Suite 9

Bon je continue…Bonne lecture!

 

Pendant ce temps le brigadier-chef a rejoint son fils qui est interrogé par son second, son fils a donné la même version des faits, à quelques détails près, ce qui fait dire à son père que ces deux-là se sont mis d’accord sur les réponses à donner. Lequel des deux va craquer en premier ? Possible que ce soit son fils, cette histoire est celle de son copain, ce n’est pas la sienne, pourquoi irait-il s’impliquer dans ce qu’il ignorait ?

–       Dis-moi Paulo, cela ne te dérange pas de te moquer de moi, tu sais ce qu’il arrive aux menteurs ?

–       Mais Papa, nous sommes bien allés dans la maison de Jules je ne te mens pas.

–       Et, vous êtes restés six heures dans la maison, vous n’avez même pas traient les vaches, cela vous aurait occupé, qu’avez-vous fait ensuite ?

–       On a discuté ;

–       Et bien Paulo, je vais te mettre en garde à vue et tant que tu ne m’auras pas donné la vraie version des faits tu resteras là.

–       Jules aussi,

–       Oui Jules aussi, mais il ne sera pas avec toi, ne rêve pas mon gars.

–       Allez emmenez-moi ce menteur hors de ma vue.

Au moment où Paulo est poussé vers la cellule de fortune qui équipe la petite gendarmerie, les gendarmes voient débarqué la patrouille qui vient de découvrir la mère Petiot, la maman de Jules. Vu le regard troublé que jette Paulo vers son père, ce dernier sait que son gamin était au courant. Que savent ces deux-là ? Il avisera plus tard, il lui faut aller constater sur place ce qui s’est réellement passé.

Plus d’une heure plus tard, le juge, le brigadier et ses collègues sont en grande discussion dans la gendarmerie. Il leur faut faire le point au vu des constatations d’usage qu’ils ont relevé sur les lieux. Une enquête va être menée par la brigade du Puy, eux ne seront pas relégués au second plan mais l’affaire est jugée trop grave pour être laissée en suspens et aux mains d’amateurs comme vient de leur signifier le haut commandement. Il faut dire que ce qui se passe dans le village est peu courant. Deux meurtres, cela ne fait aucun doute, deux disparitions et un homme en cavale. Deux gamins dont le fils du brigadier-chef qui en savent plus que ce qu’ils ont bien voulu leur en dire. Ils vont être interrogés par un inspecteur venus directement de Lyon, mais qui vient d’être muté à sa demande sur le Puy. C’est un fin limier aux dires du juge. On l’attend dans la soirée, en attendant les deux adolescents ont été mis chacun dans une pièce, l’un sanglote, l’autre dort, il 

semble complètement épuisé. Le plus âgé est le fils du brigadier, il a quinze ans, il sera interrogé le premier, il devrait craquer assez vite, mais rien n’est moins sûr.

–       Dîtes-moi Brigadier, votre fils vous a déjà mentis, ou il protège son copain, si tant et si bien qu’il ait besoin de le protéger, car je vois mal ce gamin tuer sa propre mère.

–       Ah non Monsieur le Juge, Jules n’a pu tuer sa mère, je l’ai vu hier soir quand je l’ai emmené chez moi pour qu’il puisse y passer la nuit.

–       Pour quelle raison l’avoir emmené ?

–       Je pense avoir bien fait car sa mère a été emmenée de force de sa maison au château, que ce serait-il passé s’il avait été présent dans la maison cette nuit ? Son beau-père le battait, c’est la raison pour laquelle je l’ai soustrait à ce monstre.

–       Son beau-père ne pourrait pas être l’assassin ?

–       Je ne sais pas !

–       Son père alors !

–       Non, Pierrot a eu une conduite exemplaire, je pense au contraire qu’il est revenu pour protéger sa femme et son fils.

–       Donc vous êtes certain qu’il n’a jamais tué le frère du Comte.

