Lumières sur la lande (fin)

Gwen est emmenée dans une salle pour l’interroger sur sa mystérieuse disparition et son retour et ceci en quelques jours. Yann est lui aussi entendu en tant que témoin, ce qui fait dire à Gladys qu’avec Duncan ce sont les trois membres de la même famille qui sont liés au drame de ces derniers jours. Vraiment il doit y avoir un mystère. André est éconduit car il est parent avec  ces trois-là, son chef est inflexible il n’est pas question qu’il mène l’enquête. Mais André est têtu un peu moins que Gladys, mais il lui faut comprendre, aussi armé de son calepin où il a retracé tous les derniers événements il va réfléchir pendant que Gladys mènera l’interrogatoire de son père. Il espère que ce soir tout sera tiré au clair, ou tout au moins d’ici demain.

André est parti au Guilvinec voir s’il ne voyait pas ce beau voilier qui avait fait escale dans la crique des Anglais. Il aimerait voir son propriétaire et savoir qui il était, personne n’en n’avait parlé, tous ignoraient qui pouvait être le mystérieux capitaine.

Pour passer inaperçu et se noyer dans la foule qui se presse sur le port en cette belle journée de juillet il s’est mis en civile, nul n’a besoin de savoir qu’il est de la gendarmerie. Il erre sans but précis quand soudain il est attiré par une altercation entre deux individus, l’un d’entre eux lui semble familier quant à l’autre c’est un grand homme bronzé avec un pantalon blanc, torse nu et une casquette de capitaine. Il est assez jeune. De loin il lui semble reconnaître l’homme qui a embrassé Gwen. Il s’avance mais quand il reconnait un des hommes il se cache, il lui faut entendre la conversation. Tout en tendant l’oreille il ne comprend pas ce que fait son frère avec cet individu. Il a l’impression que cette journée va lui être néfaste, déjà les révélations de son père, puis maintenant son frère et l’amoureux de Gwen, décidément cette journée est à marquer d’une pierre.

D’où son jeune frère connaissait cet homme ? Était-il de mèche avec lui ? Quelles étaient leurs relations ? Bon se dit-il assez tergiversé il faut que je comprenne ce que ces deux font ensemble. Après tout j’ai bien le droit de me promener sur le ponton.

  • Tiens, Erwan, tu vas bien depuis toutes ses révélations ? Il ne lui répond pas, mais semble ennuyé de voir son frère ici.
  • Tu te promènes André ?
  • Comme tu le vois, oui ! Mais tout va bien pour toi ?
  • Oui ! Pourquoi ?
  • Il me semblait que Monsieur te cherchais des noises ?
  • Nous avons un différend ! Mais ne t’inquiètes pas ;
  • Moi, j’ai une question à poser à Monsieur, vous êtes l’amant de Gwen ?

Je ne suis pas son amant je suis son mari!

André est abasourdis, cet homme est le mari de Gwen, quelle cachotière ! Mais il faut dire qu’il ne lui avait même pas parlé depuis son retour et ce n’était pas à la gendarmerie que cela aurai pu se faire.

  • Que faisiez-vous sur la plage l’autre soir ?
  • Ah vous nous espionniez ?
  • Non mais je me trouvais là par hasard, alors que faisiez-vous ?
  • De la contrebande, et il éclate de rire, ce qui n’est pas du tout du goût d’André, quand à Erwan, il est goguenard.
  • Si tu es au courant Erwan arrête de te payer ma tête.
  • C’est bon Erwan je vais m’expliquer avec ton frère, mon cousin en quelques sortes. Ce que tu viens de me dire Erwan m’amuse au plus haut point.
    • Cousins comment ça je ne suis pas votre cousin.
    • Si c’est moi qui vous explique ce sera raccourci, je ne vais pas me répéter. Je suis le mari de Gwen, elle est la nièce de votre père, vous êtes mon cousin…C’est simple ?
      • Nous étions venus récupérer le trésor de guerre des maquisards !Evidemment expliqué ainsi cela semble simple, mais bon il faut que son cousin lui explique sa présence dans la crique, et là bien campé sur ses deux jambes il attend une explication, mais ce qu’il va apprendre va le désarçonner.
    •  Passé le choc de la révélation de cet homme, André se ressaisit et lui demande :
    • Qui vous en a donné l’ordre ?
    • Votre père, il l’a communiqué à Yann, il lui a indiqué l’emplacement et expliqué comment fonctionnait le mécanisme, mais quand il est arrivé sur la lande, vous y étiez, il a préféré vous assommer et vous emmener un peu plus loin, vous gêniez les opérations
    • Pourquoi en plus du coup de matraque vous m’avez drogué ?
    • Je n’y suis pour rien, c’est votre père, il a dit je me méfie d’André c’est un coriace.
    • Avez-vous récupéré le trésor ?
    • Non, l’or ne nous intéressait pas, ce sont certains papiers qui sont important pour votre père.
    • Il les a récupérés ?
    • Oui !
    • Et ?
    • Je n’en sais pas plus, j’ai juste remis les papiers à Yann qui les a remis à votre père.
    • Les avez-vous lus ?
    • Non, je ne me serais pas permis.
    • Était-ce des papiers en vrac ? des feuillets ?
    • C’était le journal intime de votre Grand-mère !
    • De ma grand-mère ? Mais qui ? C’est à ce moment qu’intervient Erwan
    • Pour un gendarme mon pauvre André tu n’as pas toute ta tête. Voyons notre grand-mère c’est Irma !

