Le tribunal

  • C’est à cause de ma sœur !
  • Votre sœur ?
  • Oui !

Si celui-là n’en dit pas plus je ne risque pas de le nommer le baveux, il faut lui tirer les vers du nez, je ne suis pas sorti de l’auberge.

  • Qui est votre sœur ?
  • Vous vous payez ma tête ? Vous la connaissez, vous lui avez même fait un enfant.
  • Je n’ai pas d’enfants !
  • Normal vous l’avez abandonné !
  • Si je l’avais su possible que le cours de ma vie aurait pu changer, ta sœur ne m’a jamais informé, il suffit de le lui demander.
  • C’est trop tard, elle a accouché toute seule, le petit a survécu, elle par contre en est morte.
  • Facile en effet de m’accuser de tout ; comment avez-vous su que j’en étais le père ?
  • Ma sœur avait laissé un mot, à remettre à Mario.
  • Et, bien entendu la confidentialité ne vous a pas gêné vous l’avez ouvert, enfin votre père. Cela m’était destiné, j’aurai dû en être informé il y a 10 ans.
  • Vous avez certainement raison, mais je ne fais qu’obéir à mon père.
  • Aveuglément, je pense que vous êtes lus gentils que votre père, mais je suis en rien fautif de la mort de votre sœur.
  • Oui je le sais.
  • Donc avant de passer devant un simulacre de tribunal je veux prendre connaissances des pièces qui m’accusent, allez demander à votre père de me donner cette lettre.
  • Cela m’étonnerait que mon père accède à votre demande, si Mr Jo n’avait pas été là il vous aurait pendu à la cime d’un arbre.
  • A quoi bon être mon avocat si toutes mes demandes sont refusées, allez-vous en, mais auparavant dîtes m’en un peu plus et j’assurerais ma défense tout seul.
  • Mon père ne m’a rien dit et je n’étais pas là pour vous aider mais pour vous enfoncer, cependant je ne puis me résoudre à le faire, aussi si vous le voulez bien, avec le docteur je veux bien vous aider. J’irai chercher la lettre et vous en prendrez connaissance.
  • Est-ce que vous l’avez eu entre les mains cette lettre ? Etes-vous certain de son existence ?
  • Je vais demander à Jo de s’en occuper, je ne peux pas vous aider.

Le pauvre garçon est complètement affolé devant la tournure des évènements, je peux comprendre que la perte de sa sœur l’ait affecté mais de là à me faire porter le chapeau il y a un pas. De plus je n’ai jamais eu le moindre rapport avec Bénédicte, c’était tout au plus des bisous, mon père était assez stricte et quant au père de Bénédicte j’ignorais que c’était le capitaine, mon père s’était bien gardé de me le dire. Puis brusquement je me sens serein, elle est morte, c’est bien triste pour sa famille et son enfant, mais elle ne pourra pas m’accuser d’avoir tué mon ami d’enfance, de ce côté-là me voilà tranquille. Au tribunal je vais exiger un test ADN, ce vieux dingue de capitaine devra se rendre à l’évidence que sa fille a été engrossée par un autre de mes camarades ; Finalement Bénédicte à part me sauver la vie menait double vie. Les femmes ne m’ont jamais rien apporté de bon je vois que cela se confirme une nouvelle fois.

Comment ai-je dormis, mal je m’en rends compte au petit matin, je suis fatigué d’avoir réfléchis à ma défense, hélas rien ne va se passer comme je le pensais.

C’est vers les 10 h que mon avocat de pacotille arrive accompagné du docteur nommé Mr Jo, le gardien en faction devant la porte me passe des menottes, bien entendu que je vais m’échapper alors que j’ai les jambes en coton. Ils se prennent tous pour les défenseurs de la veuve et de l’orphelin sauf que dans ce cas hormis l’orphelin il n’y a point de veuve, c’est une espèce de cour martiale alors que c’est une bande de soldats à la retraite où ayant été viré de l’armée. Enfin, ils m’ôtent mes menottes et me demandent de jurer, c’est du grand n’importe quoi. Je leur fait la remarque suivante :

  • Elle est où votre bible ? Vous vous croyez aux USA votre horreur, oups pardon ma langue a fourché votre honneur !

Je me sens mieux après avoir débité d’autres fadaises, certains courbent la tête d’autres me fixent d’un air glacial. Le président de ce tribunal improvisé me fait un grand discours dont je ne me souviens plus de rien aujourd’hui, cela devait tenir de sa folie hystérique et de son amour pour sa fille adorée. Par contre la conclusion, elle je l’ait entendu, et au moment elle m’a glacé le sang.

Le procès s’est déroulé à charge contre moi, je n’ai même pas été mon propre avocat, je n’ai pas eu accès au dossier, je me suis même demandé s’il y avait la moindre lettre de sa fille. Puis les jurés sont partis délibérés et le verdict est tombé, le voici comme je m’en souviens deux mois après :

  • Messieurs la Cour
  • Accusé levez-vous et écoutez votre sentence jusqu’au bout, ne prononcez aucun mot, après je vous laisserais la parole un court instant puis vous exécuterez votre punition.
  • Monsieur l’avocat général, mon Capitaine voici ce qu’en notre âme et conscience avons décidés. :
  • A la première question est-ce que le soldat Mario était au courant de la grossesse de Bénédicte, à l’unanimité nous avons répondu Oui !
  • A la deuxième question est-il le père de l’enfant né de cette union, la réponse est oui !
  • Quel est le verdict
  • La mort

J’étais abasourdi quand j’avais entendu leur sentence, des fous et encore au moment où le faux procureur un vieux cheval sur le retour qui avait dû faire toutes les guerres depuis des milliers d’années tant je le trouvais vieux avait prononcé ces paroles je ne connaissais pas la moitié de ce qu’ils avaient pondu dans leurs cerveaux embrumés d’alcool forte qu’ils buvaient au sein même de ce tribunal en éructant et en riant d’une manière vulgaire. C’est le capitaine qui s’est chargé de m’explique comment allait se dérouler ma mise à mort.

  • Accusé levez-vous et écoutez votre sentence : nous vous donnons une journée d’avance et nous partirons à votre recherche après ce sera à la vie à la mort. Dans une semaine au plus tard vous vous retrouverez  gisant au fond d’une crevasse ou nous vous abandonnerons, à moins que ce soit au fond d’une grotte. Ainsi disparaitra de terre un assassin, celui de ma fille. Maintenant je vous autorise à dire deux mots et pas un de plus.
  • A bientôt !

Quand je suis sorti digne ils étaient ahuris ils ne s’attendaient pas à mes deux mots. Pourtant je n’ai rien dit de plus. J’ai entendu un énorme brouhaha, Jo le médecin m’a remis de la nourriture, deux bouteilles d’eau, que j’ai transféré dans mes gourdes et, il m’a accompagné sur le chemin que je devais obligatoirement prendre pour terminer la traversée du Jura et ensuite passé dans les Alpes.  Avant de se quitter, je lui ai demandé :

  • Comment pouvez-vous être certain que demain je ne m’arrêterais pas en route et que j’irai demander asile à la gendarmerie voire même que je me constituerais prisonnier.
  • Tu ne me reconnais pas Mario ?
  • Jo, non je ne vois pas qui tu es ? Lycée ? Armée ? Travail nous nous sommes croisés où donc ?
  • Lycée et l’armée, je suis un de tes potes avec qui tu as fait de nombreuses fredaines. Tu me nommais le petit Mick, Michel Troussard. Je te conseille de mettre le plus de kilomètres entre toi et ce fou furieux de capitaine, quand à t’arrêter j’en doute, car je pense que tu aimes le jeu.
  • Tu as raison, mais quand la battue s’arrêtera ce ne sera pas moi le mort ce sera le Capitaine, note le dans ta tête et surtout dis-le lui ; par contre je ne vois vraiment pas qui tu es ? Mick, non vraiment je ne vois pas.

Quand j’ai quitté le petit Mick que je connaissais très bien, j’ai vu qu’il était déstabilisé, je m’en fiche complètement, ils ont tous qu’une envie me tuer, ce sont des barbares en puissance.

 

A suivre…

Commentaires

  1. Des fous qui veulent faire justice eux-mêmes, mais enfin le héros n’est pas non plus piqué des vers ! Voyons qui va gagner ce “pari” de dingues.
    Bises et excellente soirée.

  2. Quelle histoire! On nage en plein délire! Mario a sûrement des choses à se reprocher mais de là à être mis à mort sans preuve, sans rien d’autres que des suppositions, brrrr. ça fait froid dans le dos.
    Et maintenant une chasse à l’homme. Tu ne lui épargnes rien à ton personnage
    bizzzzzzzz

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