Un retour brutal ( La traversée dangereuse ) FIN

Il me faut aussi retrouver les anciens de mon groupe du Kosovo, le capitaine qui voulait me faire taire à tout jamais, me pendre si je ne m’étais pas évanoui dans la nature je me demande où je serais. Mort, abandonné dans une quelconque forêt sur le GR5.  Il m’en voulait d’avoir abandonné sa fille alors qu’elle était enceinte, mais je sais bien qu’avec ma petite amie de l’époque je n’ai pas consommé, cet enfant n’est pas de moi, je suis prêt à faire un test ADN pour le lui prouver, mais si quand je me pointe chez lui il me braque une arme sur la tête c’est peine perdue. Après y avoir réfléchis pendant plus d’une semaine, je me suis décidé à aller lui rendre visite, j’emmène avec moi mon neveu, il ne me tirera pas dessus avec un gamin de l’âge de celui de sa petite fille, puis, pendant que nous discuterons, enfin j’espère, les deux enfants pourront jouer ensemble. Lorsque j’arrive en vue de sa villa je me demande si je ne mets pas en danger mon propre neveu. Je n’ai pas le temps de me poser de nombreuses questions je vois débouler devant moi un jeune garçon suivi d’une fillette. Tous les deux s’arrêtent à ma hauteur et la fillette assez délurée me demande où je vais et si le garçon c’est mon fils ; je suis amusé par la question sans détour et laisse mon neveu lui répondre.

  • Mario c’est mon oncle !

C’est à ce moment que le jeune garçon qui accompagne la fillette me fixe de ces grands yeux, puis il se précipite vers moi en criant :

  • Papa !

Les deux enfants semblent abasourdis, le petit garçon enserre de ses deux bras mes jambes en sanglotant et en répétant :

  • Papa, enfin tu es venu me chercher, je n’en peux plus je ne veux pas rester ici, grand-père est méchant avec moi.

On dirait que l’enfant récite une leçon bien apprise, je me dégage et le regarde, si je reconnais les traits de sa mère, je ne vois rien me concernant. Je ne veux pas le brusquer mais il faut que je lui dise qu’il y a une erreur me concernant.

  • Certes je me nomme Mario, mais tu sais des Monsieur il y en a beaucoup qui ont ce nom,
  • Pourquoi venez-vous chez nous ?
  • Je suis venu voir ton grand-père c’était mon chef dans l’armée ;
  • Ah ! Vous ne venez pas pour moi ?
  • Non, et crois moi j’en suis désolé, j’aurais bien aimé avoir un fils comme toi ;

Je vois à nouveau le sourire de l’enfant, son chagrin a été de courte durée, mais c’est à ce moment que le grand-père choisi de sortir de sa tanière, il a dans ses mains un fusil, il tire une première fois en l’air, puis une seconde et m’intime l’ordre de m’en aller sinon il ne donne pas cher de ma peau, puis il avise qu’il n’y a pas que ses petits-enfants, alors il baisse son arme et m’apostrophe :

  • Qui t’accompagnes ?
  • Mon neveu en quoi cela vous regarde, toutefois je suis venu vous voir pour que nous nous mettions d’accord au sujet de l’enfant.

Il y a comme un léger flottement, il dit aux enfants d’aller jouer dans la cour et s’efface pour me laisser entrer, à l’intérieur il y a sa mère, une vieille femme dans un fauteuil, elle somnole et ne se réveillera pas tout le temps où je vais rester, pourtant nos éclats de voix vont attirer un de ses fils et sa femme. Dès le départ, le capitaine m’empoigne et me secoue en me disant

  • Tu en as mis du temps pour venir chercher ton bâtard de fils,
  • Le petit n’a rien à voir avec moi, du reste je suis prêt à le prouver en me faisant faire un test ADN.

Le grand-père est déstabilisé, si je me soumets à un test  c’est que je n’ai pas peur de prouver ma culpabilité, mais de suite il refuse, disant que c’est trop facile. J’ai beau lui expliquer que cet enfant est tout de même mieux avec sa famille maternelle, c’est peine perdue, il a préparé les bagages du petit et veut que sur le champ je l’emmène. On crie chacun de notre côté jusqu’à ce que la porte s’ouvre sur le fils suivis de sa mère, tous les deux nous demandent d’arrêter de tempêter, de crier. Le fils nous fait asseoir et essaye de comprendre ce qui se passe.

  • Papa que t’arrive-t-il ? Je ne t’ai jamais vu comme ça, c’est pour Éric ?
  • Oui, je veux que le gamin parte avec son père, chaque jour il me rappelle ta sœur, je n’en peux plus.

 

Sa femme intervient en lui disant :

  • Tu as tort de vouloir que le petit s’en aille, il va te manquer dès qu’il aura tourné le dos à la maison, Monsieur est-il vraiment son père, notre fille avait de nombreux prétendants à l’époque.

