Confondu!

Quelques heures plus tard, la bande au complet est arrêtée et hors d’usage de nuire,  et tout s’est déroulée comme ils l’avaient prévu. Chacun avait joué son rôle à la perfection et la police n’avait eu qu’à les cueillir. Mais leur patron était absent, c’était à se demander où il pouvait être!.

A u moment de l’assaut de la police, il n’était pas arrivé, il avait attendu que toute la troupe soit arrêté pour débarquer. Pourtant la police l’avait appelé mais nul ne savait où il était. Quand il a débarqué, tous les protagonistes de cette affaire étaient déjà au commissariat, ne restait dans l’entrepôt que ceux qui cherchaient des papiers compromettants, mais il n’y avait rien qui puisse les amener sur une piste quelconque. Tout correspondait à la vente et l’achat d’oranges.  Ni Pierre, ni ses amis n’étaient dupe mais, le Boss devait payer, car aucun ne parlerait dans ceux qui venaient d’être arrêté. Il devait tomber et ne pas se défausser par une pirouette dont il avait le secret. Et, Pierre avait une idée. Mais pour cela il lui fallait se rendre à l’hôpital et voir si Jeff était sortis du coma. Car cette feuille  de papier à cigarettes l’intrigue au plus haut point. Griffonné à la hâte il y a un dessin avec quelques mots :

 « Ceci est la preuve, Pierre comprendra ».

Le dessin n’est pas trop lisible. Pierre l’examine avec son frère et essaient de comprendre.

–          Regarde cela ressemble à un briquet.

–           

–          Oui, moi aussi je trouve, mais seul Jeff peut te l’expliquer. Maintenant il ne faut pas réfléchir, allons droit au but, sinon l’autre aura le temps de disparaître.

 

 

–          En plus il l’a dessiné sur une feuille de papiers à cigarettes, c’était pour nous mettre sur la piste, mais je ne l’ai eu en ma possession que dans les heures qui ont précédé ma découverte de ce trafic. Le briquet doit correspondre à autres choses.

–           

Aussi c’est à grande enjambée suivis de son frère qu’ils se rendent à l’hôpital. Par la vitre des soins intensifs, une silhouette se dessine, le Boss est auprès de lui. Aurait-il repris connaissance ? Mais une infirmière qui entre à ce moment fait comprendre au visiteur qu’il est indésirable, il bat en retraite, Pierre a juste le temps de  pousser son frère vers une porte, il ne faut pas qu’il les découvre ici. S’il est coupable il comprendrait. Par la porte entrebâillée il voit le Boss repartir, ils s’assoient dans la salle d’attente et voit la femme de Jeff passée dans le couloir, ils lui font signe et apprennent qu’il s’est enfin réveillé et qu’il est agité.

–          Pierre, il te réclame mais je ne savais pas où tu étais, votre patron m’a dit que

tu avais pris quelques congés.

Ne voulant pas l’alarmer davantage, il lui demande l’autorisation de voir Jeff, et, elle le lui accorde car le médecin a demandé de le calmer en le faisant chercher. Pierre voit son ami d’enfance, allongé il est aussi blanc que les draps, il a dû sentir sa présence car il lui prend la main en murmurant :

–          Enfin te voilà !  As-tu résolu l’enquête ? As-tu trouvé le papier à cigarettes ? As-tu compris ?

–          Mon vieux calme-toi, j’ai le papier mais je n’ai rien compris. Pourquoi as-tu dessiné un briquet.

–          Ecoute rends toi aux entrepôts et tu vas pouvoir confondre le commanditaire.

 

La police est sur l’affaire, mais il est vrai que le patron n’est pas du tout suspecté, par contre il était là tout-à l’heure, j’en ignore la raison.

–          Le patron était là et bien il ne manque pas de culot celui-là! Mais dépêche toi car les preuves risquent de disparaître mais je ne lui ai pas tout dit, le croyant de notre côté, je me suis confié à lui avant de ramasser cette balle. Tu dois te dépêcher car je pense qu’il n’en est pas à son coup d’essai et qu’il va partir ailleurs. Il faut que je te confie un secret pour que tu puisses le confondre définitivement. Viens penche toi!

Après les confidences de Jeff, Pierre est abasourdis, mais il la tient sa preuve, maintenant il lui faut organiser la prise sur le fait de son Boss, tout repose sur lui désormais et à sa manière habile d’amener le commissaire à revenir sur les lieux. Car pour l’instant tout porte à croire que c’est Paulo qui a monté ce trafic. Tout l’accuse, car autrefois il faisait de la contrebande de cigarettes. Mais Pierre et son frère ont la preuve de son innocence. Mais il va leur falloir jouer une dernière fois au fin limier et s’introduire là où ils étaient prisonniers, selon Jeff la preuve irréfutable a été planqué par Paulo dans un des wagons abandonnés. Il y en a un nombre important mais il a laissé une marque sur le côté.

Il y a plus de 50 wagons à contrôler, ils se partagent le travail, une heure déjà et pas la moindre trace sur les wagons. Sans preuve il n’y aura pas d’arrestation. Il leur faut réfléchir, les wagons sont ’ils tous au même endroit, brusquement, le capitaine se souvient où il a vu un wagon, c’est lors de l’assassinat des hommes de main de l’armoire à glace.

–          Viens Pierre je pense que le wagon en question est plus au centre du hangar.

 

 En effet il trouve ce fameux wagon, mais oh surprise, alors qu’ils n’ont rien dit à la police sur les assassinats des deux dingues, il n’y a personne sur le sol. Rien ! Tout cela leur semble plus qu’étrange.

Où sont passé ces deux morts, qui est venu faire le ménage ici ?

 

Compte tenu de l’urgence de la situation, ils parent au plus pressé, tout en s’aidant mutuellement, ils montent dans le wagon et en allument le fond, couchés où plutôt jetés dedans, les deux hommes sont là, mais au bout de quelques minutes de recherche, ce qu’ils pensaient trouver n’est pas dans ce wagon.

 

–          Il nous faut cette preuve, sans elle nous ne pourrons pas le confondre et il nous faut aller vite, sinon je pense que notre bonhomme va disparaitre. Vite faisons marcher nos méninges, qu’est-ce que nous avons loupé ?

–          Repartons et prenons les wagons un par un et ensemble, nous mettrons plus de temps mais qui sait  Jeff a peut-être mal compris. Lorsqu’il dit sur le dessus, c’est possible que ce soit en dessous, De toutes façons, Paulo n’a pas dû lui le crier, il a du se faire discret, donc il a pu confondre.

 

Ils cherchent depuis quelques minutes lorsque Marco hurle :

 

–          Euréka, j’ai trouvé, viens m’aider.

Munis du précieux sésame, Pierre se rend seul aux entrepôts et c’est d’un pas nonchalant qu’il entre chez le patron. Il est debout et fait du ménage. Pierre discrètement entre et toussote, l’autre sursaute et le voit.

Il glapit plutôt qu’il parle :

–          Dégagez, je ferme ma boutique, je ne puis plus exercer, je suppose que c’est vous l’instigateur de cette mascarade, mais je vais de ce pas au poste leur dire que c’est vous le commanditaire avec ce nigaud de Paulo.

Après l’avoir laissé vociférer, Pierre, calme, s’assoit et se met à jouer avec un beau briquet en or. Sur ces entrefaites, le commissaire entre. Le boss accuse Pierre d’être l’associé de Paulo, mais il le laisse vociférer tout en disant :

–          Voici la preuve que vous cherchiez Monsieur le Commissaire, j’ai trouvé dans une cagette d’orange le briquet de mon Boss et la preuve est dessus, il y a deux initiales entrelacées, les siennes.

Au même moment son Boss met la main à sa poche et en retire un paquet de cigarettes, semblable à ceux retrouvés le matin même, et, dedans il en sort un briquet de forme et de couleur identique à celui que détiens Pierre. Vous voyez bien que je l’ai. Pierre s’en saisit et lui demande s’il voit ses initiales. En effet, c’est un briquet qui ressemble à celui qu’il détient, mais d’initiales aucune.

–          Et tant à prouver votre innocence, dîtes-moi pourquoi vous avez en votre possession un des paquets de cigarettes trouvé ce matin en grande quantité ?

 

–          Votre consommation personnelle je suppose, lui assène le commissaire.

 

Il baisse la tête, conscient de s’être vendu, mais au moment de partir il tend la main vers Pierre et lui réclame son briquet.

 

Pierre éclate de rire et lui le montre, c’est un briquet comme il en existe des millions, le sien est dans la caisse cachée par Paulo, dans cette caisse il manque une rangée de paquets de cigarettes. Pierre l’a laissé pour qu’il soit confondu mais a voulu voir ce dont il était capable.

En effet, Pierre a laissé la pièce à conviction et sûrement les empreintes de son patron, pour éviter de se faire avoir par le Boss qui a plus d’un tour dans son sac. Il aurait pu se jeter sur lui et vouloir récupérer son bien. Mais c’était sans compter sur son frangin, qui a eu le réflexe d’appeler le commissaire d’où son arrivée impromptue. Le Boss s’est trahi.

Quelques jours plus tard, les manchettes de journaux relataient l’arrestation du Chinois de son prénom Yang, vendu par leur Boss, car il ne voulait pas être le seul à payer.

 

Tous les amis sont venus attendre Paulo à sa sortie de prison. Dans quelques mois le procès aura lieu mais en attendant la Région a retrouvé son calme.

 

 

 

EvaJoe novembre 2013 Copyright

 

FIN

 

 

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