nous l’a toujours présenté comme son frère mais je n’en sais rien ; je vais aller le fouiller et voir ses papiers.
  • Fais attention :
  • Tu as vu sa jambe dans quel état elle est, il ne pourra pas me courir après, puis le chalet est petit j’aurai vite fait de m’éloigner.
  • Nous ne l’avons pas fouillé nous ignorons s’il n’a pas une arme, fait très attention, du reste Xavier tu devrais rentrer avec lui ainsi que Bastien, le temps que je joigne mes hommes.

Au bout de quelques instants Guillaume ressort pour demander à Pierre s’il sait où se trouve le sac du frangin, Pierre qui téléphone lui fait signe qu’il ne s’en souvient pas, puis comme la communication est terminée il lui montre le sac qui est resté posé à côté des leurs. Il fouille rapidement le sac et stupéfait il voit la photo de Guillaume, sa femme et son fils ainsi que celle de Xavier. Les photos ont toutes été prises à Djibouti. Et, comme il l’avait prévu il y a une arme de petit calibre mais à bout portant elle ferait des dégâts. D’ un commun accord les deux hommes ôtent les balles et remettent l’arme dans la poche intérieure du sac, Pierre replace les photos dans le portefeuille et rentre avec Guillaume dans le chalet. Tous les sacs sont déposés sur le sol y compris celui du blessé. Celui-là n’a pas l’air de s’être réveillé, il va falloir s’occuper en attendant que les gendarmes arrivent par les Arcs.

 

A suivre…

 

6 réponses à Un paquet bien encombrant ( suite )

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