Le souterrain de la désespérance (suite 4)

Marine est inquiète, elle espère qu’elle reverra son père, lui revient tous ses enlèvements en France mais aussi en Europe, cette fille qui avait vécu des années et qui avait eu une petite fille. Elle préfère mourir que de subir les assauts de ce type qui lui semble assez limité à la fois dans ses paroles et dans son comportement. Comment va-t-elle faire ? Elle a peur d’avoir mal de souffrir, elle sait qu’il peut se montrer brutal, elle s’en est rendu compte quand il l’a embrassé de force, bien sûr elle a résisté, est-ce qu’en se laissant faire elle aurait moins à en souffrir. Elle se souvient un jour de la discussion qu’elle avait eu avec Léa sa copine, elle parlait de viol, Léa lui avait dit : «  si un jour on veut me violer et bien je me laisserais faire, j’aurais surement moins mal » faut-il qu’elle se comporte ainsi, à l’époque elle lui avait dit j’essayerais de me sauver, mais bon là se sauver c’est impossible, à moins qu’elle arrive à l’amadouer et qu’il lui enlève ses chaînes. Oui c’est cela qu’elle va faire. Sans lui donner son corps, mais en se laissant prendre les parties de son corps qui l’attirent, mais il faut qu’elle soit plus intelligente que lui, il a beau avoir la tête près du bonnet, elle a bien lu dans son regard une envie irrésistible. La prochaine fois il lui faudra regarder autre chose, rien qu’à cette idée elle sent le rouge lui affluer au visage, jamais avant son enlèvement elle n’avait songé à regarder si un homme avait une érection.   Même ce mot elle n’ose l’imaginer dans sa bouche. Elle a honte d’avoir de telles pensées, mais il faut bien qu’elle sache à quels moments elle pourra à son tour jouer dans sa cour. Elle ne criera plus, rien que de penser à l’odeur qu’il dégage elle a un hoquet et vomi, elle a faim, le goût de bile qui lui vient à la bouche lui donne hoquet sur hoquet, s’ il pouvait venir et lui apporter de quoi boire. Comme elle aimerait boire un bon chocolat chaud, comme elle en a envie. 

 Perdue dans ses pensées elle n’a pas vu l’homme arrivé, il est là, il la regarde. A sa main un bol, il ne fume plus mais il va lui le faire boire, son frère lui a dit, si tu veux la garder en vie donne lui à boire, montres- toi gentil avec elle, après il te sera plus facile de la faire obéir. Si tu es sage je te la laisse pour toi tout seul. Il pousse la grille, la poulette sursaute, mais aussi bizarre que cela lui paraisse elle esquisse un sourire.

  • J’ai tellement faim et soif, merci !
  • Toi, boire, tu veux ?
  • Oh oui donnez-moi le bol ; c’est quoi ?
  • Du café
  • Ah je n’en ai jamais bu
  • Avec du lait, beaucoup de lait. Tu veux ?
  • Oui, alors il s’approche d’elle, lui ôte la chaîne à son bras s’assoit à ses côtés, passe un bras autour de son dos et lui donne à boire. Marine n’en revient pas, cela a un goût sucré, le café ne lui plait pas mais il semblerait qu’il y ait plus de lait. Il la tient serré contre lui, son cœur bat à plus de cent à l’heure, mais il faut qu’elle se contrôle. Elle a terminé de boire, alors il lui embrasse le front et lui murmure :
  • Gentille fillette ! Comme tu es sage je te laisse libre de tes mains, je vais même t’allonger la chaîne pour tes jambes tu peux aller te promener dans le couloir.

Et à nouveau il l’embrasse sur la bouche, elle sent sa langue s’insinuer dans sa bouche, elle a un hoquet et à peur de vomir, mais il la laisse et s’en va en laissant effectivement la grille ouverte. Alors elle se dit qu’elle a trouvé la solution pour l’amadouer. Ce café au lait était lourd à digérer ajouté à ce baiser, elle sent monter une nausée et se précipite pour vomir à grands jets dans le seau. 

Quand elle se rassoit elle est encore plus mal qu’avant de déjeuner. Elle va aller se balader dans le couloir voire jusqu’où la chaîne va pouvoir la laisser aller. Mais pour s’échapper il faut qu’il lui ôte ces chaînes et surtout qu’elle lui demande des vêtements. Elle prend la couverture et s’en va, un pas puis deux, elle passe devant d’autres grilles, il n’y a pas de lits, personne, elle se demande où elle se trouve. Des mines dans la région il y en a mais personne n’a dit qu’il y avait des cellules. L’ancienne prison est dans le village voisin, mais ce n’est pas sous terre. Si cela se trouve, ces hommes ont créé ce lieu inhumain de toutes pièces. Depuis quand cela dure ? Y-a-t-il eu d’autres disparitions ? Hormis Claudie qui vient de partir dans la maison de son kidnappeur, elle n’a jamais entendu parler de disparitions dans le coin.

 

Après avoir quitté l’hôpital le père de Marine a passé une nuit terrible, sa fille est venue dans ses rêves en lui criant de la sauver, il la voyait enfermée dans une maison isolée, ou jeter dans un puits ou emmurer vivante dans une cave. Quand il se lève au petit matin il est dans un état second. Il n’a goût à rien, il est prostré depuis dix minutes, soudain son téléphone sonne, et si c’était sa fille, mais non c’est un policier qui l’informe que l’on a découvert le téléphone de sa fille à trois cents mètres du champ qui borde le lac. 

 Cela l’effraye et le rassure, mais le policier ne lui laisse pas le temps de reprendre ses esprits, il lui dit que l’on vient de faire un appel à témoins, que l’alerte enlèvement sera diffusé sur toutes les chaines de télévision ainsi qu’à la radio. Il bredouille un remerciement et s’en va prendre une douche. Il lui faut acheter un quotidien pour voir ce qu’ils en disent. Mais à peine met-il un pied dehors qu’une invasion de journalistes l’interpelle :

  • Monsieur Duchamp avez-vous des nouvelles de votre fille ?
  • Monsieur Duchamp que s’est-il passé ?

Monsieur Duchamp fait demi-tour et rentre chez lui, il va s’éclipser par l’arrière de la maison, il ferme son verrou, passe par son garage, prends son vélo et file par son jardin. Un regard en arrière, personne ne le suit, ouf le voilà seul sur la route, il passe à l’intersection du chemin qui débouche sur la forêt et l’envie lui prend d’aller traîner dans le coin, qui sait possible qu’il remarque quelques choses que les autres n’ont pas vues. Sont-ils venus jusqu’ici, ont-ils limité leurs investigations aux alentours du champ, du lac ou des trois cents mètres dans le bois?  

Sa fille n’a pas pu se volatiliser elle a bien dû aller dans une maison, s’il s’avère qu’elle a été kidnappée c’est impossible que personne n’ait rien vu. En bordure de la forêt il y a quelques maisons, il va aller frapper aux portes et demander si hier après-midi ils n’ont pas vu quelques choses d’étranges. La première maison a tous les volets de clos, personne ne lui répond, il vérifie sa montre il est plus de 11 h, les gens ont dû partir en weekend. A la seconde maison un chien jappe, et une vieille femme apparaît, il lui demande si hier elle n’a pas vu une jeune fille :

  • Hier j’étais à l’hôpital et je suis revenue en fin d’après-midi.
  • C’était quelle heure ?
  • Aux environs de 17 h et des poussières
  • Et bien c’est tout à fait l’heure qui m’intéresse, vous n’avez pas vu une voiture par exemple ?
  • On vous a volé votre voiture ?
  • Non on a kidnappé ma fille !
  • Ah c’est de votre fille que l’on parle à la télévision, j’ai vu l’alerte enlèvement, et bien quand je suis revenue, il y avait un type qui mettait son vélo dans une fourgonnette blanche, cela m’a paru bizarre mais les gens font bien ce qu’ils veulent.
  • Il était seul?
  • Oui seul !
  • Vous en être certaine ?
  • Oui,  mais ce n’est pas la première fois que je la vois cette fourgonnette, mais là ce n’était pas le même homme.
  • Comment était cet homme ?
  • Un homme j’aurais plutôt dit un ours, un type barbu bien brun, qui avait un regard fuyant, il m’a du reste regardé d’un sale œil, mais vous pouvez demander au VSL qui m’a ramené il l’a suivis jusqu’au bout du chemin, après je ne sais pas.
  • Donnez-moi son numéro de téléphone, je vous remercie Madame.
  • Je vous souhaite bonne chance Monsieur et j’espère que votre fille n’a fait qu’une fugue.

A suivre

 

Juin 2016 Le souterrain de la désespérance copyright EvaJoe

Commentaires

  1. Attention à la relecture. Au début , tu te répètes.
    Une suite très intéressante. Marine semble ne pas se laisser aller à la panique et élabore une stratégie pour se sauver.
    Tu nous tiens en haleine. Aïe! aïe! aïe! . Que nous réserve ton imagination fertile? Bravo Evajoe
    Gros bisous

    1. En fait je fais un copié collé de mon Word sur mon blog, et ma relecture je ne la fais pas ici…. Bon merci vous êtes deux à me l’avoir signalé, je vais rectifié et enchaîner avec la suite. De cette manière vous ne perdez pas le fil de l’histoire.

  2. Puisqu’ils sont deux à dire, je mets mon grain de sel qui me démange : relis et corrige les fautes. J’en fais certainement autant que toi mais lorsque je lis les autres, elles me sautent carrément dessus ! Avec ces machines, nous voulons aller trop vite !
    Tu peux effacer le commentaire, je comprendrai.
    En tous cas, j’aime.
    Bisous EvaJoe

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