Suite 11

Ce matin Aubin et Jean se promenaient dans la forêt, ils devaient rapporter pour leur maman quelques baies sauvages pour améliorer la salade de fruits qui trôneraient sur la table pour les fiançailles de son frère et de sa promise qu’il allait présenter le samedi même. Soudain un bruit étrange s’était fait entendre, le chemin pierreux permettait d’entendre n’importe quelles personnes qui venaient à leur rencontre. Aubin connaissait  la forêt comme sa poche, mais le bruit qu’il entendait n’était pas coutumier. C’était un bruit de ferraille comme si une personne marchait en traînant les pieds et que sa semelle était mal ressemelée. Bizarre, mais bon il y avait tant de gens qui l’arpentait la forêt que cela ne l’avait pas fait fuir. Mais au détour du chemin qu’elle ne fut pas sa surprise de se trouver nez à nez avec un inconnu qui se cachait sous les pans de sa houppelande qu’il avait ramené sur son visage. A la main une longue baguette, qui ressemblait aussi bien à un bâton de marche qu’à un bâton pour mener les vaches aux champs. Sans un mot ce type s’était rué sur eux, avait fait lâcher la main de Jean en lui tapant violement dessus. Puis il avait poussé le petit et il avait heurté une pierre et avait dû s’évanouir, c’est du moins ce qu’Aubin se souvenait maintenant qu’il était enfermé dans cette pièce froide et humide. Lui venait juste de se réveiller il était attaché au mur par une chaîne qui était passée dans un anneau, il avait bien essayé de tirer dessus mais l’anneau tenait bien au mur. Il lui semblait que c’était la cloche du château qui l’avait réveillé quelques heures auparavant, depuis il n’y avait aucun bruit, même pas le pas caractéristique de son ravisseur. Depuis il savait qu’il avait été pris à la place de Jules, et, Aubin pensait  

que cela avait un rapport avec le père de Jules, mais l’autre s’était bien gardé de montrer son visage. Lui, Aubin, n’essayerait pas de le voir car il en était certain il ne donnerait pas cher de sa peau, il était préférable qu’il ignore jusqu’à son identité, cela lui permettrait de rester vivant. Il était persuadé qu’il se trouvait dans les oubliettes du château, car lorsque à moitié groggy il l’avait plus poussé que porté, il avait reconnu le bruit caractéristique de la grande porte en bois, puis la vieille bibliothèque avait tourné sur elle-même, cet homme qui connaissait aussi bien le château était peut-être le châtelain lui-même, voir un de ses domestiques, donc un habitant du village, pourtant personne ne les confondait Jules et lui, étrange ! Il ne restait plus que le châtelain ou un de ses hommes de main. Car Aubin savait par Jules qu’il y avait eu complot onze ans plus tôt, même son père le disait. Alors pourquoi cherchait-on à enlever Jules, que pouvait-il savoir ? Avait-il vu quelques choses, si c’était le cas il ne leur l’avait jamais confié, mais possible que lui ne le sache pas, ou alors il possédait un papier et l’autre voulait lui tirer les vers du nez. Notre Aubin en était là de ses réflexions quand le bruit caractéristique des chaussures de son kidnappeur ont retentis dans les escaliers. Vite, Aubin reprends sa position allongée, et va lui laisser croire qu’il dort encore. Ce matin il l’a entendu maugréer : « zut j’ai dû abuser sur la drogue ». Pendant qu’il fait celui qui dort, l’autre le laisse tranquille, mais hélas, Aubin va vite se rendre compte que le sommeil est terminé, l’autre le secoue comme un vieux prunier, tout en lui disant :

–       Sale gosse ouvre les yeux, et dis-moi où je peux trouver ton copain le Jules au Pierrot.

–       Chez lui, je n’en sais rien moi, mais qu’est-ce que je fais là, lorsque mon père saura qui vous êtes, je ne donne pas cher de votre peau. Vous allez passer un sale quart d’heure.

–       Ferme-là vermine ou alors tu vas tâter de mon bâton.

Aubin en a tâté et son petit frère aussi, il demande à cet homme sans foi ni loi :

–       Qu’est-ce qu’il est arrivé à mon petit frère, il n’a que 6 ans, ce n’est pas bien grand.

–       Je n’en sais rien, et de toutes façons je m’en fiche pas mal, déjà toi tu me gênes.

–       Mais je ne vous ai rien demandé, c’est vous qui m’avez amené là !

–       En effet mais je voulais l’autre chenapan de Jules ; ce petit de rien du tout !

–       C’est un enfant comme moi, je ne vous permets pas de tenir des propos pareils sale mec !

Le pauvre Aubin aurait mieux fait de se taire, car l’autre ne l’entend pas de cette oreille et il lui assène un grand coup de bâton sur la tête, lui, qui avait eu le droit de se relever oscille et s’effondre telle une poupée de chiffons. Bien lui en a pris, car à ce moment-là venant de l’extérieur il y a un grand remue-ménage, le kidnappeur regarde par le soupirail et voit que la maréchaussée a envahie son terrain de jeu. Quand il avait découvert la belle Germaine Viricel, il avait eu l’envie de prendre ses jambes à son cou, car il avait déjà commis un acte répréhensible, mais un meurtre cela ne l’intéressait pas. Qui avait pu jouer sur ces plates-bandes. Cela avait dû se passer avant minuit, car la cloche avait sonnée, un tintement lugubre, semblable au glas, qui avait actionné cette cloche qui tenait par l’opération du Saint-Esprit ? Si c’était Raymonde, elle l’avait payé cher, si c’était  son meurtrier il devait être loin à l’heure qu’il était. Depuis qu’il avait découvert son corps, personne n’était venue ce qui lui avait fait dire que les bruits de pas entendus cette nuit, étaient peut-être celles de l’assassin revenu sur les lieux vérifié si le drame était consommé. Sauf qu’il l’avait vu un peu plus tôt, étonné qu’il soit là, car, ne le disait-on pas mort ? Ce n’était nullement dans son intérêt d’aller le dire aux gendarmes, on lui demanderait rapidement ce qu’il faisait là. Et, sauf pour sauver sa peau il se tairait à tout jamais, ou alors il ferait porter les soupçons sur le seul assassin que tout le monde connaissait le père Petiot. Mais pour l’instant il lui fallait se débarrasser du gamin ou le mieux se serait de le détacher, et advienne ce qu’il pourra, si le gamin est malin il s’en sortirait, dans le cas contraire il va errer longtemps dans les dédales du château. Et, lorsque les flics le retrouveront, s’ils le retrouvent il sera mort depuis fort longtemps. Quant à lui, il ne doit pas rester là. Il connait beaucoup de cachettes dans ce château, enfants il y a joué assez souvent avec les gamins du village et ceux du château. Il ricane, s’il savait les autres. 

Tout en regardant par le soupirail il aperçoit un homme, grand, il ne lui est pas inconnu Tiens, il ressemble étrangement au fils Gros, ce doit être l’aîné, cette vermine qu’il hait ! Il serait donc inspecteur, il a pris le bon chemin, lui !  Et bien il ne vaut mieux pas traîner dans les parages car Gilles  connaît le château aussi bien que lui. Vite fuyons.

Ce n’est que le soir et fort tard qu’Aubin a repris ses esprits, hélas il n’a pas entendu les vas et viens des gendarmes, aussi, quand il s’aperçoit qu’il est seul mais libre, il commence par crier, mais personne ne lui répond, et pour cause il est seul, tout le monde a regagné le village. Il se lève et fais attention car sa cellule est voutée et à un endroit c’est plus bas Pourvu que la porte ne soit pas fermée, et pourquoi l’autre a disparu et laissé libre de ses mouvements. Son ravisseur ignore qu’avec ses copains il s’est baladé dans ses lieux tout l’été dernier. Mais qui sait, c’est possible que ce soit un piège, méfiance, méfiance ! Tout en se dirigeant vers la porte vers la liberté, Aubin réfléchit à la manière dont il va pouvoir se libérer et rentrer chez lui, il ne faut surtout pas qu’il se trompe de côté, en effet l’an passé ils s’étaient rendu compte lui et ses copains qu’il y avait pas mal de cellules, et si il partait dans le sens contraire, il n’était pas près de gagner la sortie. De plus il lui fallait être méfiant, car l’autre lui avait peut-être réservé quelques surprises, et retomber dans un guet-apens ne le réjouissais pas trop. Au moment de s’engager, dans les méandres du couloir, il entend un sifflement, une sorte de cris de ralliement, étrange, qui est à l’extérieur, comme avec ses copains ils font le cri de la tourterelle, il s’approche le plus près du soupirail qu’il aperçoit quelques mètres plus haut, hélas il n’y a pas de chaises ou de tables pour se hisser à la hauteur de cette petite fenêtre. Tant pis Aubin roucoule une fois puis attends, un silence et à nouveau deux fois. Et, là surprise on lui répond, puis des chuchotements se font entendre, et une voix qu’il reconnaîtrait entre mille, c’est son ami Jules :

–       Aubin, c’est toi ?

–       Oui, je suis en bas, un dingue m‘a enfermé, méfie-toi, c’est toi qu’il recherche.

–       Ne t’inquiètes pas, je ne suis pas seul, attends ne bouge pas nous descendons.

Aubin entends une cavalcade dans les escaliers menant aux oubliettes, puis la voix de Jules criant :

–       Venez c’est par ici j’en suis sûr, je connais, n’est-ce pas Paulo que nous savons où trouver notre copain ?

–       Bien sûr Gilles, venez c’est de ce côté.

Aubin n’en croit pas ses oreilles, Gilles, son frère Gilles a quitté sa sacrosainte ville de Lyon pour venir à sa recherche ; bientôt il va remercier l’étranger de l’avoir kidnappé. Cette journée est à marquer d’une pierre blanche, comme ses parents doivent être heureux et, ce soir la famille sera à nouveau réunie.

–       Aubin, enfin !

–       Gilles, oh comme je suis heureux que tu sois venu à ma recherche

–       Tu sais Aubin, il faut remercier tes deux amis, sans eux je ne serais jamais venu par ici.

–       Merci mes Amis, merci !

Jules et Paulo sont un peu décontenancé devant les éloges du frère d’Aubin, alors qu’eux deux lui ont caché une partie de la vérité concernant la maman de Jules, mais comment faire pour réparer et comment ne pas se sentir pris dans l’engrenage de choses qu’ils ne maîtrisent pas du tout. Ils se regardent du coin de l’œil, Pierrot laissera faire Jules, il ne peut s’en mêler. Jules se demande où se cache son père, il ne l’a pas vu dans la cabane, et, heureusement, car les flics l’ont investis. Chaque parcelle a été passée au peigne fin, pourvu que son père ait bien pensé de ne pas laisser un seul indice qui puisse leur permettre de lui mettre la main dessus. Même si Jules ne connait pas vraiment son père, il pense qu’il est assez malin pour éviter de se faire reprendre avant que toutes ces affaires soient élucidées. 

Commentaires

  1. Je suis en plein préparatif mais n’ai pu m’empecher de voir la suite…..He bien ça se dénoue un peu mais que vat-il arriver encore suspens suspens bien maintenu en tous cas. Bsise

  2. Bon, il est retrouvé celui-là, et vivant ! Ça, c’est super ! Ouf !
    Merci EvaJoe et douce fin de ce jour,
    Bisous♥

  3. Le petit Aubin est sain et sauf! Ouf! Avec toi, il faut s’attendre à tout!
    Oui, que de suspense!
    😉

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