–       Voyons Monsieur le Juge vous savez bien que le frère du Comte n’a jamais été tué, et c’est pour cela que Pierrot est sorti de prison, mais pour les communs du mortel et en attendant que l’on comprenne qui était ce mort, il est dehors pour bonne conduite.

–       Vous prenez les villageois pour des imbéciles, le bruit court déjà en ville.

–       Oui, je sais, mais ce n’est pas à moi de les informer, attendons la suite des évènements.

Attendre vous n’avez que ce mot à la bouche vous les gens des campagnes, il faut agir et vite. Partez battre la forêt, prenez tous les hommes, je gère les deux gamins.

Le père de Paulo a un moment d’hésitation, laissez son fils avec le Juge, il n’a pas l’air de comprendre, cela ne se fait pas, il va de ce pas appeler un avocat pour veiller sur les deux enfants, mais c’est à ce moment-là qu’entre l’instituteur de son fils, suivis par le directeur de l’école du village.

–       Messieurs !

–       Nous venons voir nos élèves, ils sont sous notre responsabilité, tout au moins pour Jules, pour votre fils nous acceptons de vous le laisser, mais Jules nous l’emmenons.

–       Non, emmenez- les tous les deux !

Et, il va trouver l’inspecteur accompagné des deux hommes qui leur dit qu’ils ne sortiront pas sans avoir emmené les deux jeunes adolescents. Le juge y consent à condition qu’ils soient surveillés, il veut savoir éventuellement ce qu’ils ont vu. Ce que doute le père de l’un. Quant à l’autre il lui faudra trouver un lieu pour qu’il passe ses vacances, car le voici seul où presque dans la vie. Tant que son père n’est pas lavé de ces crimes, ils ne pourront vivre ensemble.

Lorsque la voiture de l’inspecteur se gare devant la gendarmerie nul ne sait qui est l’inspecteur, en effet lorsque ce dernier descend, il est accompagné d’une femme, Quand le brigadier la voit, il est  époustouflé, c’est la fille aînée de Pierrot, mais est-il possible qu’elle soit là pour mener l’enquête, et surtout est-ce qu’elle peut être là en tant qu’officier de police et fille d’un des suspects. Elle en a fait du chemin cette gamine pense en son for intérieur le brigadier. Chapeau Madame !

–       Bonjour ! Je vous présente Marie-Caroline, mais je pense que vous la connaissez, c’est ma femme !

–       En effet, Bonjour Marie Caroline, je ne pensais pas vous retrouver dans ces circonstances.

–       Moi non plus Monsieur le Brigadier. Avez-vous reconnu mon époux ?

–       Ah je le connais, Non du tout ! Vous êtes qui ?

–       Au vu des circonstances je ne jouerais pas aux devinettes, je me présente Florian Gros !

–       Le grand-frère d’Aubin, ah j’ignorais votre promotion, mes félicitations. Je suis désolé pour votre frère.

–       Je reprends l’enquête de A jusqu’à Z, ainsi que toutes les autres enquêtes qui se greffent dessus. Je verrais mon petit beau-frère en temps et en heure. Ne vous inquiétez pas si le Juge m’a nommé sur « ces affaires » c’est uniquement parce que je connais la région comme ma poche, ainsi que tous ceux qui l’habitent ! Quand à mon frère il va nous falloir nous dépêcher si nous ne voulons pas qu’il subisse la même chose que l’inconnu de la rivière et Madame Petiot.

–       Est-ce que vous pensez loger dans les appartements attenants à la gendarmerie ?

–       Non, nous irons chez mes parents, et si l’enquête devait se prolonger nous aménagerons la ferme de mes beaux-parents.

–       Ah ! Je vois

–       Ah autres choses, c’est ma femme qui s’occupera de Jules pendant les vacances, mais auparavant je vous remercie d’avoir veillé sur lui. Sur ce nous vous quittons, je dois emmener ma femme chez mes parents. A plus tard mon brave.