C’est à ce moment qu’un appel téléphonique lui donne l’ordre de rentrer immédiatement à la gendarmerie. Un peu décontenancé il en fait part à son frère et s’en va en courant. En effet l’enquête avance à grand pas. Quand André arrive à la gendarmerie, il trouve Gwen, Yann qui discutent tranquillement avec Gladys, donc ces cousins et amis d’enfance ne sont coupables de rien, sinon cela ferai longtemps qu’ils auraient été déférés au parquet. Quant à son père il ne le voit pas, il fait signe à Gladys, elle s’approche de lui :

  • André tu n’es pas en habit, dépêche-toi le Colonel t’attends.
  • Il me veut quoi ?
  • Tu poses trop de questions, dépêche-toi !
    • Dis-lui que j’étais au Guilvinec, en plus j’ai appris d’autres choses le soir où j’étais sur la lande.
    • Ah ! Une seule voix se fait entendre mais il y a trois cris ; mais André ne s’attarde pas à leur donner des explications. Il file se changer et revient rapidement vers le Colonel qui parle à bâtons rompus avec son père, qu’est-ce que c’est que cette mascarade ?
    • Ah vous voilà Capitaine, entrez ! Je vous laisse avec votre père, pour moi l’enquête est close.
    • Close ? Comment ça ? Où est le coupable ?
    • André ne rendez pas la tâche plus difficile à votre père. Ecoutez ce qu’il a à vous dire, après vous aviserez par vous-mêmes.
    • Bien mon Colonel
    • Alors à plus tard Capitaine.
    • Bon papa je t’écoute.
    • Ce que je vais te dire André est ni une confession, ni une manière de me dédouaner de ne pas avoir été avec vous toutes ces années. Mais il faut que je t’explique ce qui s’est passé au village ces temps-ci et j’aimerais que tu ne m’interrompes pas. J’en parlerais à tes frères plus tard, là c’est à l’officier que je m’adresse.
    • Je n’ai pas tué Irma si c’est ce que tu veux entendre, mais par un concours de circonstance je l’ai effrayé et elle a perdu l’équilibre et est tombée de la falaise.
    • En quoi l’as-tu effrayé ?
    • Enfin effrayée n’est pas vraiment le mot, elle n’était déjà plus avec nous, elle se promenait sur la lande avec une lampe à pétrole, certainement celle qu’elle s’était servie pour que les bateaux puissent accoster sur la plage des Anglais lorsque elle aidait au passage de juifs où d’aviateurs. Enfin ce n’est pas de cela que je veux te parler, enfin m’expliquer.
    • Alors pourquoi lui avoir faire peur ?

    Elle a cru voir mon père lorsque je suis arrivée à sa hauteur, elle m’a appelé Duncan, mais bon je portais le même prénom que mon père, alors je lui ai dit oui ; alors là elle s’est jetée sur moi en me disant ou est notre fils ? Qu’as-tu fais de lui, tu m’avais promis qu’une fois tout terminé tu reviendrais avec notre bébé. Et là j’ai tout compris, tout s’est éclairé, c’était moi son enfant, il fallait que je lui le dise. Je lui ai dit : «  Maman, je ne suis pas ton mari, je suis ton fils » Elle s’est accrochée à moi en criant, mon bébé, et à ce moment-là un rocher s’est détaché et je l’ai retenu par sa longue robe mais elle a disparu à mes yeux. En me penchant, j’ai vu qu’elle était sur un petit promontoire, sa lampe à pétrole était tombé,

