La Saga de l’été ( chapitre A suite 1)

Finalement après avoir dormis plus de deux heures, Sandie a décidé d’aller se balader dans la rue et retrouver cet enseigne de bar qu’elle a gravé dans sa tête, elle a une mémoire d’éléphants quand cela l’arrange. Elle se souvient l’avoir lu la première fois sur les pages arrachées au journal de celle qui lui servait de grand-mère, cette Nanie, mais elle ne sait où cela va la conduire. Elle arpente depuis un bon moment les rues du vieux Tours, ici c’est un peu plus sordide, les hommes se retournent sur son passage, elle n’aime pas les regards qu’il lui lance. Mais elle veut savoir quelle raison à pousser sa Nanie a mentionné ce bar sur un dossier assez épais. Dommage qu’il n’ait pu le prendre dans sa totalité. Il a juste fallu que sa fille soit apparue le jour de la mort de sa mère. Il lui faut allonger le pas car depuis qu’elle a tourné dans la ruelle, il lui semble qu’un pas se calque sur le sien. Faut-il se retourner ou prendre ses jambes à son cou. Dans la panique qui s’en suit elle trébuche et de suite un homme lui prend le bras, la relève et la mange des yeux comme si il voyait une revenante.

– Vous êtes bien jeune pour vous trouver dans ses lieux, Mademoiselle !

– Seriez-vous mon ange gardien ?

– Ici je suis plutôt le diable !

– Il n’existe pas !

– Méfiez-vous, je pourrais vous le prouver, mais dîtes-moi plutôt ou vous pensez aller dans ce quartier.

– Je cherche la ruelle du Chat Botté

L’homme s’esclaffe et lui dit que cette rue ou ruelle n’existent pas.

– Ah me serais-je trompé ?

– Certainement

– Vous cherchez quoi au juste ?

– Un bar

– Lequel ?

– Je ne sais pas, j’ai lu son nom sur un papier de famille.

– De famille et bien votre famille fréquentait de mauvais endroit Mademoiselle ! Alors quel est son nom ?

– Je me souviens que du Chat Botté !

– Ce bar n’existe plus, c’était ni tout à fait un bar à strip-tease ni tout à fait un bordel, un genre de «super nightclubs» qui représentait l’envers malfamé de cette vie nocturne.

– Oh !

La pauvre Sandie se met à pleurer en entendant les propos que lui tient cet inconnu, qui la prend par la main et l’entraîne vers des rues plus animées. Il la fait asseoir à la terrasse d’un café bien connu des Tourangeaux et attend qu’elle se calme. Gentiment il lui tend un mouchoir, lui commande un Orangina et se prend une bière et attend patiemment qu’elle lui donne quelques explications. Encore un ou deux sanglots puis tout en s’essuyant les yeux et les joues, elle le remercie pour la boisson et raconte sa vie. Rapidement elle s’aperçoit qu’elle se résume à trois ou quatre lignes, puis elle lève les yeux et regarde cet homme, il est plus âgé que son frère, pire il pourrait être son père. Il la regarde intensément, que petit à petit Sandie se sent mal.

– Pourquoi vous me fixez ainsi ?

– Vous me faîtes penser à une femme

– Ah ! Et ?

– Je ne sais pas, mais vous avez cette expression qu’elle avait, mais c’est de l’histoire ancienne, personne ne l’a revue depuis son mariage ; je ne sais pas où elle est ? Pourquoi teniez-vous tant à aller dans ce bar.

– J’ai retrouvé des papiers de famille et, c’était noté dans une marge : M viendra payer sa dette au bar du chat Botté sinon….

– Alors vous êtes la fille de Mado ?

– Mado !

– Votre mère ne se prénomme pas Mado ?

– Je ne sais pas

– Comment ça, vous ne vivez plus avec elle ?

– J’ai vécu avec Nanie jusqu’à mes neuf ans

A ces mots, l’homme se lève brutalement et fait tomber sa chaise, il bredouille des mots sans suite, puis brutalement jette de la monnaie sur la table et prends le poignet de Sandie pour l’entraîner rapidement vers une belle voiture rouge qui brille de tous ses feux sous le soleil.

– Monte

– Pourquoi !

– Monte, je te dis et obéis moi !

– Je ne peux pas monter, mon frère m’attend

– Où est ton frère ?

Sandie lui montre un jeune homme à quelques pas, l’homme s’engouffre dans sa voiture en lui disant :

– Je te retrouverais.

Puis, il démarre sur les chapeaux de roue, laissant une Sandie tétanisée par la peur. Dans quelle galère s’est-elle mise et qui est cet homme qui semble avoir connu sa mère. Mais que va dire son frère, vite, il lui faut regagner le havre de paix qu’elle n’aurait jamais dû quitter. Tout absorbé par ses problèmes elle ne voit pas la voiture rouge se garer, et l’homme qui la conduisait la suivre.

A suivre

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