Quand il voit à l’énoncé de ce surnom ridicule « mon brave » rire ses subalternes, le brigadier-chef attends le départ du Monsieur de la ville et les envoie vaquer à d’autres occupations, non sans leur crier d’éviter à l’avenir de ricaner. Ces collègues ne comprennent pas ce coup de sang. Il faut dire que cela fait trente-six heures, qu’il n’a pas fermé l’œil, aussi, compatissant, ils lui pardonnent sa colère.

Pendant que tout le monde vaque à ses occupations, Pierrot du haut de sa cachette réfléchit aux évènements qui viennent de se dérouler. Le jeune frère du Comte n’était pas mort, alors qui était ce macchabé retrouvé dans sa grange ? Il comprenait mieux la raison pour laquelle il avait été libéré, les matons le savaient, le juge aussi, si cela se trouve sa femme et le brigadier. Mais, alors pourquoi ne l’avait-on pas informé plutôt que de lui raconter des sornettes. Il était libéré selon son avocat pour bonne conduite, c’était vraiment risible, il n’avait pas toujours eu une bonne conduite lors de son emprisonnement. Maintenant tout devenait limpide comme l’eau de roche. Ils savaient !

Tout cela ne lui disait pas qui était le mort ? Un vagabond ou un ouvrier du Comte, les frères ne s’embarrassaient pas de principe il y a 11 ans. Il lui fallait réfléchir aux évènements de ces jours-ci. Premièrement le mort de la rivière était-ce le Comte, mais là aussi il n’y était pour rien, sauf d’avoir croisé sa route ; mais son fils Jules avait entendu vers le chemin du détour une dispute, il n’avait vu personne. Mais il était bien possible que ce dernier ne lui ait pas tout dit. Il en reparlerait avec lui dès que possible. Ensuite et quelques heures plus tard Aubin Gros avait été kidnappé, par qui et surtout pourquoi, à moins qu’il l’ait pris pour Jules, cela pouvait être plausible. Ces deux-là se ressemblaient : cheveux bruns ébouriffés, même taille, mais son fils avait les yeux sombres et Aubin les avaient bleus. L’autre n’avait pas dû faire attention. Mais encore la même question lancinante, qui était cet autre ? Ensuite venait l’assassinat de sa femme, qui  avait pu commettre ce crime ? Maurice ou le frère du Comte, les deux avaient été ses amants, l’un il y avait dix ans, l’autre ces dernières années. L’un aurait pu être jaloux de l’autre, mais lequel ? Puis, à la ferme il n’y avait pas eu lutte, elle l’avait suivis de son plein gré, sa Raymonde, quoique on avait pu effacer toutes traces, en revenant après avoir commis ce meurtre. Oui, c’était sûrement la raison, pourquoi n’y avait-il pas pensé plus tôt.

Il était aussi possible songeait Pierrot que ce fut un inconnu, il n’avait pas été présent ces dernières années, sa femme avait pu avoir d’autres amants. Elle n’était pas farouche, il en savait quelques choses, elle était encore fort belle, et, en y songeant Pierrot se met à pleurer. Il a été trop dur la seule fois où il l’avait revu, mais faut dire qu’enceinte jusqu’aux yeux elle se faisait prendre sur la table de la salle à manger par un de ses amants. Elle exagérait, mais maintenant, elle n’était plus là pour lui raconter ce qu’elle avait fait ces dernières années. Il était le coupable idéal, tout tournait autour de lui. Qui lui en voulait à ce point, et qu’elle en était la raison ? Il lui fallait le savoir, mais la première chose était de ne pas se faire prendre, et, surtout de protéger son fils.

 

 

Commentaires

  1. Cela va être compliqué pour Pierrot ! Ouf ! Merci EvaJoe et vite la suite …
    douce soirée,
    Bisous♥

  2. Sapristi Evajoe! Tu as une sacrée imagination. Que de questions, de fils qui s’entremêlent
    C’est super!

    😉

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