La vie d’à côté (suite 8 )

Le récit (suite)

 

  • J’en suis au stade de recherche, mais il y a dans le rapport de l’autopsie que mon père aurait eu une crise cardiaque mais que rien ne pouvait étayer sa mort. J’ai demandé au frère de Cathy de refaire des analyses à partir des pièces à conviction, j’attends sa réponse.
  • Qui avait décidé  d’une autopsie ?
  • Lorsque notre grand-père avait appris le drame qui touchait sa fille, il avait fait le nécessaire concernant mon père, y compris une autopsie. Puis il avait fait part à notre maman des résultats de l’enquête en masquant une partie de la vérité. Mais maman était trop en colère et n’avait jamais accepté cette version. Je suis né six mois après ce drame affreux, maman s’est tout d’abord bien occupée de moi, puis ces démons l’ont repris, elle se trouvait trop jeune pour être une veuve éplorée et elle a renoué des liens avec les frères Carré. Elle s’est mise à sortir, à faire la java et elle me laissait de plus en plus à ses parents pour mener sa vie comme elle avait coutume à le dire. Puis nos grands-parents ont dû accepter un poste en Autriche et tout naturellement maman m’a laissé partir.
  • Tu avais quel âge quand cela s’est produit ?
  • J’avais trois ans !
  • Quelle horreur, c’est le moment où les enfants ont besoin de leurs deux parents.
  • Finalement je m’en suis bien tiré car nos grands- parents m’ont élevé comme leur propre fils !
  • Nous avons un oncle ?
  • Non ! Il est mort en bas âge, mais leur affection ils l’ont reporté sur moi, je leur rappelais le frère de maman. Pour moi les années ont passé et vers 12 ans j’ai entendu les réponses de grand-mère à un homme mais je ne sais si c’était ton père où une autre personne, mais cela est certain c’était un homme, à l’époque ton frère avait 5 ans et toi 2 ans.
  • Il lui disait quoi cet homme ?
  • Je ne sais pas mais j’ai entendu les réponses de Grand-mère : « monsieur je n’ai pas pour habitude de recevoir des ordres d’un homme qui a fait souffrir ma fille et qui continue de le faire ». 
  • C’est pour ça que j’ai tendu l’oreille en entendant parler de ma maman.
  • Et ? C’est tout !
  • Non, elle a ajouté, mais si votre frère a disparu je ne vois pas pour quelle raison il serait venu chez nous, mon mari lui a demandé de subvenir aux besoins de notre fille mais cela s’arrête là. J’ignorais que votre frère avait eu deux enfants avec ma fille. Elle ne me les a pas déposés comme deux petits paquets. A ce moment-là j’ai dû faire du bruit car j’ai vu grand-mère se retourner, elle était si pale qu’elle m’a fait de la peine et je n’ai pas osé lui demander si moi aussi elle me considérait comme un paquet plus ou moins encombrant. Et, je n’ai plus jamais entendu parler de mon frère et ma sœur jusqu’à ces derniers temps.
  • Et de maman tu en as entendu parler avant le drame où nous l’avons tous les deux perdu.-
  • Oui, et c’est de cela que je veux t’entretenir, j’ai peur que tu le prennes fort mal, mais je préfère que tu sois au courant plutôt que tu l’apprennes par nos grands-parents.
  • Ah ! Et pourquoi je serais fâchée ?
  • Ce n’est pas habituel ce que je vais te dire. A la suite de la disparition de ton père, mort quant à lui de manière mystérieuse où tout au moins on le suppose. 
  • Comment ? On n’a pas retrouvé son corps ?
  • Si, mais personne n’a songé à faire une autopsie et on ne sait si c’est lui, compte tenu de cette drôle de famille, je viens à me poser des questions, et au vu de ce que m’en a dit le frère de Cathy je commence à avoir des suspicions.
  • Alors quand as-tu vu Maman ?
  • Elle voit dans les yeux de Pablo un moment de panique, que va-t-il lui dire ?
  • Tu sais le métier de Maman ?
  • Bien entendu, elle était hôtesse de l’air!
  • Ceci c’est la version qu’elle t’a donnée, comme celle qu’elle avait dit à ses propres parents. En fait elle était bien hôtesse mais pas comme tu le penses.
  • Ce qui veut dire ?

Pablo a un moment d’hésitation, comment sa sœur va apprendre une nouvelle pareille. Du reste il la sent dans le déni, jamais elle ne va pouvoir accepter ce qu’il va lui dire. Il lui faut choisir ces mots pour ne pas la heurter. Puis il se lance, mais dès qu’il prononce les mots il sait que sa sœur accuse le coup et du reste elle s’effondre en pleurs.

  • Non ! Ce n’est pas vrai tu mens, tu es un affabulateur, je ne te crois pas. Tu as fait le gentil depuis que tu es venu frapper à ma porte, si ça se trouve tu es de connivence avec la famille Carré.

 Brusquement elle se précipite dans la chambre de son frère. Cela fait déjà deux heures qu’elle y est, elle refuse d’en sortir, Pablo ne sait plus quoi faire, aurait-il dû demander à ses grands-parents de s’en occuper, il n’est plus sûr de rien. Soudain alors qu’il ne l’espérait plus, Amélia sort de la chambre, ses magnifiques yeux verts sont gonflés, elle a des traces de larmes sur son visage, et sans dire un mot elle se jette dans le bras de son frère. Il ne sait quoi faire, alors maladroitement il la serre contre lui, il la console comme une petite fille.

  • Dis-moi Pablo quand maman partait quinze jours, elle allait où.?
  • Chez moi !
  • Ah ! Pourquoi ne m’emmenait-elle pas ? 
  • De ça je ne puis te le dire car lorsque j’évoquais mon frère et ma sœur, elle me disait que grand-mère était une menteuse. Ce n’est que depuis sa disparition que j’ai fouillée dans ses papiers et retrouvé ta présence, même ta logeuse ne savait pas où tu étais, j’ai donc attendu le passage du facteur pour savoir où tu te trouvais et voilà pourquoi je suis là. J’ai remonté ta piste.
  • Si toi tu l’as fait, d’autres ont pu faire la même chose.
  • J’avais une avance sur ceux qui éventuellement te poursuivent car j’avais la boîte en bois que le notaire t’a remis.
  • C’est grâce à toi que je l’ai ?
  • Oui !
  • Mais alors notre mère n’est pas disparue dans cet avion ?
  • Pourquoi me dis-tu cela ?
  • Elle venait de me dire qu’elle avait changé de compagnie, et c’était celle dont l’avion a disparu, donc ou peut-elle être ? Retenue car elle a fait des choses inavouables ou a-t-elle vu quelques choses qu’elle n’aurait pas dû voir, ou bien elle a fait une mauvaise rencontre.
  • Si elle n’est pas morte elle ne nous a pas donné signe de vie, ni à toi, ni à moi. Ni à nos grands- parents ? Je n’avais pas pensé à cela.
  • Toi qui es inspecteur de police au Pérou tu vas pouvoir enquêter, je l’ai emmené à Roissy et de là elle s’est envolée pour la Malaisie, après je ne l’ai pas suivis dans l’avion, il faut repartir de l’aéroport.
  • Dans les aéroports on croise beaucoup de gens, aurait-elle fait une rencontre qui a changé le cours de sa vie ?

A suivre…

6 réponses à La vie d’à côté (suite 8 )

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

 

eauteur

cooltext167891793251221

La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe