Épilogue (fin)

Excusez-moi de vous avoir fait languir mais je n’ai pas eu un moment pour écrire le mot fin, voilà c’est fait, bonne lecture et ne soyez pas déçus….

 

On apporte au juge le dossier, tout d’abord la première pièce est une carte d’identité, le juge la regarde, il se sent mal à l’aise, tiens comment se fait-il que ce simple morceau de papiers effraient à ce point quelques notables. Il la pose de côté et demande une suspension de séance, la foule gronde, c’est un comble, mais l’avocat général explique qu’il doit examiner les pièces et vérifier de leur authenticité, mais l’avocat de Mr Viricel refuse d’obtempérer. Il explique au juge que toutes les pièces ont été authentifiées par celui qui les a faits, entre autre cette carte d’identité qui a l’air de vous perturber dit-il au Juge ! Le juge a le regard fuyant, il s’essuie le front et bredouille un tas d’onomatopées  qui laissent ceux qui l’écoutent pantois.

–       Monsieur le Juge contestez-vous l’authenticité de cette pièce

–       Non, mais…

–       Mais quoi ?

–       Mais rien,

–       Alors avançons, faire une suspension de séance ne vous servira à rien, par contre si vous êtes démis de vos fonctions le procès avancera.

Un ricanement se fait entendre, c’est l’accusé qui jubile sur le banc. Mais tiendra-t-il encore le choc devant les révélations qui vont être dévoilés au grand jour.

–       Monsieur Maurice Brun que pouvez-vous nous dire sur cette carte d’identité, à qui appartient elle ?

–       Il faudrait que je la voie pour vous le dire.

–       Je vais vous la lire

–       Non : BRUN

–       Prénom  Marie

Dans la salle un brouhaha se fait entendre puis plus rien un silence énorme on attend la réponse de l’accusé, mais rien ne vient, il se tait.

–       Je n’entends rien, martèle le Juge

–       Vous pouvez le lire comme moi, c’est la carte d’identité de Marie Brun

–       Est-ce  votre première femme ? Si oui, ou est-elle ? Car si mes souvenirs sont bons elle a disparue dès la fin de la guerre et personne ne nous a laissé entendre qu’elle s’était marié et avec vous de surcroit !

–       On ne s’est pas marié mais on y a pensé, mais elle a disparue avant que je ne l’épouse.

La salle se tait, Pierrot est déçu, il ne sait toujours pas où est passé sa sœur, Maurice Brun doit le savoir mais ce n’est pas aujourd’hui qu’il va faire des révélations.

Puis le juge ouvre le dossier, de loin il semble bien mince mais personne hormis Jules et l’avocat savent ce qu’il contient. Le juge en sort une feuille de papier, une seule, ce qui fait rire Maurice Brun, 

le juge tourne la tête de droite à gauche et demande s’il y a un traducteur. L’avocat de Pierrot en connaît un mais il n’est pas présent. Aussi le juge décide avec les avocats des deux parties de faire une suspension de séance, ce qui fait dire à Pierrot et ses copains qu’à cette allure ce n’est pas ce soir qu’ils connaîtront la vérité. Quant à Maurice Brun il est devenu très pâle, il a l’air de sentir le vent tourner s’est dit Jules en le voyant à plusieurs reprises s’éponger le front, et, lancer des regards bizarres au juge, du reste ce dernier semble de plus en plus mal à l’aise, qu’est-ce qui le rattache à ces meurtres, à moins qu’il en connaisse plus ; Ce qui ferait de lui un complice, et de ce fait le procès serait renvoyer aux calanques grecs, ce qui n’arrangerait personne.

Plus de deux heures plus tard, le juge ayant eu un malaise, il est remplacé aux pieds levés par un de ses assesseurs qui a pris connaissance ainsi que les avocats du contenu de ce papier pas plus gros qu’une feuille de papier pelure, ce qui du reste y ressemble.

Jules Viricel vous êtes appelé à la barre, Jules se lève et sait qu’il va lui falloir dire la vérité, celle qu’il a découverte en se cachant dans le château.

–       Jules pouvez-vous nous dire d’où vous tenez ce papier ?

–       Monsieur le Juge je ‘l’ai trouvé dans une sacoche qui se trouvait dissimulé dans l’anfractuosité du rocher dans la pièce ou a été séquestré mon ami Robin.

–       Pour quelles raisons vous vous êtes trouvés dans cette pièce.

–       J’étais poursuivi par un homme habillé de noir, qui avait à la main un grand couteau et qui portait des chaussures noires avec un morceau de ferraille qui dépassait

Son avocat lorsqu’ils avaient répété cette scène lui avait demandé de tout dire et d’être bien précis. Aussi avait-il préparé ce moment avec lui et avec chacun de ses copains. Ces réponses étaient bien rodées.

