Le souterrain de la désespérance (suite 3)

Quand le père de Marine arrive au domicile des parents de Marion, il y a plusieurs voitures, il songe qu’il aurait dû téléphoner avant, ses parents doivent avoir des invités, mais dès qu’il sonne il voit que tous ont les yeux rougis, pourtant il ne connait aucune des personnes présentes, mais la disparition de sa fille a déjà fait le tour du quartier.

  • Je suis la maman de Marion, quand nous sommes revenus du travail, Marion nous a fait part de votre appel téléphonique, entrez je vous prie. Marion a téléphoné à ses amis qui étaient présents au lac cet après-midi et elle a rapidement appris que votre fille n’était pas rentrée et qu’apparemment on lui avait joué un mauvais tour avec son scooter. Avez-vous des nouvelles plus récentes ?
  • La police m’a demandé de rentrer chez moi, mais je n’ai pu m’y résoudre, et tout à l’heure votre fille m’a semblé évasive, mais comme je suis persuadé que Marine a été enlevée je suis venu lui poser d’autres questions et qu’elle n’hésite pas si tout à l’heure elle m’a caché quelques choses, qu’elle m’en fasse part si ce n’est à moi, qu’elle puisse le dire à la police. J’ai du reste donné votre nom au Commandant Bertrand.
  • Ah c’est le père de Jules qui mène l’enquête
  • Je n’ai entendu parler de Jules que parce que ma fille a disparu, j’ignorais même qu’il était le fils du Commandant Bertrand.
  • Voilà ma fille, je vous laisse en sa compagnie.
  • Tout à l’heure au téléphone il me semble que vous n’étiez pas sincère, j’espère que je me trompe.
  • Que voulez-vous me faire dire Monsieur, Marine est bien partie à 17 h en direction de son scooter, je n’ai pas regardé ce qu’elle faisait, nous étions plus de 20.
  • Vingt ! Mais il y avait qui donc ?
  • Une partie de notre classe plus des amis !
  • Jules y était !

Au moment où Marion va lui répondre, il y a un violent coup de sonnette, Marion se précipite et se trouve face à deux policiers, elle s’efface et les laisse entrer. Ces derniers réunissent toutes les personnes présentes dans une pièce et emmènent le père de Marine dans une autre pièce

  • Le Commandant Bertrand arrive, il va venir vous expliquer le début de l’enquête.

A ces mots, le père de Marine devient tout blanc et comprend que sa fille a bien été enlevée. Il se lève titube et s’affaisse sur le sol, sans la présence d’esprit du jeune gardien de la paix il se serait certainement tapé la tête sur la table basse, mais rapidement, ce dernier fait appel aux pompiers qui emmènent le pauvre père à l’hôpital.

Quand le Commandant arrive il sépare les jeunes des adultes et demande à tous ceux qui n’ont rien à faire chez les parents de Marion de rentrer chez eux. Puis tout ce petit monde se rend au commissariat, les jeunes gens étant tous mineurs ils sont donc accompagnés par leurs pères ou mères. L’enquête va commencer mais le Commandant apprend que son fils a une liaison avec la jeune Marine, que cela dure depuis le mois de février et que cet après-midi il l’a passé dans les bras de  la jeune fille. Son fils quand il l’a interrogé au téléphone lui a dit ne pas être sorti de sa chambre. Il lui a donc mentis, cacherait-il quelques choses ? Il l’envoie un de ses hommes le chercher et le fait ramener au poste manu militari. Dès qu’il voit son père il essaye de mettre ses mains devant son visage, mais son père fou de rage lui envoie une gifle. Rapidement il le remet à son capitaine qui a reçu pour ordre de ne pas le ménager, tout fils de Commandant qu’il est. Rapidement le gamin passe aux aveux, oui il était bien au lac, oui il était avec Marine, mais il l’aime et il ne lui a rien fait, au contraire il a été attentif à ce qu’elle parte bien à l’heure. Elle lui a expliqué que son père ne la laisserait plus sortir si elle rentrait après l’heure. Le capitaine lui demande pourquoi sa galanterie ne l’a pas poussé à la raccompagner, il lui répond qu’il avait encore envie de se baigner et que Marine, l’en avait dissuadé, ayant peur de croiser son père sur la route. Tous les jeunes n’ont rien appris de nouveau au capitaine et au commandant, personne n’a fait allusion qu’ils avaient bien vu le scooter sans sa roue, mais ne voulant pas dire aux policiers que c’était Jules, qui dans l’après-midi avait ôté la roue, l’avait caché car il espérait que Marine viendrait l’appeler au secours si elle se trouvait dans l’impossibilité de partir. Mais au vu des événements ils se gardent bien de l’enfoncer davantage. Mais à cause de leur silence l’enquête allait prendre une tournure qui au bout de quelques jours allait s’avérer comme une voie sans issue. Et ils allaient perdre un précieux temps.

 

Marine regarde sa montre, elle voit qu’il est plus de cinq heures du matin, elle a faim, et a encore envie d’aller au petit coin, la première fois elle n’est pas arrivée au seau, car elle ignorait ou le type l’avait mis, mais cette fois elle sait où il se trouve et malgré la difficulté qu’elle a à se lever, elle parvient non sans mal  à y aller. D’ici demain l’homme ne s’apercevra de rien, pourvu qu’elle puisse se laver. Elle se sent sale, elle a froid, mais elle a trouvé dans la nuit qu’il l’avait dû revenir car sur son corps elle avait une couverture, cette dernière était rêche mais au moins elle la protégeait de cette humidité qui coulait sur le mur. Qu’allait –il se passer quand il reviendrait, elle ne pouvait plus crier, elle devrait subir ses assauts, elle qui était vierge et qui pensait se donner à Jules, elle allait subir cet homme qui la terrorisait. Il sentait une odeur de fumée et d’ail, sa bouche avait une haleine fétide. Qui était-ce ? Était-il connu des services de police ? L’avait-il emmené loin ? Et l’autre femme était-elle toujours là ? En réfléchissant elle se souvenait que dans le lycée de la sœur de Marion il y avait eu une enquête il y avait environ quatre mois, une fille répondant au prénom de Claudie avait disparu. Mais l’enquête piétinait selon Jules. Serait-ce elle ? Elle attendra d’entendre ces chaînes, car elle devait être attachée tout comme elle et elle lui demanderait si elle s’appelait Claudie.

A nouveau elle dort et dans un sens pour elle, c’est mieux que de trop penser. De l’autre côté du couloir, il y a une forme couchée à même le sol, attachée au mur comme Marine, c’est une jeune fille qui aura bientôt dix-huit ans. Elle ne sait plus depuis combien de temps elle est là, elle sait qu’elle attend un enfant mais ignore si c’est de celui qui l’a enlevé et qui l’a violé plusieurs fois ou de son copain de beuverie, elle pense que les deux se sont battus. Qui étaient-ils l’un pour l’autre, elle pense qu’ils étaient frères. Le plus grand, lui a fait mal aussi lui a-t-elle dit j’attends un enfant, il s’est calmé immédiatement et depuis il l’a ramené cette fille qu’elle a entendue crier, puis le plus vieux est revenu et lui a dit :

  • Tu vas venir chez moi maintenant que tu attends un enfant, je vais te rendre heureuse, mais elle ne veut pas vivre avec cet homme, mais il va lui falloir de la patience, avant de partir il lui faut savoir le prénom de la fille, car une fois chez lui, elle arrivera bien à lui fausser compagnie, elle est très faible, mais l’autre qui répond au prénom d’Eric lui a dit qu’il allait la remplumer. Il lui faudra reprendre des forces pour pouvoir s’évader. Elle entend les chaînes de sa compagne d’infortune, elle va essayer de l’appeler :
  • Dormez-vous ?
  • Non !
  • Comment vous vous appelez ?
  • Je m’appelle Marine et vous ?
  • Moi je me nomme Claudie
  • Ah vous êtes la copine de la sœur de Marion
  • En effet vous les connaissez ?
  • Oui Marion est mon amie.
  • Pouvez-vous me dire quel jour nous sommes ?

Quand elle entend la date, elle pense être enceinte de trois mois, voire un peu plus mais vu que c’est déjà le mois de juillet et qu’elle a été enlevée en avril, elle a su de suite qu’elle était enceinte, mais avait peur de leur dire. Mais quand le lourdaud a fait son apparition et l’a violenté  tout un après-midi elle a eu peur, pas de faire une fausse couche  car de cet enfant elle n’en veut pas, mais de mourir en perdant trop de sang, et son instinct de survie est plus fort que l’envie de mourir.

Toutes les deux se taisent, car à nouveau le cliquetis de la porte se fait entendre  et la lampe centrale est à nouveau allumée. Qui vient ? Eric ou son frère le demeuré. Les pas s’arrêtent à la grille de Claudie, le plus âgé entre, se penche sur la jeune femme et l’embrasse à pleine bouche, elle se laisse faire, il ne lui veut pas de mal, il a à la main une pince coupante, il lui ôte ses chaines et lui enlève sa robe qui la serre de plus en plus puis il la prend dans ses bras. Elle frissonne, nue contre lui, elle sent la chaleur de son corps. Elle sait qu’il est en érection, il l’a collé contre son pénis. Elle ne dit pas un mot, il faut qu’elle joue la comédie pour se sauver et sauver cette gamine qui n’a même pas  15 ans.

Quand Marine comprend que Claudie est partie elle se met à hurler, puis se tait car elle entend à nouveau la porte s’ouvrir, à nouveau la lampe centrale est allumée, et devant elle, elle voit un homme beaucoup plus âgé que son bourreau, qui lui demande d’être sage sinon il va lui arriver malheur. Puis il s’en va et n’éteint pas la lumière. Cela lui permet de regarder où elle se trouve. C’est une pièce étroite et tout en longueur, elle comprend qu’elle est attachée à deux anneaux dans le mur ; elle ne voyait pas comment c’était fait, mais grâce à cet homme elle le voit. Il y a une grille sur toute la longueur et un couloir étroit, de l’autre côté elle voit une cellule étroite comme la sienne et des chaînes qui pendent encore au mur, ce devait être là que Claudie a passé tous ces longs mois. Quelle horreur près de trois mois à subir les violences de trois hommes lui a –t-elle dit ? Quelle horreur ! Il va falloir qu’elle trouve un moyen de s’échapper. Au-dessus de son lit elle voit un soupirail, aucune lumière mais au moins il y a possibilité de s’en aller par là. Comment ? Elle ne le sait pas encore, il va falloir y réfléchir si son bourreau lui laisse suffisamment de temps libre.

 

A suivre

 

Certes c’est un peu long, mais lorsque je lis un livre je dévore les pages…Donc je n’ai pu couper ailleurs….

Commentaires

  1. Je passe faire de gros bisous avant le départ et déplore tout ce que je vais rater, peut-être que je pourrais lire après mais….pas sur. A bientôt

  2. J’espère pour elle qu’elle puisse se sauver mais pas trop vite sans doute, car sinon plus de roman (rires) !
    Cette situation peut faire perdre la raison.
    Bisous et bon week-end

    1. Clara,

      Si demain tu sais la fin en effet le texte est terminé, et oui tu comprends qu’en effet ce n’est pas tout de suite, mais alors que va-t-il se passer? Comme je le disais je ne sais à qui, cela va aller plus loin, mais plus loin que …L’horreur qu’elle vit déjà….

      Comme je le dis à Zaza et Martine je veux aussi mais c’est au départ bien malgré moi que chacun, chacune puisse imaginer en touchant du doigt l’enfer que peuvent vivre les filles femmes, enfants qui ont un jour croisé pour leur malheur ce genre de prédateurs. Même si ici ce n’est que mon imaginaire on est plongé en entier si lorsqu’on lit un livre on s’immerge totalement…

      Bises et bon dimanche

    1. Lorsque je plonge dans un livre je suis comme toi, je me doute que tu es une passionnée et que tes frissons que tu oses me dire tu les ressens, comme je peux les ressentir lorsque je suis confrontée à un livre où celui que l’on nomme héro vit des situations terribles.
      Je sais que ce texte est fort, j’ai essayé que mes mots ne soient pas trop durs, je ne puis les changer j’ai juste imaginer une situation qui se vit au quotidien par une jeune ado de 15 ans et j’ai imaginé comment on pouvait s’en sortir et comment on pouvait vivre après un cauchemar pareil. Je verrais ce que vous en ressentirez et ce que vous m’exprimerez lorsque vous lirez le mot fin…

      Bisous

  3. Une description des sentiments humains très précise de tous les personnages. Les rapports entre les êtres sont un domaine qui te passionne, ça se sent.
    Une suite qui tient en haleine. Plus on en apprend, plus le mystère s’épaissit.
    Oh la la! 😉
    Gros bisous

    1. Martine je vois que tu me connais, au fil de mes mots…En effet j’aime connaître ceux que je côtoie et, ceux que je rencontre au travers d’un texte sur la toile.
      Aussi ici je veux à la fois que vous ressentiez ce que moi en l’écrivant j’ai découvert de ceux qui vivent dans mon imaginaire mais principalement ici dans cette histoire. Savoir ce que ressentent les gens au jour le jour sur telles situations que ce soit son père, la police, les bourreaux et surtout Marine. Comment pouvoir vivre chaque jour en ayant la peur chevillée au ventre, et surtout comment se projeter dans le futur en ne connaissant pas le sort que l’autre lui réserve.
      Sans te donner la suite, je voulais t’expliquer ce que je veux aussi faire passer dans ce texte…

      Bon dimanche et bisous

  4. Ah ! Pauvre petite, au moins, elle venait de trouver un lien avec Claudie, et voilà qu’elle est partie … l’aide lui viendra peut-être par elle !!! Quant à s’évader par le soupirail … ouf !
    Bonne poursuite de ce dimanche EvaJoe,
    Gros bisous♥

  5. Mais comment veux-tu que je réagisse à chaque fois que tu nous laisses en attente. Surtout que je sais que je suis souvent la dernière et que tu as déjà eu des commentaires.
    Lorsque je lis un bouquin, non plutôt lorsque je lisais, j’essayais de me mettre à la place de … mais peut-être pas de tous comme tu le fais. Tu décortiques très bien.
    Demain est un autre jour et je verrai.
    Bisous

    1. Mais parfois se mettre à la place engendre des situations qui peuvent nous glacer le sang, j’en ai fait l’expérience, après je le demandais si ce n’était pas moi qui vivait la situation et je sursautais à chaque bruit. Et si mon imaginaire m’envahit l’esprit je prenais peur….

      Alors continue les chapitres.
      Merci de tes commentaires.

      Bises

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