Stratagème (La traversée dangereuse)

Je la remercie et rejoint Zoé qui a préparé un café, car nous avons décidé de dormir un peu et de repartir d’ici minuit. Comme les voix montent je pense que si les fous arrivaient, nous passerions en Suisse tout simplement et nous nous dissimulerions  derrière les bornes en pierres qui jalonnent la frontière. Pourtant en regardant bien la carte je m’aperçois que le chemin va passer dans les pâturages, aussi nous ne marcherons pas de nuit ce qui semble tranquilliser la jeune dame. Nous dégustons notre repas amélioré et nous nous dirigeons vers la tente pour commencer ce qui aurait dû être une longue nuit en montagne et qui va se révéler être une nuit de folie.

Je lui donne la priorité afin qu’elle puisse s’installer pour la nuit, quand elle me fait signe je suis loin de m’attendre à ce que je vais découvrir. La randonneuse s’est transformée, elle est nue sur son duvet et m’attire immédiatement sur elle, me déshabille, je me laisse faire je l’avoue, et de suite je joue avec ses seins, son sexe, la caresse et la pénètre tendrement, elle gémit, elle crie, elle en redemande, elle réclame encore et encore, mais là j’y mets le holà, je ne veux pas attirer les fous, surtout s’ils sont tapis dans l’ombre à me surveiller. Et surtout nous avons encore une longue marche, je fais taire sa demande par un baiser long et appuyé et lui dit que demain nous recommencerons, à condition qu’elle soit sage cette nuit. Après avoir mis la sonnerie de son portable sur trois heures du matin nous nous endormons enlacés comme deux vieux amants. C’est le vent qui hurle qui nous réveille à chaque rafale j’ai l’impression que la tente va s’envoler. Aussi nous la démontons et repartons dans les pâturages, c’est de l’herbe et cela descend, il nous faut être attentifs et mettre nos pas l’un devant l’autre, il n’y a aucun arbre, et du coup pas de marquages. Puis nous suivons un chemin bitumé qui nous fait excessivement mal aux pieds, enfin voici la maison que nous avions repéré sur le topo guide, c’est une ferme auberge et nous avons tellement froid que l’idée d’un bon chocolat chaud nous met l’eau à la bouche. C’est à ce moment que j’entends un long sifflement, ce n’est pas un oiseau, cela ressemble à un cri de ralliement comme si on avertissait des guetteurs. Je ne dis aucun mot à Zoé je la laisse s’approcher de la ferme, il est fort tôt mais une petite lumière brille à la fenêtre du premier étage. Il y a au moins une personne qui est levée, je suis sur mes gardes, je sens comme une présence mais l’auberge me garantit qu’ils ne m’attaqueront pas dans un lieu habité, ils interviendront le long du chemin, proche d’un ravin, que sais-je, mais certainement pas dans un lieu où l’on a gîte et couvert. Zoé revient et me dit que l’on peut s’attabler mais  L’aubergiste qui  nous accueille comme des hurluberlus semble interloqué par notre présence si matinale. Zoé prends l’initiative de lui dire que nous dormions sur les crêtes et que nous avions préféré nous en aller car le vent menaçait à tout moment de souffler notre tente. Dehors comme pour nous donner raison on entend le vent qui souffle fort, et l’aubergiste nous dit qu’il va s’occuper de nous, il s’en va dans sa cuisine et c’est à ce moment-là que Zoé se colle tout près de moi et je sens sa main qui caresse avec insistance mon anatomie, décidément cette fille est insatiable, c’est bien ma veine d’être tombé sur une nymphomane. En attendant le retour de l’aubergiste il n’est pas question qu’elle continue à me chauffer je lui demande d’arrêter car nous entendons du bruit à la porte d’entrée. Je n’ai nullement envie de me trouver dans une posture équivoque, j’ignore qui va entrer, si ce sont mes poursuivants je ne pourrais pas me défendre, bien qu’à l’intérieur de l’auberge j’ai tout de même des doutes. J’ai bien fait ce sont des randonneurs qui, eux, comme nous ayant vu de la lumière viennent se sustenter.  Je reprends mes esprits pendant que Zoé est allé se refaire une beauté, j’imagine bien quel genre de beauté elle est allée faire. J’en souri cette gamine est non seulement déluré mais c’est une sacré bonne femme, par contre j’ignore tout d’elle, elle ne s’est pas livrée, à part son prénom elle ne m’a rien dit de plus. La nuit prochaine j’attendrais qu’elle dorme et je lui ferais son sac, voire ses poches.

 Les randonneurs qui viennent d’arriver m’ont mis la puce à l’oreille, ils ont croisé bien avant le sommet hier vers 16 h un groupe d’hommes qui avait des allures de soldats, mais leurs vêtements hétéroclites leur avait fait plutôt penser à des acteurs d’un jeu grandeur nature. Je ne suis pas mécontent que Zoé ne les entende pas, car elle aurait dit que nous y participions à ce jeu. Quand elle revient la conversation roule sur le GR5 qui est fort agréable, nos voisins de table vont s’arrêter dès qu’ils ne pourront plus avancer, pour l’instant il fait encore beau et les prévisions météos ne sont pas dramatiques. Il n’y a que le vent qui va gêner notre progression. Je décide tout comme eux d’aller le plus loin possible tant que le temps n’est pas à la neige.

