L’appât (suite de l’Inconnu du 7 h 12 )

Ni une ni deux, je ne réfléchis pas et je réponds à sa petite annonce, je ne vais pas lui donner des illusions, il faut que je sois directe :

Partie sans laisser d’adresse, oubliez-moi !

Signée la vierge effarouchée de 7 h 12

Avec cette annonce il verra que je ne cherche pas à le rencontrer et surtout si c’est lui qui sait où je loge il sera en planque devant mon appartement et abandonnera bien vite. Je passe le reste de la journée en oubliant cette annonce, Clément ne rentre pas ce soir, donc je serais seule et libre de mes mouvements, mais ni je retournerais sur Paris, ni je vais me rendre à l’adresse que je ne connais pas, puisque je n’ai pas ouvert l’enveloppe, je vais téléphoner à mon patron pour lui dire que je m’accorde quelques vacances  dans la maison de campagne d’un ami d’enfance vers Evreux, il a aussi mon numéro de téléphone temporaire. Mais comment envoyé l’annonce pour qu’elle paraisse demain matin, zut il faut que je la poste, car je ne fais confiance à personne et je n’aie nullement envie de demander au voisin de Clément, bien qu’il soit beau garçon, je ne vais pas m’aventurer à faire connaître ma présence à qui que ce soit. Je détiens des secrets trop importants pour m’exposer et exposer qui que ce soit, surtout si ce sont des inconnus. Dois-je parler à mon Boss de cette lettre anonyme. Il ne me renverra pas, je le sais, après tout j’étais bien célibataire, puisque j’ai divorcé, mais Hugo existe bel et bien, il est tout petit et je dois lui manquer énormément. En parler avec  Pierre, et qui sait il pourrait organiser une rencontre, je n’ai pas vu mon bébé  depuis le début de mon nouveau travail et là je suis en manque et lui me réclame comme maman me l ‘a dit.

Je téléphone à mon Boss, il me répond immédiatement, mon numéro n’est pas caché, il me semble préoccupé, mais dès que je parle de la lettre anonyme, l’intonation de sa voix se modifie et il est attentif. Il me pose différentes questions et finalement me donne rendez-vous à Chantilly devant l’hippodrome, je lui téléphonerais  dès que je serais sur place. Je m’arrête au village voisin, c’est plus petit que Chantilly et plus anonyme pour envoyer ma réponse à l’annonce du journal. J’ai laissé un petit mot à mon ami d’enfance, remis la clef à sa place et pris ma valise et je suis partie à l’adresse indiquée. J’avale rapidement les 60 kilomètres qui me séparent de cette jolie ville de l’Oise. J’attends comme convenu dix minutes et après une première sonnerie et avoir raccroché, il me répond et m’indique une impasse et me décris la petite maison où il se trouve. C’est à l’extérieur de la ville et pas très loin du grand canal. Je dépasse le château et m’enfonce dans la forêt. Enfin voilà l’impasse, c’est sur un chemin de terre. Si je ne venais pas trouver mon Boss je ne serais pas très tranquille. Je passe mon appel téléphonique depuis ma voiture lorsque je vois arriver un homme sur un cheval. Il s’arrête à ma hauteur, c’est un garde forestier et me demande si je suis perdue. Je bredouille que j’attends mon amoureux, c’est ce que je devais répondre si je croisais une personne. Il rigole et s’éloigne. Ouf ! Il est parti. Mon boss me rappelle et me dit de me rendre à la maison qui se trouve un peu plus haut sur le chemin, je dois monter à pieds, laisser ma valise dans la voiture, fermer ma voiture et prendre tous papiers pouvant me relier à qui que ce soit, famille, amis, relations, travail.

Ma voiture me sert rarement et il n’y a rien dedans, même pas de quoi manger, la photo de mon fils est dans mon portefeuille et comme je ne dois pas l’avoir sur moi, je vais donc mettre sa photo dans ma ceinture secrète que je me suis fait faire par ma mère il y a quelques semaines. Je ne pense pas que mon Boss va me fouiller. De plus cette ceinture tient ma jupe. J’ai un rire jaune, je n’ai  nullement envie de mettre mon fils en avant, ni de l’exposer. Mon patron sait qu’il existe, il n’a rien dit, mais a de suite voulu me rencontrer. Mon téléphone est mis sur vibreur le temps que je traverse le terre-plein à découvert avant d’arriver à la bicoque. Car à mes yeux c’est une cabane pour la chasse, de maisons je ne vois pas. Je pousse le portillon vermoulu et m’engage dans l’allée menant à ce chalet de guingois.

Soudain j’entends un rire cristallin et vois débouler un petit bonhomme, c’est Hugo. Je ne comprends pas sa présence, mais j’avoue que je suis soulagée en le voyant, je le trouve grandis, il a toujours ses beaux yeux, et son regard me donne envie de pleurer, mais je ne dois pas paraître faible aux yeux de ceux qui nous observent, car j’en suis certaine il y a des yeux posés sur nous. Il parle de plus en plus bien et il me dit que Mamie nous attend en compagnie d’un Monsieur, mais ajoute-t-il ce n’est pas mon papa. Tu étais avec papa hier, il me dit que non, et c’est par lui que j’apprends qu’ils sont là depuis longtemps, mais longtemps à cinq ans cela n’a pas la même valeur que pour les adultes. Ma maman a dû arriver hier quand je lui ai dit de partir, mais c’est tout de même étrange qu’elle soit là.

L’explication ne va pas tarder car la porte s’ouvre devant mon Boss, il ne me sourit pas, il a l’air sérieux, voir même ennuyé.

Entrez Edith, votre maman et votre papa sont là, je vais vous expliquer.

J’apprends que depuis le départ il a su que j’avais des parents et un fils qui vivait entre son père et moi en garde alternée. Aussi depuis cette date ils avaient été mis sous protection quand à mon ex-mari il voyait Hugo en terrain neutre pour ne pas mettre la vie de qui que ce soit en danger. Je me sens rougir en voyant que mon secret que je croyais si bien garder était connu de toute l’équipe du bureau d’étude. Apparemment  je ne suis pas désavouée par l’équipe, il trouve que c’était humain que de vouloir protéger sans en parler ma petite famille, mais une enquête sur moi, menée en haut lieu leur avait tout dévoilé, compte tenu que j’étais une perle pour le travail, il ne m’avait rien dit jusqu’à ce que je les prévienne, enfin, j’entends bien, que j’avais reçu cette lettre anonyme.

Pierre, mon Boss me dit que je ne dois plus être cachottière et que je dois tout lui dire, même mes secrets les plus intimes. Je suis rouge comme une pivoine, je ne vais pas lui parler de mes annonces au journal. J’aurais l’air d’être une parfaite idiote. Clément n’est pas un espion, ni son voisin, une enquête a déjà été diligenté auprès d’eux. Le garde forestier est un de nos gardes, il a dû bien rire devant ma réponse, mais je pense que l’heure est plus grave que je ne pensais et c’est ce que je vais entendre qui va me rendre fort nerveuse et même angoissée.

Mai 2014 copyright EvaJoe

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