La petite annonce (La traversée dangereuse )

Dans la voiture qui me ramène je ne sais ou, je ressens les effets de ma cavale nocturne, depuis mon départ du centre de traumatologie je ne me suis pas allongé un seul moment et j’ai ma cheville qui me fait souffrir, le matin le kiné de l’hôpital m’avait dit de me ménager, il trouvait que j’en faisais trop, et pour cause il comprendrait ce matin la raison, je m’entraînais pour mon départ en catimini de son cabinet.

J’en suis là de mes conciliabules lorsque je vois que la voiture ralentie pour finir par s’arrêter, deux gendarmes viennent à notre rencontre, que va-t-il m’arriver ?

  • Gendarmerie Nationale, Monsieur doit nous accompagner, finalement à la demande du chirurgien nous devons le faire examiner, puis il sera présenté au juge d’instruction et c’est lui seul qui décidera de sa mise en examen ou en détention.
  • Monsieur avez-vous un avocat ? Si c’est le cas je vous laisserai le temps de l’appeler ;
  • J’en avais un mais je l’ai jeté il n’y a pas plus de trois heures.

Et sur ces bons mots ils m’extraient de la voiture et me font monter dans leur véhicule, ils m’ont ôtés les menottes, ceux-là ne doivent pas me considérer comme un assassin, c’est une chance, toutefois je décide de me murer dans le silence le plus total. Ce qui je l’avoue n’allait pas arranger mes affaires mais je suis d’un naturel peu expressif et là il commençait tous à me courir sur le haricot si je puis m’exprimer ainsi. Une envie de nicotine exaspère tous mes sens, je fumerais bien une clope, mais aucun des deux flics n’a ça sous la main ou dans leur poche. Ils me disent ne pas fumer, du coup je retombe dans mon mutisme.

La route suit une forêt, des arbres à perte de vue, je lutte pour ne pas dormir mais petit à petit je sombre dans le sommeil, et brutalement je sens que l’on me secoue, je dois rapidement revenir à la réalité, au moment où je mets les pieds par terre je sens une douleur terrible me vriller la jambe, et si un des agents de la force publique ne me soutenait pas je pense que je me serai affalé sur le sol. Je suis devant un hôpital, mais je sais que ce n’est plus la Suisse, possible que je sois à Montbéliard, il me semble reconnaître les extérieurs, mais rien ne se passe comme je l’espérais, on apporte un fauteuil roulant on me colle dessus d’une manière brutale et je suis rapidement emmené à l’intérieur ou une infirmière à l’air revêche me prends en charge et m’emmène passer une radio dans un premier temps, puis me colle dans une chambre minuscule où je dois attendre le médecin qui ne saurait tarder. Hélas les minutes défilent au départ rapidement puis petit à petit une heure. Je prends mon mal en patience, puis subitement pris d’un doute je vais vers la porte que la dame a pris soin de refermer et là oh stupeur je m’aperçois que je suis enfermé comme un vulgaire criminel. Il faut dire qu’avec ma barbe de trois jours j’en ai bien l’air. Dans un premier temps je m’approche de la fenêtre pour vérifier si elle s’ouvre, peine perdue elle est condamnée, pire à la fenêtre il y a des barreaux. Je devais être dans un état second pour ne pas m’apercevoir de tout cela. Je n’ai ni montre ni téléphone et donc j’ignore combien de temps je dois attendre le bon vouloir des médecins ou des gendarmes, je n’aurai jamais dû renvoyer mon avocat, il aurait pu me tenir compagnie, ou bien exiger que tant que je suis présumé innocent, je ne sois pas enfermé. Il est vrai que j’ai tendance à fausser compagnie à mainte et mainte gens. Finalement le médecin me dit que je suis un imbécile et que la longue marche que j’ai faites ne m’a pas arranger la cheville, les os se sont déplacés à nouveau, maudit calcanéum, il m’en fait baver.

Me voici enfermer dans la pièce dîtes « des fous », en effet beaucoup d’hôpitaux ont une chambre spéciale pour dégriser les furieux ou les saoulards qui sont ramené au petit matin. Selon les dires du médecin je ne suis ni coupable, ni méchant mais j’ai déjà échappé à la justice plusieurs fois et donc il veut s’entourer et se protéger, puis il a reçu des ordres. Et en riant il me dit et encore vous avez de la chance je devrais vous attacher au montant du lit.

Un jeune infirmier se pointe vers les 13 h avec un repas, il m’explique que je n’étais pas comptabilisé pour le repas de midi et que le médecin leur avait demandé de me préparer un plateau, avec ces collègues ils avaient mis chacun une petite chose ce dont je les remercie.

  • Vous n’auriez pas une bière, je rêve d’en boire une ;
  • Non, mais si vous voulez un verre de vin je peux vous l’apporter,
  • Va pour un bon verre de vin
  • Ah je ne sais si c’est du bon, mais le médecin en boit ce n’est certainement pas de la piquette.

Et sur ce trait de génie il éclate de rire et s’en va, et je ne le reverrais pas, je n’ai que de l’eau, on avisera demain. Dans l’après-midi on m’apporte un téléviseur, un téléphone et on prend le temps de refermer la porte à clef. Plus tard un des inspecteurs qui m’a déjà interrogé vient me chercher et m’emmène dans le fauteuil roulant dans une pièce au dernier étage ou je retrouve un juge, une greffière et une avocate commise d’office, elle me salue et me demande de répondre aux questions du juge afin que je sois innocenté si je n’ai pas commis les crimes affreux qui font les manchettes des journaux.

Sur la table je devine plutôt que je lis la Une du journal local «  Fin de la cavale du tueur du GR 5 », ah me voilà un criminel, un vrai de vrai. Cela me donne une envie de gerber. Je suis coupable aux yeux de tous. Il va falloir que je m’explique si je ne veux pas me retrouver en prison.

Trois heures plus tard je sors libre du bureau du juge improvisé à l’hôpital de Montbéliard, aucune charge n’a été retenue contre moi, j’ai pu me justifier sur chacun des accidents, notamment ceux de la jeune fille et du professeur, quant au douanier il s’est rétracté et n’a pas donné suite ce qui me met toutefois la puce à l’oreille. Je suis libre de quitter l’hôpital mais je n’ai pas le droit de quitter le territoire français car je suis tout de même mis en cause dans le vol d’une voiture, son propriétaire n’a pas eu le temps de déposer plainte, il a retrouvé sa voiture en bonne état ainsi que son téléphone que je n’ai pas écrasé comme il pensait. Le feras-t-il ? A ce jour je n’ai pas eu de nouvelles. Quant à la jeune femme retrouvée morte au bas des échelles de la mort il s’est avéré que c’était une désespérée qui s’était suicidée. Par contre je n’ai plus aucune nouvelle de Maud et là je suis inquiet.

Maintenant  que je suis libre et plus le suspect, je vais me mettre à la recherche des fous furieux qui ont essayé de me tuer mais auparavant il faut que je retrouve Zoé, tant que cette nana est dans la nature je peux à tout moment tomber dans une embuscade, cette fille a osé dire que j’étais le meurtrier de Maud et que j’étais impliqué dans la chute du Professeur, elle pensait donc que je ne pourrais jamais communiquer. Le Juge m’a demandé si je voulais porter plainte contre elle, dans un premier temps j’avais songé le faire mais tout compte fait je vais appliquer ma justice.

Me voici de retour à mon point de départ, mon frère avait pris ses aises et mon retour ne lui fait nullement envie, mais rapidement il comprend que je ne suis plus intéressé par ma petite entreprise, j’ai des comptes à régler, j’aviserais plus tard si je reprends les rennes de ma Société où si je lui la vends car il n’est nullement questions que je lui en fasse cadeau comme j’ai entendu mon père le dire cet après-midi. J’ai rapidement remis les pendules à l’heure et maintenant que tout est clarifié je me rends au journal local pour déposer mon annonce.

« Mario donne forte récompense pour toutes personnes susceptible de lui donner des renseignements et des nouvelles concernant Maud B et Zoé C ; laissez message au N° 365897 ainsi que téléphone, vous serez rappelés. Tout plaisantin sera poursuivi par mes soins. »

 

A suivre…

Commentaires

  1. Voilà que tout s’éclaircit plus ou moins, cela aurait pu être pire pour ton héros, mais qu’il se méfie avec sa nouvelle recherche !
    A bientôt et bises.

  2. Bon, libéré pour le moment, en tout cas … s’il contunue et applique sa justice lui-même … ouf ! … bon matin de ce mardi EvaJoe ! Bisous♥

  3. Bonjour Evajoe,
    Ah! On dirait que l’orage qui menaçait de foudroyer ton héros s’éloigne finalement. Du moins pour l’instant car bien des questions restent en suspend.
    Qui est cette Zoé. Qu’est devenue Maud? Et les militaires bizarres qui voulaient le pendre? Où sont-ils ceux-là?
    Mais cette respiration dans toute cette cavale est très appréciable.
    Gros bisous
    😉

  4. Le voici libre. Enfin … j’espère pour lui.
    Il a beaucoup de choses à éclaircir et nous à découvrir.
    Je reviens après un long temps et j’ai à rattraper le retard. Cela va se faire à petits pas !
    Bisous et bonne journée EvaJoe

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