Double visage ( La traversée dangereuse )

C’est cette nuit que je vais passer à l’attaque, je vais fouiller le sac à dos de Zoé. Quelle surprise après avoir vidé le tout sur le lit, j’ai découvert un petit pistolet avec une crosse en nacre, un petit bijou qui ne doit pas énormément blessé. Deux passeports, un Suisse et un Français, celui de Suisse est au nom d’une certaine Dorothée Velin et l’autre le français au nom d’une Zoé Pierreux. Aucun rapport si ce n’est la photo qui est la même.

A part ça des choses fort classiques comme il y en a souvent dans les sacs des femmes. A ma montre il est 17 h je décide de fausser compagnie à cette drôle de dame. Je vais saluer notre hôtesse et lui dit que j’ai reçu des mauvaises nouvelles de ma famille et que je rentre de suite chez moi. Je paye la nuit prochaine pour éviter que cette femme décide de me rejoindre. J’ai laissé sur le lit bien en évidence un mot pour Zoé Dorothée, afin qu’elle sache que ma famille a besoin de moi. Je pars sans regarder derrière moi, vu l’heure je me décide de me rendre à l’hôtel le plus proche. Je mange dans une petite auberge car l’hôtel joue relâche le mercredi soir. Ils ont bien voulu m’accueillir car ils avaient de la place. Le lendemain matin je me suis rasé la barbe, coupé les cheveux chez le coiffeur du coin, quand je dis coupé c’est plutôt rasé. Je ressemble encore plus à un repris de justice,  je vais prendre un bus pour Pontarlier, je saute une ou deux étapes, cela me permettra d’avoir de l’avance sur la dame si lui venait à l’idée d’essayer de me rattraper, toutefois notre hôtesse m’a cru, elle devrait me croire sinon, soit elle fera demi-tour soit elle continuera la traversée à moins qu’elle soit de mèche avec le capitaine. Décidément côté femme je me laisse mener par le bout du nez.

Il est 11 h l’heure de m’apprêter à partir, lorsque soudain mes yeux sont attirés par un entrefilet dans le journal, mon père est à ma recherche, je ne croyais pas si bien dire quand je parlais que ma famille avait besoin de moi. Je décide de changer à nouveau mes projets, je vais passer en Suisse, les appeler, regagner  Château de Joux et prendre le bus de 15 h toujours pour la même destination. Je vais faire du stop pour me rendre en Suisse. La voiture dans laquelle je monte est conduite par un jeune qui se rends chez lui à Métabief, il me dit de là-bas vous êtes à 7 kilomètres de la frontière Suisse. Vous trouverez certainement une voiture, car moi je ne peux pas vous y conduire. Le trajet se passe bien et sans encombre, ce jeune homme rejoint sa fiancée, il va se marier samedi. Comme nous avons bien sympathisé il accepte de me conduire à la frontière, ce qui va bien m’arranger. Je fais les kilomètres qui me séparent de Vallorbe à pieds, et là-bas je me cherche un hôtel de manière à pouvoir téléphoner plus facilement. Il ne faut pas que l’on est mis mes parents sur écoute, je ne sais rien de ce qui se passe chez moi. Où en est l’enquête concernant la mort de ce professeur suis-je toujours soupçonné d’en être l’auteur ? La sonnerie est longue enfin on décroche, c’est une voix inconnue, je demande mon père, j’entends des chuchotements, je me dis ne sois pas parano, c’est juste la femme de ménage qui cherche ton père, mais cela dure un peu, aussi je raccroche et rappelle, on est jamais assez prudent.

A la deuxième sonnerie c’est mon père qui me réponds, il ne me laisse pas en placer une seule, il me dispute comme lorsque j’étais encore enfant :

  • Il y a une Zoé qui a téléphoné à la maison ce matin, elle est dans un état incroyable qu’as-tu encore fait à une femme ? Décidément mon pauvre gamin ce n’est pas à bientôt 30 ans que l’on se conduit ainsi.
  • Zoé ? Tu devrais plutôt dire Dorothée, elle a deux passeports cette femme si elle te rappelle dis-lui que je sais tout la concernant.
  • Elle ne va pas rappeler elle arrive ce soir ;
  • Quoi ? Je t’interdis de la recevoir, je l’ai rencontré en marchant sur le GR 5, on a fait un bout de chemin ensemble, elle a dû faire mon sac pour savoir où j’ habitais et a trouvé ton adresse.
  • Tu as dû faire la même chose puisque tu sais qu’elle a deux passeports. Je vais appeler la police ils viendront la cueillir, quand à toi tu penses rentrer quand donc ?
  • D’ici un mois je pense que je serais de retour, à bientôt Papa, embrasse maman pour moi, et prends tes précautions avec cette nana.
  • Elle ne me fait pas peur ta midinette, j’espère qu’elle en valait la peine.

