La traque…

Deuxième partie

Mais revenons au départ de Guillaume dans la nuit qui a suivi son arrivée en France, après avoir confié son enfant, il était repartis à la recherche de sa femme et de ses beaux-parents en compagnie comme il l’espérait de ses beaux-frères. Mais à peine arrivée, il avait appris que ses beaux-parents avaient été relâchés ainsi que la plupart des villageois, seules deux femmes étaient encore retenues prisonnières, sa femme et son médecin. Maintenant il en était certain on le visait lui, la raison bien entendu qu’il la connaissait, mais du coup il se rendait compte qu’il exposait aussi sa mère et tous ceux qui seraient proches de Mathéo. Tout d’abord il devait savoir qui les avait enlevé, ce n’était certainement pas les hommes du FLCS.  Vu la manière dont cela s’était déroulé il y avait songé, mais maintenant c’était bien dirigé contre lui. Mais qui ?

Les hommes du Président ? Ceux des Services Secrets, qui lui en veut, et surtout est-ce lié à ce qu’il s’est passé il y a quelques semaines, si oui alors Mathéo est encore plus exposé en France qu’ici, même si la France et plus précisément son village se rendra bien vite compte si des étrangers arrivent. Sauf que c’est la période des vacances et qu’il y a une population fort importante qui loue à la fois des chalets et qui est de passage pour se balader dans le « Parc de la Vanoise ». Il lui faut joindre Bastien ou Pierre, chacun a suivis son chemin mais quelques parts il se ressemble, l’un est inspecteur à la police des polices, le second est commandant de gendarmerie. Eux deux vont pouvoir l’aider. Mais si Pierre sait qu’il est ici, Bastien l’ignore, mais le premier informera le second, donc il doit appeler Pierre. Puis, lui est sur place, donc il peut mettre un flic pour surveiller son fils. Il espère qu’il ne lui posera aucune question, il ne peut pas lui répondre, pas encore, mais dès que le moment sera venu il le fera. Quand son amour sera libre, et toute sa famille, car ici les représailles se terminent toujours dans un bain de sang.

Dans leur ignominie ces « gens » sont malins, ils ont tués des hommes du village, enfin certains pour faire reposer cela sur une guerre fratricide. Mais maintenant on en est loin. Il lui faut retourner voir ses beaux-parents, mais ses beaux-frères l’en dissuadent, ils vont y aller eux-mêmes, eux sont couleur locale, lui malgré son bronzage ne peut pas se faire passer pour un Africain. Il sait que la famille de sa femme fera bloc autour de lui, et personne ne dévoilera quoi que ce soit, mais il est angoissé jusqu’au retour de la famille. Bho le prend dans ses bras, et lui murmure en dialecte « courage fils » Fha quant à elle pleure en voyant son gendre, elle demande où se trouve Mathéo, on l’informe qu’il est en lieu sûr, alors seulement à ce moment-là elle regarde Guillaume, souri et lui dit : 

  • L’avez-vous emmené vers vos parents ?
  • Oui Fha, mais mon père s’en est allé il n’y a que ma mère et ma petite sœur ainsi que des fidèles amis, ils sauront protéger Mathéo.

Et, cette femme sans dire un mot repart dans la chambre, que son fils aîné a mis à sa disposition, et ils n’entendront plus un mot de sa part pendant des jours et des jours.

Qu’as pu raconter Bho à son gendre ? Aucun de ses enfants ne lui l’ont demandé mais deux jours plus tard, Guillaume avait disparu, il était partis sur les traces des kidnappeurs.

Guillaume est tout d’abord passé au Consulat, dans son bureau il a récupéré le passeport de sa femme ainsi que deux pistolets, il les a glissé l’un dans son sac à dos l’autre dans la poche de sa vareuse. Il a récupéré une grosse enveloppe avec une liasse de billets, il a laissé sa carte bancaire, puis il a passé un appel téléphonique en France à Pierre mais son téléphone devait être éteint car personne ne lui a répondu, il a hésité quant à la teneur de son message, puis il a réussis à lui dire trois mots : « veille sur Mathéo » et il a raccroché. Puis il a demandé un congé spécial à la présidence, il n’a pas dit un mot du rapt de sa femme, moins de personnes seront au courant plus il aura les mains libres. Il a pris la direction du centre-ville et s’est rendu chez un garagiste, il a jeté son dévolu sur un vieux 4X4 de l’armée française vendue par les domaines il devait y avoir au moins dix ans. Il a même négocié le prix, récupéré deux jerrycans d’essence, puis s’en est allé récupérer un autre jerrycan mais celui-là est plein d’eau, il l’a entouré d’une couverture pour que l’eau reste froide plus longtemps, puis il est parti vers le village de ses beaux-parents. La première partie du voyage s’est passée sans encombre. Au village il n’est pas resté longtemps, il est repartis en compagnie de son jeune beau-frère, il a tout juste 18 ans mais il connait les pistes comme sa poche, il a reçu l’accord de Bho. Son beau-frère s’inquiète car Guillaume n’a pas signalé aux autorités Françaises son déplacement dans la région. Il lui rappelle qu’il ne sait pas où se situent les mines résiduelles, mais devant le visage renfrogné de son beau-frère le jeune homme se tait. Puis pendant quelques kilomètres où ils évitent consciencieusement la piste quand cela leur est possible ni l’un ni l’autre ne prononcent un mot. Soudain Guillaume pile, il tremble comme une feuille, la tension de ces derniers jours se fait ressentir, il descend de voiture, et passe le volant à Amir.

  • Allez mon prince montre-moi tes talents de conducteur, suivons la piste, mais attention aux mines !
  • Merci Guillaume. T’inquiètes je connais la région et je vais être prudent. Je veux retrouver Assia.

Puis pendant plus de 60 km le silence s’était installé, mais la soif se faisait sentir, aussi muni d’une bouteille en verre, Guillaume avait laissé couler le précieux sésame du jerrican dans cette bouteille, il avait précisé à Amir que l’eau était de l’eau en bouteille qu’il avait acheté avant de partir, il connaissait trop bien les maladies qui sont apportées par l’eau du robinet. Et franchement il n’avait pas le temps d’en faire bouillir, du reste il avait évité de passer par chez lui, ne voulant pas se faire repérer.

Les plages de sable fin ils les ont délaissés depuis longtemps, Guillaume et sa femme se sont souvent baignés dans les eaux cristallines de la Mer Rouge, mais là il lui faut retrouver son amour, les renseignements qu’il possède sont mince, mais il sait pertinemment qui a enlevé sa femme et, surtout il en connait la raison. Il va l’arracher aux griffes de ces fous, mais il ne pourra emmener son médecin, il espère qu’elle aura la vie sauve car il ne voudrait pas être celui qui l’a tué, même indirectement. Ils ont dû l’emmener car Assia attend un enfant, le bébé sera certainement une meilleure monnaie de négociation avec sa femme. Le médecin n’est là que pour accoucher Assia, mais il n’est pas encore venu le moment où elle doit accoucher. Ont-ils du reste une notion de temps ces fourbes ?

La nuit arrive il leur faut s’arrêter et se reposer, Amir se dirige vers sa famille ces bédouins qui dorment sous la tente, loin des touristes qui aiment se dépayser avec les autochtones, pour cela ils n’iront pas à’Ouboucky. Guillaume et Amir sont accueillis comme des rois, la famille est heureuse de les recevoir, mais dès qu’ils connaissent la raison de leur présence, ils proposent leur service.

Le lendemain c’est à dos de chameau qu’ils repartent, c’est le moyen de se déplacer le moins visible, ils seront noyés dans la masse, Guillaume a récupéré un vêtement plus approprié, ils ont de la nourriture et tout ce qu’il leur faut pour affronter les vermines qui ont tué d’innocentes personnes pour s’emparer que d’une seule. Ils ont eu grâce à un bédouin des renseignements précieux, ils sont trois, un des cousins s’est joint à eux. Lui aussi connait bien la région et en plus il doit rejoindre un campement à touristes et faire le chemin avec eux ne le dérange pas, au contraire, un homme de plus quand ils auront rejoint les kidnappeurs devrait les aider. Ils opéreront à la nuit, certes ce sera plus difficile car il faudra trouver Assia dans la première demi-heure, après il faudra s’éloigner par différents chemins pour que les poursuivants ne sachent pas qui suivre. C’est pour cela qu’en cours de route ils prendront un autre chameau et un autre voyageur. Ce dernier est un vieux baroudeur, un ancien soldat de l’armée française, possible qu’il soit déserteur, mais Guillaume s’en fiche royalement. Il sait que la survie de sa femme repose sur lui et cette nuit c’est tout ce qui compte pour lui. Il ne leur dira pas son nom pour tous il sera Monsieur X.

Quand Monsieur X a rejoint le groupe, il n’a pas dit un mot jusqu’aux abords d’un campement, ils se sont arrêté à quelques encablures. Puis ce dernier s’est éloigné pour voir s’il y avait du mouvement dans le camp, il a aperçu quelques femmes qui terminaient leur repas, de jeunes enfants jouaient à proximité, l’attente allait être longue mais il le fallait afin que tout le monde se soit endormi pour passer à l’attaque. Vers 22 h il n’y a plus aucun bruit, seul un garde fait les cent pas devant une tente. Bien entendu que Guillaume a fait part de ses doutes quant à la présence dans ce lieu de sa femme, mais ils ne peuvent attendre plus longtemps les bédouins sont doués pour se rendre compte qu’ils sont observés et personne ne veut prendre ce risque. Espérons que ce ne soit pas un leurre?

 

A suivre

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