Pierre

Enfin mamie Catherine a vu les gyrophares de la gendarmerie, on l’appelle, elle leur répond :

  • Je suis là !
  • Ne bougez pas nous arrivons !

Bougez, ils ont de drôles d’idées, si elle l’avait pu cela ferai longtemps qu’elle aurait rejoint ses petits-enfants, mais pour l’instant elle est coincée sur une petite plate-forme qui n’a même pas pu accueillir ses jambes allongées. Cela devait être une nouvelle construction, car l’ancien balcon de sa jeunesse était beaucoup plus large et long, mais là, elle va pouvoir se reposer, mais pour l’instant elle attend ses sauveteurs, et, surtout ses petits-enfants. C’est bien l’échelle de pompiers qui est déployée pour venir en aide à Madame Buffat, enfin la voici sur la terre, saine et sauve, un peu secouée mais plus parce qu’elle apprend des gendarmes d’Aime. Rosie, sa petite fille a entendu un bruit dans la maison où ils passent leurs vacances, et elle a eu la présence d’esprit de réveiller frère et cousin afin de les sauver de ces individus qui après avoir passé les deux maisons au peigne fin ont laissé les lieux dans un désordre innommable.

Les gendarmes sont perplexes, quelles raisons ont pu pousser ces hommes, il devait être plus de deux pour opérer simultanément aux deux endroits. Mais pour l’instant ils ignorent l’arrivée du petit fils de Catherine Buffat. Cette dernière est anéantie par l’acharnement qu’ont mis ces deux hommes à jeter au sol des bibelots, à massacrer son dernier polar, à mettre sans- dessus- dessous les chambres de son chalet. Quant à la chambre de Mathéo elle est dans un état indescriptible, que peux bien posséder un enfant de 5 ans et demi pour que ces hommes l’aient mis dans l’état où elle la voit. Même la tapisserie a été arrachée, c’est du jamais vu pour le peloton de gendarmerie qui ont répondu à l’appel de leur chef. Du reste ce dernier ne va pas tarder. Ils en sauront davantage car pour l’instant Madame Buffat est dans un état second dans le camion de pompiers en compagnie d’un médecin du Samu. Un des gendarmes porteur de bonne nouvelle ne l’a même pas informé de la naissance de sa petite fille, pour l’instant on n’est pas dans les réjouissances, et puis lui le dire ainsi, ce n’est même pas certain qu’elle va comprendre la raison pour laquelle ses petits enfants ont quittés leur chalet aux « Lanches ».

Pendant ce temps Pierre a rejoint son frère, il l’aide à porter tour à tour les enfants dans sa voiture ; il va redescendre, Rosine est vraiment endormis, seul le petit Mathéo s’est réveillé, et Pierre l’a vu se précipiter sur son sac à dos et le mettre contre lui. Il est interloqué de la manière dont cet enfant se comporte, mais pense-t-il en redescendant il y a certainement quelques choses à l’intérieur qui le rattache à son père, à sa vie là-bas. Cet enfant ne doit pas bien comprendre leur vie, entre Djibouti et la Savoie il y a un monde qui sépare ces deux endroits, il se souvient de sa visite à son copain d’enfance, jamais il n’avait pensé qu’il reviendrait, mais cet enfant l’unissait à tout jamais aux siens.

Enfin voici le village de Peisey, ses hommes sont là ainsi que les pompiers, il laisse les enfants sous la surveillance d’un de ses hommes et se rend rapidement dans la maison des « Buffat », il en a pourtant vue des cambriolages mais celui-ci dépasse tout ce qu’il a vu jusqu’à présent, en attendant les expertises, il faudra que la mère de son copain puisse se loger, mais dans leur village la solidarité n’est pas un vain mot, puis il a son chalet, il est vide il le mettra à sa disposition, par contre personne n’est encore monté au chalet de Clémentine, dans quel état va-t-il être ? Mais il ne lui faut pas tergiverser, il est temps de s’y rendre. Il rejoint une des voitures et les voilà partis « aux Lanches », là le spectacle n’est pas mieux qu’en bas, heureusement que Rosine a eu l’idée de s’en aller. Seule la chambre du bébé a été épargnée, aurait-il été dérangé ? Les autres chambres ont été saccagés, il ne faut pas que Clémentine revienne ici. De toute façon les deux chalets seront interdits. Pour le reste on avisera.

Après avoir laissé deux hommes en faction devant le chalet, il est à nouveau descendu sur Peisey,  Rosine est descendue de la voiture, malgré le refus du gendarme chargé de surveiller les enfants, mais devant son insistance, il a préféré l’a laissé descendre mais lui a interdit d’aller dans la maison, et la fillette du haut de ses presque 10 ans lui a déclaré :

  • Je sais les gendarmes font des investigations !
  • En effet, mais tu n’es pas très grande comment le sais-tu ?
  • Mon papa est dans la police !
  • Ah il te raconte ce qu’il fait ?
  • Non ! Mais il me dit que je suis douée, moi aussi un jour je serais commandante de tout le monde.

Le jeune gendarme a souri devant la détermination de l’enfant, voilà c’est cela l’enfance, cette fillette a eu une présence d’esprit que beaucoup d’adultes n’auraient pas eu.

Dès qu’elle voit Pierre, elle se précipite vers lui, et lui demande :

  • Ma grand-mère va bien ?
  • Oui, mais elle doit se reposer, tiens tu iras lui dire cela :

Et Pierre se penche vers la petite fille et lui murmure à l’oreille : «  ta petite sœur est née, connais-tu son prénom ? » Et Rosine lui murmure à l’oreille, oui mais je n’ai pas le droit de le dire ni à toi ni  à personne » Pierre ri, et ce rire cristallin réveille la torpeur et la lourdeur de la scène de vandalisme. Il va emmener les trois enfants chez sa mère, il l’a prévenu, elle les attend, elle saura s’en occuper avant le retour de la grand-mère. Une fois les enfants en sécurité il sera grand temps d’essayer de comprendre, Madame Buffat doit être au courant de ce qui se trame, elle a certainement reçu les confidences de Guillaume, Rosine lui a dit qu’il était repartis en Afrique mais elle semblait mal à l’aise quand il l’a questionnait. L’enfant avait dû entendre ce qu’elle n’aurait pas dû, mais il apprivoiserait la fillette et Mathéo quant à lui, il n’avait pas entendu le son de sa voix, il se remémorait son regard apeuré quand il était venu pour le mettre dans son 4X4. Apeuré, ce n’était pas le bon mot, effrayé serait plus judicieux. Et pourquoi l’enfant tenait-il  tant que cela à son petit sac à dos. La grand-mère devait détenir une part du mystère, il avait bien essayé de joindre Guillaume mais son téléphone était non seulement resté sans réponse, mais on lui avait dit que la ligne avait été suspendue.

Il est 10 heure au clocher du petit village Savoyard, ce qui s’est déroulé au cœur de ce dernier a stupéfié tout le monde, Madame Buffat a reçu la visite de gens louches, tout le monde avait vu qu’un petit garçon se promenait avec elle, mais personne n’avait pensé que ce petit était l’enfant de Guillaume le brillant diplomate né à Peisey Nancroix. Chacun en son for intérieur est prêt à protéger cet enfant et surtout à être plus attentif au va et viens de voitures noires. Spontanément une dizaine de villageois aussi bien de Peisey que des Lanches se sont présentés sous la tente élevée dans la prairie, sorte de QG de la gendarmerie. La police pourrait y être associée puisque le mari de Clémentine en occupe un poste assez important sur Paris, mais pour l’instant il ignore tout de ce qui se passe, mais Pierre le commandant d’Aime s’est rendu à Bourg Saint Maurice pour l’informer, après tout il est en vacance et sa présence sur les lieux n’est pas indispensable. Surtout que ce soir il est bien décidé de monter au Refuge du Mont Pourris, il faudrait qu’une chose exceptionnelle l’en empêche. Rapidement il informe Bastien le mari de Clémentine des derniers événements qui se sont passé pendant son absence, il a bien vu que son ami était soucieux en le quittant mais ils vont unir leurs efforts pour protéger le fils de Guillaume, leur ami d’enfance .

 

A suivre…

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