Chapitre 4 l’internat

Au fronton du portail, France lit : « Pension le Cervin ». Malgré sa tristesse, elle apprécie que son papa ait choisi cette montagne préférée où naguère elle est allée en vacances avec lui et son parrain. Petit à petit elle sort de ses rêves pour suivre du regard les petites et les grandes filles qui descendent des voitures alignées les unes derrière les autres. Enfin c’est leur tour, ils sont accueillis par une grande dame longue comme un jour sans fin et très sévère. Une autre plus jeune et petite  s’avance vers France, coupant de ce fait l’herbe sous les pieds de la grande dame, sert la main de Louise et tapote la tête de France en leur adressant un merveilleux sourire, elle a un drôle d’accent.

Elle les accompagne dans un bureau où se trouvent deux autres personnes, l’une est l’économe, l’autre est une toute jeune fille guère plus âgée que France mais qui déjà est bien à l’aise dans ce milieu que France commence à découvrir.

–      Votre chef de groupe va vous aider à transporter votre valise et va prendre le reste de votre trousseau, je vous recommande de dire au revoir à votre mère.

–      Non c’est ma nounou, ce n’est pas ma maman

La gentille dame s’excuse de son erreur, et lui dit de dire au revoir à Louise, ce qu’elles font sans grande effusion.

Pendant que Louise va renseigner différents papiers, France s’éloigne dans la buanderie où se trouve un trousseau à son nom, elle doit faire l’inventaire avant d’en prendre possession, elle a pour cela une grande liste et elle coche au fur et à mesure qu’Erika, sa cheftaine lui les annonce :

–      Un béret bleu marine, assorti à votre cravate verte et bleue, ne vous inquiétez pas nous vous apprendrons à en faire le nœud.

–      Une chemise de nuit blanche à manches courtes, une autre bleue à manches longues. Si en fin de semaine vous retournez chez-vous, il vous sera demandé de la mettre dans la corbeille de linge sale à votre nom, pour vos draps ce sera une semaine sur deux, sauf accident nocturne.

–      Une paire de deux draps, deux serviettes de toilette blanches et bleu marine, deux gants assortis, une serviette de table.

–      Et enfin un jogging bleu marine, une grande cape de la même couleur ainsi qu’un manteau chaud pour les hivers rigoureux.

–      Votre nounou nous a dit que votre papa avait gardé tous vos bijoux et que vous aviez certainement en votre possession quelques babioles, il faut les donner à l’économe ainsi que toutes les gâteries que vos parents vous ont peut-être confiées.

France n’a reçu de sa famille aucun bonbon, sauf un ou deux livres, mais cela elle peut le garder, elle a bien au fond de sa poche une tablette  de chocolat, mais comme Erika n’a pas mentionné le douanier, France commet sa première faute, mais elle pense que cela n’aura pas de conséquences sur sa vie à l’internat.

-Allez venez je vais vous présenter à vos futures amies de chambre, car vous verrez vous vous ferez des amies. Si vous avez de la peine, vous pourrez aller voir les « nounous de l’internat ».

Un pauvre sourire apparaît sur les lèvres de France, mais bien vite elle retombe dans son mutisme jusqu’à ce qu’elle entende des sanglots, puis des cris, sur sa gauche au bas de l’escalier. Une jeune fille pas plus  grande qu’elle, elle s’est accrochée au cou de son papa et sanglote. Elle lui demande de ne pas la laisser, et elle appelle sa maman qui n’est pas plus présente que la sienne.

 

A suivre

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