Chapitre 16

 

Mais des pas se font entendre, qui peut venir, le brigadier, comme lui sont sur le qui-vive. Ah ce n’est que la Suzon, cette jeune femme de 32 ans qui traîne sa peine tout le long des chemins à la recherche de simples. Elle est appelée la sorcière, mais parfois quand il la croisait il lui semblait voir des éclairs de lucidité dans son regard, mais jamais il n’avait osé lui parler. Plusieurs fois la petite comme il l’appelait, s’était approché de lui à le toucher, mais, lui en gros lourdaud, il l’avait repoussé. Que venait-elle faire ici ?

–       Bonjour Suzon, que viens-tu faire ?

–       Elle n’est pas là Raymonde

–       Non, que lui veux-tu ?

–       Je viens voir mon frère, enfin celui qui se fait passer pour lui ;

–       Qui ?

–       Maurice !

–       Comment ça Maurice c’est fait passer pour ton frère, c’est bien la première fois que j’entends ça, et pourquoi se serait-il fait passé pour Momo ? Décidément aujourd’hui j’en apprends des vertes et des pas mûres.

–       Je l’avais dit à Raymonde que Maurice c’était mon frère elle m’avait dit que je devais me tromper

–       Ah, Raymonde en savait donc plus qu’elle aurait pu prétendre, dommage qu’elle ne soit plus là pour tout nous raconter.

–       Plus là ! Mais où est-elle ?

Que dire à la petite Suzon, le brigadier se gratte le crâne, il ne sait que répondre à cette jeune femme, elle a suffisamment souffert, mais elle semble dans un drôle d’état. Que va-t-elle lui apprendre et pourquoi si longtemps après la guerre.

–       Que se passe-t-il ? Saurais-tu qui est le mort de la rivière.

–       Lui, je ne sais pas, mais le premier mort, je connais quelqu’un qui pourrait vous en dire plus que moi, mais il faut que vous me suiviez et me promettiez de n’en rien dire.

Le brigadier est abasourdis, c’est impossible, il y a là anguille sous roche, il va falloir qu’il mette ça au clair. Maurice Brun serait Momo le fils de son compagnon d’armes, le Comte, ce sont deux personnes distinctes, il en est certain. Il est vrai qu’à la mort du petit Marius, enfin celui que l’on pensait être Marius, Momo a quitté la Région, et, en y pensant bien, Maurice Brun a fait son apparition quelques mois plus tard, étrange coïncidence, alors qui tire les ficelles ? Qu’est-ce que cet imbroglio veut dire, mais il n’a pas le temps de se poser plus de questions, qu’il reçoit sur la tête un grand coup, il n’a pas le temps de se rattraper il s’affaisse de tout son long et sombre dans le néant.

Marie Suzanne, car c’est bien elle s’étonne de son geste, mais il lui faut reprendre ses esprits, ne pas se laisser surprendre par l’inspecteur qu’elle voit de l’autre côté de la paille. C’est bien pratique ici, elle voit sans être vue. Celle qui est considérée comme une simplette, a fait sa propre enquête, Jules et Paulo l’ont bien aidé, ces deux gamins sont débrouillards et fort intelligents.

 

Pendant ce temps, le beau-père de Jules écoutait sans faire de bruit, mais il n’a pas vu arriver derrière lui, une ombre, tout-à-coup il sursaute, on vient de lui mettre une main sur l’épaule. Il ne s’est pas méfié, il est tellement sous le choc de ce qu’il vient d’entendre qu’il a baissé sa garde. Et l’inspecteur, en planque depuis de longues heures vient brutalement de surgir. Le voilà fait comme un rat !

–       Ôtez votre houppelande et montrez-vous au grand jour que je vois à qui j’ai affaire.

–       Vous n’allez pas être déçu du voyage, je suis chez moi, j’ai tout de même le droit de venir.

–       Comment ça chez vous ?

–       Je suis Maurice Brun, c’est la ferme de mes grands-parents, et j’habite là avec ma maîtresse.

–       Maurice Brun, Où étiez-vous passé ? On vous cherche depuis hier ? Vous allez me suivre à la gendarmerie et vous m’expliquerez votre emploi du temps

–       Où est ma Raymonde adorée ?

–       Suivez-moi et je vous mettrais au courant.

 

 Tout le village a dû se donner rendez-vous à la ferme du haut, car voici Jules qui fait son apparition. Comme il est dans la confidence, elle peut se montrer. Mais au moment où elle va apparaître, au fond de la grange, elle entend un juron, c’est l’inspecteur qui vient de s’étaler de tout son long, Suzon de son petit nom n’a pas le temps de se baisser que Jules la voit, ils échangent un regard, Maurice Brun a réussis à fausser compagnie à l’inspecteur, tous deux le voient lui passer les menottes qu’il avait à sa ceinture, il se frotte les mains et vient dans leur direction, vite ils leur faut fuir et se planquer quelques parts. Vite filons au château il ne connaît pas toutes les oubliettes où autres cachettes.

–       Avant de nous planquer je vais voir s’il n’est pas trop amoché le brigadier.

–       Laisse-le, nous n’avons pas le temps, je ne donne pas cher de lui, quand l’autre va le découvrir, il va se demander ce qui s’est passé ? Du reste c’est toi qui l’as frappé ?

–       Oui…

–       Pourquoi ?

–       Il ne m’a pas dit ou était Raymonde, ta mère !

–       Tu es…Il allait dire folle, mais il se mord la langue, c’est ce que le village en entier ont dit d’elle, ses longues années.

Tout en allongeant le pas, le plus silencieusement du monde, Jules est secoué par les sanglots, Marie-Suzanne ne comprend pas ce déluge de larmes, dès qu’ils ont franchis le muret, ils s’enfoncent sous les arbres qui poussent n’importe où depuis que personne n’entretient le château. Ils descendent par l’escalier de pierre qui mène aux oubliettes, Jules connait cet endroit comme sa poche, il fait sauter le verrou d’une porte vermoulue, allume sa lampe électrique et pousse Suzon derrière un rideau dont tous deux ignorent ce qu’il protège. En chuchotant elle lui demande pourquoi il pleure tant, mais déjà un pas lourd se fait entendre avec un bruit caractéristique de ferraille. Jules se met à trembler, il reconnait le pas de son beau-père, donc c’est bien lui qu’il a surpris dans la forêt. Pourvu qu’il ne soit pas pris, ni lui, ni Suzon. Mais l’autre se contente de se rendre dans la cellule où était enfermé Aubin, et ne fait nullement attention aux deux jeunes gens. Il a l’air de chercher quelques choses de précis, car ils l’entendent jurer plusieurs fois, ils ne peuvent pas sortir, pourvu que l’autre s’en aille car là ils ne pourront pas ressortir de sitôt.

Jules chuchote à Suzon :

–       Il doit chercher quelques choses de particulier et je pense qu’il va s’enfuir

–       Pourquoi dis-tu cela Jules ?

–       L’inspecteur et le brigadier savent qu’il a usurpé la place de ton frère, et nous sommes à peu près certains qu’il sait qui a trahis le réseau de mon père.

–       Chut ! Il arrive !

 

 

A suivre

 

Si je publie ce roman, je modifierais certainement ou ôterait totalement la partie précédente, celle-là explique tout aussi bien ce qui s’est passé et qui est qui? Mes excuses pour vous avoir livré un chapitre assez embrouillé, mais j’ai voulu faire au mieux car j’étais absente…

Commentaires

  1. Oui, c’est vrai, certains passages mériteraient d’être un peu plus clairs. Pour autant, la trame est très prenante, l’époque et les personnages, intéressants.
    Je dois partir en fin de semaine mais si tu publies d’ici là, je passerai te lire.
    Bises et bon après-midi.

  2. Pour moi ton écriture est limpide mais il est vrai que quelques retouches peuvent aider. En attendant, je me régale comme tous et c’est bien cela l’essentiel.
    Bisous

  3. La seule chose qui me gêne à l’ordi c’est un long paragraphe amis pour le reste c’est très bon. Hier je comprenais pas grand choses car bien fatiguée en plus. Bisessss

  4. Oui, il en sera bien ainsi, en effet ! J’♥ bien cela en tout, tu sais EvaJoe ! Je ne m’en lasse pas ! Merci et bonne fin de ce jour à toi !
    Bisous♥

  5. Bonjour Evajoe,

    C’est sûr qu’il faut lire, lire et relire encore pour corriger et remanier. Rien de plus normal.
    Tout comme Clara, je suis prise par le sujet et ses multiples rebondissements. Ce petit Jules est bien sympathique et vif comme un gardon
    vite, je vais découvrir la suite
    😉

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