Irma (3ème partie)

 

 

 Quelques heures plus tard le carillon de la porte d’entrée sonne et personne bien entendu vient
ouvrir, Emma dort à poings fermés, c’est le facteur, il laisse un avis de passage et s’en va plus loin. Emma ne va émerger que vers dix heures. Le soleil est déjà bien haut et elle jure qu’elle
ne mettra plus ses boules sinon elle va jamais entende de réveil. Et prise d’un doute elle se rend dans le couloir pour voir cette fameuse porte, elle la pousse, elle résiste, la tire à
elle  et  il y a bien un placard. Oh là là cette nuit j’ai rêvé ou non. Mais comme elle adore les énigmes et les mystères la voici servis.

 Elle avale rapidement un bon café et sort par la porte fenêtre de son séjour, la voici dans le
jardin, elle s’y balade doucement, et voit un homme dans le jardin aux volets roses, tiens le vieil ours serait donc chez lui je vais en profiter pour lui rendre visite, si il me jette je verrais
bien, personne ne me résiste avec mon charmant sourire. Dans un premier temps elle s’approche de la haie et lui fait signe, si il regarde dans sa direction et bien il doit être aveuglé car il ne
lui répond pas, elle a beau insister et vraiment rien ne se passe aussi en est-elle quitte pour se rendre à son domicile. Mais elle a beau sonné, personne ne lui répond, aussi la voici entrant
comme une voleuse dans une propriété privée et elle s’approche à pas de loup quand brutalement on lui dit n’avancez plus sinon et elle de répondre vous n’allez pas me tirer dessus comme un
vulgaire lapin.

Je ne suis pas un rustre, Madame mais avouez que vous êtes en tort, on entre pas à l’improviste chez les gens
et on ne marche pas à pas de sioux.

 Son rire frais fait sourire son interlocuteur, elle doit avoir un peu plus
de la trentaine pense-t-il.

Qui êtes-vous ?

Je suis votre nouvelle voisine

J’en suis fort étonné

Et pourquoi ?

Madame Irma voulait voir en personne ceux qui allaient habiter sa maison pour donner son agrément or depuis son
accident elle est dans une résidence sur Saint-Etienne et je ne pense pas qu’un de ses enfants aient eu l’idée de l’amener chez elle pour vous inspectez.

Emma à nouveau éclate de rire, mais elle lui demande si elle peut baisser les
bras et c’est lui qui a son tour éclate de rire.

Bien sûr

Au même moment ils se retournent tous les deux, elle voit un jeune homme d’une
beauté à couper le souffle mais il cache sûrement ses beaux yeux derrière une paire de lunettes aux verres de couleurs sombres,  il s’approche d’Emma et lui dit je me prénomme Mathias et
vous Madame ou Mademoiselle…

Emma et oublions les civilités si je ne vous indispose.

Nullement et je préfère cela.

Ils devisent depuis plus de cinq minutes sur cette fausse Irma, Mathias ne voit
vraiment pas qui elle peut être sauf dit-il et il laisse planer comme une incertitude et n’en dit pas plus. Il y a là un mystère pense immédiatement la jeune femme et ce n’est pas pour lui
déplaire.

Allons à qui pensez-vous ?

Qu’importe puisque vous ne connaissez personne et vu que cette jeune dame avait bien le trousseau de clefs je
pense que c’était une des femmes des plus jeunes fils, je ne connais pas tout le monde Irma a 5 fils.

Mais lorsqu’elle parle de ce qu’elle a entendu cette nuit, il a à nouveau ses
sens en alerte et Emma policière dans l’âme le ressent à nouveau. Il faut qu’elle en discute avec Colin, lui aussi ressent beaucoup de choses. Ils se quittent comme de vieux amis, ils ignorent
tout l’un de l’autre mais le courant est passé. Et lorsqu’Emma monte les marches de son perron elle se demande une nouvelle fois si elle n’a pas rêvé, car on lui a présenté le voisin plutôt comme
un loup solitaire et non comme ce charmant jeune homme.

Sur son paillasson elle découvre l’avis de passage du facteur, tiens déjà une
lettre, pourtant je ne suis pas allée faire mon changement d’adresse, mais sur l’enveloppe il est écrit Madame Irma Ferrière. Voilà autres choses ce facteur aurait dû sonner, je n’étais pas si
loin, mais quand elle regarde l’avis de passage elle s’aperçoit qu’elle dormait et qu’elle n’entendait rien. Elle va aller se renseigner auprès du couple ses autres voisins pour savoir où se
trouve Madame Irma et elle lui rendra une petite visite et elle signalera à la poste son nom à elle pour éviter d’autres malentendus. Les voisins n’étant pas là elle remet à plus tard les
questions qu’elle a et se rend à Saint-Etienne pour flâner un peu dans la ville et essayer de trouver cette résidence cossue comme lui la dit Mathias, ces explications étaient assez embrouillées
mais comme elle connaît bien la ville elle pense avoir trouvé. Mais va-t-on lui permettre de la rencontrer, puis après tout si elle a autant d’enfants elle doit avoir une ribambelle de petits
enfants et elle peut toujours essayé de se faire passer pour l’un d’eux.. Et aussitôt dit aussitôt fait, elle se gare et entre. C’est fleurie, ça ne sent pas l’antiseptique, il y a une musique
douce, et bien voilà une belle résidence. A l’accueil, une hôtesse s’enquière de sa recherche.

Je voudrais voir ma grand-mère

Elle est entrée récemment

Non, mais je n’étais pas en France s’entend elle lui répondre.

Elle est complètement folle, elle va s’attirer des
ennuis.

Elle s’appelle Irma Ferrière, une chance qu’elle est lue son nom sur l’enveloppe tout à
l’heure.

Ah Madame Ferrière, Mamie Irma, comme elle va être heureuse, tous les autres membres de votre famille sont en
vacance et je la trouvais bien seule.

C’est l’appartement Myosotis au premier étage.

Merci, bon après-midi Madame.

Profitez bien de votre grand-mère Mademoiselle lui répondit elle.

En montant quatre à quatre les escaliers, Emma trouvait que cela avait été
facile, non pas de berner cette gentille dame mais de se laisser passer pour ce qu’elle n’était pas. Mais après tout elle avait toujours son accent et elle habitait sa maison et surtout comme le
voisin l’avait dit il fallait l’agrément de la vieille dame. Ce soir se serait choses faîtes.

Emma en arrivant devant la porte se demande si il faut frapper ou entrer,
finalement elle opte pour la première solution et frappe. Une voix jeune aux intonations assez méditerranéennes l’invite à entrer. Emma pousse la porte et elle voit face à elle une femme toute
menue et encore belle qui lui sourit.

Que me vaut une si belle visite lui demande la vieille dame.

Emma est un peu déconcertée, elle ne sait pas comment elle va lui expliquer tous
ces évènements mais elle la trouve si gentille avec son charmant sourire et sa phrase charmante lui va droit au cœur aussi  elle se jette à l’eau.

Vous avez devant vous la locataire de votre maison et comme Mathias m’a dit qu’il fallait que j’ai votre
agrément, me voici.

Elle a débité toute la phrase sans la regarder et quand elle ouvre enfin les
yeux elle a une femme qui éclate de rire. Ah ce Mathias il exagère. Mais je pensais que mon fils avait abandonné ses recherches, car nous n’arrivions jamais à être d’accord tous les deux. Aussi
j’avais confié à mes voisins le soin de chercher. C’est Mélanie qui vous a fait visiter, vous avez bien tout vu, de la cave au grenier.

Parce qu’il y a un grenier

Au moment où Irma va répondre, la porte s’entrouvre et une fillette d’environ
4ans entre suivit d’une jeune femme qui n’est que la fausse Irma. De suite la plus âgée met un doigt sur sa bouche et Emma ne dit rien, mais elle essayera d’avoir une conversation et si personne
ne l’invite à s’en aller elle va essayer d’en apprendre un peu plus.

Irma, lui fait rapidement comprendre qu’elle lui a accordé suffisamment de son
temps et elle doit s’en aller sans en savoir davantage. Si elle osait elle resterait derrière la porte, mais ce n’est pas dans ses habitudes. Ou se renseigner, mais elle entend derrière elle un
bruit de voix et un « sois sage je vais faire une course et je reviens te chercher ». La fausse Irma sort et se trouve face à Emma qui l’empoigne par le bras et lui
dit :

Vous me devez une explication

Oui, c’est la raison pour laquelle je suis sortie, mais pardonnez mon subterfuge, je ne voulais pas que l’on
sache qui je suis.

Mais qui êtes-vous ?

Je suis Irma, la petite fille de Madame Irma, mais

Vous êtes une menteuse, personne ne porte son prénom, que me chantez-vous là ?

C’est un secret et je ne pensais pas en vous voyant que vous étiez une aussi grande fouineuse, si je l’avais su
jamais je ne vous aurai laissé les clefs de la maison.

Bon, je vous prie de m’excuser, mais avouez que cela fait un choc quand vous apprenez que la vraie Irma a
90ans. Et à brûle pourpoint elle lui lance, connaissez-vous Mathias ?

La jeune fille semble de glace et n’arrive pas à lui dire un seul
mot.

Oui le vieil ours solitaire, vous voyez bien de qui je parle.

Oui, je le connais c’est mon frère.

Et sur ces mots elle s’effondre en sanglot.

 

 

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