Pris au piège ( La traversée dangereuse )

Je n’ai dû ma survie devant cette bande de fous qu’à ma vigilance, je ne me suis pas rendormi, j’ai somnolé, et, soudain les cris se sont rapprochés, les jeunes ne connaissant pas la cheminée, j’ai rapidement plié bagage et exécuter ma descente rapidement mais en veillant aux endroits où je posais mes pieds. Ils ont trouvé ma planque et je les ai entendus vociférer car l’oiseau s’est envolé. Je n’ai pas attendu aux pieds de l’escalier de fortune, je me suis enfoncé rapidement dans les souterrains. J’ai consulté ma montre, il est tout juste 4 h du matin, il fait encore nuit, il faut que je dorme pour pouvoir poursuivre mon chemin. Je peux tenir encore une journée, mais manger froid n’est pas ma tasse de thé. Un café chaud cela m’est possible, je le ferais en me réveillant. Pour l’instant je m’enveloppe dans mon duvet, j’ai placé mon sac sous ma tête et je sombre dans un sommeil s’il n’est pas réparateur il me fait oublier mon triste sort.

Lorsque je me réveille, ma montre affiche 7 h, pour la randonnée c’est une excellente heure, pour attendre que les jeunes partent c’est largement tôt, ils ont dû faire comme moi, dormir, contrairement à moi ils sont nombreux ils ont dû faire des gardes, enfin c’est ce que nous aurions fait mes amis et moi, il y a quelques années. Il semblerait que ce soit une sortie scolaire, pour quelles raisons ces gamines observaient la montagne, possible que ce soit une sortie ornithologique, c’est à la mode ces temps-ci. Ce serait une coïncidence si cette gamine m’avait repéré. En tout cas elle était en pleine forme, sa chute devait être de moins haut que je l’avais pensé. Ce que j’en avais vu était différent de la réalité. En songeant à cet accident cela me renvoie dix ans en arrière lorsque j’avais tout juste 17 ans sensiblement l’âge de ces jeunes. 

Lors d’une sortie avec mon lycée j’avais désobéis aux ordres donnés et en compagnie d’un copain, j’étais partis dans la nuit pour faire une virée, nous avions volé une voiture et roulé jusqu’à ce que je perde le contrôle du véhicule, je ne conduisais que le tracteur de mon père cela n’avait rien à voir avec une bagnole. Lorsque j’étais revenu à moi j’étais sonné mais sans bobos apparents, par contre mon copain était décédé. Je n’avais pas mis longtemps pour comprendre que ma vie était fichue, je conduisais sans permis et j’avais tué mon ami, aussi j’avais réussis à déplacer le corps de mon infortuné compagnon, je l’avais mis à la place du conducteur. Puis j’étais revenu sur le camp et glisser dans ma toile de tente comme si  rien ne s’était passé. Comme les autres j’avais joué l’innocent sauf que pour moi l’enquête avait révélé que mon canif se trouvait sur les lieux de l’accident. J’avais dit qu’il me l’avait emprunté au cours de l’après-midi lorsque nous nous étions amusés à faire des flèches pour s’imprégner du jeu que nous devions organisés dans les jours qui suivaient. Hélas, en poursuivant l’enquête, ils avaient aussi trouvé mon portefeuille. Là j’étais fait comme un rat, c’était sans compter sur ma petite amie de l’époque qui m’avait sauvé la mise en osant dire que nous avions passés la nuit ensemble. La suite ne s’était pas fait attendre, j’avais été viré du lycée pour avoir enfreint les ordres et mes parents m’avaient mis dans un lycée qui ressemblait plus à une maison de redressement.

Ce n’est pas aujourd’hui que je vais parler, mais si je dois payer pour cet accident d’autres seront aussi dans la tourmente comme Bénédicte celle qui m’a couvert. Il faut que je balaye ces mauvaises pensées, oublier j’ai fait ça toute ma vie.

Une heure plus tard, mon café bu, mangé deux biscuits énergétiques je suis fin prêt pour faire une sortie hors du fort, à peine ai-je mis un pied dehors que je me sens pris dans un filet, une espèce de nacelle qui se referme sur moi. Je suis piégé. Ils ont tissé leur toile comme une araignée, je suis leur cible, en dehors de ça ils ne peuvent que me remettre aux autorités, je suis face à un tribunal, ces sales gosses ont qu’une envie me faire avouer un crime que je n’ai pas commis. Même si tout m’accuse. Payer pour un drame qui date de 10 ans et qui n’a aucun rapport avec le drame de l’avant-veille, où un homme, leur professeur a chuté car je n’ai pas réussis à le soulever pour lui permettre de remonter. Au lieu de leur donner ma version des faits je m’enfonce dans mon mensonge et me tait, niant toute implication, je ne fais que ça depuis dix ans, mentir à tout le monde et me mentir à moi-même. Ils ont un sens de la justice à faire rire ; ils se disputent pour savoir s’ils vont me remettre aux gendarmes ou appliquer leur justice, qui semble ne pas être au point, car là aussi il s’en suit un long débat pour savoir qui fait quoi ? Pendant ce temps, les heures tournent et ils ont relâché leur surveillance à mon égard, ils ne m’ont pas fouillé et j’ai toujours mon couteau dans ma poche et mon revolver dans mon sac à dos. Je suis toujours dans ce filet, je commence à récupérer mon opinel et coupe les mailles du filet. Petit à petit je me glisse hors de leur champ de vision, je les entends se disputer, aussi je n’essaye pas d’en savoir davantage je me précipite hors de leur vue et disparaît rapidement à leur regard. Je sors ma boussole pour m’orienter et rapidement je descends vers les lacs en prenant bien soin de mettre mes pieds aux bons endroits pour éviter de chuter malencontreusement. Cela fait une heure que j’ai faussé compagnie à mes geôliers que j’entends l’hélicoptère qui tourne au-dessus de moi. Je me demande si je suis celui qu’ils recherchent car il est fort bas et fait des tours concentriques de plus en plus rapprochés, si je ne trouve pas un lieu pour me planquer il est certains qu’ils vont se poser. Je vois Montbéliard, je coupe au travers, l’hélicoptère c’était une coïncidence. Je vais prendre un hôtel et attendre que tout se calme dans les environs, ensuite je reprendrais mon périple. Je n’ai pas envie de revenir en arrière, il faut que j’avance, que je sache ce que j’ai dans le ventre et que j’oublie. Oublier c’est la seule chose que je ne maîtrise pas. Pourquoi cette gamine m’a rappelé les filles du patron de mon père, l’aîné avait mon âge, la cadette une dizaine d’années, la gamine d’hier lui ressemblait en plus vieille. Je suis fatigué et je mélange tout dans ma tête, il me faut trouver un lieu pour prendre une douche et dormir, ne plus penser. Enfin voilà un hôtel ni un trois étoiles, ni un miteux, juste ce qu’il me faut ? Un Première Etape, en espérant que ce ne sera pas la dernière. J’ai une carte qui fait office de clefs, je suis loin de la réception, et c’est plan pieds. J’ai dit avoir perdu mes papiers et j’ai donné un nom quelconque, en fait celui que je venais de lire sur la devanture d’un magasin en venant. J’ai payé en espèce, j’ai fait un détour pour que l’on ne me suive pas grâce à ma carte bancaire. Je suis en plein délire, les gendarmes ne m’ont même pas demandés mon nom, juste écouté et non pris une déposition. Quant aux gamins ils étaient juste en mal de sensations fortes et jouaient comme des mômes aux gendarmes et aux voleurs et ne m’ont jamais appelé par mon prénom voire mon nom.Combien d’heures ai-je dormi, je n’en sais rien, mon téléphone est éteint, je dois le charger. J’ai perdu ma montre, voilà autres choses. Par la fenêtre je ne vois rien qui pourrait me donner l’heure, j’ouvre malgré moi le téléviseur et voit qu’il est 8 h. J’ai fait le tour de l’horloge, je n’en reviens pas. Je ne vais pas m’attarder je dois reprendre mon périple, mais je suis attiré par les informations et ce que j’entends me donne à la fois de la colère et à la fois de la rage contre les gamins que j’ai croisé sur le fort. Ces chenapans se sont rendus à la gendarmerie et on fait de moi un signalement assez précis, même mon visage, certes un peu déformé apparaît à la télévision, la chasse à l’homme est commencée, je serai d’après les journalistes soit le seul témoin d’un drame, soit l’instigateur soit celui qui a poussé le professeur. Car ils ont trouvés dans les doigts de celui qui est considéré comme la victime des fibres de mon écharpe verte. Les gamins s’en sont emparés comme d’un trophée, en fait elle a dû tomber lorsque le filet m’est tombé dessus. Après examen il s’est avéré que c’était bien les fils de mon écharpe que le pauvre homme avait dans la main. 

A suivre…

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