La Saga de l’été (chapitre 2 suite 3)

Lorsque Jean Charles quitte le commissariat, le jeune inspecteur le suit des yeux, il trouve cet homme voûté, triste et se dit qu’il doit penser qu’il est maudit voire pire. Que dire de ce deuxième enlèvement, qui 15 jours après n’a toujours rien donné, rien, pas une mince chance de trouver un indice, aucune des personnes interrogées ne peut expliquer ce qui s’est réellement passé, aucun indic a eu vent de cet enlèvement, le dossier est réduit à peau de chagrin. Mais cet après-midi il doit rencontrer la Belle Maud, la première femme de Jean-Charles, possible qu’elle en sache plus que son ex-mari. Ce serait-elle venger de lui ? Mais pourquoi, quand il la vue hier au cimetière elle semblait fort affecter par la disparition des deux enfants, elle semblait plus émue par le kidnapping du bébé, cela devait trop lui rappeler la disparition de sa petite Léa., enfin il en saurait plus car d’un instant à l’autre elle va rentrer dans son bureau.

Pendant ce temps Maud erre sans but dans les rues de Tours, personne ne peut la reconnaitre, elle a bien changé, elle a vieillie, même si son port de tête est resté élégant, elle n’est plus la jeune femme dévergondée qui avait pourtant fait une grande impression sur Jean-Charles. Il faut dire qu’à l’époque elle était seule, sans souteneur, puis une erreur de sa part, et cela avait été la dégringolade. Elle avait épousé Jean-Charles lors d’une cérémonie assez intime, Jean-Charles avait mis ses parents au courant que lors de la naissance d’Amaury qui était né cinq ans après leur mariage. Elle avait vite été mise de côté par le père et le frère de son ex-mari, seule sa maman, une femme effacée et douce lui avait tendue les bras. Du reste au moment de la disparition des enfants elle avait été la seule à ne pas la maudire, pour les trois autres hommes c’était entièrement de sa faute et depuis on l’avait chassé, elle allait dire répudié, oui c’était exactement ce qu’il lui était arrivé. Jetée comme une malpropre, personne pour l’aider, pour savoir où en était l’enquête. Ce jeune inspecteur lui a demandé à la sortie du cimetière de venir le voir avant de repartir pour le Mans, elle a acquiescé et là voilà devant la porte. Un planton lui répond que l’inspecteur l’attend dans son bureau et une jeune stagiaire l’accompagne au deuxième étage.

A son entrée l’inspecteur se lève et vient à sa rencontre, elle n’est en rien mêlée, enfin il l’espère à ce deuxième enlèvement, mais il a préféré la rencontrer, puis il a lu le dossier du premier enlèvement et il veut éclaircir quelques points. Qui sait se dit-il avec quelques questions bien posées il va peut-être un peu mieux comprendre ce qui s’est passé la première fois, il trouve que l’interrogatoire de la mère a été bâclé, elle parle d’un « maquereau », puis plus rien, ni son prénom, voire son nom, personne n’a suivis cette piste, étrange.

Dans un premier temps il l’observe, elle est belle, environ 40 ans, grande, élancée mais d’une tristesse à faire peur. Elle a mis pour la circonstance une robe noire assez courte mais cela lui va, dans les cheveux un foulard retient une chevelure qui doit être assez folle, de grandes boucles brunes. Ce foulard est d’un beau vert. Au cou un bijou, une alliance et un petit cœur. Il est certain que ce sont les photos de ces bébés, qui aujourd’hui ont 15 ans et 17 ans. Il a demandé au père des photos, il les a, il va expliquer à cette femme qu’il va les vieillir et les diffuser sur les journaux de la Région, sait-on jamais, mais pour l’instant il se doit de l’interroger.

