Vous vous en étiez arrêté à la demande de l’inspecteur, je vous met la dernière phrase pour que vous vous en souveniez:

  • La tombe ? Quelle tombe ? Ils n’ont jamais été retrouvés !

Mais il laisse sa phrase en suspend en voyant l’effet que ses paroles ont sur la jeune femme, il se tait, un grand silence s’intercale entre les mères d’un côté et la police de l’autre. Pourquoi 15 ans après ce premier drame ils se retrouvent dans cette maison pour constater l’enlèvement de deux autres enfants, même si il y a eu erreur sur l’un, il y a tout de même deux enfants à nouveau dans la nature. Qui sont les commanditaires et à qui on en veut ? Et pourquoi atteindre les gens avec l’enlèvement de petits innocents ? La bonne est seulement une amie d’étude de Serena, dans leur malheur ils peuvent se serrer les coudes mais 10 jours après l’enlèvement les indices sont plutôt maigres.

Quelques heures plus tard, le papa est de retour de son voyage d’affaire, il est dans un état second en apprenant la nouvelle disparition dont il fait l’objet, son fils aîné, né de son mariage avec Selena a été enlevé, il est maudit. Dans son malheur on ne lui a pas enlevé sa fille, mais hélas l’amie de sa femme a subis le sort qui lui était infligé. Ni lui, ni les policiers ne comprennent l’acharnement dont il est la victime. Autrefois ils avaient mis le premier enlèvement sur le compte de Maud, sa première femme, ancienne prostituée, elle devait de l’argent à son souteneur, mais là, Serena n’a rien à voir avec cette sordide histoire. Alors ? Serait-ce lui qui était visé ? Mais par qui ? Et pourquoi ?  Aujourd’hui il est convoqué au commissariat, il va s’y rendre seul après avoir été s’incliner en compagnie de la mère de ses deux premiers enfants sur une tombe qui ne contient pas leurs corps, ils ignorent si ils sont mort ou vivant. Possible que l’enquête soit relancée, car les deux affaires sont liées, le jeune inspecteur en est convaincu. Il verra ce qu’il va lui dire cet après-midi.

Maud est là dans l’encoignure de la porte du cimetière, elle attend son ex-mari, il se fait attendre, elle ne comprend pas pourquoi il n’est pas arrivé, lui, si ponctuel se fait désirer. Lui, s’est remarié, elle sa vie s’est arrêtée ce 25 juin 2000, jour où ses deux enfants ont été kidnappés. Des années d’enquêtes qui n’ont jamais aboutis, disparus à tout jamais. Depuis, elle a quitté cette ville et vit en recluse dans la petite maison attenante à celle de ses parents. Ah le voilà se dit-elle dans son for intérieur. Comme il est voûté, il lui semble encore plus triste que d’ordinaire. Machinalement il l’embrasse et soudain se met à sangloter. Maud ne comprends pas, aussi est-ce fébrile qu’elle lui demande :

  • Il y a du nouveau pour les enfants ?
  • Comment le sais-tu ?
  • Non ! Je te le demande
  • Parles-tu de nos enfants ou de ceux de Selena et moi.
  • Je ne comprends pas, que se passe-t-il ?
  • Mon fils a été kidnappé et la fille de notre bonne aussi.
  • Oh mon Dieu quelle horreur, encore, mais pourquoi ?
  • Nous ne le savons pas
  • Mais cela s’est passé quand donc ?
  • Il y a plus de 15 jours,
  • Mais tu ne m’en as rien dit
  • Je viens juste de l’apprendre
  • Oh ! Mais pourquoi te l’avoir caché
  • J’étais en déplacement.
  • Selena ne t’en avais rien dit
  • Voilà, c’est exactement cela, elle m’a joué la comédie plus de 10 jours, elle me passait la petite mais elle l’empêchait de me parler.
  • Mon pauvre ami, crois-tu que ce sont les mêmes ?
  • Tu penses à qui ? A ton ancien souteneur ?
  • On n’a jamais su, il a disparu de la circulation
  • Il se nommait comment, le sais-tu au moins ?
  • Oui
  • Alors accompagne-moi au commissariat et essayons de voir si les deux affaires ne sont pas liées.
  • Pourquoi le serait-elle, je ne connais même pas tes enfants, et moi tu m’as plutôt condamné il y a quinze ans que soutenus, je refuse de t’aider, je repars chez moi, si tu as du nouveau concernant nos enfants, préviens-moi

Maud s’en va en laissant un Jean Charles Paillet complètement désemparé, il se glisse en catimini dans le parc, vers le caveau familial ou il y a juste une ligne :

«  Ce 25 juin 2000 disparaissaient Amaury 2 ans et Léa 2 mois où qu’ils soient qu’ils dorment en paix »

Cette phrase c’est Maud qui a voulu la faire graver sur le tombeau familial. L’inspecteur avait l’air de l’ignorer lorsque Serena lui en a parlé, s’ils étaient vivants on aurait dû les retrouver. Jean Charles allonge le pas et rejoint sa voiture, une belle Lamborghini dernier cri et part en direction du commissariat.

A son arrivée l’inspecteur n’est pas là, mais une jeune stagiaire le fait entrer dans un petit bureau chargé d’une tonne de papiers, il lui propose un verre d’eau ou un café, il opte pour le café, il va en avoir besoin, il ignore tout ce que lui réserve le jeune diplômé fraîchement sortis de son école d’officiers. Il se dit en catimini c’est un blanc bec, il va vouloir faire du zèle pourvu que ce ne soit pas au détriment des enfants. Il en est là de ses réflexions lorsqu’il voit rentrer le jeune inspecteur en cravate rouge, chemise blanche et complet veston noir. Avec la chaleur qu’il fait il est habillé comme un nabab, lui-même est en jeans et chemise noire ouverte sur rien. Mais bon il n’est pas là pour détailler et comparer leurs vêtements.

  • Bonjour Monsieur Paillet, j’aurais préféré vous voir en d’autres circonstances
  • J’aurais préféré que vous me disiez que vous aviez retrouvé Amaury et Léa, mais hélas j’ai mon second fils de kidnapper ; c’est un véritable cauchemar. Et, on n’a jamais su si les aînés étaient morts.
  • Sans les corps on n’est jamais sûr de rien

A ces mots Monsieur Paillet ne peut retenir ses larmes et le jeune inspecteur respecte ce père, mais il lui faut l’interroger pour savoir ce qu’il faisait, et, où il était ces dix derniers jours.

  • Avez-vous des ennemis ?
  • Non, je travaille pour une Société d’Import-Export, certes j’ai des fonctions importantes puisque je suis le Directeur de la branche Ouest, mais on ne fait pas des produits mettant en périls qui que ce soit. Nous travaillons dans la commercialisation de « tablettes nouvelle génération », cela nécessite aucune Société à nous espionner, ni qui que ce soit à faire des pressions en m’enlevant mes enfants pour que j’avoue je ne sais quoi..
  • Et, il y a 15 ans vous étiez dans la même Société ?
  • Oui, mais j’étais juste un cadre, là j’ai été promu il y a pas plus de 6 mois aux fonctions que j’occupe.
  • Je vois, en effet, mais votre première femme vous l’avez rencontré ou ?
  • Je n’ai jamais caché à l’inspecteur chargé du dossier que je l’avais rencontré dans un bar à strip-tease, je suis tombée éperdument amoureux d’elle. Seulement elle ne m’avait pas dit qu’elle avait un souteneur et qu’elle lui avait volé de l’argent.
  • Ah ! Mais je n’ai pas vu cela dans le dossier
  • Pourtant nous en avons parlé, mais la première enquête a été bâclé, et je pense, j’ai même la certitude que mes enfants sont vivants, mais je ne pourrais jamais les reconnaître, et comment me verront –ils, comment verront ils leur mère ?
  • Nous reviendrons au cours de notre discussion sur la première disparition, mais pour l’instant revenons sur ce que vous avez fait dans les jours qui ont précédé l’enlèvement. Etes-vous sortis, avez-vous rencontré des personnes que vous n’aviez jamais côtoyés, avez-vous donné des réceptions ? Avez-vous rencontrés des personnes de votre vie antérieure ?

Sous le feu incessant des questions Jean Charles ne sait où donner de la tête, il essaye de tout enregistrer mais ne répond à aucune question, il attend patiemment la fin de cette longue tirade.

  • Effectivement nous avons donné une réception juste avant mon départ pour Grenoble.
  • Ah ! Vous souvenez-vous de qui était présent ce soir-là ?
  • Oui, en partie mais ma femme a dû tout noter c’est elle qui a fait les cartons d’invitation
  • Je lui demanderais, mais est-ce que parmi vos invités il y en a qui connaissent votre vie antérieure. Le kidnapping de vos deux premiers enfants ?
  • Je ne sais pas si il y en avait, nous n’habitions pas sur Tours quand cela nous est arrivé.
  • Rencontrez-vous des gens de votre vie de villégiature, car cette maison c’est bien celle où vous passiez vos vacances avec votre première femme.
  • Oui, mais je ne sais si il y avait les « Morin »
  • Qui sont les Morin ?
  • Des amis d’enfance
  • Et ?
  • Je vous réponds, je ne sais ce que vous recherchez
  • J’essaye de faire le rapprochement entre les deux affaires
  • Et ?

Pour l’instant je ne puis rien vous dire de plus mais j’ai déjà une petite idée, je vais piocher dans ce sens et dîtes à votre femme de me donner la liste des invités à votre réception.

  • Au revoir Monsieur Paillet je vous tiendrais au courant, en attendant évitez de faire du bruit et n’allez pas donner des interviews à la presse ; cela desservirait mon enquête.
  • Ce n’est pas mon genre, ni celui de ma femme, déjà que j’aurais bien aimé la discrétion et bien c’est raté.
  • N’oubliez pas que la dernière fois c’est la discrétion qui nous a pas aidé.

A suivre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.