Une absence qui s’éternise (chapitre 10)

Bonjour à mes lecteurs,

Je vous ai mis l’intégralité du chapitre 10 car je dois m’absenter 3 à quatre jours la semaine prochaine. Cela me donnera le temps de transcrire l’ensemble de mes notes de mon cahier à mon ordinateur et dès que je rentrerais vous pourrez continuer à découvrir mon roman. Et à la fin je vous offrirais en prime le titre de mes écrits car je l’ai enfin trouvé…C’est un peu contraignant  de regarder qu’il n’existe aucun ouvrage ayant déjà ce titre. Même si les histoires sont différentes deux titres semblables c’est interdit.

Excusez-moi pour la longueur, mais j’espère que si l’histoire vous plaît et j’en ai l’impression vous ne verrez pas la longueur. De plus cela va dans le sens que vous avez l’air d’attendre.

 

 

Selon la volonté de leur maman et avec l’accord de leur père, la maman de France se trouve depuis le début de l’année scolaire dans une maison de repos à l’écart de Lyon. Cette maison se trouve dans les Monts du Lyonnais dans un charmant village qui se nomme Saint-Martin-en-Haut. C’est là que le chauffeur les dépose en ce début d’après-midi. Sa chambre est au rez-de-chaussée, elle a une porte-fenêtre qui donne sur un immense parc aux arbres à essences variées. En ce début d’après-midi la maman de France fait la sieste et ne s’attend pas à voir sa fille accompagnée de sa demi-sœur dont elle a appris l’existence par son mari qui est parti affronter ses démons, enfin c’est ce qu’elle pense, car il a été fort évasif au téléphone pas plus tard qu’hier matin.

Quand France accompagnée de Victoire arrive, elle voit que sa maman dort dans un fauteuil relax sur la terrasse. Comme à son habitude elle a une longue robe blanche avec un manteau de la même couleur ; sur sa tête un chapeau blanc qui la protège des rayons du soleil. Elle paraît tellement fragile pense France en la voyant assoupie. Ce blanc la rend diaphane se dit-elle. Elles essayent de faire le moindre bruit possible, mais hélas les gravillons du chemin réveillent la belle au bois dormant comme pense à ce moment Victoire. La maman de France soulève lentement son chapeau qui la protège des rayons du soleil de cette semaine Pascale, et elle rosit de plaisir en voyant que s’avance sa fille adorée. Elle pense de suite que la fillette qui l’accompagne est forcément Victoire née du premier amour de son mari.

–       Ma petite chérie, quel plaisir tu me fais, mais tu m’avais annoncé ta venue pour demain, je ne suis pas présentable. Toi, tu dois être Victoire.

Victoire apprécie la douceur de la maman de France et est même étonnée de sa gentillesse, après tout elle n’est que la demi-sœur de sa fille. Mais Luce ne parait pas du tout gênée par la présence du fruit de l’amour de son mari, au contraire, on dirait qu’elle la considère comme  sa propre fille. Elle l’embrasse chaleureusement, ce qui fait naître au bord des cils de Victoire, quelques larmes, qu’elle réprime rapidement. Personne ne doit voir qu’elle est émue. Mais la maman de France s’en est aperçue et elle lui tend un merveilleux mouchoir blanc pour qu’elle puisse s’essuyer les yeux, et lui fait comprendre qu’elle peut le garder. Ce qui met un sourire sur les lèvres de France, elle reconnait bien sa mère, elle a toujours distribué ses mouchoirs en fine batiste.

Luce Delmas s’intéresse énormément au travail scolaire des deux fillettes, elle leur pose les questions d’usage, félicite dans un premier temps sa fille pour ses résultats scolaires, et encourage Victoire pour sa progression tout en l’entourant d’affection.

–       Et bien je pourrai dire à votre père que vous avez bien travaillé en classe, il sera fort heureux.

–       Maman, pourquoi papa ne rentre pas, son travail l’attend et il laisse Fabien s’en occuper, je pensais que c’est ce qu’il ne voulait pas.