Et, moi qui pensait être l’unique, je tombe de haut ; c’est sur des présomptions que j’ai faillis mourir dans la forêt, cet homme est plus à soigner qu’autres choses, je le plains, la mort de sa fille l’a rendue désabusé, amer, j’espère ne jamais en arrivé là.

  • Et bien je vous remercie Madame de me l’apprendre, je tombe un peu de mon piédestal mais au moins je sais qu’avec les femmes je n’ai jamais été heureux, cela s’avère encore une fois. En tous les cas votre fille et moi nous n’avons pas fait l’amour, elle se réservait pour son mariage avec moi.

Ce que je leur dis fait l’effet d’une bombe, mais je ne suis pas à ça près, il faut qu’il soit conscient que ce n’est pas parce que j’étais le petit ami de leur fille que c’est forcément moi le père. Et j’exige de faire un test ADN. Quelques semaines plus tard le grand-père a dû se rendre à l’évidence je n’étais pas le père de l’enfant. J’attends toujours ces excuses, mais je sais qu’il ne veut plus reprendre contact avec moi. Je n’ai même pas essayé de savoir qui de mes amis de l’époque auraient pu être le père. J’ai juste un regret que cet enfant ne soit pas le mien. Je suis toujours célibataire, avec Maud nous avions le projet de fonder une famille mais elle m’a trahie avant. C’est à cet instant que la vérité m’a sauté aux yeux, à quoi bon l’attendre. J’ai embrassé mon neveu, ma nièce, frère et sœur, mes parents et je suis parti pour Montbéliard c’est là-bas que j’avais retrouvé Maud si elle y était tôt ou tard je la retrouverais.

J’ai finalement achevé le GR 5, quand à Maud je n’ai pas eu de ses nouvelles, je n’ai pas essayé de faire de nouvelles rencontres, je vis des dividendes de mon entreprise, j’ai un grand projet il est en passe de s’achever.

Aujourd’hui est un grand jour je vais mettre le mot fin sur mon aventure, je suis dans la petite maison que j’ai acheté, plus précisément dans mon jardin, mon manuscrit est ouvert devant moi, soudain des gouttes de sang l’éclaboussent, puis une main gantée de noir s’en empare.

Trois semaines plus tard « La traversée dangereuse » signée de son auteure Maud est dans toutes les devantures des librairies, on en parle de partout. Celle qui l’a volé est adulée par un public de connaisseur, c’est son premier suspens.

Quant à la police, elle n’a rien compris au drame qui s’est joué à Montbéliard un an après la mort étrange d’un professeur, celui qui avait été soupçonné de ne pas l’avoir aidé a été retrouvé au pied des échelles de la mort. De suite ils comprennent que le corps a été transporté, qu’il n’est pas mort sur place. Une enquête est ouverte, mais rien n’a encore filtré. A ce jour, seule Maud sait mais personne ne peut  la soupçonner.

FIN

9 réponses à Un retour brutal ( La traversée dangereuse ) FIN

  • Clara65 dit :

    Ah bon, ce n’est peut-être qu’une fin provisoire, alors ?
    Il s’en sort bien car tout de même si ce n’est un vrai criminel, c’est un sacré lascar !
    Passe un bon week-end.
    Bises

    • Evajoe dit :

      Heu….Clara il est mort, il ne s’en sort pas….Enfin…Si je veux….Car j’ai une autre version…..

      Bisous Bon week-end à toi aussi!!

    • Evajoe dit :

      Rire, si tu lis la fin avant le début tu fais partis de ces mauvais lecteurs qui ne peuvent pas attendre….Ha ha….

  • pimprenelle dit :

    Sûr que je ne m’attendais pas à cette fin !
    Mais que faisait-il dans cette galère ???
    En attendant on peut dire qu’il cumulait les ennuis et que cette fin est machiavélique.
    Bisous

  • Martine dit :

    Bonjour Evajoe,

    Le test ADN, voilà une façon de donner prise à la vérité. Pauvre gosse qui croyait avoir un père.
    Pour la fin, ben, moi aussi je suis surprise. Je ne l’ai pas vue venir cette meurtrière de Maud.
    Une histoire à rebondissements qui m’a bien plu.
    Gros bisous

  • Renée dit :

    Coucou, j’ai fini le livre hier et j’ai vraiment aimé même si au départ j’avais dit que le monoloque était un peu long mais normal vu que Mario était seul. Par contre j’aurais jamais imaginé cette fin! Punaise tu nous a bien eu là- Bravo en tous cas car ce livre est plus long que les autres…et merci de tes envois…..j’apprécie grandement. Avez vous passez un bon moment avec Cathi? Bisous bisous

 

eauteur

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La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe
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