Le crime de la Croix du Détour, (suite)

Les trois gamins aiment jouer dans ce château, bien qu’il sache qu’il y a dix ans un meurtre a eu lieu non loin de là, et, depuis le château a été laissé à l’abandon par le Comte, qui  a  dû quitter la contrée car plus personne en a eu de nouvelles.Ils aiment franchir la grande porte vermoulue, aller dans la grande salle d’armes et là ils jouent aux chevaliers et aussi ils furètent de ci de là à la recherche de trésor qui apporterait à leur  famille un peu de bonheur. Jeudi dernier ils ont vu oscillé la grande bibliothèque, mais ils se sont enfuis à toutes jambes en voyant un grand trou béant derrière cette dernière. Depuis ils évitent de retourner là-bas et préfèrent jouer à l’extérieur. Mais il est grand temps de partir chez eux, leurs parents ne sont pas tendre quand ils ont du retard. Les trois gamins se serrent la main et s’en vont. Jules prends au travers de la forêt, c’est le chemin le plus court, il rejoint le petit pont de pierre qui enjambe la rivière, comme tous les jours il se penche pour cracher comme lui a appris les grands, et là surprise il voit un corps qui flotte. Il prend ses jambes à son cou et se précipite chez lui. Son beau-père est déjà là, il passe rapidement à table mais auparavant il se lave les mains au robinet de la cour intérieure. Son beau-père n’a pas de montre mais il sait que l’heure du repas est largement dépassée. Aussi Jules ne s’attarde pas, et, file rapidement rejoindre sa mère, il s’assoit et ne dit mots. Pendant un moment, pas un bruit, on entendrait une mouche volée. Puis, Jules se décide:

– Père, j’ai vu un macchabée, il flottait sur la rivière

– Tu veux aller voir les flics?

– Non, mais toi, tu penses que l’on devrait faire quoi?

– Rien, il est mort, personne ne va lui rendre la vie, par contre mon garçon tu as intérêt de ne rien dire, tu oublies ce que tu as vu, tu t’en porteras que mieux, je ne veux pas de la maréchaussée chez moi.

Et son beau-père se sert une grande rasade de vin et lève la badine qui est jamais bien loin de lui, cela  signifie pour son beau-fils qu’il doit  disparaître hors de sa vue. Le gamin se lève et file rapidement hors de portée de la main leste du mari de sa mère. Assis sur la pierre le long du chemin de la croix du détour, il songe à cet homme? Est-ce un du village, ou alors un homme de passage qui venait s’engager pour l’été. Il en est là de ses réflexions, lorsque le vélo du facteur fait son apparition au sommet de la côte, elle est poussive cette bécane, mais elle permet au facteur de faire sa tournée. La maison de Jules est la dernière aussi quand il voit le garçon à plus d’un kilomètre de chez lui, il n’hésite pas à lui donner l’unique lettre pour laquelle il montait ce raidillon.

– Tiens Jules, je pense que cette lettre est pour toi, elle est adressée à ta mère, mais en dessous il est écrit pour Jules.

– Merci Père Honoré

Le vieux facteur est bien content que le gamin de là-haut comme on appelle leur maison, ai bien voulu lui éviter de se fatiguer. Pendant ce temps Jules tourne la lettre dans sa main, que faut-il faire? Retourner à la maison et la remettre à sa mère, et attendre qu’elle accepte qu’il la lise, voire pire que son beau-père la mette dans le feu, car c’est souvent là que les courriers ont atterris. Petit à petit l’idée germe dans son esprit, comme le facteur n’est pas monté là-haut, personne ne peut savoir qu’il y avait du courrier. Aussi Jules ouvre la lettre et elle est vraiment pour lui. C’est une lettre de son père, il a bien fait de ne pas la donner à sa mère, son beau-père l’aurait jeté comme toutes les autres.

Son père, cela fait dix ans qu’il ne l’a pas vu, son souvenirs commence à s’effacer. Il a une photo, mais ce n’est pas comme ses copains, son père lui manque. Sa maman lui a dit que le Comte l’avait accusé d’avoir tué son frère. Comment un pauvre paysan aurait pu se défendre contre l’impitoyable comte. Sans avocat, ou tout au moins avec un avocat nommé d’office, la vie de son père avait basculé du jour au lendemain. Jules quitte le chemin et s’enfonce à nouveau dans les bois, il s’assoit sur la pierre de la Croix et ouvre sa missive.

“Mon cher Jules, 

 

Tu vas bientôt avoir 14 ans, dix ans sans te voir, aujourd’hui je suis sortis de prison, mais pour revenir à la maison d’en haut, il faut auparavant que je lave le sang qui entache mes mains. Non pas parce que je suis coupable, tout au contraire, je suis innocent et j’ai la preuve de ce que j’avance. Si lors de mon procès je n’ai rien pu dire c’est parce que mon avocat était le pire que la place public pouvait m’offrir. Mais aujourd’hui c’est en homme libre que je vais me défendre. J’aimerais que ta mère et toi ne disent rien de ce courrier à celui qui est aujourd’hui ton beau-père. Cache ce courrier et fait promettre à ta mère de se taire, sinon ma vie sera à nouveau en danger.”

Jules, tout en lisant, se félicite de n’avoir pas remis la lettre à sa mère, il ne lui dira rien et il va aller cacher dans le château, son courrier, mais il sait que son père ne saurait tarder. Sa lettre a mis du temps à lui parvenir, cela fait maintenant un mois qu’il est sortis de prison, son retour est certainement pour les jours suivant. Jules est heureux quand soudain une idée folle lui traverse la tête.

Le mort de la rivière, pourvu que ce ne soit pas son père, ce serait si triste, il va falloir qu’il retourne là-bas et sache ce qui s’est réellement passé et surtout qui est cet homme. Mais il revoit le fouet du mari de sa mère, fouet fabriqué maison, il y a des piquants le long de la lanière en cuir et il a déjà tâté de ce bijoux comme dit ce vieux fou. Il ne faut surtout pas qu’il en reçoive encore, il avait mis un mois avant que ses plaies se referment. Aussi il doit être discret. 

Jules file au travers des bois, il arrive à hauteur de la trouée, et là il voit les gendarmes qui sont sur le pont. Le mort a donc été trouvé, il va aller au château, ses copains habitent le village, ils auront des nouvelles, vite ne pas rester là, sinon il risque des ennuis, on l’appelle déjà le fils de l’assassin; ils auraient vite fait de dire que c’est lui Jules qui y est pour quelques choses. Au loin , parlant aux gendarmes il voit son beau-père, que peut-il bien leur dire? De loin, Jules a l’impression que son beau-père regarde vers la forêt aussi s’est sans bruit qu’il s’enfonce dans la pénombre. Et, c’est à cet instant qu’il entend craquer une branche tout près de lui.

 

A suivre

 

Ce texte est programmé car je suis en vacance. A mon retour je viendrais vous lire

 

EvaJoe

 

Commentaires

  1. voilà une histoire qui démare sur les chapeaux de roues! Un mort déjà, le fouet ouille vite la suite c’est pas son papa hein non pas ça! Bisesssssss

  2. Oh ! Ce craquement m’intrigue ! Bien hâte de suivre, ah ! … ça oui EvaJoe !
    Bonne poursuite de tes vacances et à bientôt !
    Bisous♥

  3. Pourquoi y a-t-il des mots bleus soulignés ? est-ce un jeu ?
    Attendons de savoir l’identité du mort, si c’est possible !
    Bonne continuation, à la semaine prochaine.

    1. Clara,

      N’appuie surtout pas sur les mots en bleu, j’ai un problème et il faut que j’arrive à le maîtriser, mais je ne sais pas comment, je vais voir.

      Le mort…Heu cela ne sera pas possible de suite…Rire….

      De retour au fait mais tu t’en doutes….

  4. Passionnant!
    Tu as une imagination débordante. Et c’est tant mieux… pour nous! 🙂 🙂
    Que de mystère avec ce père qui resurgit du passé, cet affreux beau-père, ce mort qui flotte….
    Je vais attendre la suite avec le plus grand intérêt
    Bises de bonnes vacances
    😉

  5. Et voilà. Je suis de retour à te lire et je tombe en plein drame !
    Aïe, aïe, aïe ! Le beau-père est certainement mêlé à cette mort. J’anticipe, mais c’est ta faute.
    Je lirai la suite plus tard. Je retourne au jardin, il doit faire moins chaud.
    Bisous

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