La trahison (La traversée dangereuse)

Lorsque les flics reviennent je dors ou plutôt je fais semblant de dormir, j’ai le don désormais pour me soustraire à toutes leurs questions, mon avocat leur a remis les réponses mais ils espèrent des précisions. Au travers de mes paupières mi closes j’en vois un qui se penche vers moi, toujours dissimuler j’ai fait ça toute ma vie, alors pourquoi aujourd’hui j’en ferais autrement, d’autant plus que maintenant je suis sous  les feux des projecteurs de la justice de mon pays. Bien que selon mon avocat il n’y ait pas la moindre trace de ma culpabilité. C’est une enquête de routine qui en rejoint d’autres, ce GR5 a souvent été le lieu où on a retrouvé pas mal de cadavres imputés jusqu’à présent à la montagne mais désormais ils ont des doutes et pense que je suis le seul responsable de ces meurtres, allez le mot est lancé, je serai le grand méchant loup et j’aurais à mon actif une dizaine de disparitions d’hommes et de femmes. Mais voyons si cela les arrange, je n’y vois aucun inconvénient du moment que ce n’est pas moi, mais comme m’a dit mon avocat il faudrait pour cela que je retrouve la mémoire pour m’innocenter pleinement.

Là ce n’est pas gagné d’avance, il y a des pans entiers de ma vie qui sont dans le flou. Seul me revient parfois des flashs, mais ils ne durent pas longtemps et je ne sais sans aide extérieure où les replacer dans ma vie. Il faut que je fasse un gros travail de mémoire, et je n’en n’ai pas vraiment envie. C’est décidé cette nuit je mets les voiles pour aller sur Genève et de là je prendrais un avion dans un premier temps pour Paris et ensuite j’aviserais sur place, auparavant je dois vider un de mes comptes, prendre de l’argent liquide je ne veux pas que l’on me suive à la trace.

Quelques heures plus tard, il est tôt environ 7 h du matin, les feux d’une voiture trouet le brouillard qui s’élève en provenance du Lac Léman, je sors des buissons ou j’ai attendu patiemment le lever du jour, j’allume ma grosse lampe torche et comme lorsque j’étais enfant et que je jouais aux gendarmes et aux voleurs je l’agite sur la route. Une grosse berline freine brutalement et je suis apostrophé vertement par cet individu qui s’adresse à moi comme à un vulgaire passant. Je ne lui laisse pas le temps de m’en dire davantage que je pointe sur lui une arme factice que je me suis procuré en quittant l’hôpital la nuit dernière, c’est un bijou bien imité, mais l’homme panique en la voyant et je l’invite vigoureusement mais courtoisement à quitter son véhicule et le laisse sans aucun état d’âme sur le bord de la route. Auparavant je l’ai dévalisé de son téléphone portable qui va me servir pour appeler mon avocat et lui donner rendez-vous dans un lieu dont il m’avait parlé quelques jours auparavant comme étant un havre de tranquillité. Mais il faut qu’il soit mon complice et là je ne suis pas certain d’arriver à mes fins. Il faut aussi que je sois certain qu’il me croira, j’ai tant menti jusqu’à présent je lui ai même dissimulé que je parlais à nouveau, pourtant hier quand j’écrivais, il m’a demandé en plusieurs fois si je pouvais prononcer quelques mots, et j’ai secoué la tête en signe de négation.

En m’éloignant en direction de la frontière je rigole en me rappelant la panique que j’ai vu chez ce commercial Suisse, il voulait me donner son argent mais je ne le lui ai pas pris, je ne suis pas un voleur, je lui ai juste emprunté son véhicule car au dernier moment j’ai renoncé à l’avion.

La frontière passée sans encombre, personne n’a donné l’alerte et tous vont me chercher vers les aéroports et non pas en France, le plus drôle c’est que je vais aller dans un chalet qui se situe pas très loin du GR5 et attendre la suite des évènements. Mais hélas rien ne va se dérouler comme je l’espérais, ’et ma cavale va prendre fin à la porte du chalet de mon avocat qui a fait mettre en place une souricière ou j’ai foncé tête baissée.