    • je l’ai prise et réussie à l’allumer, puis comme la lune éclairait bien je suis descendu à sa hauteur, elle était toujours vivante, sa robe l’avait retenue, mais je n’ai pas su quoi faire, je n’avais pas de téléphone sur moi, appelé ? Personne ne m’aurait entendu, alors je l’ai saisis à bras le corps pour essayer de la remonter, mais ce n’était pas facile. Quand elle s’est aperçu que c’était difficile elle m’a dit : «  soutiens moi, avant de m’en aller à tout jamais j’ai un secret à te confier. Demain tu iras au rocher des « Korrigans » tu ouvriras le mécanisme de fermeture et tu prendras mon carnet bleu. L’or tu le donneras à mon petit-fils André il verra ce qu’il doit en faire. Dans le carnet bleu qui est mon journal intime je parle de toi, de ta venue, de ma joie à l’idée d’être maman, tu sauras tout de ma vie.
      • Mais papa tu ne l’as pas poussé ?
      • A quoi penses-tu André, je venais de retrouver ma mère je n’allais pas l’abandonner, j’ai passé la nuit accroché à la falaise, mais ses forces et les miennes s’amenuisaient, après je pense que tous les deux nous nous sommes endormis et lorsque j’ai ouvert les yeux, Irma, enfin maman n’était plus là.
      • J’ai crié, appelé, je ne la voyais pas, je ne pouvais pas me pencher sinon je serais tombé. Alors je n’ai réussis qu’à faire une seule chose s’est remonté et de là j’ai repris la voiture et j’ai téléphoné au mari de Gwen pour qu’il accède à la plage et pour que je puisse me rendre compte si ma mère était en bas ce que je redoutais. Mais au moment où nous étions face à la crique j’ai vu arriver ta voiture et j’ai décidé de me taire et de repartir mais rien ne s’est déroulé comme je l’aurais voulu.
      • Est-ce que tu penses que ta mère s’est suicidée ?
      • Je ne sais pas, mais il me semble que ses mots le disaient.
      • On ne le saura jamais. Mais papa c’était quoi cette mascarade dans le jardin de Gwen, qui était le soi-disant macchabé.
      • Personne tu as rêvé mon fils.

      Si vous allez à Kermillaget il est possible que l’on vous raconte l’histoire autrement, mais sur la lande les soirs de 14 juillet il y a toujours des lumières car les amoureux se retrouvent, et vers la crique il y a une stèle ou ces mots sont gravés: «  Ici l’amour a triomphé de la haine. »

       

      FIN

 

Commentaires

    1. Alors bientôt une autre va pointer son nez, mais ce sera un style fort différent. J’espère que cela te plaira.

      Belle journée et bisous

  1. Eh ben, sacrée famille quand même
    j’ai quand même un doute sur la macchabe, ce n’était pas un rêve. …
    merci pour cette histoire bretonne avec des secrets comme la bretagne sait en produire 🙂
    Bon c’est quoi le prochain roman ? Hihi
    bisous Joëlle

    1. Il est prêt à être publié, ce sera un thriller….J’espère que vous serez pris par ma folie de vous dévoiler le pire, le glauque, le sordide….

      Bises

  2. Coucou Evajoe,

    Cette fois la news m’est bien parvenue.

    Une fin à la hauteur du récit: pleine de rebondissements. La Bretagne et sa côte déchiquetée est un superbe théâtre. J’ai aimé ta saga pleine de vent, d’iode et portraits hauts en couleurs.
    Merci Evajoe
    gros bisous
    🙂

    1. J’en ai une autre sous le coude mais dans celle-ci point d’odeur iodée, sauf celle du chloroforme..Mais je n’en dis pas plus….

      Bientôt…

      Bisous et belle après-midi

    1. Le Happy end te va? Alors tant mieux…Je t’avertis comme je l’ai dit aux autres qui sont venu commenter que le prochain est déjà prêt à être publié…Là ce sera….Un Thriller….C’est un beau nom ..Rire! Mais je n’en dis pas plus…

      Alors à bientôt sur mon imaginaire.

      Bisous chère Clara

  3. J’ai loupé trop d’épisodes aussi je ne me retrouve plus mais ta plume est toujours un plaisirs a suivre même occasionnellement par force des choses. Bisousssss

    1. Alors si tu as envie et le temps bientôt je mettrais en ligne un thriller…. Une histoire un peu glauque et assez dure mais j’essaye de changer de styles.

      A bientôt et merci de ta présence chez moi.

      Bisous

  4. Tu trouves que celle-ci n’est pas glauque ? Ben oui quoi, ce sont les suites de la guerre. Lorsque je parle Bretagne et Ardenne, je dis qu’elles sont cousines. Bien sûr, ici, il n’y a pas la mer (qui me manque par moments) mais il y a les grands arbres qui forment une forêt épaisse et sombre (je n’ai pas dit noire).
    Ton imaginaire fonctionne bien. C’est vrai que les histoires de guerre …
    Bisous

    1. Elle est glauque car comme tu dis elle prends ses racines dans un temps trouble. L’autre dont je viens de mettre le début est …Je te laisse seule juge..Mais bon avec du recul je me demande pourquoi j’avais besoin de l’écrire….

      On verra vos réactions, tes réactions.

      Bisous et merci de ta fidélité.

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