La saga de l’été (chapitre A suite 2)

Tout en calquant son pas dans celui de Sandie, notre homme réfléchit et se dit que la coïncidence est bien trop belle, sa meilleure gagneuse la belle Mado est la mère de cette gamine. Mais il avait pourtant donné des ordres à l’époque, qui ne les a pas suivis ? Qui lui a fait ça ? Alors qu’il est absorbé dans sa réflexion et qu’il marche tête baissée il ne voit pas la gamine s’engouffrer sous une porte cochère et lorsqu’il relève les yeux la rue est déserte. Il repart de quelques pas mais il lui faut se rendre à l’évidence il l’a perdue. Il furète de ci de là, mais la gamine s’est fondue dans le dédale des ruelles. Et pour la retrouver cela va être impossible. Mais, parfois le facteur chance permet de grandes choses, effectivement Sandie s’est trompée de bâtisse et elle ressort sous le nez de celui qu’elle avait nommé son ange gardien. Dès qu’il la voit, il fond sur elle et la récupère par le bras ; Sandie essaye de se dégager mais c’est peine perdue.

– Toi et moi nous devons discuter, pour l’instant je ne te veux pas de mal, mais si tu essayes de te sauver je ne donne pas cher de ta misérable peau

Sandie est affolée, mais elle ne doit pas le laisser paraître sinon c’est cet homme qui gagnera, que lui veux-t-il exactement ? Elle accepte de l’écouter mais refuse de monter dans sa voiture, cela ne l’arrange pas.

– Il faut que je t’explique quelques choses ma belle, tu as une dette envers moi, enfin c’est ta mère, mais vu qu’elle a disparue et que je t’ai c’est toi qui va payer

– Moi, mais je ne peux rien vous donner je suis trop jeune

– Jeune, justement c’est ce que recherche le client

– Le client, mais

– Allez je vais te montrer ce que tu feras au début, vu où tu te balades tu as dû depuis longtemps perdre ta virginité

Sandie est sous le choc des mots de cet homme et elle ne se rend pas compte qu’ils marchent et se sont rapprochés d’un bar assez sordide. Brutalement il la pousse et elle atterrit sur le carrelage fendillé du bar Sa jupe est relevée et laisse apparaître de belles jambes fuselées ce qui ne laisse pas indifférents les consommateurs. Plusieurs sifflent, et Sandie en pleurerait de s’être laissé manipuler par cet homme qui semblait si gentils il y a peu. Elle est relevée par un beau jeune homme qui la regarde d’un air triste. Elle est si mal qu’elle a envie de vomir, elle se retient mais brutalement elle vomi sur l’homme qui l’a poussé dans le bar. Tous se poussent mais c’est trop tard il a son costume blanc tout verdâtre. Il assène une gifle à Sandie et la pousse dans un couloir étroit, puis la fait entrer dans une chambre, ouvre une douche et la met dessous, elle se débat mais elle n’a pas le dessus. Il la laisse se laver et l’attend de l’autre côté avec une serviette de bain blanche. Mais la douche coule toujours et la gamine ne ressort pas. Marco, car c’est son prénom attend, il ne comprend pas pourquoi elle ne revient pas, elle doit être sérieusement malade, après tout elle lui a vomi dessus. Il jette un coup d’œil, la gamine est assise sous la douche toujours habillée et sanglote. Il la laisse un instant pour pouvoir se changer, son beau costume blanc est à jeter. Il l’abandonne dans une corbeille et interpelle une jeune femme de ménage pour qu’elle puisse récupérer son beau costume de « maquereau »

Pendant ce temps Sandie s’en veut de s’être mis dans un désastre pareil, mais elle aimerait tant savoir ce que sa mère doit à ce type, mais tout cela lui semble sordide. Elle doit s’en aller, tout d’abord, vérifier si l’homme est toujours de l’autre côté. Non il n’y est pas, la porte de la chambre a un verrou, elle le tourne, puis elle regarde de tout côté pour voir comment elle peut s’échapper, lorsqu’elle se retourne vers la fenêtre, elle se retrouve nez à nez avec le beau jeune homme du bar, il la contemple et la désire cela se lit sur son visage. Il faut dire que sa jupe ruisselle et est plaquée contre son corps, sans parler de son tee-shirt qui moule ses seins, c’est comme si elle était nue. Elle en pleure, et le jeune homme trouve la jeune fille pathétique, il s’approche d’elle mais elle recule, il lui tend la main en lui disant :