Mais revenons en arrière au moment où je passe la frontière je prends le temps de boire un café, ce sera ma première erreur, un homme va me reconnaître et dans un premier temps il va appeler la police de Thonon les Bains, mais ils ont d’autres chats à fouetter et ne vont pas prendre la communication très au sérieux ce n’est que vers 8 h du matin lorsqu’ils vont apprendre que j’ai mis les voiles qu’ils feront le rapprochement, sur le coup tout le monde a pensé que j’étais fort loin, or je n’avais pas fait plus de 100 kilomètres. J’avais comme prévu téléphoné à Maître Bardin et expliqué que je m’étais sauvé, dans un premier temps il m’avait raccroché au nez. Puis plus d’une heure plus tard m’avait rappelé, c’est là que j’aurais dû me méfier mais j’étais loin de connaître le sale tour qu’il venait avec l’aide de la justice de mettre sur pieds.

  • Mario
  • Oui Maître, vous êtes revenu à la raison
  • Vous m’avez surpris, mais comme pour l’instant personne n’est au courant de votre fuite je viens vous récupérer, vous ne bougez pas de là où vous êtes, vous me remettrez les clefs de la voiture que vous avez volés.
  • Non, je ne l’ai pas volé, juste emprunté ;
  • Vous jouez sur les mots, donc je vous disais vous me donnerez les clefs, le téléphone et je vous emmènerais vers mon chalet, j’ai pris le soin de faire quelques courses et ma nièce qui habite pas très loin vous ravitaillera le temps que les choses se tassent. J’ai foncé tête baissée vers ce projet qui répondait en tout point au mien. Mon avocat ne voulant pas se montrer m’a laissé en contrebas de son chalet disséminé dans une forêt.  Aux alentours d’autres habitations mais toutes fermées. Ce n’était plus la saison estivale, il avait neigé encore cette nuit, et bien qu’approchant de la fin de l’hiver à cet altitude il y avait encore quelques traces de névés. C’est en faisant attention où je mettais les pieds que j’avais parcouru la courte distance qui me séparait de son chalet, j’étais en train de gravir les marches lorsque j’ai entendu un éternuement, interloqué j’ai regardé de tous les côtés sans voir qui que ce soit, dans un premier temps j’ai pensé à des marcheurs puis je n’ai pas mis longtemps pour comprendre que j’étais tombé dans un véritable guet-apens. La porte du chalet s’est ouverte, un type cagoulé en noir m’a dit :
  • Bienvenu chez vous Monsieur !

J’ai d’abord joué l’ironie

  • A qui ai-je l’honneur ?
  • A la justice Monsieur,
  • Elle me prend pour un assassin et je n’en suis pas un.
  • En tous les cas vous avez une belle voix au timbre fort agréable mais gardez la précieusement, elle vous servira le moment voulu pour répondre aux questions de vos juges, à moins bien entendu que vous préfériez rester dans votre mutisme.

Je ne lui réponds pas, à quoi bon ? Je suis rapidement menotté, et redescendu vers la route où mon avocat m’attend, il s’avance vers moi et me dit :

  • Je suis là pour toi Mario,

Ma réponse cinglante ne se fait pas attendre :

  • Dégage tu m’as trahis, je n’ai plus besoin de toi, jusqu’à nouvel ordre je me défendrais tout seul.
  • Tu croyais Mario que j’allais jeter aux orties toute ma vie, je suis et resterais fidèle à mes convictions, je n’arrivais pas à te faire entendre raison aussi j’ai appelé les inspecteurs et avec eux j’ai monté ce subterfuge, je sais que tu es en colère mais passé ce temps tu comprendras que la fuite n’arrange rien.

Pour l’instant je suis sous le coup du sort qui s’acharne sur moi et ne lui répond pas, à mes yeux il a trahis la confiance de ma famille et m’a empêché de quitter le territoire français.

 

A suivre

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