Enfin là!

Bastien n’a vraiment pas changé, pense Pierre, pourvu que la supercherie ne se retourne pas contre eux. Mais Bastien lui a expliqué que personne n’oserait dire à son supérieur que le premier ministre était venu et avait soustrait la jeune Djiboutienne aux yeux et à la barbe d’un escadron de gendarmes d’élites. Il connaissait bien ces hommes, n’était-il pas leur commandant il y avait encore quelques semaines ; mais depuis son projet de quitter Paris il avait accepté un poste à la police des polices. Légèrement plus calme. Personne n’oserait accuser un de ces policiers d’avoir pris l’apparence d’un ministre de l’état français, aux yeux de qui que ce soit c’était impensable. Ils avaient discuté dans la voiture des moindres détails, en ce qui concernait son visage  ils avaient prétendu qu’il serait malade et sortir en pleine nuit nécessitait de se couvrir, en plus la chance était avec eux il venait d’y avoir un orage, on voyait au loin quelques éclairs. Et puis Bastien, enfant était le roi des imitateurs, personne ne lui résistait. Dans la voiture il s’était entraîné et ma foi il avait dû tromper jusqu’à ses hommes puisque pas un n’avait pensé à un subterfuge. Ils venaient même de renvoyer l’ambulance et à présent il ne restait sur le tarmac que Bastien, Guillaume et deux autres hommes, l’un était un médecin et il avait examiné sur ordre du faux premier ministre la jeune femme. Pour l’instant la mère et l’enfant qu’elle portait allaient bien. Elle avait remis au médecin les résultats des examens qu’elle avait eu à Djibouti. Les résultats sanguins n’étaient pas bons lors de la première prise de sang mais les seconds n’avaient pas corroborés un empoisonnement du sang du fœtus. Ce n’était pas du qat mais une drogue moins nocive, juste un sédatif pour empêcher ses geôliers de l’entendre crier, c’est du moins ce qu’elle avait dit au médecin venu à la demande de Bastien.

Quant à l’autre homme c’était un ami de Guillaume, dès que celui-ci l’avait informé des problèmes qu’il rencontrait pour l’arrivée de sa femme, il s’était mis en lien avec  Bastien et depuis tout en restant dans l’ombre il s’était improvisé chauffeur.

Enfin Bastien déguisé en premier ministre et Pierre accueillent la femme de leur ami Guillaume, c’est une belle femme, grande avec un port de tête de reine, elle porte un tailleur vert qui la met en valeur ; à son cou un rang de perles blanches. Dans sa main, elle tient une photo, et elle sourit à Pierre et lu dit :

  • Vous avez légèrement changé mais je vous reconnais vous êtes Pierre. Guillaume m’a tellement parlé de vous et de votre ami Bastien.
  • Bastien nous attend, avez-vous beaucoup de bagages ?
  • Je n’ai que ce sac, nous n’avons pas pu aller chercher tous mes vêtements à la villa. Mais Guillaume m’a dit que sa sœur m’aiderait.
  • Ne vous inquiétez pas, tout le monde vous attends, venez nous prenons la voiture du premier ministre.

Si Assia a trouvé étrange que nous montions dans une voiture où deux drapeaux français flottaient elle n’a émis aucun commentaire, par la suite elle nous dira que cela lui avait paru bizarre mais qu’elle me faisait confiance.

La voiture s’est éloignée rapidement de la base militaire, en route Bastien a fait de nombreuses imitations d’homme politiques, mais aussi de Guillaume ce qui a bien fait rire Assia. Nous lui avons confié de quelle  subterfuge nous avons usé, tout en lui indiquant que le premier ministre avait été nommé le matin même. Ce qui nous avait arrangé car personne ne le connaissait et surtout sa voix était encore inconnu de ces hommes de terrain.

 Nous avons repris notre voiture et passer sans encombre, personne ne cherchait Assia, pourtant le lendemain un entrefilet sur le journal signalait qu’une femme avait faussé compagnie à ses geôliers, et, que lors de son retour en France elle s’était évanouie dans la nature. Cela semblait étrange, mais ni Bastien ni moi, avons eu à subir les foudres de qui que ce soit. Bastien ne m’a jamais dit qui était le chauffeur et où il avait récupéré sa voiture flambant neuve. Pour moi, peu importait j’avais répondu à mon ami, et maintenant il allait falloir veiller sur sa perle noire comme il la surnommait.

Avant de regagner Peisey, nous avons proposé à Assia d’acheter quelques vêtements chauds, nous l’avons emmené sur Grenoble dans un magasin où Clémentine se servait, elle a choisis de nombreux pulls et pantalons, elle a pris le strict nécessaire, le reste serait récupéré et apporté par Bastien dès la fin de la semaine. C’est munis d’un gros pull en laine sur son tailleur rouge qu’elle est arrivée accompagné de nous deux qui nous étions improvisés garde du corps. Guillaume avait été averti par Bastien que sa femme était en de bonnes mains et c’est au cours de cette conversation qu’il lui avait appris qu’il était le mari de sa petite sœur. Assia avait rapidement compris qu’elle arrivait non seulement chez des amis mais dans la famille de son mari.

Les retrouvailles avec Mathéo avaient été fort belles, l’enfant s’était jeté dans les bras de sa mère et tous les deux avaient pleurés longuement, puis Mathéo avait ouvert son sac à dos et donné à sa mère un téléphone, ce qui avait fait dire à son oncle que ce gamin pourtant jeune tenait de son père. Mais il avait consciencieusement remis sur son dos le sac, ce qui bien entendu nous avait de suite alerté, c’était là le fameux coffre secret dont nous avait parlé son père. Pour l’instant on se contentait d’observer, quand l’enfant aura repris ses repères, nous aurons bien le temps de vérifier ce que son sac pouvait contenir,  Mais à ce moment-là nous étions loin de nous douter de la découverte que nous allions faire.

 

A suivre…

Commentaires

  1. Bon la voilà a bon port, OUF mais m’est avis (je me trompe sans doute) que ce fameux trésor n’est pas sonnant trèbuchant, c’est des papiers et des tête hautes vont tombé……..si je crois. Bisous Eva

  2. Bonjour Evajoe,

    Me voici, me voilà. 🙂
    Quelle belle imagination. Pas mal le coup du rapt par un ministre au nez et à la barbe de la marée-chaussée.
    Enfin, Assia est arrivée à bon port et en sécurité. On souffle un peu. Mais que nous réserves-tu pour la suite. Ce serait étonnant que tout reste calme autour de cette belle jeune femme. Et Guillaume? je pense que tu vas nous ramener dans son sillage?
    Gros bisous

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