Accident ( La traversée dangereuse)

Je paye mon annonce et sort du journal, lorsque je vois venir vers moi le Commandant Pierre, celui qui a voulu me tuer, je me dissimule derrière mon journal et le laisse passer, puis je le suis en évitant soigneusement de m’exposer au grand jour, il y a suffisamment de personnes ce mercredi de vacances scolaires, je n’ai pas retrouvé mon pas de marcheur et ma cheville me fait souffrir mais il ignore que je le suis et il a tendance à la farniente ce qui m’arrange bien. Tout en le suivant à distance respectable je me demande ce qu’il fait  dans mon village, si ce n’est pas une coïncidence, cela voudrait dire qu’il a suivis mon périple pas à pas. Brusquement il entre dans un hôtel, j’attends un peu et entre à mon tour, ce dernier n’est pas engageant, à l’accueil il y a un homme qui mange  plus qu’il ne travaille. Lorsque j’entre il sirote un jus de raisin à moins que ce soit du vin rouge, il pue une odeur fétide de vin de qualité moyenne, pour le raisin s’en est mais alcoolisé. Il éructe un cri guttural en m’annonçant

  • C’est pourquoi ?
  • J’ai vu Pierre Arduy entré, je veux lui faire une surprise, il est à quelle chambre ?
  • La 5, premier étage,

L’individu part d’un rire gras et me lance une œillade, en me disant :

  • Quand vous redescendrez vous me raconterez qui a été le plus surpris de vous deux !

Tout en montant à pieds l’étage je me demande ce que cela veut dire, méfions-nous, il se peut que le Commandant m’ait vu derrière lui et que ce soit moi qui soit surpris. J’arrive dans un couloir allumé par des loupiotes d’un autre âge ; c’est fort sombre, les numéros sont inscrits sur les portes, j’avance et soudain j’entends une voix qui ne m’est pas inconnue. Je m’approche et tends l’oreille. On dirait Zoé, ma foi oui c’est bien elle, j’entends son rire, je m’approche davantage et tends l’oreille. Si ces deux se connaissent ce n’est pas une coïncidence, qui sont-ils l’un pour l’autre ?

  • Alors Pierre qu’as-tu-appris ?
  • Rien, juste qu’il serait reparti sur le GR5 selon mes informateurs, il doit vouloir terminer sa randonnée.
  • Il n’a pas été inculpé pour la mort de son ex.
  • Tu as fait erreur tu as tué une inconnue, Maud a disparue de la circulation, la femme que tu as poussé était une femme dépressive, ils ont conclu à un suicide.
  • Merde, mais dans son sac il était noté qu’elle se nommait Maud.
  • Et bien elle l’avait volé ce sac, toi tu es tombé dedans comme une pauvre imbécile que tu es.
  • Non mais j’aurais bien aimé te voir en haut des échelles, tu me l’as décrite, j’étais persuadée que c’était elle, qui te dis que la justice ne veut pas nous embrouiller.
  • Ah oui tu as laissé des traces derrière toi Madame Arduy.

Je me mords les lèvres pour ne pas hurler de rage, ces deux-là sont complices puisque mari et femme, j’ai un moment d’hésitation, me demandant si je ne vais pas entrer, puis, je me ravise et repart. En bas l’homme de l’accueil a été remplacé par une toute jeune fille, je n’ai rien besoin de lui dire, en attendant, je vais me planquer, mais auparavant, j’avise le journal et modifie mon annonce. Je ne veux pas lier Zoé à Maud. L’annonce ne devait être publié que demain, voilà c’est choses faîtes. Ce doit être un hôtel de passe car il y a un va et viens incessant, soudain la porte s’ouvre, c’est le commandant qui sort, il est seul, il part en direction du parking ou il a garé sa voiture, je note le numéro et le laisse s’en aller, je fais le chemin en sens inverse et monte quatre à quatre les marches, lorsque j’arrive sur le premier palier je vois une jeune fille devant la porte de la chambre de Zoé et de son cher mari, je fais mine d’aller plus haut, et je me planque au palier intermédiaire et j’entends la jeune fille taper à la porte et crier :

  • Madame Arduy votre frère m’a chargé de vous dire qu’il vous rejoindrait à la brasserie dans deux heures.
  • Merci !

La petite hôtesse s’en va, j’attends sans faire de bruit, ensuite à mon tour je me dirige vers la chambre, dans un premier temps je frappe à la porte, personne ne vient,  j’entrouvre la porte, il n’y a personne dans la chambre, mais il m’arrive aux oreilles un bruit de douche ainsi qu’ une musique de fond, rien ne va m’empêcher d’accomplir ce que je suis venu faire. J’entre dans la salle de bain, lorsque Zoé me voit, elle va pour crier, fait un mouvement, glisse et tombe lourdement sur le sol carrelé. De suite je vois du sang qui coule de son oreille, je n’ai pas besoin de vérifier, la belle Zoé est morte et encore une fois je n’y suis pour rien. Je lui ai fait peur car j’avais dans les mains mon pistolet muni d’un silencieux, mais je n’ai pas eu le temps de discuter avec elle. Son ennemi a été son savon liquide, moi je suis juste l’élément perturbateur. Je quitte l’hôtel sans me faire remarquer, et me rends chez un ami pour être vu,  je prends mes aises boit une bonne bière et le quitte sous le coup des 19 h. Je me rends chez mes parents où je suis attendu avec ma sœur pour manger une bonne choucroute, comme dit ma mère tu as besoin de grossir tu flottes dans tes vêtements. Nous passons une agréable soirée. Je rejoins ma chambre sous le coup des minuits,  Le lendemain je ne vois pas l’ombre d’un gendarme ni d’un policier, personne n’a signalé la mort d’une femme. J’en viens à me demander si elle était réellement morte, mais j’en suis certain. A moins que son frère ne soit pas venu voir pour quelles raisons elle n’était pas venue le rejoindre. Tôt ou tard l’hôtelier allait s’en rendre compte. Effectivement un peu plus tard dans la soirée, mes parents reçoivent un appel téléphonique de la gendarmerie leur demandant si je me trouvais chez eux et il leur annonce que Zoé Carpato est décédée hier en fin d’après-midi, il leur demande que je me présente dans leurs locaux dès que possible. Mon père me prévient et je me rends en sa compagnie à la gendarmerie. Dès que j’arrive on demande à mon père de m’attendre, et moi j’ai droit à un interrogatoire, j’en ai l’habitude.

  • Monsieur qu’avez-vous fait hier après-midi.
  • Je me suis rendu dans les locaux du journal de Montbéliard pour passer une annonce concernant mon ex-femme
  • Nous vérifierons, ensuite
  • Je me suis baladé dans les rues attenantes, j’ai vu sur la place vers la fontaine l’automate qui se produisait. Il y avait foule, mais pourquoi toutes ces questions ?
  • Poursuivez ensuite qu’avez-vous fait ?
  • Je me suis rendu chez mon ami qui tient le restaurant du Lion ;
  • Y avez-vous mangé ?
  • Non, j’ai mangé chez mes parents ou je demeure pour l’instant.
  • Vous y êtes arrivés à quelle heure ?
  • Vers 19 h, ma mère avait fait une choucroute et j’avais intérêt d’être à l’heure.

Ils me font signer ma déposition et je m’en vais comme je suis venu sans autres explications, elles me seront données par mon père qui m’apprend que le mari, tiens donc le commandant est bien son mari et non son frère, vient d’être arrêté car il est accusé d’avoir tué sa femme, comme ce dernier et moi avons eu des mots et qu’il m’avait poussé sur le GR 5 selon mes dires, il m’a accusé, disant que  j’étais venu le voir à son hôtel, mais rien n’a été confirmé par le propriétaire qui hier était absent, il avait confié son hôtel à sa fille et à son frère, mais ni l’un, ni l’autre ne m’ont reconnu sur les photos. C’est normal cet hôtel est plus sombre qu’une grotte en pleine nuit. J’ai bien croisé la gamine mais elle ressemblait plus à un zombi avec son casque de MP4 sur les oreilles, elle n’a pas dû prêter attention à moi, par contre le vieux à l’accueil devait être trop imbibé de vin pour ne pas se souvenir de moi.

J’apprends ce que mon père a entendu, le commandant Pierre est accusé du meurtre de sa femme car le gérant de l’hôtel a signalé qu’il se disputait tous les jours avec la jeune femme et qu’il l’avait vu lui porter une ou deux fois des coups. Cela m’arrange bien, car je n’aurais pas pu me justifier auprès des autorités. Ma mère se lamente de la disparition de cette garce de Zoé, moi je préfère ne rien dire, mais son accident, car s’en est bien un, même si tout accuse qui que ce soit, m’arrange. Si le Commandant est relâché faute de preuve je  m’occuperais de lui personnellement. Avant de mourir il apprendra comment sa dulcinée est morte. Lui je ne lui ferais aucun cadeau. La chance m‘a souri une fois j’espère bien qu’elle passera une autre fois. Pour l’instant j’espère avoir des nouvelles de Maud, car elle n’a pas disparue, elle n’a pas pu s’évaporer dans la nature. Cette femme je l’aime, elle me manque, j’espère qu’elle lira le journal et me donnera signe de vie.

A suivre

Commentaires

  1. Encore une fois, il assiste à une mort violente, il en aura vues, non ?Et il passe à travers les mailles du filet !
    Bonne soirée, bisous.
    Je ne te lis qu’à toi car je fais une réelle pause.

  2. Il a l’art de se placer dans des situations compliquées. cette fois, il a eu de la chance. mais à trop tirer sur la corde, elle cassera. Car il a l’air de mijoter l’assassinat de ce commandant. Aïe! Aïe!Aïe!pour sa pomme!
    Gros bisous
    😉

  3. Il s’est encore mis les pieds dans les plats !!! Il semble bien éviter le pire, en tout cas, pour le moment, mais s’il s’avise de tuer le commnadant, là, par exemple, hein … ouf ! Bonne nuit EvaJoe ! Bisous♥

  4. Il y en a des comme ça. On dirait qu’il cherche comment s’attirer le plus d’ennuis possibles !
    Qu’il n’aille quand même pas tomber dans le piège de vouloir tuer le Commandant Pierre.
    Bisous

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