Après avoir bu un bon chocolat chaud réputé, nous repartons, accompagné d’un couple qui va dans le même sens que nous. Les femmes marchant du même pas papotent à l’arrière car tout est en descente, un peu casse gueule car herbeux. L’homme qui répond au prénom de Tom ne dit pas un mot et marche, je le suis car je suis en forme à nouveau. Les effets nocifs des barbituriques s’estompent. Je me sens beaucoup mieux. Ce n’est que de la descente et la compagne de Tom vient de chuter lourdement, je m’y connais un peu en premier secours, je lui fais une palpation de la cheville et je m’aperçois qu’elle a une belle entorse, Tom a l’air contrarié, moi cela ne m’arrange pas, je ne veux pas rester là, dans un premier temps nous nous relayons Tom et moi pour la porter, pendant que l’un la porte l’autre porte deux sacs, on ne va pas faire de nombreux kilomètres. Ici les maisons sont rares, il leur faut trouver une halte, j’aide Tom a se rapprocher d’une maisonnette que nous avons vu au loin, il frappe à la porte, un homme sort et accepte d’appeler les pompiers. Nous laissons nos camarades d’infortune et reprenons notre chemin. Je pense que cet incident va nous arranger, personne et surtout pas nos poursuivants ne sauront si c’est moi ou Zoé qui avons fait une chute. Lorsque une demi-heure plus tard nous voyons arriver l’hélicoptère je me sens en meilleure forme. S’ils nous ont vus à la ferme auberge lorsque nous sommes arrivés, au départ ils étaient allés plus en avant, certainement vers le passage des dames d’entreportes, où sur la carte le chemin se rétréci pour passer comme il est indiqué dans le topo guide dans un ancien torrent, il y a un fort dénivelé, ensuite on sera aux rochers du Larmont. Il est tout de même écrit « petit raidillon », je me demande ce qu’ils entendent par ce petit, car sur la carte IGN cela monte droit dans la pente.

Après le départ de l’hélicoptère je prends une décision qui s’avèrera par la suite comme une bonne initiative. Je propose à Zoé de passer en Suisse pour une ou deux journées, je vois dans ses yeux briller une pointe de folie, elle a des idées à revendre, j’ai plus envie de me reposer que de baiser, mais c’est sans compter sur la libido de la demoiselle. Mais il nous faut atteindre le château de Joux, c’est l’endroit le plus proche de la frontière. A raison d’une marche forcée cela va être possible. Nous ne dormirons pas au sommet comme je l’avais prévu, nous commençons la montée par une belle route forestière, nous sommes seuls, je ne sens la présence de personne, aussi c’est d’un bon pas que nous arrivons devant le fameux raidillon. Cela s’avère être un torrent qui coule faiblement, il faut s’accrocher, à mi pente nous nous arrêtons, Zoé n’émet pas un mot mais je vois de grosses gouttes de sueur perlées à son front, moi aussi je suis en nage, mais au moins nous savons que bientôt nous aurons la joie d’admirer le paysage.

Nous avons une vue grandiose sur les sommets Suisse, la frontière est là à portée de la main, nous devons aller plus loin. Nous nous préparons un bon repas abrité sous la bâche que possède Zoé, nous l’avons fixé tant bien que mal à des rochers. Le vent nous glace jusqu’aux os, après avoir transpiré nous préférons nous changer pour éviter d’attraper un rhume, je sors à peine d’une angine je n’ai pas envie de recommencer. Puis nous repartons en direction des forts du Larmont, j’ai une crainte que le capitaine et ses hommes se soient glissés à l’intérieur. De toute façon nous sommes en avance sur notre randonnée. Après avoir dépassés le fort inférieur et le supérieur nous voyons le château de Joux. Nous arrivons à la Cluse-et-Mijoux enveloppés par un brouillard et une pluie glaciale qui ont raison de nous. Sur notre chemin nous découvrons une chambre d’hôtes, je change mon fusil d’épaule et demande à la dame, fort souriante qui nous accueille sur le pas de sa porte si elle a des chambres de disponibles. Elle en a une seule et elle est libre. Elle fait aussi table d’hôtes, cela me va à ravir, personne ne nous trouvera ici, et si Zoé est renfrognée pour le reste de la soirée, je n’en démords pas, nous n’irons pas en Suisse.

A suivre…

Si vous voulez en savoir davantage sur les lieux cités allez

Commentaires

  1. tu est donc en plein dans la région de ma naissance ou presque puisque dans le Doubs et franche conté……en plus tu va venir enfin ils vont venir en Suisse, me demande bien ou ils vont aller….Bisousssss

    1. C’est juste eux qui vont venir, enfin peut-être ce n’est pas certain…Tu verras…Rire!!

      Mais c’est vrai que cela se passe vers le château de Joux, regarde la frontière Suisse n’est pas si loin…

      Bisous

  2. Bonjour Evajoe,

    Grâce à ton héros, je découvre une région où je n’ai jamais mis les pieds. Du suspense, des coups de théâtre, de gros méchants, une nymphomane

    Il y en a pour tous les goûts! 🙂 🙂
    gros bisous de bonne journée
    😉

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