Lumières sur la lande (1/9)

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  • Je n’en sais rien, et croyez-moi, certes j’aurais dû vous avertir que je partais en famille mais je n’ai jamais fuis mes responsabilités.

Gladys est dubitative, ces mots sonnent vrais, mais il y a un mais son père qui n’a pas donné signe de vie depuis plus de vingt ans, sa prétendue agression, l’odeur de la pipe, le vieux loup de mer…Il y a trop de coïncidence dans cette affaire st surtout il y a deux meurtres voire trois, car cet homme dans le jardin de Gwen a pu seulement être ôté à leurs yeux, mais bien mort. Qui est derrière tout cela et pourquoi ? Et ces paquets mystérieux, à qui peuvent-ils appartenir ? A Irma, au père d’André ? A qui ? C’est à s’arracher les cheveux dans cette enquête. Gladys a tout noté sur un calepin, elle a résolu d’autres affaires, mais là, elle est seule, André son chef est  au cœur de tout ça, alors il va lui falloir plancher des heures durant, voire des nuits. Mais cela ne lui fait pas peur. Elle y arrivera où elle ne fera pas honneur à son père ancien gendarme qui suit de près tous ses exploits, mais qui ne lui a jamais fait de cadeaux.

Ce bout de terre sur laquelle il y a quelques mois elle est revenue, sa lande, ses ajoncs, sa vie, sa jeunesse tout remonte en elle et la traverse comme un mauvais présage, comme si les feux sur la lande qui selon l’histoire de leur village la ramène à ses ancêtres qui attiraient les bateaux sur la crique et pillaient leurs marchandises, tout cela lui remonte à la mémoire. Puis après l’histoire se continue pendant la dernière guerre, où là la crique où l’on a retrouvé Irma servait à l’embarquement des résistants vers l’Angleterre et le grand-père d’André, le bruit a toujours couru qu’il avait dénoncé, mais personne n’a réussis à le prouver. Il est six pieds sous terre. Il n’y a pas de similitude avec les faits qui se déroulent chez eux, mais du passé parfois on peut s’en servir et comprendre le présent.Dans son village il y a des haines, des non- dits. Il y a, mais Gladys perdue dans ss pensées sursautent en entendant le jeune aspirant crier:

  • Il y a une prise d’otages !

Aussitôt c’est le branlebas le combat, chacun s’affaire, puis le capitaine crie : « appelez le négociateur » Gladys s’exécute et appelle, maintenant il faut savoir qui est le preneur d’otages, où il est et surtout quelles sont ses revendications. Quand Gladys entend son nom, elle regarde André et se jette sur lui en proie à une rage terrible.

  • Tu nous prends pour des idiots ? C’est toi qui a tout manigancé, vraiment capitaine vous me décevez, je vous ai toujours admiré. Je me souvenais de vous en tant que jeune homme faisant partis de notre bande de copains et lorsque j’ai su que je serais sous vos ordres comme j’étais fière, aujourd’hui, j’ai honte de vous avoir accordez ma confiance.
  • Qui est le preneur d’otages, Gladys je suis toujours la même personne. Qui sont les otages ?
  • C’est votre père, enfin celui que vous nous avez désignés comme l’étant, et il a en otage, votre femme, vos filles et Gwen, cela vous va, vous êtes content ?
  • Oh ! Ma femme, mes filles ! Mais pourquoi ? Pourquoi ?

Gladys remarque que sa détresse n’est pas feinte, il serait donc innocent, mais ce n’est pas le moment de s’appesantir dessus. Le capitaine emmène André dans une cellule et le laisse. Il tambourine et crie :

  • Emmenez-moi, je peux vous aider, ne me laissez pas seul, c’est ma petite famille. Capitaine je vous en prie, je peux vous aider.

Mais personne ne lui répond, une prise d’otages c’est si rare tout au moins ici à Kermillaget. C’est sur le port que se déroule le drame. C’est sur le bateau du père d’André, un vieux chalutier qui sort rarement. Que veut-t-il ? Il va falloir tout le doigté du négociateur pour que tout se dénoue dans le calme et au mieux pour les 4 otages. Quatre femmes ! En dehors de la famille d’André il y a Gwen, quel lien les unit ?  A leur arrivée ils établissent un périmètre de sécurité afin d’éloigner les badauds qui ont envahis le port. Puis, chacun connait son rôle. Gladys va commencer à interpeller les otages pour voir si elles peuvent répondre et selon ce qu’elles vont dire, le négociateur jugera du degré de stress ou de folie du preneur d’otages. On lui passe un portevoix et après s’être concerté avec le négociateur elle interpelle les otages d’une voix sûre.