  • Si je vous ai fait venir ce n’est pas pour parler de ce second enlèvement mais pour éclaircir le premier. A l’époque savez-vous pourquoi on ne vous a pas demandé le nom et le prénom de votre souteneur ?
  • Ils m’ont dit que dans ce milieu il n’allait pas s’encombrer de gamins et que la piste qu’ils avaient suivie n’avait rien donné.
  • Mais vous leur avez dit son nom ?
  • Oui, bien sûr, mais mon mari, enfin mon ex-mari ne voulait pas en entendre parler.
  • Ah je vois, et vous vous souvenez de son nom ou de son « pseudo », car parfois il ne donne pas leur vrai nom.
  • Oui, je le sais il s’appelait Marco
  • Marco ? Connaissez-vous son surnom ou son nom de famille ?
  • Oui
  • Et c’est ?
  • Marco Leif et son surnom c’est le Filou
  • Merci, vous êtes certaine de l’avoir dit à l’époque.
  • Maintenant que vous me le dîtes, je ne sais plus, j’en étais certaine, mais là , je ne sais pas, mon ex ne voulait pas que j’étale ma vie d’avant.
  • Et, si je puis me permettre, lorsque vous étiez marié est-ce que vous avez continue votre métier précédent.
  • Je n’étais plus prostituée, j’étais Escort- Girl pour des patrons qui venaient sur Paris. Je les accompagnais, enfin vous connaissez.
  • Oui, si l’on veut, mais je n’ai nullement besoin d’en savoir davantage, j’explore toutes les pistes de la première fois. Et, est-ce que vous vous rappelez si aux cours des dernières semaines il se serait pas passé quelques choses d’étranges que vous n’auriez jamais dit au moment ou qui vous est revenu longtemps après et qui vous fait penser que peut-être cela pourrait être en lien avec nos deux affaires.
  • Je ne sais pas, vous pensez à quoi ?
  • A tout et à rien, dîtes-moi tout ce dont vous vous souvenez, moi je me débrouille pour écarter ce qui n’est pas en rapport, mais dans l’état des choses, vu que nous n’avons jamais retrouvés vos enfants, j’espère qu’ils sont vivant et le moindre indice me sera profitable.

L’inspecteur a l’impression que Maud est affolée, lui cacherait-elle quelques choses ? Et quoi ? Il va falloir être vigilant mais surtout ferme, sans l’affoler car il pense qu’elle va rentrer dans sa coquille. Mais au même moment un coup discret à la porte le fait lever les yeux.

  • Excusez-moi Madame,
  • Entrez je vous prie, qu’est-ce que c’est ?
  • Mon Commandant nous avons reçu un avis concernant une jeune fille de 15 ans, elle a fugué ce matin et elle a été aperçue dans les rues piétonnes ce matin vers 11 h, aussi le Commissaire a demandé que je vous donne le signalement.
  • Elle a fugué d’où ? Les parents sont au courant, prévenez mii quand ils seront là.
  • Elle était en foyer vers Moulin, il pense qu’elle serait partis dans la nuit à bicyclette et a attrapé le premier car du matin qui se rend à la gare, mais le chauffeur dit qu’elle est descendue avant la ville.
  • Et à 11 h elle était à Tours, elle a dû trouver une voiture, bon donnez-moi son portrait.

Le jeune gardien passe la photo à son chef qui la pose devant ses yeux sur la table, puis à nouveau va pour interroger la jeune femme, mais elle la voit ouvrir la bouche et sangloter.

  • Que se passe-t-il , pourquoi pleurez-vous ?
  • Cette jeune fille qui a 15 ans l’âge de ma fille, cela me fait pleurer.
  • Ah je comprends dit l’inspecteur, tout en glissant entre deux feuilles le portrait de la jeune fille, bon reprenons, vous êtes bien certaines de ne rien me cacher et de m’avoir tout dit, car vous savez que si l’enquête était rouverte, je pourrais vous convoquer à nouveau, alors autant tout me dire, cela vous évitera de revenir sauf bien entendu si nous découvrons que les deux affaires sont liées.
  • Je ne sais si je peux vous le dire
  • Osez, cela peut nous aider, même une chose infime peut faire commencer ou continuer une enquête.
  • Lorsque j’ai eu ma fille je me suis arrêtée de travailler définitivement, car deux enfants cela me prenaient tout mon temps. Marco le fouineur
  • – Le fouineur ou le filou ?
  • En fait les deux, selon ce qu’ils faisaient ils changeaient, bref un vrai caméléon
  • Je vois, donc vous vous êtes arrêtés de travailler, il s’est passé quelques choses dont vous voulez m’informer ?
  • Oui ! Je lui devais une somme énorme, mon mari m’a dit s’en être occupé, puis quand nos enfants ont été enlevé, il m’a dit tu vas être obligé de retourner « tapiner » car tu n’as pas rendue la totalité de ta dette, si cela se trouve c’est lui et c’est la raison pour laquelle il nous a volé nos enfants. Et, le soir même il me déposait dans la rue ou il m’avait trouvé, en me disant de disparaître à tout jamais. C’est ma belle-mère qui m’a aidé et recueilli, sans elle, je pense que je serais retourné sur le trottoir.
  • Rien d’autre ?
  • Non, enfin oui, mon ex a le jour où il m’a ramené sur  Paris dans les lieux que je fréquentais 7 ans auparavant, il a reçu un courrier, je ne l’ai pas eu entre les mains, mais le parfum qui émanait de cette mystérieuse lettre était le même que celui de Marco.
  • Cette lettre n’est pas dans le dossier, je vous remercie Madame, vous n’avez pas de photos de vos enfants ?
  • Je n’ai que ce médaillon, mon ex ne m’a rien laissé.
  • Ce n’est pas grave, si l’enquête évolue et je vais tout faire pour que les deux enlèvements soient rapidement élucidés, je vous tiendrais au courant, vous pouvez repartir dans votre famille, essayez de ne plus penser, enfin si vous y arrivez. Bon courage Madame.

Maud partie, l’inspecteur ressort du dossier la photo de la jeune Sandie, disparue depuis ce matin mais signalée que maintenant soit plus de10 h après. Il fait diffuser sur les ondes et à la  télévision l’avis de recherche, puis il travaille à différents dossiers jusqu’à fort tard. Lorsqu’il quitte son bureau une idée lui trotte dans la tête, mais en cet état de l’enquête il ne veut point extrapoler. Demain matin il y aura une descente dans les milieux bien connus de la prostitution et ce simultanément sur, Paris où l’enquête sera diligenté par un de ses amis de promotion et en même temps sur Tours. Auparavant silence total.

Il presse le pas et regagne son petit studio, il va dormir quelques heures avant d’aller sur les lieux qu’il a noté dans son calepin ; ceux où il y a 15 ans était fréquenté par la belle Maud, ah mince mais quel était son nom ? Zut il se maudit il ne lui a pas demandé. Que faire l’appeler ? Ou retourner au boulot. Bon à ce degré de l’enquête ce n’est pas grave. Il avisera dans 4 h, pour l’instant il n’a qu’une envie c’est dormir. Lorsque son réveil sonne il lui semble s’être endormis seulement dix minutes avant, vite il avale rapidement un café et gagne le lieu de rendez-vous qu’il a donné à ses hommes. C’est dans un silence total qu’une dizaine d’hommes investissent un bar d’une rue mal famée de Tours et au même moment une autre brigade fait une descente dans un night-club de Paris.

Cette même nuit, non loin de là Théo et Sandie qui ont vu l’avis de recherche à la télévision ont tenu une réunion secrète, le grand-frère pousse sa sœur à aller se présenter au commissariat, mais elle ne le veut pas, il faut dire que plus têtue qu’elle cela ne doit pas exister. De guerre lasse ils sont allés se coucher, et, vers cinq heure trente Sandie s’est glissé hors de la chambre de bonne de son frère et s’en est allée.

A suivre

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