Un reflet dans le miroir ( 2 et 3 mai 2001 )

    • C’est bien vous ?
    • Oui et non !
    • Comment ça ? Ou c’est vous, ou ce n’est pas vous ? Je me décide à leur dire que ce n’est pas moi, je verrais bien ce qu’il va se passer.
    • C’est l’inconnue qui squattait mon appartement.

    Les bras leur en serai tombés qu’il ne m’aurait pas fait une tête plus ahurie que celle que je voyais face à moi.

    • Maintenant Mademoiselle Rebecca on a assez joué
    • Je ne suis pas Rebecca, je m’appelle Marion, je ne comprends pas vos questions appelez ce numéro, et je griffonne sur le papier qui est devant moi le numéro de l’avocat de mon père. J’exige mon avocat.
    • Mademoiselle exige, on aura tout vu, que faisiez-vous hier à 16 h devant le tribunal de Bobigny ?
    • Moi ?
    • Oui ! Il n’y a que vous assise sur cette chaise et vous nous faîtes perdre notre temps, nous allons vous transférer à un juge si vous continuez de vous payer notre tête.
    • Il me semble qu’en France on est présumé innocent tant que les affaires ne sont pas jugées et que les gardes à vue durent plus longtemps qu’à peine une heure.

    Excédés les inspecteurs appellent le grand black que je nomme ainsi car je ne connais pas son nom, il m’attache les mains dans le dos mais délicatement ce dont je lui suis reconnaissante et m’emmène dans une cellule. Avant de la refermer il me dit, dîtes leur tout et ce sera fini pour vous, et vous retournerez là où vous étiez. Je ne comprends rien, je vous assure que je ne suis pas cette Rebecca, appelez mon père je vous en supplie, il viendra me reconnaître et vous rechercherez cette femme, mais je m’appelle Marion Laurent. Il me laisse en me prenant pour une demeurée j’en suis certaine. Puis ils reviennent et à nouveau l’interrogatoire reprends de plus belle, le plus vieux n’a qu’une envie s’est de me balancer une gifle mais il a été retenu deux fois par le beau gosse comme je le nomme.

     Il me demande si mon père n’a pas eu de maîtresses, mais jusqu’où leurs insinuations vont aller ? Il me prenne pour qui, je leur dit qui est mon père, bien sûr que je suis idiote, ce n’est pas parce que mon père a de hautes fonctions qu’il ne peut pas avoir eu de maîtresses. Mais j’ai toujours vu ma mère et mon père unit je ne comprends pas qu’ils puissent me tenir des propos pareils.

    Puis à nouveau un feu roulant de questions, mais sur moi et ma famille. Ils se confondent en excuses quand ils apprennent que ma mère est décédée il y a même pas un an. Ils m’ont fait sortir de mes gonds quand ils supposaient que ma mère était idiote et aveugle,  qu’elle ne voyait pas les fredaines de mon père, je n’ai pas pu leur laisser dire pareilles ignominies. Maintenant ils m’ont ramenés dans la cellule. Il y a d’autres personnes qui attendent un interrogatoire, ils me dévisagent, j’ai l’air étrange avec ma couverture sur le dos. Je prends bien soin de cacher mon corps qui est juste enveloppé de ma nuisette. Comment je vais pouvoir partir du 36, ils vont me relâcher je les ai entendu le dire, mais je ne peux pas partir presque nue. Pourvu que l’on puisse venir me récupérer. Soudain je vois surgir devant moi une femme, celle-là je ne l’avais pas encore vue, elle me sort de la cellule, ne me met pas les menottes, tiens possible qu’ils me renvoient chez moi, elle me fait entrer dans une pièce plus lumineuse que la précédente, me demande si je veux un café, bien sûr que j’en veux un, il est chaud et pas trop mauvais, il me fait du bien, puis c’est à ce moment que j’entends la voix tonitruante de mon père  : 

    • Bande d’incapable, vous auriez pu récupérer les papiers de ma fille dans son appartement qui du reste était ouvert, qui a osé le faire ? Ma fille n’est pas une criminelle elle prépare un doctorat à la Sorbonne, regardez son passeport et j’ai aussi ma carte d’identité, vous voyez bien qu’elle se nomme Marion Laurent et que je suis son père, vous ne voulez pas mon livret de famille au cas où ? Ou bien je peux me faire faire un test ADN et ma fille aussi, vous pourrez comparer. Allez qu’est-ce que vous faîtes à écrire, je veux que ma fille soit libre sur le champ sinon je porte plainte en haut lieux, j’ai le bras long, je peux vous faire avaler votre extrait de naissance si je lève le petit doigt.

    La jeune femme qui m’a offert le café rit sous cape devant les cris de mon père, mais elle ne me dit rien, la porte s’ouvre à la volée et le grand black qui répond au nom de Michel me dit

    • si Mademoiselle veut bien s’en donner la peine son papa est arrivé.

    Ces paroles auraient pu me faire rire en d’autres circonstances mais là je n’ai envie que d’une chose de voir mon père et de quitter ces lieux habillés ou non mais en vie et libre.

    Quand mon père passe la porte il a sur son bras ma robe noire, la jeune femme me laisse seule dans le bureau pendant que je m’habille un peu plus décemment, puis la tête haute et sans un regard pour les policiers nous quittons le 36.

    A peine dans la rue je m’effondre telle une poupée, les heures passées au commissariat m’ont épuisées nerveusement et je n’arrive plus à me contrôler, mon père attends, il est à la fois colérique et fort patient. Il me prend dans ses bras, me caresse le visage, m’embrasse sur le front et me demande ce qui a bien pu se passer ?

    Il ne comprend pas pourquoi je me suis retrouvée en nuisette au commissariat du Quai des Orfèvres. Je lui raconte tout ce qui s’est passé depuis ce matin, mais j’omets de lui parler de la ressemblance avec cette Rebecca vu sur les Champs Elysées deux jours auparavant. Dans la même journée mon père m’a envoyé un serrurier qui a changé la totalité des serrures des deux appartements, l’inconnue pourra toujours essayer de revenir elle ne le pourra pas. Je je suis restée chez moi sans rien faire pour le reste de la journée, j’ai eu un appel de mon frère, il m’a écouté et lui non plus ne comprends pas qui est cette mystérieuse inconnue qui avait réussis à s’introduire dans l’appartement d’à côté. Deux copains de la Sorbonne ont téléphoné, mais je ne leur ai rien dit, mais refusé d’aller en boîte car trop fatiguée, mais j’ai prétexté un léger mal de gorge, comme ils sont gentils mais pas téméraire ils ne m’ont même pas proposés de passer la soirée chez moi. Au cas où je serais contagieuse. C’est tout à fait la manière d’être de ces deux-là, les faux frères comme nous les appelons ma bande et moi.

    Je n’ai pas trop mal dormi bien que je voyais le vieux policier chauve me frapper à maintes fois, quand je me réveille il est trois heures à ma montre je me demande ce qui m’a réveillée, j’entends comme un grattement imperceptible à ma porte. Je cherche mon portable mais je ne le trouve pas, il y a juste le fixe, que je prends avec moi et fais le numéro de mon père, mais il ne me répond pas. Bizarre !  Je m’approche le plus doucement possible de ma porte d’entrée et met mon œil au judas, peine perdue on y a mis soit une main soit un cache je ne vois rien. Que me veut-on, la police ce n’est pas possible, alors il ne reste que l’inconnue cette Rebecca ; je n’ose pas demander qui se trouve de l’autre côté, je vais dans ma salle de bain dans le noir je plus complet, je ferme la porte et attends. Une demi-heure se passe, de là ou je suis, je n’entends absolument rien, aussi je me décide la peur au ventre à me rendre dans mon couloir, c’est à ce moment que mon téléphone se met à sonner, que faire ? Répondre et je me découvre ou ne rien dire et on pensera qu’il n’y a personne, si c’est mon père il viendra immédiatement si c’est elle j’aviserais, aussi je décroche.

