L’entretien ( suite)

Le Consul voit bien que cette petite phrase a jeté le trouble chez le Colonel, connaîtrait-il cette femme ? De plus en plus étrange, mais il ne lui dit rien et chacun se mure dans le silence. Puis le Colonel lui intime l’ordre de regagner la France et de ne pas chercher à revenir à Djibouti.

  • Mon Colonel avec tout le respect que je vous dois je ne puis abandonner mes beaux-parents.
  • Et bien qu’ils embarquent avec vous, nous pouvons faire une entorse au règlement si cela peut vous tranquilliser.
  • Vous savez bien que c’est impossible, ils ne quitteront jamais leurs pays sauf pour venir nous voir, mais leur vie est ici. Je préférerais qu’ils soient sous protection, mais je suis certain que ce n’est pas dans vos cordes. Alors laissez-moi trouver une solution et je vous promets que je quitterais le Pays d’ici ou une deux semaines.
  • Non ! Les ordres sont les ordres vous rentrez !
  • Je devais rentrer et personne ne me poussait à le faire.
  • Et bien depuis vingt minutes j’ai reçu l’ordre de vous évacuer avec votre femme et je m’en tiendrais à l’ordre reçu.
  • Laissez-moi avertir ma belle-famille.
  • Je mets à votre disposition mon bureau, appelez qui vous voulez et tenez-vous prêt.

Guillaume sent comme une suspicion dans l’attitude du Colonel, les deux hommes se connaissent bien ils ont assisté à des prises d’armes, ils sont allés ensemble chez le président de la République de Djibouti et dans d’autres festivités moins formels, mais là, il sent bien que c’est différent, aussi bien que cela lui en ait coûté il s’est bien gardé de lui dire que son fils avait récupéré une clef USB et non deux feuilles. Il est possible qu’il lui en ait parlé s’il ne l’avait pas vu angoissé lorsqu’il lui a donné les détails concernant la jeune femme enlevée. En fait c’est surtout le fait qu’elle soit sans cheveux qui l’ait effrayé. Quand il est de retour vers sa femme il lui dit que le Colonel veut qu’il parte avec elle, cette dernière de suite manifeste un trouble énorme, elle aimerait bien qu’avant il puisse mettre à l’abri sa famille.

  • Assia je vais passer quelques appels téléphoniques, si au moment du départ je ne t’ai pas rejoint, voici ce que tu vas leur dire.

Sa femme acquiesce, ils s’embrassent longuement, ce qui fait dire au Colonel qui les observe que ces deux-là vont se quitter, le Consul va jouer la fille de l’air, il lui faut le surveiller et l’empêcher de commettre l’irréparable. Aussi il repart à son QG à grandes enjambées pour téléphoner.

Pendant ce temps Guillaume sort de sa valise diplomatique le passeport de sa femme, elle peut en avoir besoin en France, et, lui remet une lettre pour sa mère et une autre pour son ami Pierre. Maintenant il lui faut sortir de la base, ce qui risque d’être plus difficile. Son chauffeur vient de le prévenir que la base est en ébullition, il n’en connait pas la raison, mais Guillaume comprends vite que le Colonel le surveille, il va rejoindre Assia et s’allonge sur la couchette proche d’elle, et pour éviter qu’il soit trop surveillé il commence à caresser sa femme, le jeune planton qui est chargé de sa surveillance, appelle le Colonel pour lui demander s’il doit assister aux ébats amoureux du Consul. Le Colonel souri et lui réponds, laissez-les faire, et revenez d’ici une heure nous serons à trente minutes de leur embarquement.

Dès que Guillaume entends les pas du jeune soldat s’éloigner, il serre sa femme dans ses bras et lui murmure, j’y vais, ne t’inquiète pas. Dans la cour il retrouve son chauffeur qui a pris une tenue adéquate pour sortir de la base, il donne au Consul un treillis que ce dernier passe, puis ils récupèrent une jeep apportée par un ami qui est sur la base et franchissent l’entrée comme les autres  qui partent sur Djibouti avant le couvre-feu dans les Quartiers (nom donné aux bidonvilles qui sont à la périphérie de la capitale). Mais au moment de s’engager sur la voie principale le véhicule s’arrête ce qui fait stopper les véhicules qui les suivaient, ils ont un pneu crevé. Le chauffeur leur fait signe d’y aller, une seule voiture s’arrête et son occupant demande s’ils ont besoin d’aide mais devant leur négation il s’en va. Dès que les feux de la dernière voiture ont disparu, le Consul monte dans une voiture qui l’attendait à l’intersection de la place du marché central. Il disparaît assez rapidement.

Pendant ce temps c’est le branle-bas le combat à la base, le Colonel vient de s’apercevoir que sa jeep a disparue ainsi que le Consul. Sa femme a l’air de ne plus comprendre le français, et le Colonel sait qu’il ne peut pas la brusquer mais son mari l’a berné et là il n’apprécie pas du tout. Il va devenir la risée de ses hommes et ne parlons pas du bruit qu’il va entendre au-dessus de lui. Il passe quelques coups de fil mais aucun de ces hommes ne peut lui donner la moindre explication. L’aéroport est sous surveillance il ne pourra pas quitter le pays. On fait rechercher sa belle-famille, mais dans les heures qui suivent l’embarquement de l’avion sanitaire rien n’est remonté aux oreilles du Colonel, le Consul s’est volatilisé, les dernières personnes qui ont vu celui qu’ils pensent avoir pris pour le Consul l’ont vu aux abords du marché central montant dans une voiture de couleur blanche. Mais cette dernière est retrouvée quelques heures plus tard aux abords du bidonville.

Pendant ce temps le Consul  a récupéré un land cruiser Toyota, les clefs lui sont remises par son chauffeur, ce dernier le quitte en lui souhaitant bonne chance. Guillaume  va emmener sa belle-famille aux portes du désert du « Gagadé », de là ils partiront rejoindre un campement, mais Guillaume les laissera, ils auront 5 à 6 h de marche, il sera en relation seulement avec son jeune beau-frère, moins il en saura mieux il les protégera, une fois dans la voiture il s’habille comme un autochtone Quelques heures plus tard le Colonel a reçu un message émanant de Guillaume :

« Désolé de vous avoir faussé compagnie mon Colonel, je repars en France par mes propres moyens. « 

Aucun mot sur sa famille, aucun mot sur Ben qui venait d’être retrouvé assassiné dans une rue du «  Quartier trois. » Il portait une pancarte sur laquelle il était noté : «  C’est ainsi que l’on tue les traîtres ».  Soit il est mort car on a su qu’il avait égaré des papiers, soit ce sont les hommes du Consul, soit c’est un simple règlement de compte, ce Ben se vendait aux plus offrants, on le connaissait comme étant sans aucun scrupule.

Malgré de nombreuses recherches diligentées par le gouvernement ainsi que par le Colonel, personne ne sut ce que Guillaume était devenu, petit à petit ils abandonnèrent leurs recherches, d’autres préoccupations les emmenèrent sur d’autres chemins qui quelques semaines plus tard allaient s’entremêler avec des faits troublants concernant Guillaume, ce dernier avait démissionné pour avoir les coudées franches. 

 

A suivre…

 

 

 

Commentaires

  1. ça se corse sans être Corse..heureusement ou pas? En tous cas Guillaume je sais pas comment il va sortir parce faut pas mal de bakchich pour sortir d’un pays surtout dans certaines pays…..Bisous

    1. Non, Renée il n’y a pas de Corse mais c’est vrai que cela se corse….Tu as raison il faut de l’argent pour sortir d’un pays, et aussi des connaissances, possible que parfois ce ne soit pas des gens comme toi et moi…

      Chut je dis ça je dis rien…

      Bisous et merci de ta fidélité à mes écrits…

    1. Rire! Si on me prenait mon texte comme scénario j’ai déjà imaginé à qui ‘aimerais proposer le rôle du Consul. Du coup je me les’imagine avec cette tête, hi hi! Tu connais Bruno Wolkowitch? Et bien je le lui donnerais le rôle de Pierre.
      Pour le Consul ce serait Abdelhafid Metalsiet pour son beau frère ce serait
      Thomas Jouannet . On peut toujours rêver….Tape leur nom tu verras la tête qu’ils ont…
      Quand tu verras l’acteur qui pourrait avoir le rôle du Consul tu comprendras pourquoi il lui sera facile d’éviter les cascades…Rire aux éclats….

      Merci Clara de me donner envie d’écrire un scénario cela me trotte dans la tête depuis fort longtemps. Mais il faut que j’ai du grain à moudre pour…
      Un rêve….

      Bisous

  2. Donc, c’est vraiment une femme ans cheveux mais tu n’en dis pas plus. Zut.
    C’est vrai que cela pourrait faire un scénario.
    Vu le nom de l’acteur auquel tu penses … mais là je m’embrouille. Donc, je te laisse le champ libre.
    Bisous EvaJoe

  3. Il y a du sport! 🙂
    Qui est cette femme chauve? Comme Gibee, il me semblait que Ben était encore dans les Hautes Alpes?
    Il est rusé ce Consul . Il a réussi à berner l’armée! Et maintenant le voilà disparu dans la nature! Quelle histoire!
    J’ai lu les commentaires et j’avoue que j’aime bien ton choix pour Pierre. Bruno Wolkovitch est un acteur que j’aime beaucoup. Par contre, pour l’autre, Google déclare forfait. Qui est-ce?
    Gros bisous

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