La vie d’à côté ( suite 12)

Quelques heures plus tard, Pablo va mieux, il en sera quitte pour une belle bosse et quelques points de suture, quant à Amélia les médecins ont jugé que son état était dangereux pour sa santé mentale, elle se repose dans le lit à côté de son frère, d’un sommeil artificiel puisque les médecins lui ont administré un sédatif puissant. Mais ses paroles laissent présager qu’à son réveil elle aura des tas de choses à leur dire. Elle parle d’une enveloppe que personne n’a retrouvée dans l’appartement, mais dans un premier temps il va écouter le récit de Pablo.

  • Pablo, j’en suis restée au moment où je saute dans ma voiture pour rejoindre Amélia qui m’a appelé au secours. Quand je suis dans la voiture je n’entends pas vraiment ce qui se passe dans l’appartement ayant eu l ‘imbécillité de mettre ma sirène. Quand j’ai quitté le poste de police il était 18 h 35 quand je suis arrivé devant l’appartement il ne s’est pas écoulé plus de 10 minutes, il était quelle heure quand tu es arrivé ?
  • Je n’arrivais pas à joindre ma sœur pour lui dire que j’aurais du retard, j’ai donc terminé ce que je devais faire et j’ai sauté dans un taxi, il était 18 h 30 quand je prenais l’ascenseur. Lorsque je suis arrivé devant son appartement la porte avait été ouverte de force et j’entendais Amélia crier « ne me faîtes pas de mal, je ne suis au courant de rien », je me suis avancé ne voyant pas Amélia dans la pièce principale je m’avance dans le couloir quand je vois surgir devant moi Olivier, il tient Amélia en joue et lui demande de lui remettre une enveloppe kraft qui lui a été remis par erreur. Comme Amélia est face à moi, je la vois qui devient d’une pâleur terrible, elle lui répond qu’elle n’a jamais eu d’enveloppe. Je lui fais comprendre qu’elle doit me laisser un angle de tir pour que je puisse frapper Olivier de mon poing tendu. Elle a de suite compris et d’un coup d’épaule a réussis à repousser Olivier, celui-ci s’est précipité sur moi , je l’ai frappé au menton et il s’est effondré dans un premier temps, puis il s’est relevé et s’est rué sur moi, à mon tour j’ai vacillé et me suis retenu à l’espagnolette, dans les yeux d’Olivier j’ai vu qu’il pensait qu’à me pousser par la fenêtre du salon dont la vitre venait d’être pulvérisé par une balle, je me suis mis en position de combat et au moment où le poing d’Oliver pensait m’atteindre j’ai eu la présence d’esprit de me baisser et il est passé par la baie vitrée.
  • Bien, je te remercie de m’éclairer sur les derniers instants d’Olivier, Par contre je ne comprends pas pourquoi je t’ai retrouvé au tapis. Il voit son ami se troubler, il n’insiste pas, il verra ça plus tard. Amélia quand elle sera en état de répondre lui donnera une explication.
  • Mais tu as cherché l’enveloppe dont parlait Olivier et dont Amélia parle dans son sommeil
  • Oui, ce matin avec tes hommes nous avons passé au peigne fin l’appartement et nous n’avons rien trouvé, je pense qu’Amélia nous en parle car Olivier a dû lui marteler ça pendant les dix minutes où elle s’est retrouvée seule avec lui.
  • Et bien nous allons recommencer la fouille, et regarder dans les endroits les plus improbables. Amélia est assez capable d’avoir soulevé un carreau et glisser cette enveloppe dans une cachette improvisée.
  • Elle ‘l’a certainement fait rapidement, car je ne sais ce que représente cette enveloppe et surtout qui lui l’a remise, mais il est vrai qu’elle a essayé de me joindre dans la soirée plus de dix fois, elle avait certainement une nouvelle à m’apprendre.
  • Je vais mettre un de mes hommes devant la porte je ne voudrais pas que l’on essaye de…
  • A quoi penses-tu Éric ? Personne ne va venir la tuer, il n’y a pas de ramifications avec des histoires de drogue ou de blanchiment d’argent.
  • A ce stade de l’enquête je n’en sais rien. Aussi dans le doute s’abstenir de mettre la vie d’Amélia en danger. Puis nous passerons à nouveau son appartement en revue, une fouille méticuleuse s’impose en essayant de se mettre à sa place, dans la panique où a-t-elle pu cacher cette enveloppe ?

Pablo, Éric, et deux autres hommes de la police de Blois sont à la recherche du moindre indice pouvant les mener sur cette fameuse enveloppe. Aucun de ceux qui sont présents savent si c’est une grosse enveloppe ou une petite, mais comme ce n’est pas un colis, la sœur de Pablo l’a certainement pliée pour qu’elle passe plus inaperçue. Sue le sol de la cuisine, Pablo a remarqué qu’un carreau était légèrement surélevé, mais hélas il n’y avait pas de cachette. Rien il faut se rendre à l’évidence si Amélia avait une enveloppe, soit elle a été récupéré par un complice d’Oliver, soit elle ne l’a jamais eu en sa possession. Il ne leur reste plus qu’à attendre le réveil soi-disant imminent d’Amélia. Mais pour l’heure ils doivent se rendre à l’hôpital, le vieux a une déclaration à leur faire, ils se demandent dans quel état ils vont le trouver car il a dû apprendre la mort de son second fils, en l’espace d’une semaine il a perdu deux de ses enfants. Mais combien sont dans la nature pense Pablo. Déjà cette Myriam Bompani, sa sœur aussi, surement  d’autres. Mais bien évidemment ce sont des filles.

Quand ils arrivent à l’hôpital le vieux est en compagnie d’une jeune femme, celle-ci est sa future infirmière car il refuse de rester dans ce lieu immonde. Décidément même dans la peine cet homme fait encore des vagues, on dirait que la mort de son fils ne l’a pas atteint, il est égal à lui-même, il est le patriarche des entreprises carrés sans ses fils. Quand Éric lui présente ses condoléances  il est abasourdi par sa réponse, mais Pablo l’est moins.

  • Olivier n’était pas mon fils, c’était celui de ma femme !
  • Laquelle de vos femmes ose dire Pablo ?
  • Vous ne la connaissez pas jeune homme !
  • Détrompez-vous je pense au contraire que je la connais ;
  • Donnez-moi juste son prénom et je vous dirais,
  • Soledad !

    A ce moment le vieux prend une quinte de toux et semble s’étouffer, ce prénom a eu sur lui des effets qu’il ne pensait pas, mais quand il réussit à leur parler il dit, Soledad je l’ai connu mais c’était la femme de mon frère qui a disparu, Bertrand mon neveu est leur enfant.-

  • Votre frère disparu avec sa femme ? Car si vous avez la garde de votre neveu c’est que Soledad et son mari ne sont plus de ce monde.-

  • Soledad s’est évanouie dans la nature  il y a une vingtaine d’années !
  • Morte ?
  • Non, elle est vivante et je pense l’avoir reconnue dans les traits de la jeune femme que mon fils Gilbert a embauché .
  • De la voir revivre dans sa fille ne vous permet pas de dire qu’elle est vivante.

Mais le vieux se trouble et les deux inspecteurs pensent que le temps des confidences est terminé. Il appuie la tête sur les oreillers et ferme les paupières ; c’est à cet instant qu’ils entendent derrière eux comme un sanglot. Quand ils se retournent ils se trouvent nez à nez face à Bertrand, depuis combien de temps était-il là, en tous les cas il vient d’apprendre brutalement qu’Amélia est sa sœur. Pablo s’approche de lui, le soutient et le fait s’installer sur la banquette dans le couloir. Comment lui dire que lui aussi est son frère, demi mais qu’importe ? Ils ont plus de lien de parenté qu’Olivier en avait avec lui. C’est Bertrand qui se ressaisit le plus vite, et il demande à l’inspecteur où se trouve Amélia, tantôt son oncle lui avait appris qu’Olivier était décédé et que tout était la faute d’Amélia et maintenant il apprend que cette dernière est sa sœur. Et bien se dit Éric, le vieux y va fort sans rien savoir il accuse Amélia d’avoir tué Olivier alors que lui personnellement pense en l’innocence de la sœur de Pablo, et ce, sans attendre les conclusions de l’enquête, pour lui c’est de la légitime défense. Mais Amélia leur racontera elle-même ce qui s’est réellement passé ; les médecins vont la laisser reprendre pieds dans le monde réel dès que le sédatif n’aura plus de prise sur elle.

Un jour plus tard, Amélia est sortis de l’hôpital, après être passé au poste de police faire une déposition et expliqué comment c’était déroulé le dernier acte dans son appartement, ils étaient tous repartis chez Éric qui leur avait ouvert sa porte. Il y avait Amélia, Pablo et Bertrand. Auparavant Amélia accompagné d’Éric s’était rendu dans l’appartement qu’elle avait loué et avait indiqué au policier en faction où se trouvait l’enveloppe kraft et ses fameux papiers tant recherché par Olivier. Amélia après que les coups aient redoublés à sa porte, avait réussis à se calmer et elle était allé dans sa salle de bain, monté sur une chaise, elle avait réussis à ouvrir la grille d’aération, elle avait roulé l’enveloppe et l’avait  glissé dans l’espace, puis, la porte d’entrée avait cédé et elle était vivement descendu de son échelle improvisée, le rebord de la baignoire. Elle s’était vite rendue compte que la grille n’était pas fermée complètement aussi sans se douter qu’Olivier était déjà  dans son appartement, elle était remonté sur la baignoire et avait refermé la grille, glissé le tournevis derrière le placard et s’était planquée dans la douche prête à bondir sur l’énergumène qui s’était introduit chez elle. A la main elle avait pris le coup de poing américain que lui avait remis Pablo à sa dernière visite, elle ne s’en était jamais servie mais elle imaginait bien ce qu’elle pourrait en faire. Avant de se planquer dans la salle de bain elle avait éteint tout l’appartement, elle songeait que si on l’avait observé depuis la rue c’était illusoire car celui qui la cherchait la savait à l’intérieur. Quand elle avait entendu la voix doucereuse d’Olivier, elle savait qu’il allait lui faire du mal, mais elle s’était bien gardée de lui répondre, dès qu’il avait essayé d’ouvrir la salle de bain tous les deux savaient que la rencontre allait avoir lieu, l’un ignorait qu’Amélia allait se défendre, Amélia pensait que si le premier instant elle le frappait elle pourrait peut-être se sauver.

Quand elle avait senti son parfum, elle savait que cet homme la voyait comme en plein jour il attendait que sa proie ouvre la porte, mais elle ne l’avait pas fait, aussi d’un ton qui ne présageait rien de bon il lui avait donné l’ordre de sortir sinon il mettait un silencieux à son pistolet et la descendait comme un lapin. Mais auparavant il avait envie de goûter à ses formes, aussi lui dit –elle, même si tu es blessée je te donnerais du plaisir avant que tu crèves dans mes bras. C’est en désespoir de cause qu’elle avait ouvert la porte de la douche, de suite elle avait senti son pistolet sur sa tempe et il lui avait aboyé ses mots :

  • Cet après-midi on t’a remis une enveloppe je la veux ;-
  • Elle m’appartient !-
  • Oui, je le sais c’est un homme de main de mon père qui te l’as remise, je ne sais ce qu’il y a dedans mais vu que tu m’as l’air de croire que mon père est aussi le tien, il va falloir que j’ouvre cette enveloppe avant toi. Moi je tiens à mon héritage et je ne veux pas qu’une menteuse me le vole.-
  • Je ne l’ai plus !
  • Tu es vraiment une sale garce, je t’ai vu la recevoir, puis monter à ton appartement, tu n’en n’es pas ressortis.-
  • En effet je ne suis pas ressortis mais j’ai pris mes précautions, en montant je l’ai mis sous le paillasson d’une de mes voisines !-
  • Mais bien sûr, tu voudrais que je te laisse et que je descende?
    • Sur ces entrefaites mon frère est arrivé et ce qu’il vous a raconté c’est bien passé, il m’a fait comprendre qu’il fallait que je bouge de quelques centimètres pour qu’il puisse lui asséner un direct au menton. Mais comme il a eu peur de me faire mal je pense que le coup n’a pas été aussi violent que tu l’espérais, n’est-ce pas Pablo ?-
    • En effet, j’ai mal ajusté mon coup de poing et je l’ai juste effleuré au bas du menton, il est resté groggy mais en même temps il avait le doigt sur la gâchette et le coup est partis on ne s’en est pas rendu compte de suite car il avait un silencieux, c’est seulement en voyant la vitre du salon volé en éclat que nous avons compris. Puis tout est allé très vite, il s’est rué sur moi en me poussant près de la fenêtre j’ai vu dans ses yeux qu’il allait me jeter dans le vide, avant que je lui assène un coup de poing il m’a frappé au niveau de l’arcade sourcilière aveuglé par le sang j’ai juste réussis à me retenir à l’espagnolette avant de m’effondrer sur le sol, pour la suite je n’en sais pas plus.
  • Moi, je sais dit Amélia, quand j’ai vu Olivier se rué sur Pablo j’ai réussis au prix d’un effort surhumain à m’approcher d’Olivier qui, déséquilibré par la charge de Pablo se trouvait assez près de la fenêtre et ayant peur de me faire tirer dessus je me suis précipité sur lui et je l’ai télescopé alors qu’il essayait de récupérer son pistolet tombé au sol, lui n’a pas pu attraper l’espagnolette car la baie vitrée s’était ouverte sous la poussée de mon frère, ne pouvant se retenir à rien il a basculé sous mes yeux dans le vide. Après je ne sais plus, j’ai juste poussé sous le meuble le pistolet ayant peur qu’il y est d’autres dingues qui arrivent chez moi. Je te revois Éric comme dans un rêve, enfin je sors plutôt d’un cauchemar.-
  • Tu répéteras ça devant le juge et il comprendra rapidement que c’était de la légitime défense, ne t’inquiètes pas, dis-nous plutôt ce qu’il y a dans cette enveloppe.-
  • Avant de regarder ce qu’elle contient j’aimerais faire un brin de toilette.-
  • Ah tu es bien une fille… 

A suivre…

5 réponses à La vie d’à côté ( suite 12)

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