  • Gwen ! Gaële ! Vous m’entendez ?

Personne ne répond à ce premier appel, un léger flottement puis, Gladys sans se démonter interpelle l’homme par son prénom :

  • Duncan, je sais que c’est vous, permettez que je vous appelle par votre prénom ? Que voulez-vous ? Quel est votre but ?
  • Je veux voir mes fils !
  • Votre plus jeune fils va arriver, l’aîné est en mer quand à André il est, Gladys a un moment d’hésitation ; il n’est pas là !
  • Ne me prenez pas pour un demeuré je sais que vous l’avez mis aux arrêts, je veux le voir.
  • C’est à ce moment-là que choisis le négociateur pour intervenir :
    • Duncan je me nomme Philippe dorénavant vous ne discuterez qu’avec moi.
    • Philippe, vous n’êtes même pas de chez nous, que connaissez-vous à nos drames et nos joies, rien ! Passez-moi Gladys, je sais que c’est elle, je l’ai reconnu.
    • Vous n’avez pas à me donner des ordres, c’est moi qui mènent les négociations, Gladys n’est pas formé pour le faire.
    • Alors faîtes ce que vous voulez je ne répondrais plus à aucune de vos questions. Mais vous aurez la mort de mes otages sur la conscience.
    • Cela fait plus d’une heure que les négociations sont au point mort, Duncan ne dit plus rien, ne répond à aucune question. Erwan est arrivé le petit frère d’André, Thomas a été prévenu mais rien n’y fait il réclame André et Gladys. Cette dernière ne peut s’imposer, le capitaine du Guilvinec a appelé le négociateur, elle n’a jamais mené de négociations, disons officielle mais elle s’en sent capable, est-ce qu’elle doit  le demander, l’exiger, car il leur faut sortir de cet impasse. Mais elle sait qu’une négociation peut durer, mais qu’il faut éviter de rester dans une impasse. Ce Philippe, songe-t-elle n’est pas vraiment à la hauteur. Ses collègues le trouvent mou et un peu à côté. Il vient d’arriver de Paris, en riant un de ces collègues lui dit on l’a punit…Mais l’heure n’est pas à l’humour, il faut qu’elle s’impose, qui ne risque rien n’a rien. Elle s’approche du fameux Philippe.
      • Monsieur !
      • Vous pensez que je fais durer le plaisir, mais ne m’apprenez pas mon job je le connais, j’ai déjà de nombreuses négociations à mon actif et elles se sont toutes terminées.
      • Dans le sang ; Gladys se mord les lèvres, elle n’a pas pu s’en empêcher. Elle voit le négociateur vacillé, puis brutalement il lui saisit le bras et la secoue en lui vociférant ces quelques mots.
      • Je ne vous demande pas vos états de service, dégagez, vous gênez la négociation.
      • Je ne pense pas Monsieur, au contraire cela fait une heure que nous stagnons, pensez aux fillettes, elles sont jeunes, je pense que je connais mieux le terrain que vous et aussi les personnes concernées. Certes je n’ai pas de diplômes, ni votre savoir-faire mais tout est dans la manière de se comporter, si Duncan veut m’écouter je me dois de me proposer, si mes chefs pensent que je suis opportune je subirais leur blâme mais au moins j’aurais essayé.

      A ce moment-là on entend pleurer une des fillettes, aussi n’écoutant que son courage, Gladys se saisit du porte-voix et se déclare officiellement comme la seule personne qui va permettre à Duncan de sortir de l’impasse dans laquelle il s’est mis. Mais ce dernier la conspue et ne veut parler qu’à son fils. Pendant ce temps des hommes du GIGN ont pris position, ils n’attendent qu’un ordre et ils donneront l’assaut, mais Gladys et les gendarmes originaires du coin savent que les marins pêcheurs sont fort têtus et il leur faut retrouver le dialogue. Le capitaine donne l’ordre d’aller quérir André et de l’amener ici.

      • Papa
      • Ah tu te souviens que je suis ton père
      • Papa cela fait 20 ans que tu as disparu tu l’expliqueras où tu étais plus tard, mais libère les filles, ce sont tes petites filles, tu les aimeras j’en suis certain.
      • Non, elle me protège, je connais les méthodes de la gendarmerie, donc je ne veux pas qu’ils puissent donner l’assaut, mais je veux bien libérer la petite elle me gêne, tu vas donc monter à bord avec ton amie Gladys, tu récupéreras ta fille et en échange je prendrais la « bleue ».
      • Papa, Gladys est gendarme tu ne peux pas la prendre en otage.
      • Comme tu veux mon fils, je ne te rends pas ta pleurnicheuse.
      • Ta petite fille, mais tu ne sais même pas son âge.
      • Ce n’est pas parce que je ne vivais pas auprès de toi que j’ignorais ce que vous étiez devenu. Je sais qui est ta femme et l’âge de tes deux filles, je connais tes drames, la perte de ton petit garçon, je connais tout de votre vie, alors tes leçons de moral tu vois où tu peux te les mettre.
      • Papa reste correct, que veux-tu exactement ?
      • Tu viens chercher ta fille où je vais m’échouer sur un écueil, tu choisis quoi ?
      • N’aggrave pas ton cas, Papa !
      • Mon fils j’étais mort pour toi alors mourir au large des Glénans ne me dérangent pas, par contre tu peux dire adieu à ta petite vie tranquille.
      • Mais qu’ai-je fait papa pour que tu puisses m’en vouloir autant ?
      • Tu le sauras assez vite et là tu comprendras tout.

      Pendant ce temps Gladys se concerte avec ses chefs, et accepte de servir d’otages pour permettre que cette situation ne vire pas au drame. André à l’air sincère et il est complètement bouleversé par la tournure que prenne les évènements.

      • André, venez je suis d’accord, je vais monter à bord, et nous essayerons d’emmener votre fille aînée.
      • Vous savez Gladys j’ai des doutes, mon père m’en veut mais je ne vois pas de quoi ?
      • Possible qu’il y ait une sombre histoire qui remonte du temps de votre grand-père, j’ai pas mal réfléchis et je pense que tout prend sa source dans ces temps troublés.
      • Mais en quoi Gaële et Gwen y sont-elles mêlées ?
      • Gwen je ne sais pas mais Gaële, je pense avoir compris.
      • Ah pouvez-vous m’en dire davantage ?
      • Plus tard, Capitaine, plus tard, allons rejoindre votre père nous en apprendrons plus, enfin je l’espère.

      C’est à ce moment-là qu’apparait sur le pont, le père d’André tenant en respect sa belle-fille avec une arme pointée dans son dos, elle a dans ses bras la dernière de ses filles et elle titube. Rapidement André prend sa fille et pousse Gladys pour qu’elle puisse empêcher son père de le prendre pour cible. Mais rien ne se passe son père attrape Gaële par le bras et pousse sans ménagement Gladys dans les escaliers, cette dernière bascule et se cogne la tête. Tous disparaissent dans les escaliers et un grand silence s’abat sur le port.

    • Duncan se penche sur Gladys et la secoue mais elle n’ouvre pas les yeux, elle semble morte, Duncan ne s’apitoie nullement sur son sort et attache Gaële au côté de Gwen, quand à Gladys il ne s’en occupe nullement ce qui fait dire à sa belle-fille ces quelques mots :
      • Père,
      • Ne prononcez pas ces mots, vous n’êtes rien, vous m’entendez rien.

 

A suivre…..

Commentaires

  1. Que va-t-il se passer par la suite … le dénouement n’est pas sur le bord de se faire avec tout ça ! Bonne soirée EvaJoe !
    Bisous♥ et belle fin de semaine !

  2. Alors GiBee, c’est parce que Gladys est une femme gendarme que tu trouves qu’elle … Ah les hommes !
    Bon, je pense que nous allons remonter dans le passé. C’est comme cela, dans les villages, les familles se sont mêlées, les familles ont eu des “mauvais” ou supposés “mauvais”. Tu l’as déjà ton dénouement ou tu l’auras en écrivant ?
    Bisous

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