Lumières sur la lande (1/8)

 

 

fort

 

Il précède Gladys et la laisse avec son capitaine qui attend à la porte. Il se rend auprès du médecin pour avoir son avis puis s’en va sans le rencontrer. Il va secouer ses hommes, il devrait déjà avoir trouvé des explications à tout cet embrouillaminis songe-t-il !

A la gendarmerie son équipe n’a pas chômée mais hélas il n’y a rien qui puisse les aiguiller vers tel ou tel piste, par contre André est là dans son bureau, il n’en mène pas large. Sa femme est aussi en garde à vue, il leur faut des explications, il en va de leur survie, si rien ne se passe, la gendarmerie de Kermilliget  fermera, ainsi en a décidé le Colonel. Aussi chacun s’active du mieux qu’il peut pour pouvoir conserver leur petite gendarmerie. Ils sont aidés en cela par une escouade de fins limiers, mais chez eux ils ont de bons officiers qui ont déjà résolus de nombreuses affaires. Et Gladys s’est surpassée ces derniers temps, les gars vont pouvoir compter sur elle. Elle n’est pas gradée mais elle n’a pas son pareil pour faire avouer les suspects, même si pour l’instant personne ne s’est trouvé devant pareille affaire. Mais il faut bien commencer un jour. Et ce jour aux dires du Colonel est enfin arrivé.

Le Colonel attend le retour de Gladys pour commencer l’interrogatoire d’André, mais auparavant il va aller cuisiner sa femme, dans des cas semblables les femmes lâchent souvent le morceau les premières.

  • Alors Madame Le François qu’avez-vous à nous dire sur votre fuite ?
  • Notre fuite ? Je ne comprends pas, nous nous rendions dans notre maison de famille, puis ne m’appelez pas Le François, je suis Madame Kerouan !
  • Comment ça ? Vous n’êtes pas marié, pourtant vos papiers que j’ai devant les yeux me prouvent le contraire.
  • Nous nous faisons appeler Kerouan, mon mari ne veut plus rien avoir avec son frère.
  • Mais Madame Le François on ne change pas de nom lorsque cela nous chante, mais laissons cela pour l’instant ? Je vous redemande pour quelles raisons vous êtes allés récupérer vos filles chez la nounou et vous êtes partis aussi vite alors qu’André n’est sortis de l’hôpital qu’il y a quelques heures…
  • Mais nous avons décidés de partir, André a besoin de se changer les idées.
  • Pour quelles raisons ? Ne me jouez pas la comédie, vos actes et vos paroles vous seront reprochés si ils s’avèrent que votre mari a enfreint la loi et à faillis à sa mission de gendarmes.

A ces mots Madame Le François pali et ne dit plus un mot jusqu’à l’arrivée de Gladys dans le bureau, mais elle a des renseignements a communiquer et elle ne peut le faire devant la femme d’André, surtout que depuis ce matin à l’hôpital, elle n’est plus en bon termes avec cette dernière.

  • Mon Colonel j’ai le début de la phrase, Soazic ne dit pas Lio, mais clio, ensuite elle m’a ajouté clio blanche c’est un oeuf cassé…Là je n’ai pas réussis à lui faire changer d’avis…Je vais me pencher sur cette drôle de phrases.
  • Un œuf cassé ou un neuf cassé, possible que ce soit sur la plaque minéralogique, que le chiffre neuf ne se voit pas en entier. Allez, nous allons d’abord interroger André, accompagnez-moi, puis selon comme cela va se passer je vous laisserai seule en sa compagnie, possible qu’il parle mieux.
  • Espérons car ce matin il m’a insulté lorsque je suis passée, je ne l’ai jamais vu dans cet état.
  • Insultée ? De quelles manières ? Expliquez-moi ça ?

Et pendant que Gladys lui raconte les évènements qui se sont passés lors de sa visite auprès d’André, l’aspirant gendarme appelle pour signaler qu’une voiture rouge orange a été retrouvée à moitié calcinée dans une ruelle derrière la capitainerie du Guilvinec. Si Gladys n’a pas vu la marque de la voiture elle est formelle elle était rouge. Mais les témoins l’ont vu, et la marque reste à définir mais il semblerait que ce soit une Aston Martin orange. Quant à l’immatriculation et bien les plaques ont été enlevées. La voiture va être remorquée vers la gendarmerie et l’équipe d’investigations va s’en occuper, celui qui osera passer au travers des mailles sera bien malin, mais tous pensent qu’ils trouveront rapidement, des voitures de cet envergure il ne doit pas y en avoir beaucoup dans le coin.

  • Gladys je vous laisse en compagnie d’André, dans nos locaux il ne va pas faire de zèle. Soyez fort attentive à la discussion, dîtes-lui qu’il n’est pas en garde à vue, tout au moins pour l’instant. Je vais renvoyer sa femme chez eux, mais je vais mettre un de mes hommes en faction devant leur domicile, je ne veux pas qu’elle s’échappe. Nous allons éclaircir cet évènement malheureux.

Avant d’entrer dans le bureau du capitaine, Gladys trouve bizarre ce volteface du Colonel du Guilvinec ; elle ne le connait pas bien et ne le comprends pas du tout. Si André est coupable il serait préférable qu’elle soit accompagné de son capitaine, mais lui est resté auprès de la mère de ses amis. Au cas où elle est un éclair de lucidité, mais elle en doute. Quand elle déboule dans la pièce, André est prostré, elle ne connait pas la raison pour laquelle elle lui lance cette phrase, alors la clio blanche c’est un œuf cassé, tu savais à qui elle appartenait. André devient tour à tour blanc, rouge et ne sait quelle contenance prendre.

  • Vous avez retrouvé ma clio ?
  • Ta clio ! Ah mais que je suis bête, attends je reviens !

Et toute la gendarmerie entends Gladys claironné, je sais ce que veut dire la phrase c’est un œuf cassé, je sais à qui appartient la clio….

  • A qui ?
  • A André, enfin elle lui appartenait, il l’a vendue il y a quelques mois
  • A qui ?
  • A un pêcheur du Guilvinec, un vieux loup de mer qui sentait le tabac
  • Quel tabac ?
  • L’odeur sentis par André quand il s’est fait soit disant assommer sur la lande, de l’astra, oh je ne connais pas…
  • De l’Amsterdamer !
  • Oui c’est cela….

Mais le Colonel veut comprendre la phrase : «  c’est un œuf ou neuf cassé »

  • Il y a un chiffre 9 sur la plaque ?
  • Non seulement un neuf mais un 7 et un 1 d’où 7 1 9 (c’est un neuf) et les lettres à la fin sont KC. Soazic ne se moquait pas de nous,  elle avait compris à qui appartenait la voiture.
  • Ce pêcheur vous l’avez vu ?
  • Oui
  • Et ? Il ne vous rappelle personne ?
  • Maintenant que vous me le dîtes mon Colonel cela pourrait bien être le père d’André, à l’époque je lui avais trouvé un air de ressemblance, mais avec une barbe c’est difficile, plus les années. Puis il ne me regardait pas tant que ça et d’autres parts on ne menait pas d’enquête à ce moment-là, ou tout au moins celle-ci.
  • Et bien allons interroger votre capitaine !

Le Colonel fait à nouveau un retour en arrière et décide de participer à l’interrogatoire d’André. Celui-ci a compris que ces jours au sein de la gendarmerie dépendrait de ce qu’il savait et de ce qu’il allait pouvoir leur dire. La tête dans les mains il patiente, mais il n’en mène pas large, il n’a pas vu sa femme et ignore ce qu’elle a dit.

Il en est à ce stade-là quand la porte est à nouveau poussé et il relève la tête et fait face à ses chefs et à son amie Gladys, il va tout leur dire. C’est à Gladys que revient l’honneur de l’interroger, elle lui dit que c’est informel et selon ses réponses, c’est au Colonel que reviendra la décision finale. Il acquiesce et approuve, et ajoute :

  • Je n’ai pas faillis à mon devoir et je n’allais pas prévenir qui que ce soit. J’ai bien reçu un coup à la tête mais après avoir repris mes esprits, il m’a fallu du temps pour comprendre que je devais tout cela à mon père.
  • Donc vous saviez que votre père était vivant !
  • Je ne l’ai compris qu’après avoir entendu le bruit familier de grincement de la Clio blanche que j’avais entraperçu le jour où on m’a kidnappé. Car ce type comme tu l’avais fait judicieusement remarqué Gladys avait des allures de mon père. Mais je n’avais pas donné suite, j’ai juste assemblé les morceaux du puzzle.Passé le choc, il a fallu que je demande à ma femme de se rendre sur le port et de vérifier si le bateau de pêche du « vieux loup de mer» était rentré et devant sa réponse positive nous avons décidé, elle et moi de partir se balader avec notre bateau comme de simples touristes, la suite vous la savez.
  • Vous baladez pour aller où, si le bateau de votre acheteur était à quai.
  • Pour le suivre et savoir où il habitait, mais mon arrestation a tout fait capoter, nous voici revenu à la case départ.
  • Connais-tu un endroit où ton père aurait pu se cacher toutes ces années.
  • Au’ « Glénan»
  • Il y a une école de voile et des touristes qui y vont
  • Tu oublies le « Fort » de notre enfance
  • Quoi il se cachait dans notre cabane, mais là-bas c’est truffé d’écueils ! Il faut être un bon marin comme toi du reste, mais c’est vrai que j’ai toujours entendu dire que ton père était le meilleur. Mais as-tu vu ton père ? Et sais-tu qu’il a caché Yann.
  • Caché Yann ? Non je l’ignorais. Alors il a dérivé comme mon père 20 ans auparavant et il s’est retrouvé sur la même plage. Pourquoi mon père l’aurait séquestré ?
  • Et bien tu vas nous le dire ?

A suivre…..

Commentaires

  1. Un vrai régal Eva Joe. Je viens de reprendre les 7 premiers épisodes, avec celui là 8, c’est franchement passionnant. Et quel rebondissement ! Je ne savais pas que tu écrivais des polars. La Bretagne est une terre est une terre d’inspiration.
    Bises et bon vendredi après midi. ZAZA

  2. Quel fin limier, cette Gladys, il fallait y penser à un numéro minéralogique ! bravo.
    A bientôt pour la suite.
    Bisous et excellent week-end.

  3. Bon j’étais pas loin avec mon neuf cassé 🙂 719KC29
    Que dire sinon quel mauvais goût une aston martin orange beurk lol en plus c’est ma voituree préférée.
    kenavo 😉

  4. Heureusement qu’il y a des gendarmes qui pensent et arrivent à trouver la clef de l’énigme. En attendant, tu t’y colles bien.
    Bonne soirée EvaJoe

  5. Je prends bien le temps de lire et crois moi, je me régale vraiment dans ces belles aventures. C’est palpitant, on ne s’ennuie pas et on attend la suite pour savoir alors c’est bon signe.
    Bisous

  6. J’étais complètement à côté de la plaque ( c’est le cas de le dire)
    Tu joues avec nos nerfs Evajoe. Plus on avance dans l’histoire, plus ça se complique. C’est super!
    J’aime beaucoup.
    Je vais attendre la suite avec impatience
    Gros bisous ravis !!!
    😉

  7. Tu as bien fait de nous faire revivre ce qui précédait.
    Alors, alors … Je pme dis que le père d’André ne peut pas être un affreux !
    Bonne journée EvaJoe.

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