    • Oui
    • Rebecca
    • Non vous faîtes erreur
    • Si je sais que c’est toi Rebecca
    • Non vous dis-je, je m’appelle Marion
    • Rebecca ou Marion qu’importe vous êtes une et même personne.
    • Non ! Et je raccroche, mais qu’est-ce que cet homme me veut et où est-il ?

    J’ai à peine finis de me poser cette question que l’on tambourine à ma porte et j’entends l’homme appelé :

    • Rebecca ne fait pas l’enfant, ouvre-moi
    • Lisez mon nom sur ma boîte aux lettres, je m’appelle Marion, Rebecca c’est la porte en face, et si vous continuez j’appelle la police.
    • Ne les appelez pas, je suis de la police.
    • Et moi je suis une criminelle ?
    • Oui !
    • Mais bien sûr que je vais vous croire, je suis Marion Laurent et j’aimerais dormir. Pendant que j’attends sa réponse mon téléphone sonne à nouveau, là je vois que c’est le numéro de mon père, aussi je lui réponds.
    • Papa !
    • Marion je rentre à l’instant, tu m’as appelé ?
    • Oui, viens à l’appartement j’ai eu de la visite.
    • J’arrive !

    Mon père arrive, mais je ne suis plus là pour ouvrir ma porte, de plus elle est ouverte de haut en bas comme ils diront plus tard avec une hache, j’ai disparu. Mon père téléphone à la police de quartier, mais il leur faut se rendre à la raison à part ma porte fracturée, rien ne semble avoir été volé.

    Pendant ce temps j’étouffe dans le coffre de la voiture qui m’emmène dans un lieu inconnu, je suis à nouveau en nuisette rouge cette fois-ci, mais ce policier faux ou vrai a eu le temps de faire main basse sur mes vêtements du lendemain posés sur ma chaise. Après je ne me souviens de rien il m’a fait une piqûre et j’ai sombré dans un sommeil profond et je viens tout juste de me réveiller et je me vois dans un coffre de voiture qui roule vite. Je ne puis me résoudre à rester ainsi, aussi je frappe fort avec ma chaussure qui se trouve plus près de mes mains qu’à mes pieds. La voiture ralentie, le coffre s’ouvre on me braque une lampe sur le visage et on me demande d’être sage sinon on me jette sur la route. Je me tais mais pense tout bas qu’ils ne le feront pas car s’ils en voulaient à ma vie ils l’auraient fait bien plus tôt voire dans mon appartement à quoi ça sert de me tuer une fois enlevée ; car il s’agit forcément d’un enlèvement. L’un des deux hommes me propose de venir m’asseoir à l’arrière de la voiture, il me met des menottes, décidément je dois être encore prise pour cette Rebecca. Cela fait déjà deux heures que l’on roule quand brusquement alors que je ne voyais que des arbres, la voiture tourne dans une allée de château. Ils se garent, on m’ôte les menottes, je ne risque plus de m’échapper, je ne sais même pas où je suis.

    J’entre, une femme est là de dos, elle se retourne, c’est mon inconnue des Champs Elysées, cette fameuse Rebecca. Je suis estomaquée on dirait moi, elle est habillée comme je l’étais avant d’aller me coucher. C’est mon portrait tout craché. Même mèche rebelle, même fossette, enfin je me vois comme dans une glace.

  • A suivre…

6 réponses à Un reflet dans le miroir ( 2 et 3 mai 2001 )

 

eauteur

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La furie de mes mots

 

Ici

mes mots sont en folie 

comme les vagues.

Le temps qui passe
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