La vie d’à côté ( suite 7 )

De retour au laboratoire, une nuée de filles vient à sa rencontre, il faut dire que c’est l’heure de la pause, la contremaîtresse brille par son absence. C’est Louise qui passe à l’attaque la première.

  • Alors ils te voulaient quoi les flics ?
  • Rien de plus qu’ils vont vous demander, mais on m’a demandé d’être discrète, alors je ne dis rien, mais vous allez toutes être appelé à témoigner ou à dire ce que vous avez vu.
  • Pourquoi ont-ils commencé par toi ?
  • Parce que je suis la nouvelle et il leur semblait plus judicieux de m’interroger en premier.
  • Qui es-tu Myriam ?

Au moment où elle va répondre, la contremaîtresse dit :

  • Myriam Bompani
  • Je ne suis pas cette fille, le patron m’a dit exactement la même chose, qui est cette nana ?
  • C’est la fille du vieux, enfin il semblerait et elle a disparu après avoir essayé de rencontrer son père.

    Ce qu’entend Amélia lui fait froid dans le dos, elle a disparu en essayant de rencontrer son père, il va lui falloir redoubler de prudence et ne pas se jeter dans la gueule du loup. Elle qui pensait se faufiler dans la maison sur les hauteurs, elle sent qu’elle va y renoncer. Si elle se fait surprendre le vieux l’éliminera, mais bon il n’a plus d’argent puisque son laboratoire va être saisi. A moins que ce soit un subterfuge pour éviter de partager sa fortune. Elle l’a trouvé féroce, le regard fuyant ce matin quand il l’a fait appeler dans son bureau ; il lui semble que cet homme est faux. Est-il réellement son père ? Si c’est le cas elle n’a pas hérité de ses méchancetés, de ses faiblesses et de sa manière de conquérir les femmes, au vu de ce qu’a dit Louise il pratiquerait le droit de cuissage, du reste c’est certainement ainsi que sa mère ce soit fait piéger. Pour Amélia c’est tout de même invraisemblable que sa mère soit tombé par deux fois dans ses filets, à moins que plus jeunes elle ait été bien naïve, mais penser cela de sa mère la glace d’effroi. La maman qu’elle a connue était la plus intelligente des mamans, de cela elle en est certaine. Mais toutefois elle l’a trompée, puisqu’elle ne lui a jamais dit qu’elle avait deux frères. Mais ce soir Pablo va lui faire des révélations, elle espère en apprendre davantage sur leur maman.

    Il est midi quand les filles quittent les laboratoires Carrés elles sont toutes plus ou moins secoués par leur visite au poste de police, elles ne sont pas suspectées de quoi que  ce soit mais on leur a demandé de ne pas quitter leur domicile ce weekend. Pour certaines c’est une véritable poisse, y compris pour Amélia, elle avait programmé un weekend, aussi à la demande de son frère elle va se rendre chez lui afin qu’il lui raconte certaines choses dont elle n’a vraisemblablement jamais eu connaissance. Il est préférable qu’elle soit en sa compagnie devant ses révélations, car le choc risque d’être assez fort.

    Cela fait de longues heures qu’Amélia est prostrée dans sa propre chambre, elle n’a pas dit un mot depuis que Pablo lui a dit qui était réellement sa mère. La journée avait bien commencé, Amélia avait préparé le repas et ils avaient papoté jusqu’à ce que Pablo lui dise :

    • Amélia j’ai comme la sensation que tu fais tout pour reculer le moment où je vais t’apprendre ce que tu ignores sur notre maman.
    • Ah je ne m’en suis pas rendu compte, alors vas- y dis-moi ce secret.

 

LE RÉCIT

Pablo n’avait pas su quoi lui dire, car il s’agissait bien d’un secret dont Amélia n’avait jamais eu connaissance. Il lui avait dit que son récit serait long, qu’elle devait tout d’abord l’écouter, qu’il était en rien responsable de ce qui s’était passé, après elle pourrait poser toutes les questions qu’elle voudrait, et possible qu’elle n’est plus envie de rester en France après ce qu’il lui aurait dévoilé.

  • Comme tu le sais, je suis né 10 ans avant ta naissance, mon père se nommait Pablo, il était chargé de mission auprès du Consulat Péruvien en France, notre maman, fille de diplomate à l’époque en place au Pérou fréquentait les ambassades et les consulats.
  • Au cours d’une réception donnée à l’ambassade de France au Pérou, notre maman a fait la connaissance le même soir  de trois jeunes gens, le premier c’est mon père il se nommait Pablo, le second c’est ton père et l’autre c’est son frère.
  • – Mais mon père n’était pas patron de l’ entreprise carré ? 
  • Roland et Richard Carré faisaient des affaires au Pérou, et lorsque l’ambassade donnait des réceptions ils venaient.
  • Connais-tu le prénom de mon père?
  • Hélas, je n’ai que les initiales, et vu qu’ils ont la même lettre à leurs prénoms, mais je sais qu’ils étaient jumeaux et j’ai quelques doutes…
  • Et?-
  • Ne m’interromps pas, pour l’instant je te parle de notre mère.
  • Alors continue !
  • Donc à cette époque notre maman est comme les jeunes filles de son âge, insouciante, elle papillonne entre les trois jeunes garçons, puis commence à tisser des liens plus étroits avec un des frères Carré, et, un jour ce dernier assez éméché l’offre à son frère. Mon père intervient et laisse un des frères Carrés sur le sol. L’autre cherche à venger son frère et mon père ne doit son salut qu’à l’arrivée de son secrétaire particulier qui les sépare, mon père étant blessé, il est emmené à l’hôpital, mais l’affaire fit grand bruit auprès des diplomates. Les frères Carrés quittèrent le Pérou, et mon père repartit en France en compagnie de notre mère. Pendant deux ans ils filèrent le parfait amour, jusqu’à ce que nos grands -parents rentrent en France et mettent le holà à cette idylle naissante. Mais ce n’était pas connaître mon père et notre mère, ils ont continué à se voir, mais ils ignoraient qu’ils étaient sous surveillance, à la fois par notre grand-père et à la fois par le père Carré le vieux comme il était appelé à l’époque, mais attention je te parle du père du vieux.
  • Y a-t-il eu connivence entre nos grands-parents et le grand- père d’Olivier je ne suis pas arrivé à le savoir, depuis la disparition de Maman, grand-père est anéanti!-
  • Donc tes parents filaient le parfait amour? Alors que c’est-il passé?
  • Notre maman a su rapidement qu’elle était enceinte, à l’époque elle ne fréquentait que mon papa, ayant mis de la distance avec les frères Carrés. Aussi avec mon papa ils décidèrent de se marier en cachette. Ils devaient se retrouver dans une petite chapelle proche de Tours dans un tout petit village et, ils avaient célébré leur mariage civil au Consulat du Pérou en France l’avant-veille du mariage religieux. Mais le matin du mariage on a retrouvé mon père avec une plaie au crâne en bas des escaliers de la maison qu’il avait acheté pour que je puisse venir au monde le plus tranquillement possible.
  • On l’avait assassiné?

A suivre…

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