 

–       Ton papa, il faut le comprendre,  a appris en même temps que Victoire était sa fille, il l’ignorait complètement, et il s’en veut énormément d’avoir cédé à son père il y a plus de 12 ans.Quant à son travail il a préféré le fuir, il est en ce moment au Bénin où il va essayer avec ton parrain de mettre sur pied un laboratoire pour faire des recherches sur des vaccins. Mais votre Grand-Mère s’y oppose un tantinet,  je n’en connais pas la raison. Ici en France il doit aussi essayer de savoir qui lui veut du mal au sein de son propre Laboratoire, il y a eu des vols, et le pire de tout il a subi de la part de Fabien de nombreuses suspicions. Aussi,  comme il ne se sent pas dans l’état de travailler, sa mère lui a ordonné de prendre du repos et de revenir quand il aura mis ses idées en ordre. D’où son départ précipité vers son frère. Et votre grand-mère a donné les rennes à Fabien, ce qui contrarie ton père.

 

–       Mais Fabien a licencié le papa de Rose, la petite fille de la cuisinière de Bonne Maman, pourtant il faisait bien son travail, papa disait toujours « c’est un gardien exemplaire. » Maintenant qu’il est loin de nous il est  gentil, alors qu’avant son départ il me malmenait et m’envoyait promener à tout moment.

 

–       Avant son départ ma fille chérie, il venait de savoir que l’on avait besoin de lui aux USA, et il se demandait ce qui se passait, puis quand il s’est retrouvé avec vous Victoire, il n’a pas su comment assumer, il vous a même poussée à parler vous-mêmes à France, ce que en d’autres temps il aurait assumé seul. Mais je ne puis vous en dire davantage mes chéries. Par contre France, j’ai reçu pour toi une lettre de ton papa, tu ne dois jamais communiquer ce que tu trouveras à l’intérieur à qui que ce soit, sauf à ta sœur.

A mots couverts, la maman leur dit que c’est la formule pour fabriquer les deux parfums homme et femme. Mais chut, elle n’a rien dit.

–       Venez rentrons il fait frais !

A l’intérieur elle se dirige vers une pile de linge et derrière se trouve une lettre d’où s’échappent des effluves fort agréables ; le tout est plié avec un ruban rouge, il tombe à terre une feuille fine, et dessus, il y a l’écriture de son mari.

–       Il faut que tu la mettes dans un endroit où personne n’en prendra connaissance, ou bien tu devrais la donner à Victoire, ta grand-mère n’ira pas regarder dans ses affaires.

 

–       Quel honneur vous me faites Madame.

 

–       Oh ! Non pas Madame, si tu ne peux pas m’appeler Maman ce que je comprendrais, dis-moi Luce.

 

 

–       Merci Maman Luce.

L’après-midi est allé fort vite, France a remis la lettre à Victoire et a laissé le petit mot et le ruban à sa maman. Elle ouvrira le courrier seulement quand elles seront en sûreté chez Monsieur Donnât, le papa de Léa. L’infirmière qui suit la maman de France les a remerciées de leur visite et leur a même dit de revenir plus souvent car elle avait trouvé Madame Delmas très calme. Mais France et même Victoire s’était rendu compte qu’au fur et à mesure qu’approchait la fin de leur rencontre, elle rentrait dans son mutisme et ses yeux presque violets se voilaient de tristesse.

Quand elles sont rentrées à la grande Maison, Fabien était encore là et discutait âprement avec leur grand-mère. Dès qu’elles ont toutes deux franchi le seuil, il y a eu comme un grand silence qui a mis tout le monde mal à l’aise. Et comme par hasard dans leur monde où rien ne devait sortir, elles  ont appris le soir même que Fabien jouait un drôle de jeu. Après le repas auquel assistait Fabien, la grand-mère et le petit fils s’étaient, comme à leur habitude depuis des années, retirés dans le bureau de Bon Papa qui était depuis celui de sa femme, mais tout le monde le nommait ainsi depuis 10 ans. Les fillettes, curieuses comme elles étaient et sentant que l’atmosphère s’épaississait, avaient décidé d’aller dans le boudoir vert attenant au bureau et là, l’oreille collée à la paroi du mur du placard, n’avaient pas perdu une miette des manigances de leur grand cousin.

–       Bonne Maman tu m’as demandé de prendre un détective privé et suivant tes recommandations je lui ai donné carte blanche. Voici ce qu’il vient de découvrir. Il a suivi Oncle François depuis qu’il a déposé sa fille  Victoria, et non Victoire comme vous l’appelez, à l’internat où se trouve France. A partir de ce moment il ne l’a pas quitté d’une semelle. Il s’est envolé à nouveau pour les USA, régler les affaires courantes à la fois chez la mère de la petite et à la fois au laboratoire. Le poste resté vacant par Madame Gerry n’avait plus besoin de personne, compte tenu que le laboratoire a fermé ses portes, il a donc licencié l’ensemble des chercheurs. Certains sont donc revenus en France, comme tu le sais, et ils devaient intégrer le laboratoire, mais je ne les ai pas gardés, c’étaient les yeux et les oreilles de François je n’en n’ai pas besoin.

 

–       Tu as largement exagéré, je te l’ai du reste dit il y a quelques temps, mais comme le Laboratoire tourne bien, je ne t’en fais pas griefs.

 

–       Merci Bonne Maman de m’accorder votre confiance, car mes oncles et ma tante n’ont pas l’air d’être d’accord avec vous. J’espère que les petites pestes n’informeront pas vos autres enfants.

–       Justement j’ai prévenu Monsieur Donnât, il va venir les chercher demain au plus tôt. Il est comme tu sais Commandant dans la Marine Française mais il a été légèrement blessé lors d’un entraînement et il a un repos de trois mois voire plus. Il ne m’a posé aucune question, mais de cette manière tu auras les coudées franches.

 

–       Merci ! Bon je termine et après je filerai dormir, je le mérite bien. Donc il est allé se mettre au vert chez son ami de promotion. Il y a quinze jours il est sorti et c’est là que le détective a perdu sa trace, mais auparavant il a posté 7 lettres. Or à ce jour, après que Luce ait répondu qu’elle en avait une, la vôtre, celle de vos deux fils et de votre fille et la mienne, je ne vois pas qui a reçu la septième. A moins que ce soit France, mais hier elle ne l’avait pas sur elle, j’ai fait vérifier ses bagages quand elle était avec nous au mini Conseil de Famille.

 

–       Ma petite France a gardé son sac à dos, c’est certainement là qu’elle a mis cette lettre, avant qu’elle ne parte demain matin, il va falloir que je trouve cette lettre. As-tu pris connaissance de celle de Luce ?

 

–       Oui, mais cela n’a rien à voir avec l’entreprise, ce sont des banalités de couple.

 

–       Elle a accepté que tu  la lises ?

 

–       Pas vraiment mais je l’ai menacée.

 

–       Fabien, je ne veux rien savoir de tes manières.

C’est à ce moment-là que le téléphone a sonné dans le bureau et les deux fillettes se sont empressées de disparaître, craignant que Fabien en profite pour aller à l’extérieur, vu quel’appel ne le concernait  pas, chercher des verres comme souvent il le faisait.

En arrivant dans la chambre, elles ont réfléchi où cacher l’écrin ainsi que la lettre de leur papa qui leur était destinés. Car les menaces de Fabien étaient fort claires, il avait tout vérifié ce matin, il ne s’était pas sali les mains, il l’avait fait faire par un homme de main ou son détective, ceci elles l’ignoraient toutes les deux. Plus elles réfléchissaient plus elles pensaient qu’il viendrait pendant leur sommeil. Ne pas dormir n’était pas la bonne solution. Mais où tout cacher ?  Une idée vint à France, elle allait mettre le tout dans la grosse plante sur le balcon extérieur, elle allait faire un trou, le reboucherait et remettrait sur le dessus les petits copeaux de bois de manière que personne ne trouve qu’il y avait quelque chose d’anormal. Toutes les plantes de la grande maison avaient des copeaux de bois. Mais auparavant elle enveloppa l’écrin, la lettre dans la robe d’une de ses poupées qui trônait sur la cheminée, dans la chambre de son père.

Rapidement, aidée de Victoria, c’est ainsi qu’elle l’appellera désormais, vu que c’est celui-là son vrai prénom, elles ont réussi, avant le retour de Bonne Maman, à tout remettre en place et à fermer les persiennes, de manière que leur cousin ne puisse se rendre sur le balcon au cours de la nuit. L’essentiel était de se montrer étonnées si leur Grand-Mère les avertissait de leur départ imminent pour se rendre chez Léa, et de ne jamais regarder vers la fenêtre pendant qu’elle leur parlerait. Mais lorsque Bonne Maman est montée, elle leur a demandé de l’accompagner au rez-de chaussée, elle avait quelques choses d’important à leur dire. Elles ont eu beau prétexter qu’elles avaient sommeil, elle s’est montrée inflexible. Toutes les deux ont bien compris ce qui allait se passer. En effet, tout en descendant, suivies de leur Bonne Maman, elles ont croisé Fabien qui sifflotait, accompagné d’un inconnu. Mais elles n’ont pas osé poser une seule question et se sont bien douté de ce qu’il allait faire. Toutes les deux, sans se concerter, ont espéré que leur cachette était un lieu sûr.

Après que leur grand-mère les aient averties de leur départ dès demain chez les Donnât, elle a discuté de leur travail scolaire, mais ne semblait pas totalement intéressée par leur réponse, ce qui n’était pas étonnant compte tenu de ce que les deux fillettes avaient entendu. Elle attendait le retour de Fabien, qui est réapparu plus d’une demi-heure plus tard. A sa tête, et devant sa négation en regardant sa grand-mère, toutes deux ont compris que leur cachette n’avait pas été découverte. Leur cousin est parti, suivi de son acolyte qui était certainement son détective privé. Il a serré leur Bonne Maman dans ses bras et est sorti sans regarder ses cousines.

Ces dernières, pressées de se rendre dans leur chambre, ont pris congé de leur Bonne Maman et l’ont regagné rapidement pour essayer de dormir. La nuit a été dure pour France, Victoria a bien dormi, c’est tout au moins ce qu’elle a dit à France le lendemain. Cette dernière s’est demandé pourquoi sa grand-mère n’était plus la même, et  c’est pendant la nuit qu’elle a décidé de lui dire qu’elle avait eu son père au téléphone pas plus tard  que la semaine dernière. Ce qu’elle avait caché à tout le monde. Aussi, connaissant les levers matinaux de sa grand-mère, France est descendue dès six heures du matin. Sa grand-mère déjeunait tranquillement dans le patio à peine éclairé. C’est à ce moment-là que France l’a trouvée, pâle et les traits tirés, elle a sursauté en voyant apparaître une de ses petites filles.

–       Bonjour, ma petite France, tu es tombée de ton lit ?

 

–       Non Grand-Mère, mais j’ai mal dormi, il fallait que je vous confie quelque chose, surtout que nous n’aurons plus l’occasion de nous voir avant cet été.

 

–       Qu’as-tu à me dire mon enfant ?

 

–       Papa, je l’ai eu au téléphone la semaine passée, je ne l’ai dit à personne, vous êtes la seule désormais à le savoir. Je ne l’ai même pas dit à Maman.

La Grand-Mère ne lui a  pas répondu, elle a juste fermé les yeux et lui a dit :

–       Merci, mais maintenant retourne te coucher.

France est bien retournée dans la chambre, Victoria était réveillée et elle attendait sa sœur. Elles avaient déjà récupéré la lettre et le coffret qui détenait cette fameuse clef. C’est à ce moment-là qu’elles ont entendu des cris dans le bas de la maison. C’était la femme de chambre de leur grand-mère. France est sortie dans les escaliers pour voir ce qui se tramait.

–       Mademoiselle France, appelez le Samu, votre grand-mère a eu une crise cardiaque !

 

 

Fin de la première partie

12 réponses à Une absence qui s’éternise (chapitre 10)

 

eauteur

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La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe
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