La vie d’à côté (suite 5)

Ce n’est qu’en fin d’après-midi qu’il se décide à se rendre au poste de police, il demande l’inspecteur chargé de l’affaire des « Abattoirs Carrés », ce dernier est absent, mais lorsqu’ on lui demande la raison pour laquelle il veut lui parler, il bredouille que c’est juste une intuition et il s’en va. Mais à l’autre bureau, Pablo a entendu ses propos, il trouve que Bertrand a un petit air hagard, et à ce moment-là il est certain que c’est bien lui son demi-frère car il a le même regard qu’Amélia tantôt,  mais alors cela change tout se dit-il en son for intérieur.

Pour Myriam le weekend se passe tranquillement, elle est allée se promener sur les bords de Loire en compagnie de Pablo, elle a pris pas mal de photos, elle les visionnera ce soir, c’est un métier passionnant que celui de photographe mais pour l’instant elle l’a mis en « stand-by », bientôt elle reprendra sa vie d’autrefois. Aura-t-elle des réponses à toutes ces questions, en ce beau dimanche elle ne le sait pas encore. Après un frugal repas, elle s’est couchée, mais son sommeil est fort agité, elle revoit le patriarche quand il est arrivé, il lui a semblé qu’il la regardait avec insistance, mais elle pense se tromper sinon cela voudrait dire qu’il sait qui elle est ! Alors qu’elle-même, elle l’ignore. Son grand frère qu’elle commence déjà à chérir lui dit de tout quitter sans un regard derrière ; qu’après tout sa famille  n’a pas une bonne réputation, mais Amélia est têtue elle veut savoir la raison pour laquelle les trois enfants ont été séparés.

. Quand son réveil sonne, elle a l’impression d’avoir des ennemis dans tous les recoins de son nouvel appartement ; mais elle sait que ce n’est qu’une impression. Il est tôt elle descend à tâtons les marches afin de ne pas réveiller les autres locataires. En bas elle rejoint rapidement sa petite voiture. Puis elle prend la direction des Abattoirs Carrés, « Carrés de porc » comme disent les filles. Il lui semble que ceux qu’elle considère comme sa famille ne sont pas aimé. Elle pointe à l’horloge murale, un système bien archaïque, mais au moins il a le mérite de montrer au patron qui est absent dès l’instant où il y porte les yeux dessus. Les filles ne font que papillonner, c’est un joyeux brouhaha. Mais surprise on leur demande de venir à la salle d’information car le vieux a une communication à leur faire. L’ensemble du personnel se retrouve à 5 h précise dans le grand hall d’entrée, Monsieur Roland est là entouré de son neveu et de son plus jeune fils. La communication est brève mais tous comprennent qu’une nouvelle ère commence en raison de l’absence du fils aîné. Voici en substance ce qu’il a déclaré à l’ensemble du personnel :

  • Messieurs, Mesdames, Mesdemoiselles, mon fils Gilbert à qui j’avais passé la main n’étant pas de retour et en l’état actuel des choses nous ignorons où il se trouve, je reprends à compter de ce jour la direction des abattoirs. Je vous demande de vous comporter d’une manière exemplaire car je ne vous ferais pas de cadeaux. Mon neveu Bertrand et mon fils Olivier me seconderont, le premier pour l’administratif, le second continuera ce qu’il faisait avant ces moments malheureux. Veuillez tous regagner vos postes de travail.

Au moment où Myriam et ses copines sont sur le point de quitter le hall d’entrée Monsieur Roland hurle :

  • mademoiselle Madord veuillez venir dans mon bureau immédiatement.

Tous se tournent vers Myriam et sont fort étonnés de la tournure de phrase et du jappement du « vieux ». Myriam est interloquée mais elle ne laisse rien paraître au niveau de ses collègues, elle emboîte le pas au chef suprême comme disent les tueurs. Il lui demande de rester debout car ce qu’il a à lui dire est fort court. De suite Myriam pense qu’il va la renvoyer, vu que c’est son fils disparu qui l’a embauché ; mais ce qu’il va lui dire va la laisser sans voix.

  • Je suppose que c’est votre intrigante de mère qui vous a envoyé travailler chez nous ! Qu’est-ce qu’elle me veut ? Que je vous donne votre part d’héritage alors que vous ne m’êtes rien, votre mère était une sale coureuse, et des hommes elle en a eu à la pelle.

    Le premier moment de stupeur passé, Myriam réagit assez rapidement, à nouveau elle raconte l’histoire qu’elle a montée de toutes pièces.

     

  • Ma mère m’a abandonné à ma naissance, j’ai été élevé par les sœurs de la Charité de Tours et je ne comprends pas ce qui vous motive à me dire ces choses insensées.
  • Vous n’êtes pas Myriam Bompani ?
  • Non pas du tout, vous m’avez appelé de mon nom il y a à peine cinq minutes, vraiment je ne comprends pas.
  • Bien entendu je l’ai lu sur la fiche que mon fils a faîtes mais je pensais que c’était le nom de famille de votre père. Car celle que je pensais être votre mère se nommait Bompani et sa « bâtarde » Myriam.
  • Mais pourquoi vous m’assimilez à cette femme, car à par le prénom je ne vois pas.

A ce moment-là, elle voit son interlocuteur se troubler, comme si il lui cachait quelques choses, elle trouve cela étrange, mais elle ne va pas lui demander des explications, elle préfère s’en aller.

  • Puis-je m’en aller travailler ?
  • Allez-y dégager !

Il ne s’excuse pas, au contraire il en rajoute, il aurait pu lui le dire d’une manière plus polie. Pourvu que cet homme ne soit pas son père, c’est un véritable goujat. Mais s’il la prend pour une autre femme, cela veut dire qu’il a eu plusieurs maîtresses. Elle ne veut pas faire partie de cette famille, ce sont des malotrus. Il va lui falloir faire le point et réfléchir si cela vaut le coup qu’elle reste, mais elle sait que la machine est lancée puisqu’elle a envoyé la lettre. Elle va travailler et n’en parler à personne y compris à la pause, elle va quitter la ville et même la France, mais auparavant elle doit écouter le récit que doit lui faire Pablo, lui au moins il ne cherche pas à l’influencer, il est calme et posé. Ce weekend il veut l’emmener dans un lieu qui va lui rappeler sa vie avec sa mère, il a des révélations à lui donner sur leur maman. Elle ne comprend pas comment il connaît les bords de la Loire, comme si lui aussi avait vécu en France. Elle doit encore attendre car il y a encore trois jours avant qu’ils partent en ballade tous les deux. Ils profiteront du grand weekend du 14 juillet pour aller jusqu’à  Nantes en descendant la Loire. Il lui faut arrêter de rêver, voire de se projeter dans le futur, elle a voulu travailler ici, elle doit s’appliquer, mais dès qu’elle arrive à sa place, elle voit que les filles sont en grands conciliabules. Mais qu’est-ce qui se passe ? Toutes les filles se tournent vers elle et Louise prend la parole :

  • La police te recherche !

A suivre…

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