–       Où étiez-vous quand vous avez croisé cet individu ?

–       Près de la croix du détour, le matin ou l’on a retrouvé le cadavre dans la rivière.

–       Le premier ?

–       Non le second, pour le premier j’étais bien trop jeune.

La salle rie puis se tait, on attend la suite et tout le monde espère que ce jour verra le dénouement.

–       Parlez-vous Allemand ?

–       Non !

–       Anglais ?

–       Pas plus, mais je connais le patois de chez nous.

La salle se met à rire, un rire qui n’en finit pas comme si le dénouement proche mettait du baume au cœur des anciens maquisards.

–       Silence !

Et la salle entièrement acquise à la cause de Jules et de ses amis termine par :

–       Sinon je fais évacuer la salle !

Et le fou rire gagne même les jurés. A nouveau le rire, puis plus rien, la salle veut savoir et espère que l’on va leur lire cette lettre. Mais Pierrot qui se penche vers son voisin, qui n’est que le brigadier et père de Paulo, rigole et chuchote le contenu de la lettre en possession de l’assesseur du premier président. Il a l’air de la connaître par cœur, est-ce lui qui l’a écrit ? Mais comme la salle est calme le rire de Pierrot et du brigadier-chef résonne. Tout le monde se tourne vers eux.

–       Monsieur Pierre Viricel quand on vous demandera de parler vous viendrez à la barre, à moins que vous soyez à l’origine de cette lettre. Levez-vous et prenez la place de votre fils, je vous remercie jeune homme, rejoignez votre place.

–       Connaissez-vous le contenu de cette lettre ?

–       Oui, Monsieur le Président !

–       L’avez-vous tapé à la machine ?

–       Oui Monsieur le Président !

–       Dans quelle circonstance et à quels moments :!

–       C’était juste après le débarquement en Normandie

–       Est-ce écrit en allemand ?

–       Non en anglais, je le parle si c’est votre deuxième question.

La salle est suspendue aux lèvres de Pierrot, il sait certainement ce qu’il y a dans ce courrier, et surtout la raison pour laquelle Maurice Brun est prostré à sa place.

–       Pouvez-vous m’en dire l’essentiel ?

–       Oui, c’est la confession de Momo, alias Maurice Brun ici présent ; j’ai découvert que c’était un traitre, je l’ai obligé à signer le courrier sur lequel il reconnaissait avoir trahis l’ensemble du réseau, et fait accuser le petit Perrot qui du reste il a tué dernièrement.

–       Pourquoi ce courrier a été caché ?

–       Tout simplement parce que notre maquis a été attaqué par les allemands qui quittaient le Puy, mais avant ils devaient régler quelques comptes avec nous, et dans l’embuscade qui a suivis, Momo a disparu et nous nous sommes évaporés dans la nature. Quand je suis revenu quelques jours plus tard, je n’ai pas retrouvé la sacoche, la cachette avait été pillé j’ai pensé que Momo était revenu et avait tout jeté. J’ai confié le double à mon ami le brigadier-chef qui est cette feuille de papier pelure, seule papier au moment des faits en notre possession.

–       Pensez-vous que l’original existe toujours ?

–       Je ne sais pas.

–       Pour vous, quel est le rapport entre la trahison de Maurice Brun dit « Momo » et les meurtres qui ont eu lieu dans votre village, dont celui de votre femme ?

D’abord il y a eu comme un silence, un lourd qui a enveloppé toute la salle, puis Pierrot a dit l’invraisemblable :

–       Parce que Momo est mon frère, enfin mon demi-frère, je l’ai su lorsque ma sœur Marie s’est amouraché de lui, mon père a été obligé de nous le dire. Mon père l’a eu avec la fille aînée du Vieux Comte. Tout ce qu’il a fait, il l’a fait par vengeance, pour récupérer son nom, sa famille. Et pourtant mon père l’avait accueilli à sa table, il aurait pu loger chez nous, mais il voulait toujours plus.

–       Mon père n’est pas revenu du camp de concentration, ni la femme du Comte qui était sa mère. Ma sœur a disparue je n’ai jamais su si Maurice l’avait fait elle aussi disparaître.

–       Non !

C’est Maurice Brun qui a hurlé ce non, je n’ai pas touché à un cheveu de Marie, je l’aimais, quand j’ai su que c’était ma demi-sœur je lui ai dit, elle est devenue folle et s’est jetée dans la mare. J’ai réussis à la récupérer et je l’ai emmené à Lyon et confié au sœur Saint-Joseph, si elle n’est pas morte, elle y est encore, mais elle n’avait plus sa tête.

Pierrot hurle de colère et s’effondre en pleurs, mais il crie pourquoi ne pas nous l’avoir dit, ma mère est morte de chagrin. Elle, ne t’avais rien fait, ni moi ?

–       Toi tu avais le nom des Viricel moi je devais porter le nom des Bruns, des buveurs depuis des années, et de plus il était méchant, ta mère n’a pas été tendre avec moi, elle me faisait coucher sous l’escalier.

–       Tu as rendu la pareille à mon fils.

Le président de la cour d’Assises arrête le dialogue qui s’est instauré entre l’accusé et son témoin.

Maurice Brun a avoué avoir tué le vieux comte et chargé Pierrot de ce meurtre, il avait planifié le tout pour qu’il tombe dans le piège. Il reconnait avoir trahis les différents maquis et fait porter le chapeau aux fils Perrot, un tantinet naïf. Il est à l’origine de la mort de la femme du Comte, de son père d‘adoption, du père et de la mère Viricel, cela fait beaucoup de monde pour un seul homme, mais maintenant que l’issue est proche il vide son sac, mourir pour un meurtre ou pour dix on ne le tuera pas dix fois. Donc il dit tout.

Puis récemment il aurait bien voulu tuer l’enfant qui est né de son union avec la femme du Pierrot, mais le brigadier est passé avant et il n’a pas retrouvé son enfant.

Il avoue aussi avoir tué un vagabond à qui il a mis l’anneau du Comte pour laisser croire en la mort d’un de ses fils.

Quand le juge lui demande pourquoi il a tué Madame Viricel qui était sa femme, il a juste dit, Pierrot libéré, elle allait me quitter.

Les jurés qui ont prêtés serment se sont retirés et la salle a été évacuée, toutes sortes de bruits circulent, les uns pensent réclusion à perpétuité, d’autres avance l’idée qu’il sera guillotiné.

Pierrot en compagnie de son fils pense qu’il y a eu assez de morts, et ce n’est pas en le tuant qu’ils sauront si Marie est toujours à Lyon, et ils pensent tous les deux à l’enfant de Maurice et de Raymonde.

–       Papa si ton père avait reconnu Maurice, il aurait pu vivre à la ferme et il aurait été heureux, là il a cherché à se venger car on l’avait placé chez les Bruns qui n’ont pas été tendres avec lui. Il ne faut pas que mon petit frère est le même sort que son père.

–       Jules ce n’est pas nous qui rendons la justice.

 

La séance a repris et la sentence rendue, Maurice Brun a juste baissé la tête à l’énoncé du verdict, condamné à la peine de mort. Un grand silence a suivi le verdict. Personne n’a applaudis.

 

 

FIN.

 

 

Commentaires

  1. triste fin pour ce Monsieur Brun…….dommage je n’arriverais pas à lire tout ce que je n’ai pu vu mon absence. Bisousssss et bravo car tes petit roman sont très bon publie.

    1. C’était un traître et la vengeance est un plat qui se mange froid. Pierrot et son fils lui aurait pardonné faut dire qu’il est un peu de leur famille.

      Douce nuit et bisous

  2. Une cascade de meurtres dans la vie de ce pauvre type ! comme quoi la vengeance peut être terrible et décimer plusieurs familles.
    Bravo pour ton imagination fertile.
    Bien amicalement.

    1. Lorsque les vieilles histoires ressurgissent elles emportent de nombreuses personnes sur leur passage.

      Mon imagination est déjà en ébullition pour un nouveau texte. Prochainement il verra le jour.

      Bisous et dors bien

  3. Merci EvaJoe ! J’ai adoré te lire à travers cette histoire ! Bravo pour ton beau et bon travail d’imagination !
    Bonne fin de ce jour,
    Bisous♥

  4. Ouaw! Une histoire qui se termine et peut-être qu’une autre va commencer?
    En tout cas, j’ai aimé suivre tes héros et les différentes péripéties qui vont crescendo!
    Un roman , un peu historique sur les bords. Il a fallu que tu te documentes sur cette période trouble de l’histoire de France.
    Bravo Evajoe!
    Et merci pour ce partage
    Gros bisous!
    😉

  5. que de morts par ce traitre et tout çà par vengeance… mais Jules veille et la fin est exemplaire donc pas encore abolie la peine de mort !!! c’est une bonne chose plus de récidive
    ton histoire m’a beaucoup intéressée EvaJoe, le suspens est là et le crescendo aussi – pour moi c’est une belle fin
    bravo
    je t’embrasse belle journée
    joelle

  6. Je suis décevante chère EvaJoe, je n’ai pu hélas lire ton roman qui s’achève, tu sais pourquoi…J’essaie d’aller un peu revoir les aminautes, à la mesure des forces qui me reviennent, je vais un peu mieux, puisque j’ai réussi à me décider à poser un interlude d’un texte perso en attendant de pouvoir lire et refaire mes chroniques habituelles.
    Tu as la plume vive…et c’est un don chez toi. Je t’embrasse.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.