L’attente

 Bien sûr qu’il a un autre moyen pour avoir des nouvelles de Mathéo et lui annoncer l’arrivée de sa maman , mais si  Mathéo est débrouillard et intelligent puisque depuis la rentrée il est en CP, « c’est un enfant précoce » lui ont dits les sœurs de l’école française. Il se demande s’il va se rappeler qu’il est 17 h et qu’il doit ouvrir le téléphone pour communiquer avec son papa. Il essayera tous les jours si cela ne marche pas aujourd’hui, il se souvient de ce qu’il lui a dit:

  • «  Mathéo chaque jour vers 17 h de la France tu ouvriras le téléphone, tu appuieras sur le bouton à droite, il s’allumera, tu feras le numéro de ton année de naissance, et tu attendras, si cinq minutes après je ne t’ai pas appelé c’est que tout va bien et que je n’aurais rien de nouveau à te dire. Tu éteindras le téléphone et le rangeras dans la poche secrète avec ce que tu sais. »

L’enfant lui avait montré qu’il avait compris lorsque dans l’avion vers 17 h il avait pris son téléphone l’avait ouvert et lui avait dit :

‘ – voilà comme tu n’as pas téléphoné je le range dans la poche secrète avec tes papiers.

Guillaume était ému quand il avait découvert que l’enfant avait tout à fait compris son message, mais maintenant il était en France et devait jouer avec les enfants du village et aussi avec les cousins et cousines. Mais le silence sur tous les téléphones de la famille l’inquiétait outre mesure. Aussi à 17 h soit trois heures avant l’embarquement de sa femme il avait appelé Mathéo, l’enfant lui avait répondu d’une toute petite voix pleurnicharde. Ce n’était pas dans ses habitudes, de suite il avait compris qu’il s’était passé un événement de la plus haute importance au village.

  • Papa !
  • Mathéo que ce passe-t-il ?
  • Le Monsieur de l’avion il est en France, il a détruit la chambre de Mathéo.
  • Lequel ! Monsieur Ben ?
  • Le grand qui a des lunettes noires
  • Mamie est-elle à côté de toi ?
  • Non je suis chez la maman de Pierre, tu viens quand papa ?
  • Mathéo à partir d’aujourd’hui si je téléphone je le ferais sur le téléphone de la maman de Pierre,  tu ne t’occupes plus de l’ouvrir à 17 h, tu m’as bien compris?
  • Oui, mais je ne l’ai pas ouvert devant mes cousins ni devant les grandes personnes.
  • Je sais, mais comme ta maman arrive tu n’auras plus besoin de ce téléphone. Tu le lui  donneras,  tu comprends?
  • Oui!
  • Passe-moi la maman de Pierre.

Guillaume entend son fils parler à la troisième personne :

Mathéo a son papa au téléphone, il veut vous parler.

Si la mère de Pierre est étonnée elle ne le laisse pas paraître à l’enfant, elle écoute attentivement les consignes de Guillaume, à mi-voix elle lui fait part des événements qui sont survenus quelques jours plus tôt, elle se garde bien de lui dire que sa maman en a subi le contre coup et qu’elle a été hospitalisée, mais tout cela rentrera dans l’ordre au retour des siens.

Les seuls mots qu’entend Mathéo c’est que sa maman sera bientôt en France et que Pierre devra aller la récupérer à Paris le surlendemain. Il ne dira rien à ses cousins tant qu’il ne sera pas serrer tout contre elle. La maman de Pierre passe le téléphone à l’enfant qui écoute attentivement ce que son père veut lui confier il opine juste de la tête et à la fin elle entend seulement promis juré. Puis l’enfant envoie à son père des baisers et il raccroche et éteint son téléphone et repart dans la salle de jeux avec son sac toujours vissé sur son dos où il rejoint ses cousins.

Lorsque Guillaume raccroche il est assez inquiet, la maison de famille a été retournée sans- dessus dessous ainsi que celle de sa sœur parce que Mathéo y avait passé la nuit. Ils seraient donc sur les traces de l’enfant, mais il avait pris de nombreuses précautions à sa descente d’avion, les autorités n’avaient donc pu retenir Ben assez longtemps. Il faut dire que ce dernier n’avait rien à se reprocher à Djibouti c’est juste parce que Mathéo s’était trouvé au mauvais endroit et que les hommes de main du président les avaient pris en chasse. Fallait-il avertir Assia que c’était Mathéo qui était au courant des derniers événements et qu’il possédait un secret bien lourd à porter pour un enfant de cet âge !Mais la maman de Pierre l’avait rassuré, il jouait avec ses cousins et arrivaient à manger de tout. Mais pourquoi sa mère n’était pas auprès de l’enfant, il faut dire que sa sœur avait accouchée un mois et demi avant la date prévue, elle devait avoir du travail, sa mère devait être avec sa sœur puisque personne ne lui l’avait passé. Il ne voulait pas rappeler pour en savoir davantage, si la maison était dans un drôle d’état il était préférable que les enfants soient ailleurs mais ensemble. Il avait pris soin de noter le numéro de téléphone de la maman de Pierre de cette façon il aurait des nouvelles sans déranger Mathéo, il fallait que son fils ne montre à personne ce que son sac possédait, y compris le téléphone. Il lui avait fait promettre de ne jamais l’ouvrir à l’extérieur et il préférait qu’il ne soit pas au bout du fil plutôt que d’attirer le regard de Ben qui devait tourner dans le coin, dans un village Savoyard, un inconnu et de surcroît noir doit immanquablement attiré le regard des villageois. Mais cet individu était assez malin, il avait trouvé des petites mains pour faire le sale boulot à sa place.

Maintenant il devait convaincre Assia de se rendre en France, il se doutait qu’elle serai partagé entre  rester à Djibouti et rejoindre Mathéo, mais il saurait la convaincre en lui vantant les hôpitaux français qui n’avaient rien  à voir avec ceux de ce pays.

  • Assia le médecin pense que tu seras mieux suivis en France, de toutes façons tu es ma femme et de ce fait tu peux partir avec le convoi sanitaire qui part demain matin.
  • Avec des soldats ?
  • Ne les vois pas comme ceux que tu as côtoyé jusqu’à présent, certains souffrent de paludisme, d’autres se sont blessés, et d’autres encore ont besoin de repos. En profitant du départ de cet avion, tu n’’auras pas besoin d’être inscrite sur une liste qui peut être consulté à tout moment par les hommes du Président.
  • Penses-tu que ce sont eux qui m’ont enlevés ?
  • Je ne sais pas, eux ou d’autres le résultat est le même ; que t’ont-ils dit si tant et si bien qu’ils t’aient interrogés.

Assia a un instant d’hésitation, lui faire part de leurs questions la met mal à l’aise mais il est grand temps de tout lui dire, elle va quitter son pays certainement pour toujours.

  • C’était brutal, du genre Qu’a vu votre fils et où est-il ? Et le Consul que sait-t-il ? Il ferait mieux de repartir en France sinon…

Rien qu’en repensant à ces moments horribles sa femme se met à sangloter, Guillaume la prends dans ses bras, la console et la berce, l’embrasse, et petit à petit elle se calme.

  • Ne me dis rien de plus, je me doute que si je ne leur dis pas ce que je sais, ils me tueront, je vais faire en sorte de me cacher car je ne puis leur dire ce que Mathéo a vu. Sinon ce n’est pas seulement moi mais toute la famille élargie qui sera tué. Ils sont incapables de discernement.
  • Moi, je pense que tu fais erreur Guillaume ce ne sont pas les hommes de mains du président, je pense que ce sont ceux de son adversaire qui est mécontent de ne pas avoir été élu.
  • Tu as certainement raison Assia, mais au stade de mes investigations je ne peux pas me rendre chez le président ou vers son ministre pour lui dire ce que j’ai vu, car j’ignore s’ils ne jouent pas double jeu.
  •  Guillaume fais très attention à toi, j’aimerais retrouver ma vie d’avant. Mais où se trouvait Mathéo quand il a vu cette scène irréaliste et qui est la femme qui a été enlevée ? Où est-elle en ce moment ?

A suivre…

6 réponses à L’attente

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

 

eauteur

cooltext167891793251221

La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe