La vie d’à côté ( suite 10 )

Et, Amélia éclate de rire devant la grimace de son frère, ce dernier songe que sa sœur commence à bien le connaître.

Bon d’une part il y a un homme encore inconnu pour notre ami l’inspecteur qui s’est présenté au commissariat et a laissé entendre qu’il y avait un mort au 10 de la rue du cadran, donc c’est ton adresse, et, ce au premier étage chez Mademoiselle Madord, il n’y a pas à s’y tromper c’est bien là où tu logeais.

  • Ils se sont rendus à mon domicile et ils y ont trouvé un mort, mais ils connaissent son identité ?
  • Non, mais l’inspecteur veut que tu te rendes au commissariat,
  • Pour quoi faire ? Je n’ai rien à voir avec ce mort,
  • En es-tu certaine ?
  • Pourquoi me dis-tu ça ?
  • Tu sais Amélia je ne connais pas toute ta vie d’avant, il ne faudrait pas que ce soit un amoureux
  • Un amoureux ? Qui aurait fait quoi ? Il m’aurait suivis ici, et bien mon cher frère tu rêves tout droit,
  • Cela veut dire que tu n’as eu aucun amoureux ?
  • Non!   Cela veut dire qu’il ne se serait pas amusé à me suivre puisque je l’ai quitté il y a deux ans, et qu’il ne m’a jamais donné signe de vie. Puis, je n’ai pas quitté mon appartement de Paris du jour au lendemain, je me suis rendue dans la maisonnette de maman après cet accident, et c’est de là que j’ai décidé de partir pour Tours sur un coup de tête, sans savoir ce que j’allais trouver, et là surprise sur la place du marché aux fleurs j’ai rencontré Cathy, nous sommes tombé dans les bras l’une de l’autre et voilà ou cela m’a amené, à travailler aux abattoirs.
  • Je  comprends mieux, mais pourquoi cet homme est mort dans ton appartement ?
  • Je n’en sais rien, mais par contre je pense que c’est celui qui est venu avertir l’inspecteur qui a dû le tuer par contre cela ne m’éclaire pas et cela me dit rien de bon. Tu m’accompagnes au commissariat ? Mais avant dis-moi qui tu avais au téléphone après l’inspecteur ?

A nouveau, Pablo se sent mal à l’aise, comment dire à sa sœur que c’était leur mère, il lui faut réfléchir, prendre des gants pour lui l’annoncer. Il louvoie et s’en tire pas trop mal car le téléphone vient à nouveau à son aide, l’inspecteur s’impatiente, il claironne qu’il va venir chez lui chercher sa sœur. Pablo n’a pas de mal à emmener sa sœur au commissariat. Son ami l’inspecteur lui demande de se retirer, il l’appellera quand il en aura terminé. Pablo insiste auprès de son ami pour qu’il traite sa sœur comme il ferait avec Cathy.

  • Ne t’inquiètes pas Pablo ce n’est nullement un interrogatoire mais je veux savoir deux ou trois choses, elle sera vite avec toi.

Moins d’une heure plus tard Amélia sort du commissariat, au moment où elle franchit le seuil, elle se trouve nez à nez avec Bertrand le neveu de Monsieur Carré, il semble plutôt mal à l’aise de se trouver face à elle. Puis il s’aplatit contre la porte, la tient ouverte et sans lui laisser le temps de placer un mot lui dit :

  • mademoiselle Amélia, vous aussi vous avez quelques choses à vous reprochez pour vous retrouver ici?
  • Je ne suis pas coupable moi, j’ai juste porté plainte ;

Et sur ce trait de génie, elle s’en va la tête haute. Bertrand est devenu assez pâle, cette fille a du répondant, mais pourquoi elle était là, le mort a dû être découvert, à moins que ce soit Amélia qui soit retourné à l’appartement, mais il ne va pas plus loin dans sa réflexion car il voit arriver l’inspecteur qui suit l’enquête du mort des abattoirs.  Quand il sort du commissariat il s’est écoulé plus de deux heures, l’inspecteur n’a pas apprécié son incursion au sein de l’appartement d’Amélia, lui s’en est bien tiré, il a dit qu’Amélia lui plaisait et qu’il s’était rendu à l’appartement pour la rencontrer après l’avoir suivie pour savoir où elle habitait. Quand il était arrivé, la porte était entrebâillée, il l’avait poussé et avait découvert un corps étendu, il avait vérifié si il était décédé ou non, et devant le constat de sa mort il était venu signaler la mort de cet inconnu.

Mais l’inspecteur est perplexe, il a sentis dans la déposition de Bertrand Carré comme une note qui sonnait faux. Étrange.

Quand il retourne dans son bureau, il a les résultats de recherche d’ADN, c’est positif, le mort des abattoirs est bien le fils Carré l’aîné. Gilbert, il va lui falloir expliquer au vieux que son fils aîné est mort. Comment va-t-il réagir ? De plus sa tête a disparue et personne ne l’a retrouvé et rien ne vient étayer l’enquête qu’ils pourront la découvrir un jour, à moins de retrouver l’assassin. Mais dans cette famille rien n’est simple ; il y a des non-dit, des histoires d’autrefois qui resurgissent, et, là il y a Amélia qui pense être la fille du vieux.

Pablo et lui espèrent qu’elle se trompe, mais une seule personne pourrait leur dire la vérité mais elle préfère se la jouer cavalier seule. La mère du frère et la sœur, pourquoi avoir dit qu’elle était hôtesse de l’air plutôt qu’hôtesse de charme, bien entendu la première fonction est bien plus reluisante que la seconde. Mais les enfants jugent rarement leurs parents, elle aurait dû lui le dire bien plutôt au lieu de la laisser croire qu’elle était morte dans un accident d’avion. Comment Pablo va-t-il pouvoir lui expliquer à sa sœur, déjà que cet après-midi elle a appris ce que cette dernière faisait, le choc était encore sur son visage, ce n’était pas la jeune fille insouciante de son adolescence qu’il avait vu. Amélia, quand il prononce son prénom il se souvient de leurs vacances dans la petite maisonnette des bords de Loire à quelques encablures de Nantes. Comme il aimerait à nouveau la serrer dans ses bras, mais hélas en l’état actuel des choses elle garde ses distances, et sa vie parisienne doit être plus intéressante que celle qu’il mène sur Tours.

C’était il y a 10 ans elle était jeune, une adolescente, et lui déjà un adulte, mais ils s’étaient promis l’un à l’autre, puis brutalement à la rentrée de septembre elle n’avait pas intégré le lycée où elle devait retrouver sa sœur. Sa mère devait fuir une personne, c’est aujourd’hui qu’en y pensant, cela lui saute aux yeux. Qui ? Le vieux, ou Gilbert, la mère d’Amélia et lui ont sensiblement le même âge. Il faut qu’il creuse de ce côté mais en solo.

 

Depuis les révélations de Pablo, Amélia s’est murée dans un silence qui laisse présager une tempête, c’est ce que se dit Cathy, bien entendu son amie ne lui a rien dit mais elle sent qu’il y a un problème, en plus ce matin tout le personnel a appris la mort de Monsieur Gilbert, car le corps dénudé retrouvé sur le marbre du laboratoire était bien le sien. Le vieux a eu un accès de colère, il s’en est pris à Olivier et à Bertrand, les accusant tour à tour d’avoir tué le seul fils qu’il aimait. Si Bertrand ne s’est pas sentis blessé cela n’a pas été le cas d’Olivier, il s’est jeté sur son père et l’a bourré de coups de poings devant le personnel sidéré. Il a fallu l’intervention des tueurs et de Bertrand pour qu’il lâche prise, mais le vieux s’est effondré sur le sol. Puis trois quart d’heure plus tard alors qu’il était emmené en ambulance, deux hommes en habit noir ont pointé leur carcasse comme ont dit les contremaîtresses, c’était des vautours, ils ont fait fermer les abattoirs jusqu’à nouvel ordre. La clef sous la porte suite à une mauvaise gestion, les voici sans travail. Personne n’est reparti, ils sont restés dans la cour maudissant tour à tour le vieux et de temps en temps Gilbert qui n’avait pas su gérer le patrimoine de sa famille et surtout leur outil de travail.

Quand à Amélia , elle n’est pas restée, elle a quitté les abattoirs pour se rendre au chevet du vieux, puis au moment où elle allait franchir la grille de l’hôpital elle a fait demi-tour et s’est rendue à son domicile. Elle a tout d’abord sonné à la grille, une voix familière lui a répondu :

    • que voulez-vous ?
    • Rencontrer un membre de la famille Carré ;
    • On ne reçoit personne, nous sommes en deuil, et qui êtes-vous ?
    • La fille de Monsieur Carré !
    • Il n’a pas de filles
    • Vous n’en savez rien !
    • En avez-vous la preuve ?
    • En partie ;
    • Votre prénom ?
    • Myriam
    • Bonpain ?
    • Non, vous qui êtes-vous ?

Mais la conversation s’est arrêtée là, elle a reconnu la voix d’Olivier ; il a refermé l’interphone, elle va pour faire demi-tour quand elle le voit venir vers elle descendant l’allée qui mène à la demeure des Carrés, il marche à grande enjambée. Dès qu’il voit Amélia il n’en revient pas de la chance qu’il a, cette idiote est venue se jeter dans la gueule du loup pense-t-il en son for  intérieur.

 

A suivre….

 

Commentaires

  1. je suis là mais non pas encore pas encore……..en tous cas il a l’air un poil plus long que les autres est va donc me plaire…je te dirais sur. Bisousssssss

  2. Je comprends qu’Amélia soit bouleversée. Tu parles les révélations tombent les unes après les autres. Qu’est-ce que cela va être lorsqu’elle va savoir que sa mère est vivante.
    J viendrai relire, il y a des trus qui me chiffonnent.
    Bisous

  3. Oh là là, ça se corse, comme dirait Napoléon! Tu ne la ménages pas cette pauvre Amélia.
    Et voilà qu’elle tombe dans la gueule pleine de dents de ce gros crocodile d’Olivier ! Breuuu!
    Vite, la suite
    😉

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