– N’ayez pas peur je ne vous ferai pas de mal

Sandie ne sait quoi en penser et continue de reculer vers la fenêtre, cette dernière est ouverte et donne en contrebas sur une petite terrasse, elle attend le moment propice car elle a peur de ce qui va se passer une fois l’autre homme revenu. Il lui faut sauter mais elle sait que sa jupe en séchant va lui entraver les jambes, il lui faut se dépêcher tant qu’elle est encore mouillée, mais rien ne sera gagné une fois en bas, elle ne sait même plus ou elle est. Au moment où elle va franchir la fenêtre, on entend des coups à la porte, le jeune homme fait signe à Sandie de se taire, et l’aide à franchir la fenêtre, il la suit, tous deux se retrouvent sur une terrasse, il la précède et descend les escaliers qui amènent directement au cuisine. Son doigt sur la bouche, il lui prend la main et la fait entrer dans de vieilles cuisines ou l’on sent la graisse chaude et rance, Sandie a un autre haut le cœur, mais rien ne franchit ses lèvres, ses vomissements se sont arrêtés. Le jeune lui explique qu’il travaille dans ce restaurant et que son chef ne va pas tarder, il lui indique un petit chemin et lui dit de s’en aller et de mettre plusieurs kilomètres entre elle et Marco. Si il se pointe dans la cuisine ce qui est probable, il fera en sorte de le retenir pour qu’elle est de l’avance, mais elle ne doit pas repasser devant l’entrée du bar, car il craint pour sa beauté. Avant qu’elle ne parte il lui fait un doux baiser à la commissure de ses lèvres mais n’insiste pas devant le regard qu’elle lui jette.

Dès que Sandie a franchi le seuil de la cuisine, elle ne sait plus où elle se trouve, elle n’ose pas demander son chemin, encore faudrait-il qu’elle croise une personne. La rue est déserte, il lui semble reconnaître l’impasse d’où elle vient de sortir. C’est celle qui mène dans la rue du bar qu’elle était venue chercher. Elle comprend que le bar existe toujours, et, que la chambre où elle s’est trouvé est bien une chambre de passe. Elle se met à trembler et court, vite, il lui faut retrouver la chambre de son frère, pourvu qu’il ne soit pas arrivé avant elle. Maintenant elle détient d’autres preuves de l’existence de sa mère, mais le tout est toujours entouré d’énigme, et, si elle dit ce qu’elle sait à son frère, il va en faire une histoire et il serait bien capable de la ramener à son foyer vitesse grand V. Et de cela elle ne le veut pas, elle veut avoir les coudées franches pour comprendre pourquoi sa mère Mado de son prénom l’a abandonné. Mais il lui faudrait un garde du corps pour pouvoir retourner dans ce quartier, car seule, elle passera à la casserole mais ce « Marco » ignore l’âge qu’elle a! Il est bientôt midi, les passants la regardent comme si elle s’était jetée tout habillé dans la piscine, il lui faut retrouver la rue et l’entrée où habite son frère, sinon il va être en colère. Après elle se changera, elle a emmené un short et un autre haut, mais elle a tout laissé dans la chambre de bonne, elle planquera ses vêtements mouillés et avisera de quelle manière elle les fera sécher. Enfin elle retrouve la rue et ses maisons à colombages, ce quartier est plus huppé que l’autre, elle se jure de bien faire attention si elle est obligée d’y retourner. Le jeune commis lui a laissé ses coordonnées téléphoniques, mais hélas elle n’a pas de portable, elle demandera à Théo de lui en trouver un, et, elle appellera le jeune homme, qui sait il pourra peut-être l’aider.

Lorsque Théo rentre dans sa chambre il est loin de se douter de ce que sa sœur a fait de tout son matin. Il voit bien qu’elle a les cheveux mouillés, mas il ne lui avait pas interdit de prendre une douche. Il espère seulement que personne n’a entendu l’eau couler. Il s’en rendra vite compte car on l’appelle avec le téléphone interne pour aller déjeuner. Il promet à sa sœur de lui remonter quelques choses pour qu’elle puisse, elle aussi déjeuner, mais elle lui dit qu’elle ne pourra rien avaler.

Rapidement Théo dévale les marches et retrouve sa mère d’accueil, mais cette dernière n’est pas seule, elle est avec sa sœur, la fameuse femme que Sandie a vu ce matin, il lui dit bonjour comme si rien ne laissait présager qu’il savait la raison de sa venue.

– Bonjour Théo, alors ma sœur me dit que tu as d’excellentes notes, j’en suis ravie, ce n’est pas le cas de ta sœur

– Bonjour, vous êtes venu pour organiser le séjour de Sandie

– Pas vraiment

– Ah ! Que se passe-t-il ?

– Ta sœur ne t’a pas donné ses temps ci des nouvelles.

– Non, depuis que vous nous avez séparé je n’ai plus le droit de communiquer avec elle, ce qui du reste doit influencer sur ses notes, moi c’est différent je suis un homme et je suis dans une famille aimante.

– Mais ta sœur est très bien où elle est !

– Non, un foyer avec des éducateurs n’aient pas le lieu idéal pour Sandie nous nous sommes jamais quitté, et elle doit subir plutôt que d’apprécier le fait que nous sommes séparés, je n’ai jamais compris la décision du juge pour enfants. Mais dans un mois je suis majeur et je compte bien lui demander la garde exclusive de Sandie.

Les deux femmes sont abasourdies par les propos du jeune homme. Ni l’une ni l’autre ne s’attendaient à cela. Ce jeune homme si bien rangé semble être fort en colère. Comme quoi même les eaux dormantes peuvent devenir torrent en furie.

– Nous en reparlerons, viens nous passons à table

Elles ne lui disent pas un mot sur la fugue de Sandie, possible que personne ne les ai encore avertis, cela lui donne du temps pour trouver une planque à sa sœur, car il n’est pas question qu’elle reste dans sa chambre, c’est le premier endroit où la police viendra mettre son nez, et, il n’a nulle envie que l’on lui en fasse subir quoi que ce soit. .Il mange du bout des lèvres, mais personne ne le remarque car il subtilise dans sa poche tout ce qui permettra à Sandie de grignoter, une tranche de pain, puis la moitié de sa côtelette, les légumes il doit y renoncer, c’est impossible, mais le fromage plié suit le même chemin, ainsi que la belle pêche. Il boit un verre d’eau, embrasse sa « Tatie » comme il l’appelle et dit au revoir à sa sœur, il prétexte qu’il doit réviser, et il rappelle à Tatie que son meilleur ami ne devrait pas tarder à le rejoindre et qu’elle soit lui ouvrir la porte cochère. Elle rit d’un rire juvénile, lui tapote les cheveux et lui promet qu’elle ne le laissera pas son copain attendre dans la rue.

Il remonte quatre à quatre les marches, Sandie dort, elle est si belle sa petite sœur, mais elle est fragile et à la fois capable de soulever des montagnes. Il met de côté la nourriture qui lui a apporté, il regarde ce que contient son placard, trouve un paquet de chips, il lui prépare une table et la laisse dormir. Il a très peu de choses à réviser, le bac commence dans deux jours, son copain par contre a besoin d’un coup de main en math, il lui a dit qu’il l’aiderait, du reste il l’a mis dans la confidence concernant sa petite sœur, et va lui demander une petit aide contre ses conseils en math.

Pendant ce temps Marco a piqué une colère contre le jeune commis et si le chef n’était pas intervenu il aurait pu lui démonter la tête comme il en avait l’intention. Mais ce dernier lui a fait comprendre que le gamin était terrorisé et que de cette manière il allait lui mettre la pression, son envie de bien faire allait disparaître, et mettre la puce à l’oreille du jeune ne servirait pas ses intérêts. Contre mauvaise fortune bon cœur, Marco s’est laissé convaincre mais il a décidé de ne pas relâcher la pression sur le commis, ce dernier a dû communiquer avec la gamine et, qui sait il le mènera peut-être directement vers elle.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

 

eauteur

cooltext167891793251221

La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe