La découverte

Bastien est de retour chez lui, ne devant rentrer sur Paris qu’en début de semaine et n’étant pas resté en montagne comme il l’avait prévu avec ses amis, il allait profiter de ces deux jours pour être auprès des siens et en savoir davantage concernant sa fille Rosine. Car il ne l’avait pas senti très spontanée au téléphone avant-hier. Il lui semblait que sa fille lui cachait quelques choses, Rosine sa fille avait toujours dit qu’elle ferait comme son père quand elle serait grande, et depuis cette date il s’apercevait que la fillette s’occupait de tout et essayait toujours que ce qui se passait se termine bien. Mais il fallait qu’il soit présent pour découvrir ce que sa fille savait ou tout au moins si elle avait découvert quelques choses. Pour l’instant elle était chez sa grand-mère, et c’était l’occasion rêvée pour se retrouver avec elle, ils allaient remonter à pieds par ce chemin qu’elle avait pris la nuit de la naissance de sa petite sœur. A peine arrivée, il revoit Guillaume qui est lui aussi venu récupérer son fils. Il lui demande si sa blessure ne le fait pas trop souffrir et tous les deux montent quatre à quatre les escaliers qui mènent à l’étage. Depuis qu’ils ont reçu la bénédiction de Guillaume pour aller jouer dans le grenier, à chaque fois qu’ils viennent chez leur grand-mère ils y montent par l’escalier de meunier. Les deux pères saluent Madame Buffat leur mère et belle-mère et se font très discret en entendant les paroles des deux enfants :

  • Rosine ?
  • Quoi encore ?
  • Tu sais je suis plus petit que toi mais je suis certain qu’il faut le dire à ton papa.
  • Non tu m’as déjà trahis une fois ;
  • Trahis, cela veut dire quoi ? Mathéo ne comprends pas tous les mots de la langue française, comme dit mon papa, je ne comprends pas les sublimés, heu non les subtilités.
  • Tu sais Mathéo tu comprends tout et même trop vite, comme dit ma maman Mathéo il est pareil que mon frère, quand je vois le petit je le vois lui.
  • Ah il était comment mon papa quand il était petit.
  • Il posait toujours des questions, mais maman a dit que toi tu es sage alors que lui c’était un chenapan. Et ne me demande pas ce qu’est un chenapan je ne te le dirais pas.
  • Bien ma capitaine.

Les deux pères qui auraient aimé en savoir davantage sur ce secret qui fait débat entre les deux enfants les entendent rire aux éclats. Mais Mathéo est assez fine mouche et il revient à la charge.

  • En tous les cas mon papa ne va pas être content quand il saura que je lui ai caché ça.
  • Mamie est sous surveillance personne ne viendra chez elle, et puis il y en a un de ces hommes qui a disparu à Djibouti et l’autre tu sais bien ou il est.
  • Oui ça aussi il faut le dire, tu sais les morts quand ils restent longtemps dans un endroit ce n’est pas bien. Ma maman elle dit il faut honorer les morts. Les laisser partir en paix, lui il va être.
  • Tourmenté !
  • Je ne sais pas si c’est ce mot je ne sais pas vraiment quel est le mot qu’il faut dire. Et puis je ne veux pas que l’on parle de lui.
  • C’était un méchant et il est mort. Il ne va pas venir te tirer les oreilles.
  • Mais moi je connais deux papas qui vont tirer les oreilles à leurs enfants.

Les deux enfants crient ensemble « Papa » et ils se jettent dans leur bras. Mais les deux papas sont inquiets que leur cachent leurs enfants ? Qu’ont-ils suent et pourquoi n’ont-ils pas envie de se confier à leurs pères. Ils doivent avoir découvert quelques choses il leur faut à tout prix régler ce problème, mais faut-il qu’ils soient ensemble ou doivent ils le faire séparément. Comme ils sont avant tout amis avant d’être beau-frère ils se comprennent très bien et ils décident de régler ça ensemble, à deux ils seront plus forts. C’est Guillaume qui commence à discuter avec les enfants.

  • Allez nous aussi on l’aime ce grenier, nous aussi on s’asseyait sur les coussins qui sont par terre, on va fumer le calumet.
  • Mais oncle Guillaume on n’est pas en guerre ;
  • Tu as raison Rosine, ton papa et moi quand on se dispute cela ne dure pas longtemps et vous ? Cela vous arrive de vous disputer ?
  • Oui parfois mais on s’aime bien, je suis très contente de connaître Mathéo, maintenant je peux jouer avec mon cousin.
  • Rosine, parfois elle est cachottière ;
  • C’est les filles ;
  • Tu as une cousine toi, Papa ?
  • Oui bien sûr mais elle n’est jamais venu dans le grenier de ton oncle. Et puis je connaissais surtout Clémentine ta maman, mais c’était la sœur de mon meilleur ami. Vous en plus vous êtes cousins.

Les enfants ne parlent plus, les pères sentent comme une tension entre eux deux, qu’ont-ils donc de si lourds à porter, c’est Bastien qui se lance et ne leur cache pas qu’ils sont inquiets au vu de ce qu’ils ont entendu. Les deux enfants n’en mènent pas large mais ils restent dans leur mutisme. Il faut crever l’abcès pense Guillaume, aussi en profite-t-il pour leur montrer ce qui lui est arrivé, espérant un sursaut si ce n’est de Mathéo qui ne comprend peut-être pas la gravité de la situation que de Rosine qui a tout de même eu dix ans la semaine passée.

  • Je vais vous raconter une histoire qui vient de m’arriver, j’ai été blessé par un homme qui nous avait suivi sur le Mont Pourri, cet homme a dévissé et failli tomber dans une crevasse, mais Pierre que vous connaissez tous les deux l’a sauvé, mais cet homme pendant la nuit m’a lancé un couteau.
  • Papa tu es blessé ?

Oui mais ce n’est rien mon portefeuille a dévié le couteau et j’en suis quitte pour quelques points de sutures, mais je voulais vous dire que tous les évènements que nous avons vécu ne sont pas terminés, il faut que Pierre interroge cet homme pour connaitre la raison pour laquelle il a voulu me tuer, ou me blesser car c’était une petite lame. Et, si vous deux vous connaissez quelques choses qui peut nous permettre d’avancer dans notre enquête et bien je vous ferais remettre la médaille du courage.

 

  • Papa Mathéo et moi on n’a pas besoin d’une médaille, mais on ne sait pas comment vous dire ce que l’on vous a caché.
  • Dîtes-le nous tout simplement, allez Rosine toi qui est l’aînée vas-y dis-nous tout !
  • L’autre jour quand vous étiez à Djibouti on a vu deux hommes, un c’était le Monsieur qui accompagnait Ben, Mathéo a dit que c’était son aide de camps, il était avec un homme blond
  • Le frère du Colonel !
  • Je ne sais pas, mais on les a vus se disputer sur le chemin qui monte au refuge du Mont Pourri.
  • Où étiez-vous ?
  • Nous étions avec les enfants de la colonie, et on faisait un grand jeu, il fallait se cacher et comme nous on connait bien la montagne on s’était caché ensemble. Mathéo n’a pas fait attention il avait mis le pied sur un essaim de guêpes, et comme on a eu peur on s’est sauvé plus loin que là où les animateurs nous l’avaient dit. Et c’est derrière le gros rocher qui est au milieu du pré que nous avons assistés à cette scène.
  • Mais vous étiez tout près d’eux.
  • Oui mais ils ne nous ont pas vu, enfin l’un n’a pas pu nous voir, l’autre je pense que si mais quand il est passé avec son sac à dos tout près de nous, nous avions été rejoints par l’animateur qui était en train de nous gronder ;
  • Continue Rosine, il serait temps d’aller directement à ce que tu veux nous dire plus tard tu nous raconteras les détails.
  • Papa on a vu l’aide de camp de Ben recevoir une balle dans la tête.
  • Avez-vous entendu le coup de feu ?
  • Non !
  • Comment en êtes-vous surs ?

A nouveau les deux enfants se taisent, il faut toute la dextérité des deux amis pour leur faire dire la suite. Et ce qu’ils découvrent les laissent pantois et horrifiés.

 

A suivre…

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