Le refuge

Brutalement elle le repousse et lui assène une gifle magistrale en lui disant de ne pas s’occuper d’elle et qu’il ferait mieux d’aller voir ses moutons. Il pense en lui-même, elle me prend pour un rustre et bien je ne vais pas la décevoir. 

Il l’empoigne  et la renverse sur le promontoire  et il glisse ses mains sous son chemisier, elle ne le repousse pas, au contraire elle prend même du plaisir, il sourit mais instantanément s’arrête en voyant ses yeux exorbités. En la renversant il n’imaginait pas ce qui allait se passer. En effet il était tellement absorbé à la caresser qu’il n’a pas vu venir les deux hommes qui observaient leur montée à lui et à et sa douce proie.  Ils sont à une encablure du rocher et à peine dissimulés. La jolie femme qu’il a dans ses bras est tétanisée par la peur, elle a un hoquet et va  pour hurler, il lui met la main sur la bouche en lui intimant l’ordre de se taire. Il se plaque le plus prêt possible d’elle jusqu’à que son corps la recouvre entièrement, elle ne dit mot et attend.

Les deux hommes ricanent en passant à côté d’eux. Ils les prennent pour deux amoureux faisant leurs petites affaires en pleine montagne. Cela leur parait tout de même étranges mais ils avancent et ne se retournent pas. C’est à son tour de les voir en contrebas, il a l’impression que tout danger est écarté, il se fait plus pressant, tout en l’embrassant,  elle ne le repousse pas, la peur l’a anéantit, mais il ne veut profiter d’elle, il n’est tout de même pas rustre à ce  point. Et puis cet endroit est des plus dangereux. Il le connait bien. C’est un ancien chemin de contrebandiers. 

En lui tendant la main pour qu’elle se relève il voit sur son visage les traces de ses larmes. Absorbé par son désir il ne s’en était même pas rendu compte, il pensait qu’elle était émue d’être dans ses bras. Cette femme est une véritable énigme, si elle lui a dit trois mots c’est juste j’ai peur! 

Va-t-elle lui révéler qui sont ces deux hommes et de quoi est-elle menacée?  La prenant par la main, il l’invite à continuer leur ascension,  plus haut il connait un refuge , qui sert aux bergers, ils s’y arrêteront, il faut connaître le coin pour le trouver, et il lui assure qu’ils y seront tranquilles. Sur son visage un sourire, pour lui c’est un grand pas de fait, elle accepte de le suivre et se sent en confiance, à lui de ne pas la décevoir. Les derniers lacets sont rudes il leur faut plus d’une heure avant d’atteindre le sommet. En chemin, elle s’est retourné deux ou trois fois, puis en haut une pierre s’est descellée et là elle s’est jetée dans ses bras pensant que les deux hommes l’attendaient. Il lui fait comprendre que le seul chemin pour atteindre le sommet c’est celui qu’ils ont emprunté, après il y en a un autre qui va vers les alpages, mais eux vont bifurquer et redescendre sur l’autre versant  et le refuge se trouve sur l’éperon rocher qui leur fait face. Il y en a encore pour une heure lui dit-il, tout en lui demandant si elle n’est pas fatiguée.

Pour la première fois il entend sa voix, elle est douce et mélodieuse, il apprend qu’elle est en vacance dans la région mais  quand il veut en savoir davantage, elle se ferme comme une huître.

Ils effectuent la descente rapidement, en se méfiant des éboulis et après s’être restauré, ils attaquent la montée, il faut faire vite le ciel est menaçant, l’orage va leur arriver dessus en deux temps trois mouvements. Les premières gouttes glacées  les surprennent,  il leur faut accélérer le pas et il la sent très fatiguée, il lui prend son sac et l’encourage le plus possible.

Enfin il voit la cabane, il était temps un déluge s’abat sur eux. Leurs vêtements sont trempés,il la pousse à se dévêtir, à nouveau la peur sur son visage, il la laisse un moment et passe dans l’autre pièce en lui tendant une couverture. Pendant ce temps il allume le vieux  poêle et au-dessus il suspend leurs vêtements.

Dans un vieux buffet de bois il prend deux bols,elle s’aperçoit qu’il est à l’aise et sait où se trouve chaque objet. De sa gourde il  verse de l’eau dans une petite casserole et la fait chauffer sur son camping gaz. Il plonge des herbes tirées de son sac, du sucre et mélange le tout. Il lui dit  ce sont des herbes qui vont ôter la fatigue, vous allez dormir et moi je vous veillerais. Elle ne lui dit rien mais elle sait qu’elle ne pourra pas dormir.

Elle ne le connait pas, mais il n’a pas l’air de lui vouloir du mal, mais faut-il tout lui dire et surtout il ne faut pas qu’elle accuse si ce qu’elle a vue n’était qu’une farce, pourtant cette femme qui criait elle avait peur, elle en est certaine et puis ces hommes pourquoi sont-ils revenu si il ne c’est rien passé. Elle en est là de ses réflexions quand son sauveur arrive avec deux bols fumant, une douce odeur s’en dégage, en le buvant, Manon, oui c’est son prénom trouve ce breuvage délicieux.

Quand elle se réveille la montagne est bleue où violette selon où les éclairs se trouvent, tout est  illuminé comme en plein jour et pourtant il n’est que deux heures du matin. Où se trouve son sauveur, elle est seule, elle panique complètement, soudain  la porte s’ouvre.

 

 

 

 

Histoire sans fin…..  ©

 

 

 EvaJoe

 

Photo d’un refuge en Corse (où j’ai situé cette histoire) lien vers le site

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