Le récit (suite)

Je suis en vacance mais comme j’avais de la wifi j’en ai profité pour vous mettre la suite, et au fil des jours selon les possibilités je ferais de même.

Mes notes: l’histoire est purement imaginaire ainsi que les faits que je fais se dérouler dans un pays cher à mon cœur. Les noms de villes ou villages sont vrais. A Djibouti il y a eu un réel conflit Ethnique entre les Afars et les Issas.

En général les Afars vivent en tribu et n’acceptent pas qu’un étranger issue d’une autre tribu passe sur leur territoire,  par contre comme je le dis dans mon récit il y a bien des islamistes sur la Somalie pays très proche de la République de Djibouti.

Le peuple Afar vit sur trois pays:  si cela vous intéresse vous pouvez lire sur ce site

 

Après avoir déposé son fils, Guillaume était repartis, mais il avait promis à sa mère de repasser, puis pris de remord il était revenu son fils dormait paisiblement et sa mère écrivait. Sans un mot, comme le petit garçon qu’il était autrefois il s’étais assis à même le pouf en cuir du salon, dans la pièce où sa mère avait l’habitude d’écrire et il avait attendu qu’elle relève la tête.Il ne voulait pas lui imposer sa présence, mais il lui fallait raconter les derniers événements et aussi expliquer son geste d’il y a dix ans. Puis il voulait des nouvelles de sa petite soeur. Mais pour l’instant seul le bruit du tic tac de la comtoise égrenait son bruit dans la nuit. Puis sa mère s’était arrêté d’écrire, s’était levé et l’avait pris dans ses bras. Elle s’était assise à nouveau, lui il attendait, il connaissait son rituel, il n’avait pas changé, il aimait le calme qui irradiait d’elle.

  • Guillaume si tu es revenu aussi vite c’est que tu veux me raconter la raison pour laquelle tu m’as confié Mathéo, pour ce qui s’est passé avant je te laisse libre de t’expliquer ou non!
  • Maman, je te dirais tout, mais auparavant je dois te dire ce qui s’est passé dans le pays ou je vivais avec la mère de Mathéo.
  • Tu m’as dit tout à l’heure que c’était une rivalité entre deux villages et que ta femme s’étaient fait piéger en allant voir ses parents.
  • Nous habitions à Djibouti, Assia était professeur de français au lycée français de Djibouti, c’est ainsi que je l’ai connu il y a 8 ans. De suite nous avons sympathisé et assez rapidement nous avons vécu ensemble avec la bénédiction de ses parents.Puis Mathéo est né l’année suivante, du reste il se nomme Mathéo-Idriss. Il parle aussi bien le français que l’arabe. Mes beaux parents Fath et Bho n’habitaient pas avec nous c’était des nomades “Afars”, mais depuis que leurs enfants habitaient la capitale ils s’étaient sédentarisés comme plus de 85% de Djiboutiens. Mais c’est surtout la sécheresse et les conditions de vie désastreuses qui les ont poussé à se fixer. Assia avait l’habitude une fois par mois de se rendre au village, elle y allait en train, leur village était situé près de la voie ferrée. Il y a trois mois quand je ne l’ai pas vu revenir j’ai commencé par m’inquiéter, puis des bruits ont circulé sur la capitale annonçant des guerres fratricides dans des villages de l’est. J’ai confié Mathéo à ma belle-soeur, la femme du frère de ma femme et il m’a accompagné pour savoir ce qu’il s’était passé. Lorsque nous sommes arrivés, le village était en partis détruit, les animaux à l’abandon, le chien de mes beaux parents était attaché mais bien vivant. Dans la maison seul le corps de la plus jeune de mes belles sœurs gisait à même le sol. Elle était choquée mais vivante. Ses propos étaient assez incohérents, mais elle a réussis à nous dire qu’elle était dans les champs quand ces événements dramatiques s’étaient passés. Elle rentrait au village quand elle avait entendue crier des femmes, elle avait d’abord couru puis s’étant ravisé elle s’était caché. Elle avait vu ma femme et sa mère enchaînée avec d’autres femmes sur une charrette. Son jeune frère massacré par ces chiens, elle l’avait seulement retrouvé le matin suivant et elle pense que c’est la raison pour laquelle elle s’est évanouie. Tous les hommes présents au village ont été tués.
  • Alors ton beau-père?
  • Nous ne l’avons pas retrouvé, rien, mais tu sais à Djibouti et en particulier dans les villages éloignés de la capitale nous n’avons pas les mêmes possibilités qu’ici en France, bien que la présence militaire française et maintenant américaine permettent parfois de nous apporter des pistes que là-bas on serai loin d’explorer. Et, il n’a pas pu être enlevé, car seules les femmes qui n’ont pas réussis à se sauver ont été emmenés, c’est pour cela que je te confie Mathéo, moi avec mes beaux frères nous allons partir  pour savoir ce qu’ils sont tous devenu. Je ne sais pas combien de temps cela va me prendre mais Assia attends notre enfant, il me faut la retrouver rapidement.
  • Quand votre enfant doit naître?
  • Dans quatre mois. Elle avait sur elle des papiers français stipulant qu’elle était mariée avec un français et…
  • Et quoi?
  • Je suis diplomate, normalement c’est une guerre fratricide, elle pourrait avoir la vie sauve car protégée mais bon en l’état actuel des choses je n’en sais rien. Il y a des antagonismes tellement fort là-bas que je ne connais pas les raisons qui les ont poussé à frapper, en tuant les hommes et en emmenant les femmes avec les enfants en bas âges, les plus grands avaient été abandonnés mais tous se sont sauvés et éparpillés, sûrement terrorisés par ce qu’ils ont vu.
  • Ce ne sont pas des islamistes?
  • Non ils ne venaient pas de Somalie mais d’une tribu voisine, aussi nous allons y aller avec prudence mais fermeté. Je ne veux pas donner de faux espoirs à Mathéo ni au reste de la famille.
  • Je comprend Guillaume, dis moi étais tu heureux avant ses événements dramatiques ?
  • Très maman, mais pardonne moi de ne pas vous avoir donné de nouvelles à papa et toi, ainsi qu’à Clémentine. Elle va bien?
  • Si tu restais quelques jours tu pourrais la voir, elle va arriver avec ses enfants et son mari;
  • ah elle est mariée! Elle a des enfants?
  • Oui, un garçon et une fille, mais je ne veux pas te retarder, tu dois prendre un avion demain, ne passons pas la nuit à nous souvenir. Tu me raconteras une autre fois ton coup de tête, quoique je pense le connaître.

Un grand silence se fait dans la maison, personne ne dit mots, puis l’aïeule mais aussi la maman se penche vers son grand enfant et le serre dans ses bras, et tous les deux se mettent à pleurer. Dans le couloir un petit garçon nommé Mathéo les observe, mais il ne dit rien, il est habitué depuis ces dernières semaines à voir pleurer les grandes personnes.

 

A suivre

 

6 réponses à Le récit (suite)

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