Je raccroche, j’ai nullement envie de parler de ma vie intime avec mon père, c’est tout à fait dans ses habitudes. Je décroche à nouveau le combiné pour appeler mon frère aîné pour voir comment tourne mon entreprise. C’est la secrétaire qui me réponds, je reconnais de suite Madame Barbier, je me présente, elle semble ennuyée voire gênée, puis finalement elle me passe ma belle-sœur. Cette dernière m’incendie de sottises, elle trouve que je me la joue un peu en les laissant tous les deux dans la merde. Je lui rétorque que mes affaires étaient saines à mon départ et que si cela se détériorent c’est certainement de leurs fautes.

  • Mario ! Ramène pas tout à toi, je te parle de tes anciens copains de l’armée ;
  • Ah ils sont venus me chercher ?
  • Si seulement ils étaient venus avec des bonnes intentions, mais ton frère les a trouvés un soir mettant la pagaille dans le bois et il a fallu l’intervention de la gendarmerie pour éviter qu’ils mettent le feu à ton entreprise.
  • Quand cela as-t-il eu lieu ?
  • Pas plus tard qu’il y a deux jours.
  • Qui était présent ?
  • Ils étaient une bonne dizaine, ils ont dit aux gendarmes que tu leur avais faussé compagnie en emportant leurs économies. Du coup les gendarmes ont ouvert une enquête.
  • Ecoute Bea, je ne vais pas me justifier au téléphone, dis au frangin que je vais bien, qu’il aille voir les gendarmes et qu’ils leur disent que ces fous furieux m’ont séquestrés et drogués. Dès que je peux je rentre, mais je veux aller au bout de mon périple. Je vous embrasse  tous.
  • Mario !

Je sais qu’elle m’appelait, je ne lui ai pas laissé le temps de me poser une question. Avant que mon frère l’épouse je suis sorti avec elle,  mon frère assez volage, pire que moi me l’a piquée, je n’ai pas voulu la reprendre, du coup il l’a épousé et ils ont deux beaux enfants. Depuis je ne me fais que les hors d’œuvres, hélas pour la plupart ils sont daubés.

Je mange dans ma chambre, car je veux me reposer, quelle garce cette Zoé ! Elle m’avait bien eu avec son visage de Sainte Nitouche, elle m’avait fait les poches avant que je n’ai l’idée de lui les faire. Elle avait trouvé mon point faible, m’épuiser en baisant toutes les nuits. Qu’avait-elle découvert, à part l’adresse de mes parents, j’avais encore tout dans mon sac. Le pistolet ne quittait pas mes poches, donc elle ignorait que j’en avais un. Puis de toute façon je ne la reverrais plus.

Le lendemain matin je quitte Vallorbe pour me rendre à Mouthe et de là j’irai me réapprovisionner dans une supérette. Je saute plusieurs étapes dont la fameuse montée du Grand Morond et aussi du Mont d’Or, finalement sur les conseils avisés de la dame qui m’a pris à la sortie de Métabief je me rends directement à la Chapelle des Bois où se trouve cette supérette dont mon topo guide fait allusion. De là je continue ma randonnée en direction des Rousses. Le chemin est déjà plus vivant, il y a des groupes de randonneurs, je fais un bout de chemin avec l’un d’entre eux. Puis quand il s’arrête je fais de même, cette soirée sera sympathique car ce Monsieur parcourt à pieds toute la France et il a une belle voix le soir il me donne un récital. A 22 h extinction des feux, chacun s’endort sous sa tente. Dans la nuit j’entends que la pluie s’est à nouveau invitée. Je continue mon sommeil. Au petit matin le chanteur a déjà plié sa toile, nous nous quittons en nous serrant la main, je le verrais beaucoup plus tard et il me sera d’un précieux secours.

Aujourd’hui c’est direction la Roche Bernard, il pleut je me demande ce que je vais voir au sommet. En montant j’ai tout le temps  de penser à ceux qui ont cru que je leur avais faussé compagnie, ils sont allé chez moi, donc maintenant la voie est libre. Je peux savourer la randonnée, bien que la pluie me gêne énormément, j’ai comme l’impression que mes chaussures sont devenues des bateaux. J’ai bien une paire de chaussure de rechange, les mettre serait plus malin, sauf que j’ai très peu marché avec cette paire ; je profite d’un arrêt de bus pour faire l’échange, je mets les anciennes en bandoulières ce que je regrette assez vite, à chaque pas, elle me tape les cuisses, je dois faire une nouvelle halte pour les glisser complètement trempées dans le sac en toile d’où j’ai extrais les autres. Une fois les falaises contournées j’arrive au sommet, peine perdue on y voit pas à deux mètres ; la pluie, le brouillard me font pester. Il est vrai que novembre sera bientôt là, et je risque de trouver de la neige, là ce sera bien pire. Je pense que je m’arrêterais si elle pointe son nez. Au sommet j’entends des rires, je découvre deux jeunes femmes qui se sont abrité et, qui, tout comme moi se désolent de ce temps plus que maussade. Elles me proposent de faire un bout de chemin ensemble. Elles pensent s’arrêter au Lac Léman, je vais faire de même car il neige dans le Jura et le GR 5 dans les Alpes monte à des altitudes qui dépassent les 2000 mètres, je veux bien être fou mais pas téméraire.

 

A suivre…

5 réponses à Double visage ( La traversée dangereuse )

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

 

eauteur

cooltext167891793251221

La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe