Lumières sur la lande (–suite)

Bretagne Septembre 2015 196

 

 

André n’en croit pas ses yeux,  il n’ose repartir, le bruit de son moteur risque d’attirer l’attention des visiteurs de la plage, d’un autre côté, si il reste n’allait-il pas être pris en embuscade. Il peut venir de la route une voiture ou des complices. Tout en réfléchissant, il se dissimule derrière les rochers qui sont à proximité du parking, en fait il s’agis de deux emplacements sur le côté de la petite route. Il aperçoit  grâce au halo de la lune les longs cheveux de la femme, car à ne pas en douter, c’est une femme, il lui semble que c’est Gwen, celle que l’on croyait disparue, voire morte. Que fait-elle là?  Il faut qu’il reste pour en savoir davantage. Mais d’abord, il doit éteindre son téléphone pour éviter d’être surpris.

Il s’avance doucement pour surveiller les alentours, à part Gwen, car maintenant il voit les reflets de sa belle chevelure cuivrée, c’est bien elle, donc à part la soeur de son ami d’enfance, il n’y a personne, sauf au loin un voilier, croise-t-il au large et là c’est une coïncidence, ou est-il ici pour elle? Plongé dans ses réflexions, il entend au loin une voiture qui s’approche, il va se glisser dans l’anfractuosité de rocher, mais sa voiture est reconnaissable, il est écrit sur la porte gendarmerie. Il ne peut plus rien faire, il est pris au piège, d’autant plus que la voiture s’arrête et se gare juste derrière la sienne.Celui qui en descend, il ne le voit pas, par contre il l’entend pester.

  • Merde les flics! Où sont-ils ? A moins qu’ils planquent plus bas.

Puis, André n’entends plus rien, ne voit rien, mais soudain il sent l’odeur d’ un tabac pour pipe fort reconnaissable, il note cela dans sa tête pour que plus tard, si il est encore en vie il puisse s’en souvenir. Des cailloux roulent sous les pas de celui qui descend dans la petite crique. Dès qu’il n’est plus visible de l’inconnu, André sort de sa cachette et se penche pour voir ce qui se passe en bas. Le voilier s’est rapproché de la petite crique, il y a fort à penser qu’il va mouiller près des deux jeunes gens. Ces derniers se serrent dans les bras l’un de l’autre, deux amants? Pensent André, mais alors qui est le jeune homme? Au village, ces derniers temps il y a eu beaucoup de va et viens, mais André connaît tous les habitués  et celui-là qu’il n’a pas vraiment vu ne lui dit rien. Du voilier descend un autre homme qui sert la main à l’homme à la pipe et embrasse Gwen sur la bouche, donc l’autre est un ami. Perdu dans ses réflexions, André n’a rien vu venir et quand le  poing d’un quatrième personnage s’abat sur son visage il n’a pas le temps de faire quoi que ce soit.  Comme dans un brouillard il lui semble entendre l’individu crier:

  • Yann! Nous avons de la visite

Yann se dit André, quel Yann, son copain disparu il y a cinq ans ou un autre, car ce prénom est encore donné aux gamins dans les alentours. Mais il n’a pas le temps d’en savoir davantage, il se ramasse un second coup dans les côtes et sent que l’inconnu lui attache les mains et il sombre dans un “no mans land”.

C’est une petite pluie fine qui le réveille, il est assis au milieu de nulle part, sur un coin de lande, loin de son véhicule, on l’a détaché mais il a été dépossédé de son téléphone, il ne risque pas d’appeler sa femme, quand aux clefs de sa voiture, il ne les a plus. Pourvu que personne ne lui l’ai volé, déjà qu’il ne devait pas se trouver sur la lande, car il n’était pas de service. Il sent qu’à son retour il va passer un sale quart d’heure.  Il se lève, c’est le petit matin, sa montre est encore à son poignet, il est plus de cinq heures du matin, cela fait huit heure qu’il est là.  D’abord il faut qu’il se relève et voit où il est. Au moment où il se dresse il voit un phare au loin, celui-là est particulier, sa couleur noir et blanc, c’est celui de la Perdrix. Mais alors, il a quitte le village. Il voit au loin une petite route, il se dirige vers elle, il fera du stop, il n’a pas le choix.

Il marche depuis plus d’une heure sans avoir croisé une seule personne quand soudain, il voit en face de lui une deux chevaux poussive, mais elle s’arrête à sa hauteur. Ouf!

  • Bonjour Madame,
  • Monsieur le gendarme vous jouez aux gendarmes et aux voleurs?

André n’en croit pas ses yeux, la jeune fille qui s’est arrêtée se moque ouvertement de lui. Mais qu’à cela ne tienne il va lui répondre à sa manière.

  • Oui, Mademoiselle je viens d’arrêter un contrebandier, et je réquisitionne votre voiture pour l’acheminer  à la gendarmerie.

La jeune fille ne se démonte pas, et lui répond  :

  • Montez cher Monsieur et nous irons ensemble chercher votre homme, car ma voiture je ne la prête à personne.
  • Même pas à un gentil gendarme.
  • A personne!

Puis elle éclate de rire, et lui demande ce qu’il lui est arrivé. Avant de lui répondre il réfléchit à la version qu’il va lui donner.

  • Je pense avoir été la victime bien innocente de quelques plaisantins de mon village.
  • Où demeurez-vous Monsieur?
  • A Kermilliget
  • On vous a mis dans le coffre d’une voiture?
  • Pourquoi?
  • Mais vous êtes à plus de 50 km de chez vous.

André est abasourdis, on ne voulait pas qu’il voit quelques choses ou qu’il entende; car il ne se ressentait pas des coups qu’il avait reçu. L’aurai-t-on drogué? Il a comme un goût désagréable à la bouche. Tout en roulant vers chez lui en compagnie de cette charmante jeune fille il réfléchit à tout ce qui s’est passé depuis la veille au soir. Il va d’abord se rendre à son bureau avant d’aller rassurer sa femme et voire si sa disparition a été signalée. Mais il n’a pas fait deux pas en direction de chez lui, qu’il est entouré par une escouade de confrères. Et là les questions pleuvent sur lui:

  • Adjudant André d’où venez-vous?
  • Mon commandant on m’a attaqué sur la lande hier au soir
  • Il était quelle heure?
  • Aux alentours de 22 h
  • Ensuite?
  • Je me suis retrouvé face au feu de la Perdrix, et sur la route j’ai trouvé cette jeune fille qui a accepté de me ramener.
  • A part ça que pouvez vous nous dire sur vos agresseurs
  • Je n’ai rien vu du tout.

A ce moment-là André pense qu’en l’état actuel des choses il doit se garder de dire ce qu’il a vu, il avisera avec son chef.

  • Si je vous comprend bien, vous n’aviez pas vu l’heure et vous rêviez face à l’océan quand vous avez reçu un coup en plein visage et non sur le crâne comme nous aurions pu l’imaginer si votre récit était cohérent.

André essaye de marcher, il titube et s’effondre au sol. Il est rapidement allongé sur un lit de fortune et il entend que le médecin est appelé, en fait c’est le major de l’escouade du SRPJ qui va intervenir, il entend comme dans du coton sa femme l’appeler et il sombre dans le néant.

A suivre…..

Commentaires

  1. Non, pour le moment, je ne vois pas, je suis moi aussi dans le brouillard, au-dessus de l’océan ! Je n’ai jamais été un bon détective, désolée.
    Bises et bon week-end

  2. Coucou,
    Moi, je réfléchis et je me demande bien se qui se trame dans le coin. Quand à André, faut qu’il fasse attention. Méffi comme on dit ici en Provence.
    Bisous

  3. Coucou Evajoe,

    Navrée mais je n’ai pas vu passer ta news.
    Les questions continuent. Une belle rousse, un Yann qui est ou n’est pas son ami disparu, des têtes inconnues. Qu’est ce qui se trame dans un coin perdu de Bretagne?
    C’est super cette intrigue!
    Gros bisous
    😉

  4. Bonjour chère amie
    Je viens de retrouver ce petit lien pour te laisser un petit mot. Le monde de la toile est en perpétuel mouvement et c’est un plaisir de retrouver ta plume. Je viens de m’inscrire à ta News pour revenir te voir et reprendre le fil d’une histoire des le début. Belle photo pour illustrer ton écrit, de mon coté je relance après une longue absence un nouveau site sur Blogger (en principe sans pub) ou j’espère trouver quelques mots de toi . Bises et bonne journée, Roger
    http://livephotos21.blogspot.fr/

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