Lumières sur la lande (suite -)

Bretagne  Septembre 2015 137De mémoire d’anciens, cette nuit fut la plus longue de toute leur vie. Des allers et venus de la gendarmerie en différents coins du village ainsi que des perquisitions inquiétèrent tout un chacun qui avait quelques choses à se reprocher dans cette affaire, voire dans d’autres affaires non élucidées. Mais à ce stade de l’enquête personne ne savait où tout cela allait dériver.

Puis ces messieurs étaient repartis et le village avait repris un semblant de vie, mais tout était en nuance car il y avait comme une chape glaciale qui était tombé sur tous les habitants de Kermilliget.  Le corps d’Irma était à l’institut médico légiste de Rennes et on en saurai plus dans les jours prochains. Tous préféraient ne rien savoir, mais ils espéraient qu’elle  se soit juste égarée sur la lande, car elle était un peu perdue ces derniers temps, pourtant avec la venue de sa petite fille elle avait l’air d’avoir retrouvée un semblant de lucidité. Mais, ici, tout le monde pouvait se reprocher son manque de gentillesse avec « Irma », surtout depuis la tragédie  où son petit fils avait disparu. Longtemps Irma avait clamé à qui voulait l’entendre qu’il était impossible que  Yann se soit noyé, il était féru de planche à voile, de voiliers, c’était un marin né, et même si l’océan n’avait pas rejeté son corps nul n’avait plus jamais entendu parler du gamin, et l’enquête s’était enlisée petit à petit, rien n’avait pu étayer les dires de la belle « Irlandaise » qui, elle disait que c’était une disparition inquiétante.

Deux morts non élucidés, enfin pour le second, personne ne le savait encore, mais tous le ressentaient, on en saurai pas plus que pour le petit fils. Mais là il y avait des faits troublants, la mère des deux enfants gisaient à l’hôpital de Rennes dans un état donc le pronostic vital était engagé. Les conciliabules allaient bon train, certains espéraient qu’elle se réveillerait et pourrai parler, d’autres pensaient que ce serai affreux pour elle que de découvrir la disparition de sa mère, et celle non moins mystérieuse de sa fille. Surtout qu’au petit matin sur la plage, des curieux avaient aperçu la longue robe verte que le jeune femme portait au bal. Les gendarmes étaient revenu et après quelques recherches étaient repartis assez troublés, l’histoire se répétait, comme il y a 5 ans en ce 15 juillet à 15 h on avait retrouvé les vêtements de l’aînée des « Lequert ».

A l’unique commerce du village qui faisait office de bar, de boulangerie et d’épicerie, les langues allaient bon train:

  • Mais où est passée Gwen? Pourquoi a -t-on retrouvé ces vêtements sur la plage?
  • Et Irma pourquoi l’a-t-on retrouvée morte au même endroit?
  • Moi, je vous le dis c’est Irma qui a noyé la petite!
  • Voyons Yves ne raconte pas des bêtises, tu vois cette vieille femme, percluse de rhumatismes, traînée sa petite fille dans la crique et la maintenir sous l’eau. Tu rêves et tu délires, allez file va boire ton rouge sur le zing.

Le soir venu rien n’avait été élucidé, au contraire le mystère s’était épaissi. Dans ce village, pensait André le parisien et gendarme depuis trois mois, il était certain que les plus vieux connaissaient une histoire, mais allez faire parler un breton c’était comme si on s’adressait à la pierre à double tête. C’était le silence qui rodait sur la lande.  Si les ajoncs pouvaient parler ils auraient des histoires sordides à nous raconter, songeait-il? Pourtant ce lopin de terre aride il l’aimait André, c’est là qu’il avait passé toute son enfance au côté de Yann son copain. Aussi quand il avait appris que ce serai là-bas qu’il était affecté, il était fort heureux, mais maintenant assis face à l’océan il se posait beaucoup trop de questions qui allaient mettre du temps à avoir une réponse cohérente. Cela le fit frissonner, il fallait rentrer, sa jeune femme l’attendait. Mais au moment où il montait dans sa voiture, il vit sur la lande une lumière qui s’allumait et s’éteignait plusieurs fois, comme si on lançait un code à un bateau qui mouillait au large.

A suivre….

Commentaires

  1. Ah ! J’ai bien hâte de lire la suite, EvaJoe … cette lumière qui s’allume et s’éteint, n’est pas là pour rien, alors, j’attends …
    Merci et bonne poursuite de ce mardi !
    Bisous♥

  2. ah ça c’est vrai, les bretons ont la tête dure comme les menhirs 🙂 et sont têtus surtout, il va bien falloir parler, ce n’est jamais bon …

  3. Coucou Evajoe,

    un jeune gendarme, au joli minois , ça ne gâte rien. 🙂 🙂
    Le mystère reste entier pour l’instant. Tu nous distilles les infos au compte gouttes microscopiques! 🙂
    Ce signal dans la lande: huuum… Comme toujours tu nous laisses sur une nouvelle question
    C’est bien
    gros bisous!!!!!!

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