La haute cour (fin)

 

 

 

Aujourd’hui dans la campagne il y a une cacophonie c’était inévitable car pas un de ces volatiles
n’est capable d’écouter l’autre. Chacun tire à soi la paille du voisin sans se préoccuper si l’autre en a. A force de se la piquer ils vont se retrouver sur la paille  et ils verseront une
larme de crocodile au bord de l’étang voisin. Le lendemain de cette nuit historique voir hystérique chacun vaquait à ses occupations, le vieux coq debout dans la charrette surveillait d’un air
nostalgique la ribambelle de poulettes. Il était si vieux qu’il ne se déplaçait pas énormément et ce char lui allait bien.

Mais que ce passe-t-il là-bas chez la famille cane and Co il y a des coins coins qui ne trompent
personne. Un défilé hétéroclite avance dans sa direction, ou va toute cette population ? Que viennent-ils faire à part manger notre ration, quand je serai élu j’y mettrais bon ordre. De
toutes façons se dit-il dans son for intérieur je saurai retirer les marrons du feu.

Le lièvre dans son terrier sait bien ce que fait le vieux coq, il attend que les alouettes lui
tombent dessus toute rôtie. Il a l’art et la manière, mais il sait qu’au petit matin il sera le maître parmi toutes les caquetantes, il fera le beau même bien décrépis  il y a encore des
naïfs qui se feront avoir. Mais pendant ce temps le vieux coq sur le retour et la cane s’épient et chacun lance à l’autre un trait piquant et une phrase de ci de là et le ton monte et à y
regarder de plus près cette cane jouant la pudique n’est qu’une véritable canaille. Elle a des yeux à percer un mur blindé. Cela fait bien longtemps qu’elle n’est plu une oie blanche. La famille
grand ’oreille n’en croit pas ses yeux. Quel est ce langage de charretier se dit le patriarche en mangeant une feuille de salade ? Il va falloir veiller au grain sinon c’est la déroute
assurée. Quelle idée a eu le petit coq à vouloir ses élections ? Il parait lui a expliqué la chouette que c’est ce que l’on appelle la démocratie, c’est mieux que l’anarchie lui a-t-elle
dit. Le géant des Flandres arrivé depuis peu lui a dit que dans sa demeure il y avait un roi, pas un qui se donne l’air d’en être un mais un vrai avec une couronne, pas comme ton pédant de coq
sortant.

Dans la nuit auréolée de la lune un bruit court et s’amplifie la rougeaude a jeté l’épi, elle ne se
présente pas, elle a subi des pressions, allons-nous coucher pense le vieux lapin, il sera temps demain d’en savoir davantage.


La nuit est froide et glacée, plus un bruit, un grand silence est tombée sur la campagne, les
discussions chez les canards se sont éteintes comme par magie. Toute la basse-cour dort en rêvant de cette haute cour qui verra bientôt le jour. Demain les estocades recommenceront de plus
belles, ce sera à celui ou celle qui aura le verbe le plus haut.


Mais le lendemain surprise et la surprise est de taille, un drôle de coq a fait son apparition, il
est là et discute avec les uns et les autres sans se soucier de la couleur des ailes ou de l’origine de tous les volatiles présent dans la basse-cour. De mémoire de vieux coq cela ne s’est jamais
vu. Qui est cet olibrius se demandent les coquelets et que vient-il faire chez nous ? Il passe de groupe en groupe tout ce qui compte de volatiles va se trouver face à cet oiseau de couleur
sombre.


 

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Au fil de la journée tout le monde est au courant de son histoire, il vit en liberté dans les
montagnes mais il est à la recherche de sa compagne et comme il a entendu du bruit et des vociférations il a pensé s’arrêter avant de reprendre sa route. Le vieux coq se sent fébrile face au
coq de bruyère, il lui dit ce qui agite sa cour et lui demande de se présenter à l’élection.


–  Je ne suis pas de chez vous, je ne vous connais pas, voyons que deviendrais- je
enfermé ?

–  Je suis épris de liberté et je suis très secret. Mais la liberté n’a pas de prix et je pense
que vous devriez revoir votre manière de vivre tous ensemble. Le coq de la basse-cour ne peut se comporter en despote il doit pouvoir veiller sur chacun d’entre vous que vous soyez de sa famille
ou non. Vous en êtes capable, aujourd’hui lorsque je suis arrivée chez vous, vous ne m’avez  pas chassé alors réfléchissez à qui servira au mieux vos intérêts et faites le bon choix. Je vais
repartir dans mes montagnes c’est mon milieu naturel, je sais que là-bas malgré les dangers qu’il y a je serai heureux mais je le saurai davantage si vous me promettez de vivre tous ensemble dans
la paix.


Et, c’est depuis ce jour que les coqs sont à tout jamais les rois des basse cours mais dans
celle-ci, depuis la venue de ce coq de bruyère et en souvenir de ce dernier et de ses hautes montagnes  ils l’ont appelés la « haute cour ». 


link < pour écouter le chant du
coq de bruyère ou grand tétras, ceux des Pyrenées doivent connaître  c’est ici

Les photos précédentes étaient de moi

la photo du coq de bruyère source wikipedia link

Commentaires

  1. Bonsoir Evajoé,
    J’ai vraiment adoré cette histoire, je dois me répéter !
    Tous ces jeux de mots m’ont fait sourire tout au long de ma lecture.
    Et la légende expliquant pourquoi le coq est le roi de la basse-cour m’a bien plu.
    Bisous et bonne soirée.

  2. on peut retirer beaucoup d’enseignement de cette nouvelle Eva
    mais c’est la sagesse du beau faisan qui me fascine, beaucoup devraient s’en inspirer.
    mais la cacophonie on n’en est pas sortie !….

    j’ai beaucoup aimé te lire

    bisous

    demain tu auras la fin et j’espère que tu ne seras pas décue

  3. Je savoure la sagesse de ce coq de bruyère … beaucoup devraient s’en imprégner !
    J’ai beaucoup aimé cette nouvelle et ton écriture truffée de jeux de mots amusants et judicieux . Bravo Evajoe !
    As-tu reçu mon courriel ? As-tu donné suite à ton désir de participer ?
    Je te fais de gros bisous, Plume .

  4. Et ou est-il notre coq de bruyère à nous! Mdame Evafontaine! 🙂
    Une histoire qui ouvre une porte à tire d’aile et qui plairait sans doute à Nils Holgersson!
    J’ai aimé suivre cette campagne! Contrairement à l’autre…
    Bonne nuit m’dame bisous

  5. La fin de ton récit donne espoir
    J’espère que la sagesse du coq de bruyère sera entendue dans notre basse-cour
    Merci EvaJoe pour cette truculente et édifiante histoire
    Bisou

  6. Difficile en ce moment de poser un commentaire , mais j’insiste à force il passera
    Pour te dire combien ton histoire m’a plu
    J’aime
    Douce journée JOELLE

    Bisous

    timilo

  7. Bonjour Eva-Joe,

    Je n’ai pas pu te mettre de commentaire cette nuit, ton blog était en maintenance.

    Comme j’ai un petit moment de libre, je reviens savourer cette lecture aux subtils jeux de mots.

    De plus, elle se termine avec une leçon de sagesse que bons nombres de concitoyens et hommes politiques devraient méditer longuement.

    Je n’ai plus de hauts-parleurs et c’est bien dommage, sinon pour me mettre en forme, je serais allé écouter le chant du coq de bruyère.

    Je te souhaite une excellente journée et te remercie au nom de la communauté

    Bisous

    Le Noctamplume

  8. COUCOU Eva !
    eh bien quelle histoire ! il s’en passe des choses dans la basse cour ! 😉 les élections approchent et ce texte est de circonstance ! j’aime bien la sagesse de ce bel oiseau libre ! et me suis
    bien amusée à lire ton récit rempli d’humour MERCI !
    Bonne et belle journée Eva,
    à bientôt

    Nanie

  9. PS :j’aurais aimé écouter le chant de coq de bruyère mais le lien n’est pas actif… je vais le recopier pour aller l’écouter Merci et à bientôt
    Nanie

  10. j’ai cliqué sur “link” et j’ai eu accès à la page wikipédia mais pas au chant…snif alors je vais chercher autrement ! car j’aime à connaitre ces chants d’oiseaux si propres à chacun d’eux…

  11. coucou !
    merci je viens de l’écouter ! mais l’avais trouvé avant sur gogole ! (rires)
    oui c’est vraiment étrange comme chant presque à la limite du cri du cochon ! hihi !!!
    MERCI EVA !
    bonne journée !
    Nanie

  12. Re-Coucou EvaJoe !!! Sourire
    Je t’avoue que si j’ai beaucoup aimé ton histoire et ce coq empli de Sagesse… euh, j’ai beaucoup moins aimé son drôle de cri m’enfin !!! C’est quoi ce cri de cochon qu’on égorge m’enfin !!! C’est
    plus un coq, c’est un cochon volant camouflé en coq m’enfin de m’enfin !!! éclat de rire
    Encore MERCI & BRAVO pour cette joyeuse aventure politico-basse-cours !!! Sourire Ravi
    Je te souhaite un excellent mercredi ainsi qu’une très douce semaine Dame EvaJoe !!! Sourire Radieux
    Mille très tendres Bisoudoux
    ***Tincky***

  13. En dehors de mes propres problèmes de connexion (je n’ai pas encore su répondre à mes commentaires) et des quelques “dérapages” d’O.B. sur certains blogs encore, j’ai eu de la difficulté à te faire
    part de mon sentiment sur cette “leçon de vie”… Me voici donc, enfin, pour te féliciter !

    Bonne journée et bisous,

    Cathy.

  14. Et, apparemment, mon premier commentaire n’est toujours pas passé !!
    Dur, dur, OB en ce moment !

    Je synthétise mon commentaire précédent, qui vraiment bloque depuis quelques jours : “félicitations pour cette petite “leçon de vie”, EvaJoe”.

    Bisous,
    Cathy.

  15. Il a la voix rauque des montagnards ton coq de bruyère (sourire !), mais un très noble esprit !
    Cette fin (enfin, pour moi) était totalement inattendue et très belle, porteuse de paix et de tolérance …
    Sinon, ton texte est une petite merveille de suspens, je l’ai vécu jusqu’au bout !
    A bientôt ma romancière : ta chipie.

  16. Bonjour,
    Beau conte que voilà
    je suis tombée en pleine élection, de basse cour, beaux symboles que voilà et beaucoup devraient en prendre de la graine, soit dit en passant…
    Belle journée
    Olga

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