Le fort ( La traversée dangereuse )

Lorsque vous aurez lu et si voulez visualiser le fort allez le voir ici, vous comprendrez la raison pour laquelle Mario y est allé.

 

C’est en sifflotant que je m ‘approche des jeunes mais je n’ai pas fait dix pas que j’entends  le cri de la fille, elle doit avoir environ une vingtaine d’années.

  • C’est lui je le reconnais, il m’observait avec une paire de jumelles, sale type tu n’as pas daigné lever un petit doigt pour me venir en aide.
  • Vous devez rêver Mademoiselle, je ne comprends rien à vos vociférations ;
  • Prenez moi pour une idiote du temps que vous y êtes, on vous suit mon ami et moi depuis deux jours et ce n’est pas votre volteface qui va changer quoi que ce soit, de plus hier nous avions pris du retard pour vous suivre, mais nous sommes certain que c’est vous qui avez poussé notre professeur dans l’abîme.
  • Vous avez vu un peu trop de films d’horreur pour m’accuser de quoi que ce soit. Du reste les gendarmes, eux m’ont crû alors vos accusations je me les mets là où je pense.
  • Malotru, je suis certaine que c’est vous l’assassin ;
  • Si vous le croyez alors bon courage, mais je me défendrais j’ai un témoin, un randonneur qui m’a laissé dans la montée du Ballon. «  En lui disant cela je m’autorise à lui dire que je viens de faire demi-tour, il me faut donner une explication assez plausible et après je repartirais à nouveau en sens inverse. » Comme j’ai entendu votre conversation, je pensais vous donner les éléments que j’ai en ma possession mais je vois que vous êtes complètement, tout au moins pour vous Mademoiselle un tantinet hystérique. Quand à vous Monsieur je suppose que vous accréditez les faits tels que Mademoiselle vous les a donnés. C’est un tas de mensonges et je vous prie de m’excuser si je ne suis pas le parfait imbécile qui répondrait à je ne sais quel signalement que vous pourriez faire aux autorités. Je ne vous dis pas au revoir mais je vous laisse.

 

Je tourne rapidement les talons et repart sur le chemin qui mène au fort, si je me dépêche je pourrais y passer la nuit, plutôt que de m’exposer avec ces deux gamins en mal de sensations fortes à une nuitée sous ma « guitoune »

Sale gamine, ce serai donc elle qui m’observait car là j’en suis certain elle regardait bien dans ma direction, et c’est en le faisant qu’elle a dû perdre l’équilibre, et bien la chute n’a pas l’air de l’avoir arrangé vu les propos incohérents qu’elle m‘a débité. Je veux vraiment me convaincre en me disant cela que c’est elle qui dit des mensonges, je sais pertinemment que j’ai rien fait pour cette « gonzesse », quand à l’autre j’aurais mieux fait de ne pas chercher à l’aider puisque de l’avoir fait me donne le mauvais rôle. Assassin elle y va fort la gamine. Je veux bien pour non-assistance à personne en danger, et encore je serais descendu de quelle manière dans les rochers. J’étais juste bon à y passer moi aussi. Merci je tiens à la vie, même si j’en ai douté après les frasques de mon amie.

Je cours plutôt que je marche, rapidement la montée devient plus rude et je ralentis la cadence, j’entends les jeunes qui arrivent, il me reste 200 mètres et cela monte tout le temps. En haut je connais comme ma poche le coin et je vais pouvoir me cacher, là je ferais le point sur ma vie. Il faut que je réfléchisse à ce qu’il me tombe dessus. Il faut certainement que je paye pour mes erreurs du passé, mais je ne vais pas m’accuser de ce que je n’ai pas fait, cet homme m’a lâché délibérément la main, je ne l’ai pas poussé, c’est juste un grand malheur, il est bien évident que j’aurais dû en informer les autorités mais on ne se refait pas. Enfin voilà le fort, je m’approche de la grande porte, là elle est fermée par un cadenas dans mes souvenirs je rentrais plus facilement il y a une dizaine d’années, Il doit y avoir du changement, mais bon ce n’est pas grave, j’aviserais demain matin si les jeunes gens connaissent le fort autant que moi je vais bien m’amuser ; Dans le cas contraire je repartirais en direction de Montbéliard et je continuerais ma traversée. J’aimerais bien faire les Alpes et aller dans le Parc du Mercantour, mais pour l’instant je dois me planquer, de façon à passer une nuit calme et reposante, je sens la fatigue dans mes jambes, normal j’ai fait le parcours à une cadence infernale, et maintenant ces garnements viennent m’agacer, voire me pousser au pire.

Brusquement je vois au travers des arbres le tunnel que je cherchais, je m’engouffre rapidement et atteint le long boyau où je peux me dissimuler, personne ne peut me voir de l’extérieur, et le temps qu’ils me cherchent je serais au cœur de l’édifice. Les marches sont de plus en plus rouillées, c’est dangereux, il faut que je monte avec plus de précautions, me voici installé dans ce qui autrefois appelions la salle de garde, le vent qui souffle à l’extérieur ne vient pas me glacer, certes il ne fait pas très chaud mais au moins s’il pleut je serais à l’abri. La fenêtre a été masquée par une couverture, il doit y avoir des squatters, il me faut être vigilant car c’est un domaine militaire, qui risque d’être réhabilité de manière à ce qu’il soit dans un futur visité. Pour l’instant je dois m’installer pour la nuit, afin que je la passe le plus confortablement possible. Il faut aussi que je prévois l’intrusion de ces gamins, je vais faire comme par le passé, tendre une ficelle au travers du sol, j’y accroche deux gamelles, si on vient violer mon sommeil je serais réveillé en sursaut mais je leur ferais peur, de plus avant de partir j’ai glissé mon révolver dans la poche intérieur de mon sac, je ne leur tirerais pas dessus mais je les affolerais en tirant en l’air. Après il ne me restera qu’à me jeter dans la cheminée, à descendre le plus rapidement possible ce que je viens de monter, mais je n’en suis pas à ce stade, et ce n’est même pas certain qu’ils aient l’idée de venir par ici.

Pour ce soir je ne mangerais pas du chaud, je ne veux pas les attirer avec la bonne odeur de mon repas. Petit à petit le jour baisse, je n’entends plus les appels des gamins, qui ont dû rameuter leur troupe. Je m’installe et sombre rapidement dans un sommeil profond. Mais vers minuit, heure fatidique pour les gamins j’entends des hululements, ils semblent m’entourer, mais ils ne savent pas qui je suis. Je ne vais pas m’attarder là, je vais faire une sortie, je jette un regard par la fenêtre et je les vois qui courent de ci de là avec des lampes torches. Je ne sais pas si c’est un jeu ou une chasse à l’homme. Il faut que je descende dans les profondeurs, le fort est souterrain dans sa majeure partie, je pensais être à l’abri, croyant que les jeunes jouaient dans les pièces du bas même si tout est fort endommagé car il a été en partie brûlé. Il y a de la suie de partout. Il est interdit d’y pénétrer à ses risques et périls, les jeunes du coin hier comme aujourd’hui aiment bien faire des jeux grandeur nature.

 

A suivre…

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